• Dans le ventre des mères

    "Dans le ventre des mères" de Marin ledun
    Ombres noires

    Présentation de l'éditeur :

    "Le virus nous ronge de l'intérieur. Il nous maintient debout pour servir ses propres desseins de parasite mais, tôt ou tard, nos corps lâcheront. Je sais que ce jour est proche... En attendant mon heure, ils m'ont reconvertie en soldat." Janvier 2008. Une explosion anéantit un village ardéchois. Dans un décor apocalyptique, les sauveteurs exhument un charnier. Les cadavres, véritables cobayes humains, ont subi des mutations génétiques. Une femme apparaît dans les décombres: Laure Dahan, 29 ans. Ses jours sont comptés. Son obsession: sa fille qu'elle n'a jamais connue. Elle doit la mettre à l'abri avant qu'il ne soit trop tard. Pour cela, elle est prête à tout et n'hésite pas à semer la désolation sur son passage. Les meurtres se succèdent, mystérieusement reliés, au fil de l'enquête du commandant Vincent Auger. De Grenoble à Berlin, de Zagreb à la Sicile, une course-poursuite s'engage entre Laure et Vincent. Quel rapport entre elle et les cobayes humains? Dans un monde où s'effritent les frontières entre le bien et le mal, Vincent Auger devra choisir son camp.

    Première page :

    "Sous les assauts du vent, l'herbe haute frémit autour de Laure Dahan. Le chant assourdissant des cigales couvre le bruit de ses pas. Son corps s'offre à ce moment attendu depuis si longtemps. Elle sourit. Une esquisse sous un soleil de plomb. Pantalon de toile, baskets, chemise noire. Légère, très légère. Une goutte de sueur perle le long de son cou. Une veine, presque palpitante de vie.

    Durer, faire durer.

    Ses bras délicats, ouverts, en croix, le tissu légèrement froissé au niveau de la taille, le noir. L'échancrure révèle la naissance d'un sein rond et ferme. Sous la poussière, une fine pellicule de sueur. Une odeur forte de pin et de fougère. Une fragrance légère de lavande. Un parfum de vengeance. Le tonnerre gronde, à quelques kilomètres. Bientôt là.

    Durer, c'est la règle imposée.

    Sa silhouette est gracile. Sa jeunesse, éternelle. Ses cheveux de jais balaient son visage par vagues successives. Elle se tient au milieu d'une clairière et peu importe le jour, peu importent l'heure et le moment : belle dans sa gangue solaire, désirable dans ce noyau de nature, gorgée de chaleur. Comme le sont toutes les femmes de son âge.

    Comme le sont toutes les mères qui s'apprêtent à embrasser leur enfant pour la première fois."

    Ce que j'en pense :

    Polar fantastique, techno thriller sur fond de manipulation génétique. On retrouve beaucoup de personnages d'un précédent roman (marketing viral) sans que cela en soit une suite mais plutôt un éclairage nouveau sur mes mêmes évènements. L'intrigue est rondement menée, les paysages de l'Ardèche sont magnifiques, il y a de l'action mais il manque à mon sens la profondeur et le réalisme d'un de ses précédents romans : "Les visages écrasés".

     

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  • La place du mort

    "La place du mort" de Pascal Garnier
    Points

    Présentation de l'éditeur :

    Fabien mène une existence paisible jusqu'au jour où sa femme décède dans un accident de voiture. Un drame n'arrivant jamais seul, il découvre qu'elle était accompagnée de son amant. Fabien, désarçonné mais déterminé, décide de se venger : "Il a piqué ma femme, je lui piquerai sa veuve". Mais ce désir si légitime va l'entraîner dans une situation abominable.

    Première page :

    "Les histoires d'amour finissent mal en gêné...

