• Rouge-Gorge

    "Rouge-Gorge" de Jo Nesbo - folio policier

    Présentation de l'éditeur :

    Rouge-Gorge, c'est le surnom d'un soldat mort qui continue pourtant de faire parler de lui. C'est aussi l'oiseau, discret comme le destin, qui vient à chaque porte, un jour, prendre son dû… Harry Hole, à la suite d'une bévue diplomatiquement grave, est muté à la surveillance des milieux néo-nazis de Norvège. Une seule consigne : faire le mort. Hole le voudrait qu'il n'y parviendrait pas. Surtout si sa meilleure amie est retrouvée littéralement brisée sur un chemin de neige. Surtout s'il découvre que l'un des fusils les plus rares au monde, spécifiquement utilisé par le terrorisme international, est arrivé sur le territoire… Le passé, prompt à rattraper le présent, refait surface avec une question lancinante : que s'est-il réellement passé cinquante ans plus tôt dans les tranchées de Leningrad ?

    Première page :

    "Un oiseau gris passa dans le champ de vision de Harry, qui tambourinait sur le volant. Temps ralenti. La veille au soir, quelqu'un à la télé avait parlé du temps ralenti. C'en était un exemple. Comme le 24 décembre au soir, lorsqu'on attend le Père Noël. Ou sur la chaise électrique, avant la décharge.

    Il tambourina de plus belle.

    Ils étaient garés sur le parking découvert, derrière les cabines du péage. Ellen augmenta d'un cran le volume de l'autoradio. Le reporter parlait d'une voix solennelle et recueillie :

    « L'avion a atterri il y a cinquante minutes, et le Président a posé le pied sur le sol norvégien à 6 h 38 exactement. C'est le porte-parole de la commune de Jevnaker qui lui a souhaité la bienvenue. C'est une belle journée d'automne, ici à Oslo, un joli cadre norvégien à cette rencontre au sommet. Écoutons à nouveau ce que le Président a dit à la presse, il y a une demi-heure. »"

    Ce que j'en pense :

    Ce livre nous fait découvrir l'histoire de la Norvège dans les années 40 avec les volontaires norvégiens dans l'armée allemande. L'intrigue est très bien ficelée et nous balade sur deux époques avec 50 ans d'intervalle. On peut parfois se sentir perdu parmi tous les personnages mais tout prend sens petit à petit. Nesbo est vraiment une des meilleures références dans le polar nordique.

    Rouge-Gorge

    Rouge-Gorge

    Rouge-Gorge

     

     

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  • L'homme dans la vitrine

    "L'homme dans la vitrine" de Kjelle Ola Dahl - Gallimard série noire

    Présentation de l'éditeur :

    Un matin d'hiver, Reidar Folke Jespersen, antiquaire à Oslo, va se poster dans un café non loin de chez lui.
    Après quelques heures d'attente, il aperçoit son épouse qui va retrouver son amant. Ensuite, Jespersen quitte son poste d'observation pour se rendre chez ses frères pour un important rendez-vous d'affaires. La réunion se passe mal et les frères se séparent fâchés. Le lendemain matin, on retrouve le corps sans vie de Jespersen, placé nu dans un fauteuil de la vitrine de son magasin. Le commissaire Gunnarstranda arrive sur les lieux du crime avec l'inspecteur Frank Frolich.
    Les indices dont ils disposent ne sont pas nombreux : une série de chiffres tracés au feutre sur le cadavre et des objets volés. L'enquête s'annonce d'autant plus difficile que de nombreuses personnes semblent très contentes de la disparition du vieil homme. Avec L'homme dans la vitrine, Kjell Ola Dahl signe un roman dense et complexe, une histoire d'amour et de vengeance sur laquelle plane l'ombre du passé et des heures les plus sombres de l'histoire norvégienne.

    Première page :

    "Reidar Folke Jespersen entama ce vendredi 13 de la même manière qu'il avait commencé tous les matins des cinquante dernières années de sa vie qui en comptait déjà soixante-dix-neuf, avec une bouillie d'avoine, dans la cuisine, seul dans la pénombre hivernale du matin, les bretelles pendantes dans son dos, avec les petits tintements rythmés de sa cuillère contre le fond de l'assiette creuse pour tout accompagnement musical de sa solitude. Reidar Folke Jespersen avait des cernes marqués sous ses yeux bleu vif, le menton couvert d'une barbe blanche taillée court et avec soin. Les mains qui tenaient la cuillère étaient épaisses et ridées, avec des veines saillantes qui disparaissaient sous les plis de ses manches de chemise. Ses avant-bras n'auraient pas paru déplacés chez un bûcheron ou un forgeron.