    Un index à l'ongle rongé coupe net la chanson des Rita Mitsouko. Ce brusque retour au silence fait mal. Les dix doigts se mettent à tambouriner sur le volant. Un son mat, un rythme monotone. On dirait de la pluie. Les cadrans du tableau de bord les éclairent en vert fluo. Aucune autre lumière à des kilomètres à la ronde. Pas une étoile, à peine un soupçon de clarté, là-bas, derrière les collines, la présence d'une ville lointaine. La main droite quitte le volant, caresse de sa paume le levier de vitesses. Le même geste qu'on fait pour flatter la tête d'un chien, d'un chat, la crosse d'une arme. C'est une bonne voiture, puissante, robuste, grise. Onze heures trente, ils ne devraient plus tarder. À force de fixer l'aiguille des secondes, celle-ci semble s'arrêter. Mais non, elle continue son petit bonhomme de chemin, obstinée ou résignée, comme un âne tournant la meule d'un moulin.

    Et puis soudain, rasant la crête de la colline en face, un faisceau de phare, la nuit qui pâlit, qui recule... Contact. La main droite se crispe et enclenche une vitesse."

    Ce que j'en pense :

    Il y a dans ce roman comme d'habitude chez Pascal Garnier, de l'ironie, du noir, de l'absurde, de la chronique sociale, de l'insolite... et surtout de la profondeur. Garnier nous montre qu'il n'est pas besoin d'intrigue compliquée pour tenir en haleine le lecteur. Garnier nous manque, il manque à la littérature.

       

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  • Chasseurs de têtes

    "Chasseurs de têtes" de Jo Nesbo
    traduit par Alex Fouillet - Gallimard, Série noire

    Présentation de l'éditeur :

    Roger Brown le répète à qui veut l'entendre : il est le meilleur chasseur de têtes de toute la Norvège. Pas un collègue ne lui arrive à la cheville, et quand il décroche son téléphone, tous les DRH du pays ont le doigt sur la couture. Mais il faut toujours se méfier des apparences, même au sommet de la société. Roger Brown vit au-dessus de ses moyens : sa villa est trop grande et sa femme bien trop belle. Sans parler de la galerie d'art de cette dernière qui engloutit toutes ses finances. Il n'a donc pas le choix : alors que ses richissimes clients sont convoqués à des rendez-vous professionnels qu'il a lui-même mis sur pied, il en profite pour s'introduire chez eux et leur voler leurs oeuvres d'art. Un jour, le candidat parfait se présente : le Néerlandais Clas Greve. Ancien militaire spécialiste de la technologie GPS, il possède le profil idéal, ainsi qu'un Rubens. Si Roger Brown réussit à mettre la main sur ce tableau, ses problèmes financiers seront réglés. Et son épouse sera sienne pour toujours... Mais Roger va bien vite comprendre que, dans cette histoire, tout le monde veut quelque chose, et que personne n'a rien gratuitement. Pas sans tuer... La chasse aux têtes est ouverte !

    Première page :

    "Une collision entre deux véhicules, c'est de la physique simple. Les hasards régissent l'ensemble, mais on peut les expliquer en disant que l'équation force x temps revient à multiplier de la masse par une variation de vitesse. Introduisez les hasards sous forme de chiffres pour les variables, et vous obtenez un récit simple, vrai et impitoyable. Il raconte par exemple ce qui se passe quand un camion de vingt-cinq tonnes plein à craquer roulant à une vitesse de quatre-vingts kilomètres à l'heure heurte une voiture de tourisme d'une tonne huit roulant à la même vitesse. En se fondant sur les hasards en matière de point d'impact, de qualité des carrosseries et d'angle des corps entre eux, on obtient une infinité de variantes à ce récit, mais elles ont deux points communs. Ce sont des tragédies, et c'est la voiture de tourisme qui est en position délicate.

    Le calme est étrange, j'entends le vent souffler doucement dans les arbres, et le murmure de la rivière. Mon bras est paralysé, je suis suspendu la tête en bas, bloqué entre chair et acier. Du sang et de l'essence gouttent depuis le plancher au-dessus de moi."

    Ce que j'en pense :

    Le sujet est intéressant et il n'y a pas tant de livres écrits sur ce thème. C'est du Nesbo, bien écrit, avec rythme très soutenu, on ne s'y ennuie pas. Mais la fin, en particulier, où l'on a droit à une explication à la Agatha Christie, c'est loin d'être du bon Nesbo.

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  • L'écriture sur le mur

    "L'écriture sur le mur" de Gunnar Staalesen
    traduction Alex Fouillet - Gaïa polar

    Présentation de l'éditeur :

    À Bergen, février est un mois dangereux pour les sorties solitaires. Un juge d’instance est retrouvé mort dans l’un des meilleurs hôtels de la ville, seulement vêtu d’un délicat ensemble de dessous féminins.

    Quelques jours plus tard, le détective privé Varg Veum se voit confier la mission de retrouver Thorild, une jeune fille disparue. Thorild, qui aurait l’âge d’être sa fille. L’âge auquel on dit de la jeunesse qu’elle reflète l’état de la société. Varg Veum a pris un coup de vieux. Il s’est fait à l’idée de garder ses distances avec l’aquavit, et assume une histoire qui dure avec Karin. Le bonheur ? Pas si simple. Varg reçoit du courrier. Dans l’enveloppe, un avis de décès. Le sien.

    Première page :

    "Quand le juge H.C Brandt, soixante-deux ans, fut retrouvé mort un vendredi de février dans l'un des meilleurs hôtels de la ville, uniquement vêtu d'un ensemble de sous-vêtements féminins des plus raffinés, les rumeurs ne tardèrent guère.
    Des rires retentissants fusaient autour des tables de journalistes du Wesselstuen à chaque nouvelle information, et le moindre détail prenait facilement des proportions inattendues. Je me vis présenter une poignée de ces hypothèses par mon vieux copain de classe, le journaliste Paul Finckel, alors que nous partagions au Børs un déjeuner paisible fait de carbonnade et de bière, quelques jours plus tard.
    Qu'on ait retrouvé le juge en sous-vêtements féminins, c'était déjà assez sensationnel. Les suppositions quant à la couleur des dits sous-vêtements étaient légion. Le rose et le rouge revenaient fréquemment. Plusieurs personnes maintenaient contre vents et marées qu'ils avaient été vert pastel. En fin de compte, on s'accorda pour dire qu'ils avaient dû être noirs.
    Les rumeurs les plus brûlantes concernaient la ou les personnes en compagnie de qui il s'était trouvé dans cette chambre. Car absolument personne ne croyait qu'il y avait été seul.
    Un groupe en particulier était convaincu qu'il s'était agi d'un homme, puisque le juge, lui, portait des vêtements de femme. Mais comme personne n'avait jamais entendu dire que le juge ait été lié au milieu homosexuel de la ville, et puisqu'il était en outre marié et grand-père, c'était selon eux la révélation d'une homosexualité refoulée. Et qui pouvait affirmer que le partenaire potentiel n'appartenait pas à la même catégorie ? Le cas échéant, les journalistes avaient plein de bonnes idées, mais aucune preuve tangible de son identité.

    Ce que j'en pense :

    Intrigue bien conduite, style assez imagé, humour...font de ce polar un livre agréable à lire. On a beaucoup de sympathie pour ce privé (ancien travailleur social) qui n'a pas peur de se confronter aux mœurs de son époque, même si on se perd parfois dans les noms propres norvégiens...