    Il n'avait pas faim. Il n'avait jamais eu faim le matin, mais, en homme raisonnable et bien informé, il comprenait la nécessité pour l'estomac de travailler avec quelque chose de solide. Ainsi, il commençait chaque journée par une assiette de bouillie qu'il préparait lui-même. Si on lui avait demandé à quoi il pensait pendant ces minutes-là, il n'aurait su répondre. En mangeant, il se concentrait toujours pour compter le nombre de cuillerées …"

    Ce que j'en pense :

    L'intrigue est lente, et même un peu poussive. Le rythme s'accélère dans les dernières pages. L'auteur a voulu faire des efforts pour donner un peu d'épaisseur psychologique à ses deux enquêteurs mais c'est quand même un peu faible.

    L'homme dans la vitrine

     

     

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  • Le homard

    "Le homard" de Pascale Diétrich - Les éditions in8

    Présentation de l'éditeur :

    Quand Camille gagne un homard vivant à la tombola, elle ignore encore qu’elle ne pourra l'ébouillanter. Mais entre-temps, elle s'est débarrassée d’un pic à glace, car c’est l’utilité des tombolas : on fait le ménage dans les placards. Près des plages, un premier touriste anglais est retrouvé mort. Puis un second. Est-ce trop pour une petite ville bretonne de 3000 âmes ? Doit-on parler de serial killer ?

    Première page :

    "Le capitaine des pompiers se tenait tout droit sur l'estrade comme une bougie d'anniversaire sur un gâteau. Il était bedonnant et avait le visage marqué par la bière brune. Cette bière-là donne un teint et un air bouffi tout à fait particuliers, il n'y a pas à s'y tromper. Des auréoles de sueur s'étaient formées sur son uniforme au niveau des aisselles. Il chassa encore un chat dans sa gorge puis regarda avec circonspection le public, essentiellement composé de familles de pompiers.

    — Mesdames et messieurs, je vous souhaite un bon 14 Juillet, articula-t-il enfin. Vive la révolution ! Nous allons procéder au tirage des lots. Ma main est innocente, je le jure.

    Des ricanements parcoururent l'assemblée. Il avait visiblement sa réputation. Je me tournai vers Lucette qui lorgnait vers les jeunes soldats du feu aux cheveux ras, aux oreilles bien dégagées et aux képis, visière tombante sur les yeux. Tous se tenaient parfaitement droits, le torse bombé, prêts à sauver une vie."

    Ce que j'en pense :

    C'est un court roman à l'écriture précise qui vaut surtout pour l'atmosphère dans laquelle nous plonge l'auteure. Nous sommes entraînés dans une Bretagne étrange : manoirs aux pièces pleines de recoins, tombolas où l'on peut gagner homard, marteau, pic à glace, hache… Il y a de l'humour, de l'amour, de l'étrange.

    Le homard

    Le homardLe homard

     

     

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  • Deux dans Berlin

    "Deux dans Berlin" de Birkefeld et Hachmeister - Editions du Masque

    Présentation del'éditeur :

    Hiver 1944. Dans un hôpital militaire, Hans Kalterer, un ancien des services de renseignements de la SS, se remet d’une blessure par balle et s’interroge sur son avenir. Il sait que la guerre est perdue et qu’il a besoin de se racheter une conscience. Il rejoint la police criminelle de Berlin où il est chargé d’enquêter sur le meurtre d’un haut dignitaire nazi. Dans le même temps, Rupert Haas s’évade de Buchenwald à la faveur d’un raid aérien et rejoint Berlin pour retrouver femme et enfant. Or leur immeuble a été bombardé et il ne reste plus rien. Il décide de se venger de ceux qui l’ont honteusement dénoncé et qui sont responsables de son malheur. Tandis que la ville disparaît sous les décombres et les cendres, commence une chasse à l’homme sans merci : Haas recherche et tue de sang froid, avec des méthodes dignes des pires nazis et Kalterer, entouré de vieux nazis corrompus et d’ennemis de la dernière heure d’Hitler, se lance à la poursuite du coupable – et d’une position qui lui assurerait un avenir commode

    Première page :

    "Les kapos s'étaient éloignés. Il entendait leurs rires, les voyait fumer au bord de la carrière. Ils jetèrent un coup d'œil au fond, firent des remarques méprisantes, reprirent enfin leur ronde. Plus personne ne lui prêtait attention. Épuisé, il s'adossa au wagonnet.

    Il en avait assez de s'abrutir au travail au fond de ce chaudron, harcelé par ses bourreaux qui le frappaient et lui crachaient dessus ; du lever au coucher du soleil, vêtu de haillons puants, sans trêve ni répit, sans avoir le temps de manger, de pisser, de murmurer même quelques mots.

    Il suivait des yeux le moindre mouvement des kapos, entendait encore leurs rires grossiers ; puis il les vit s'éloigner de plus en plus, s'arrêtant de nouveau et lançant des cailloux dans la carrière. C'était leur occupation favorite. Ils visaient ses camarades qui extrayaient des pierres de la paroi rocheuse, s'amusant ainsi à blesser ou tuer des êtres humains. Ce jeu s'appelait « tir-aux-pigeons-d'argile ».

    Il se détourna un instant, se couvrit la bouche de ses mains pleines d'ampoules, étouffant difficilement une quinte de toux.

    Surtout ne pas attirer l'attention."

    Ce que j'en pense :

    Intrigue intéressante qui se déroule dans un contexte très particulier (la fin de la guerre à Berlin sous les bombes). Les personnages, plutôt complexes, gardent une part d'ambiguïté. C'est un roman original construit dans un cadre historique instructif.

    Deux dans Berlin

    Deux dans BerlinDeux dans Berlin

     

     

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  • Une ville sur écoute

    "Une ville sur écoute" de Jon Ottar Olafsson - Presses de la Cité

    Présentation de l'éditeur :

    Décembre 2009. Peu avant Noël, le cadavre d'une femme est découvert à l'intérieur d'un cabanon de pêcheurs, dans un quartier résidentiel de Reykjavík. Si tout prête à croire à une overdose, l'inspecteur David Arnarson est catégorique : la thèse de l'ex-junkie qui aurait replongé ne tient pas la route. Grâce à la mise sur écoute des proches de la défunte, la police démasque bientôt l'existence d'un trafic de drogue qui semble s'étendre des bas-fonds de la capitale aux hautes sphères d'une Islande traumatisée par la plus grave crise économique de son histoire. Mais David est bien vite confronté aux rivalités qui l'opposent à certains de ses collègues et aux limites d'un système qui protège ses dirigeants. C'est en cavalier seul qu'il devra mener son enquête, quitte à faire tomber quelques têtes et à mettre la sienne en péril...

    Première page :

    "David Arnarson, inspecteur au département central, était assis dans la salle d'interrogatoire numéro 1 au commissariat de police rue Hverfisgata, observant le café qui frémissait dans la tasse. Chez lui, les poussées d'adrénaline se traduisaient toujours par des tremblements qu'il ne pouvait réfréner, il empoigna alors le récipient à deux mains pour avaler une gorgée, puis s'enfonça dans son siège. Le problème, c'était qu'il n'était pas certain de ce qu'il fallait dire ; il n'était d'ailleurs même pas sûr qu'on le croie s'il racontait précisément tout ce qui s'était passé depuis qu'on avait découvert le corps dans le cabanon. Il avait enquêté sur le meurtre- aussi activement que possible, sans avoir la moindre idée de la tournure que prendraient les événements.

    David, jeta un coup d'œil circulaire. Il avait interrogé des centaines de personnes dans cette pièce, mais n'avait jamais occupé la place destinée aux suspects et aux témoins. Ici, c'était comme si le temps s'était arrêté en 1973. Les nuances d'orange et de marron lui donnaient presque la nausée et le revêtement des chaises avait connu des jours meilleurs. Les murs étaient recouverts d'un panneau de bois qui tapait sur les nerfs de tous les flics depuis quarante ans."

    Ce que j'en pense :

    Cela fait longtemps que je n'avais pas ouvert un livre dont la lecture pouvait m'ennuyer à ce point. Intrigue poussive, personnages inexistants, écriture navrante… Je n'ai pu aller que jusqu'à la page 88 (en me forçant!). La couverture de ce livre avec, en gros caractères, un nom à consonance nordique, est un attrape nigaud (et je suis moi-même à demi nigaud d'avoir fait rentrer cet ouvrage dans le réseau des bibliothèques!)