      

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  • Le léopard

    "Le léopard" de Jo Nesbo
    traduction Alex Fouillet - série noire Gallimard

    Présentation de l'éditeur :

    Deux femmes sont retrouvées mortes à Oslo, toutes les deux noyées dans leur sang. La police, en pleine guerre interservices, se retrouve face à un mystère, puisque les blessures à l’origine des hémorragies fatales semblent avoir été provoquées de l’intérieur. La belle Kaja Solness, de la brigade criminelle, est envoyée à Hong Kong pour retrouver le seul spécialiste norvégien en matière de tueurs en série. Le policier alcoolique s’est caché dans une ville d’un million d’habitants pour fuir les démons assoiffés de sang d’anciennes affaires, les souvenirs amers de la femme qu’il aime ainsi que les membres des triades à qui il doit de l’argent. Ce flic s’appelle Harry Hole… Nous promenant des pics enneigés de la Norvège aux volcans sulfureux du Congo, Le léopard est une traque sans pitié qui laisse le lecteur pantelant. Pour la huitième affaire de son enquêteur fétiche, Jo Nesbø nous livre son roman le plus complexe et le plus maîtrisé. Avec cinq millions de lecteurs dans le monde, traduit dans plus de quarante pays, Nesbø s’impose, avec Le léopard, comme le maître incontesté du thriller scandinave. Âmes sensibles s’abstenir…

    Permière page :

    "Elle se réveilla. Cligna des yeux dans l'obscurité complète. Ouvrit grande la bouche et respira par le nez. Elle cilla de nouveau. Sentit une larme couler et dissoudre le sel d'autres larmes. Mais la salive ne coulait plus dans sa gorge, sa bouche était sèche et dure, ses joues tendues par l'objet à l'intérieur. Le corps étranger dans sa bouche lui donnait l'impression que sa tête allait éclater. Mais qu'est-ce que c'était, qu'est-ce que c'était ? En se réveillant, elle avait d'abord pensé qu'elle voulait redescendre. Dans ces profondeurs noires et chaudes qui l'avaient entourée. La piqûre qu'il lui avait faîte agissait encore, mais elle savait que la douleur arrivait, elle le savait aux coups lents et sourds qui rythmaient son pouls et à la progression saccadée du sang dans son cerveau. Où était-il ? Juste derrière elle ? Elle retint son souffle, écouta. Elle n'entendait rien, mais sentait sa présence. Comme un léopard. On lui avait dit que le léopard était suffisamment silencieux pour pouvoir se glisser tout près de sa proie dans le noir, qu'il réglait sa respiration sur la sienne. Il retient son souffle quand vous cessez de respirer. Il lui semblait percevoir la chaleur de son corps. Qu'attendait-il ? Elle recommença à respirer. Et crut percevoir au même instant un souffle dans sa nuque. Elle fit volte-face, frappa, mais ne rencontra que le vide. Se recroquevilla, essaya de se faire petite, de se cacher. En vain."

    Ce que j'en pense :

     Plus de 750 pages ! Mais il y a toujours du suspense, de l'intérêt grâce aux personnages (plutôt complexes), à l'intrigue (à rebondissements fréquents) et à l'écriture (simple et efficace)

      

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  • Quai des enfers

    "Quai des enfers" de Ingrid Astier
    Série noire Gallimard

    Présentation de l'éditeur :

    Paris, l'hiver. Noël s'approche avec l'évidence d'un spectre. Au cœur de la nuit, une barque glisse sur la Seine, découverte par la Brigade fluviale à l'escale du quai des Orfèvres. À l'intérieur, un cadavre de femme, sans identité. Sur elle, la carte de visite d'un parfumeur réputé. Une première dans l'histoire de la Brigade criminelle, qui prend en main l'enquête, Jo Desprez en tête. Mais quel esprit malade peut s'en prendre à la Seine ? Qui peut vouloir lacérer ce romantisme universel ? Exit les bateaux-mouches et les promenades. Le tueur sème la psychose : celle des naufrages sanglants. Désormais, son ombre ne quittera plus le fleuve. S'amorce alors une longue descente funèbre qui délivre des secrets à tiroirs. Jusqu'à la nuit, la nuit totale, celle où se cache le meurtrier. Pour le trouver, nul ne devra redouter les plongées. À chacun d'affronter ses noyades.