    Une ville sur écoute

     

     

     

     

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  • Samedi 14

    "Samedi 14" de Jean-Bernard Pouy - éditions la branche (pocket)

    Présentation de l'éditeur :

    Maxime s'était rangé des voitures et retiré à la campagne, pour cultiver son bout de jardin, et faire pousser quelques légumes et autres plantes moins légales mais tout aussi utiles. Bref, pour se la couler douce après une dure vie de labeur. Et voilà que, sous prétexte que les Kowa, ses gentils petits vieux de voisins, sont les parents du nouveau ministre de l'Intérieur, les CRS viennent lui chatouiller les orteils et piétiner son potager. Mais on ne réveille pas impunément un ancien terroriste à la retraite ! Surtout un vendredi 13

    Première page :

    "Ce putain de lumbago.
    Au réveil, faut déplier la carcasse avec précaution, en espérant que ça ne couine pas trop, en guettant les coups de poignard dans le bas du dos, et il faut mettre en pratique toute une stratégie ergonomique pour enfiler les chaussettes. Mais on tient le choc, car on pense au café brûlant qui va suivre, au long moment pendant lequel on va l'aspirer, les lèvres en cul de dinde, le regard perdu en direction de la petite fenêtre de bois bleu, vers les noisetiers immobiles, les bourdons bedonnants, coincés dans les fleurs de balsamine, et les roses trémières avec les merles qui cavalent dessous.
    Une journée se profile alors, une journée de plus. Hier, c'était soi-disant un jour béni. Mais rien n'est venu troubler ma verte retraite, en bien ou en mal, chance ou malchance, ça fait quatre ans maintenant que les jours ressemblent aux jours, que j'ai quitté la noirceur de ma vie d'avant. Je ne regrette rien car je l'ai bien mérité, ce repos de l'âme. C'est une décision intime. Un jour, le couvercle de la marmite a sauté. A peine cinquante balais, une petite bicoque prêtée par un pote définitivement parti pour les Iles se dorer la couenne et le RSA qui tombe aussi régulièrement que la pluie…"

    Ce que j'en pense :

    Du très bon Pouy ! Une belle intrigue (avec de belles références à Raymond Queneau), prenante; de l'humour, comme toujours chez Pouy. Pour moi Pouy est bien l'un des meilleurs auteurs français de roman noir.

    Samedi 14

    Samedi 14

    Samedi 14

     

     

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  • Funérarium

    "Funérarium" de Brigitte Aubert
    Seuil

    Présentation de l'éditeur :

    Fils d'une " hôtesse " violée par des Marines en virée dans le port de Cannes, Léonard " Chib " Moreno exerce le métier de thanatopracteur. Heureusement pour sa santé mentale, son meilleur ami, Gregory, dit " le nanti ", l'emmène souvent en boîte pour le distraire. Tout se passe bien jusqu'au jour où une certaine Blanche Andrieu lui demande d'embaumer sa petite fille morte, Elilou, qu'elle a l'intention d'exposer dans sa chapelle privée. Très réticent, Léonard finit par accepter, mais s'aperçoit en faisant son travail que la petite a été sans doute victime de sévices. Intrigué, il commence à poser des questions et, séduit par cette femme assez déséquilibrée, entame une enquête où l'horreur et l'incompréhension d'un milieu auquel il est étranger sont constamment au rendez-vous.

    Première page :

    "Entièrement nu, bras et jambes écartés, le vieil homme était sanglé sur l'étal carrelé de blanc, souillé de sang et de matières. Ses rares cheveux gris avaient été soigneusement coiffés en arrière, dégageant son visage creusé aux traits anguleux. Sa bouche distendue révélait un bridge impeccable.

    Ses yeux reposaient à côté de lui dans un bol en inox, boules bleues et gluantes.

    Léonard « Chib » Moreno retira ses gants en plastique extra-fin tout tachés, les roula en boule et les jeta dans la poubelle d'où débordaient des tampons d'ouate imbibés de sanies. Il enfila une paire de gants neufs et tendit la main vers la collection d'instruments chirurgicaux étincelants accrochés au mur, à côté de la paillasse encombrée de fioles, de pots scellés à la cire, de seringues et de tubes. Il choisit un scalpel, le fit sauter dans sa main brune en chantonnant Hisjelly Roll is Nice and Hot.

    Puis, sans cesser de chantonner, il saisit le pénis flasque entre les jambes poilues et blanches du vieillard et le trancha net. Il déposa le morceau de chair sanguinolent dans la cuvette en émail prévue à cet effet.

    Le bourdonnement du climatiseur évoquait un essaim de mouches. Il devait faire beau dehors. Beau et chaud. Brise légère dans les palmiers. Mer piquetée de blanc. Matelas pneumatiques. Martinis on thé rocks. Corps vautrés dans le sable. Mais ici il faisait froid, un froid à l'odeur de formol et de sang. Il fit glisser le curseur du climatiseur vers la position « max. » avant d'enfiler son gilet en Gore-tex sans manches."

    Ce que j'en pense :

    Un sujet intéressant, une intrigue qui tient en haleine, même si cela parait parfois un peu "club des 5". C'est plutôt bien écrit (malgré cette vilaine manie de citer des marques à chaque instant), avec de l'humour mais le final est assez décevant.

    Funérarium

     

     

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  • L'enfant aux cailloux

    "L'enfant aux cailloux" de Sophie Loubière
    Pocket

    Présentation de l'éditeur :

    Elsa Préau est une retraitée bien ordinaire. De ces vieilles dames trop seules et qui s'ennuient tellement - surtout le dimanche - qu'elles finissent par observer ce qui se passe chez leurs voisins. Elsa, justement, connaît tout des habitudes de la famille qui vient de s'installer à côté de chez elle. Et très vite, elle est persuadée que quelque chose ne va pas. Les deux enfants ont beau être en parfaite santé, un autre petit garçon apparaît de temps en temps - triste, maigre, visiblement maltraité. Un enfant qui semble l'appeler à l'aide. Un enfant qui lui en rappelle un autre... Armée de son courage et de ses certitudes, Elsa n'a plus qu'une obsession : aider ce petit garçon qui n'apparaît ni dans le registre de l'école, ni dans le livret de famille des voisins. Mais que peut-elle contre les services sociaux et la police qui lui affirment que cet enfant n'existe pas ?

    Première page :

    "Le jeu du vent et du soleil amusait les rideaux. Depuis sa chaise, le petit garçon eut un sourire. Il lui semblait qu'un être invisible, sensible aux caresses de ce dimanche d'été, jouait à cache-cache derrière le tissu en jacquard. Les yeux clos, l'enfant aurait juré entendre des gloussements de plaisir sous le motif de médaillon.

    — Gérard !

    Dos droit, les paumes de chaque côté de l'assiette, le garçonnet détourna le regard de la fenêtre donnant sur le jardin. Des bouquets de glaïeuls, de lis et de dahlias distillaient un parfum exaltant. Leurs couleurs éblouissantes formaient des taches de lumière dans la pénombre de la pièce. Les petits pois roulaient dans la sauce du poulet, balayés par les lames des couteaux, indifférents à la conversation de ce déjeuner.

    Gérard reprit sa mastication, nez en l'air, martelant les pieds de sa chaise à coups de talon. Il ne s'intéressait guère aux sujets abordés par son oncle, ses parents et grands-parents : il était question de revendications salariales…"

    Ce que j'en pense :

    Le personnage principal de la grand-mère est superbement décrit : parfois agaçante, souvent désarmante, toujours à la fois étrange, naïve et attachante… C'est bien elle qui "conduit" ce roman, très bien écrit, avec une intrigue originale.

    L'enfant aux cailloux

    L'enfant aux cailloux

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  • L'étoile du diable

    "L'étoile du diable" de Jo Nesbo
    traduction Alex Fouillet - foliio policier

    Présentation de l'éditeur :

    " L'index gauche de Camilla Loen avait été sectionné. Et sous une paupière, on avait trouvé un diamant rouge en forme d'étoile à cinq branches. " Ce crime n'est que le premier d'une étrange série débutée lors d'un été caniculaire sur Oslo. La presse à sensation peut annoncer en une et sans mentir que " Le voisin a goûté le sang " de la morte. Intuitif, acharné, rongé par le désespoir et confronté à des éléments corrompus de ses propres services, Harry Hole s'empare de l'enquête. Le modus operandi est toujours le même : l'ablation de l'un des doigts des victimes et la présence à proximité des corps mutilés d'un diamant en forme de pentagramme, symbole occulte plus connu sous le nom d'" étoile du diable ". La police doit se rendre à l'évidence : un serial killer opère dans les rues de la capitale norvégienne et, si le signe est celui du démon, le diable est rarement celui auquel on pense...

    Première page :

    "L'immeuble avait été construit en 1898 sur un terrain argileux qui s'était insensiblement affaissé vers l'ouest, de sorte que l'eau passa le seuil du côté où la porte était gondée, plus à l'ouest. Elle coula sur le sol de la chambre à coucher en tirant un trait mouillé sur le parquet de chêne, toujours vers l'ouest. Le flux s'arrêta un instant dans un renfoncement du parquet avant que davantage d'eau n'arrive de derrière, avant de filer comme un rat inquiet jusqu'au mur. L'eau s'étala alors dans les deux sens, cherchant et reniflant presque sous la plinthe jusqu'à trouver un interstice entre le bout des lattes et le mur. Dans cet interstice se trouvait une pièce de cinq couronnes frappée du profil de saint Olaf et marquée de l'année 1987, un an avant que la pièce ne tombe de la poche du menuisier. Mais c'était alors une période de vaches grasses, il y avait beaucoup d'appartements sous les toits à remettre rapidement en état, et le menuisier ne s'était pas donné la peine d'essayer de la retrouver.

    L'eau ne mit pas longtemps à trouver un chemin à travers le sol sous le parquet."

    Ce que j'en pense :

    Très bonne intrigue, personnages complexes, bien décrits, du suspense… une belle écriture. Encore un bon polar de Jo Nesbo.

    L'étoile du diable

    L'étoile du diable

     

     

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  • Mort sur la route

    "Mort sur la route" par David Le Breton
    éditions Métailié

    Présentation de l'éditeur :

    Il est difficile de se construire à seize ans, on en meurt parfois. Laure et Olivier sont partis sur la route, en stop, pour échapper à la violence de leur vie familiale, ils ont fui l'enfer. Max les a suivis mais lui, ses parents l'aiment, ce sont juste des parents ordinaires, une vie ordinaire. Jetés dans un monde ennemi, ils connaissent la misère des squats, la saleté, la promiscuité, et parfois ils rencontrent l'horreur, l'indicible.
    Ana, elle, a fui la misère des Balkans. Thomas est un peu cassé par ses missions sur les théâtres de guerre, le hasard va le projeter violemment dans cet univers adolescent où la douleur permet de fuir la souffrance. Il découvre que des jeunes disparaissent, que des prédateurs sont à l'affût, et mène en solitaire une enquête dangereuse, dans cette ville de Strasbourg si belle et si cruelle.
    David Le Breton écrit ici un roman noir passionnant et très documenté sur la douleur de grandir dans un monde hostile. 

    Première page :

    "Ils marchaient le long de la nationale, frigorifiés, se retournant et levant parfois le pouce quand une voiture s'approchait. Manifestement, personne ne souhaitait s'embarrasser de trois jeunes avec leurs sacs à dos. Ils cheminaient depuis des heures. Ils étaient partis en fin d'après-midi de Saint-Chély après avoir tenté de prendre le train, mais le chef de gare avait menacé d'appeler la police. Il les savait sans billets et tenait les squatters en horreur.
    Ils allaient non loin de là, à une trentaine de kilomètres, à Marvejols. On était en février, il faisait froid mais quand ils s'étaient mis en marche le soleil de la fin de l'après midi rendait la température encore supportable. Peu à peu avec la tombée du soir le froid ne cessa d'augmenter. Ils étaient trop loin de la ville pour revenir, trop loin aussi de leur but. Pris au piège, ils continuèrent à avancer. Ensuite la neige fit son apparition. De petits flocons tout d'abord, et puis la tempête rendit leur progression difficile. Le vent cinglait leurs visages. La neige les transforma peu à peu en choses informes sur le bord de la nationale.
    Max, dix-sept ans, était sur les routes depuis quelques heures seulement. Son père, médecin, n'était jamais là. Sa mère enseignait la physique dans une université à une centaine de kilomètres de leur maison. Pour ses parents il était une sorte de Martien. Ils lui donnaient le vivre et le couvert, l'associaient aux fêtes de famille les rares fois où il y en avait. Le reste du temps il disposait de la clé de la maison et du frigidaire pour se débrouiller. Il ne manquait de rien, comme lui avait dit une fois sa mère qui lui trouvait l'air un peu triste et le rabrouait à ce propos.
    - On t'a toujours tout donné."

    Ce que j'en pense :

    Le sujet est intéressant. C'est assez bien construit. L'auteur (universitaire et scientifique reconnu) semble bien connaître l'univers des squats. Mais cela ne suffit pas pour faire un bon polar. Le lecteur ne "rentre" pas vraiment dans cette histoire.

    Mort sur la route

     

     

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