    Première page :

    "« Hé Steph, qu'est-ce qu'y a de plus noir que les eaux de la Seine la nuit ?

    —   J'sais pas moi... L'œil de Satan ?...

    —   Pourquoi l'œil, tocard, tu crois qu'il est borgne ? »

    Phil, le chef d'intervention de la Brigade fluviale, sondait les eaux noires du regard. Il les palpait, déshabillait en connaisseur cette femme-fleuve. Il hésita avant de répondre :

    « Pour ne voir que le mauvais côté... il doit avoir vendu un œil, non ? »

    Des rires fusèrent du Zodiac, qui fendait la Seine et passait à l'instant le pont d'Arcole. Un bruit d'avion montait des puissants moteurs, tandis que le Cronos rebondissait sur l'onde épaisse, couleur soutane de curé.

    Paris dormait ferme.

    Les visages des policiers, réfugiés sous leurs bonnets, scrutaient les zones d'ombre. Il ne faisait pas froid : il gelait à en faire crever un olivier. Phil avait ramené l'expression de son dernier stage de plongée à Amibes. Les paroles, comme les promeneurs, filaient rares."

    Ce que j'en pense :

    Livre bien structuré, avec une intrigue qui pourrait être intéressante, des retournements de situation, des fausses pistes... l'auteure s'est donc appliquée à respecter les règles du polar mais tout cela ne fonctionne pas, ou mal. Les dialogues paraissent parfois étrangers aux personnages (sans doute trop nombreux). Il y a souvent des digressions complètement inutiles, ou encore des allusions fréquentes et agaçantes aux milieux de la mode, de la musique de la peinture. Ingrid Astier qui avait auparavant publié des livres de cuisine maitrise bien les recettes mais si elle veut continuer dans le genre polar il va lui falloir revoir ses ingrédients !

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  • La chambre des morts

    "La chambre des morts" de Franck Thilliez
    Pocket

    Présentation de l'éditeur :

    Imaginez... Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints. Devant vous, un champ d'éoliennes désert. Soudain le choc, d'une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. À ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d'euros, à portée de main. Que feriez-vous ? Vigo et Sylvain, eux, ont choisi.

    Première page :

    "Depuis la nuit dernière, l'odeur avait encore empiré. L'infection ne se contentait plus d'imprégner les draps ou les taies d'oreiller, elle se diluait dans toute la chambre, tenace et nauséeuse. Une fois son tee-shirt ôté, la fillette l'avait écrasé sur son nez avant de nouer les extrémités autour de sa tête. Stratagème inefficace. Malgré la barrière de tissu, les molécules olfactives distribuaient leur poison invisible. Il est des fois où l'on ne peut rien contre plus petit que soi.

    À travers les fenêtres verrouillées, l'été déversait une moiteur grasse, les mouches bourdonnaient, agglutinées en losanges émeraude sur un trognon de pomme pourri. De plus en plus, l'enfant se sentait impuissante face aux hordes ailées. Les insectes se multipliaient à une vitesse prodigieuse et fondaient sur le lit, trompes en avant, à chaque fois que la petite relâchait son attention. Bientôt, épuisée, affamée, elle serait forcée de capituler.

    Même pas neuf ans et pourtant, déjà, l'envie de mourir.

    Sa gorge brûlait, sa langue gonflait, son organisme se liguait contre elle en un arc douloureux. Il fallait boire, absolument. Ce qui impliquait quitter la couche, s'éloigner de la chambre et foncer jusqu'à la salle de bains."

    Ce que j'en pense :

    Un thriller (sanglant) assez bien écrit dans une région sinistrée (le Nord) ; mais la dimension sociale n'est sans doute pas assez mise en avant. L'intrigue est bien conduite mais assez "prévisible". Certains rebondissements sont un peu "tirés par les cheveux". On devine que le lieutenant de police Lucie Henebelle doit rester en vie afin d'apparaitre dans d'autres livres !

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  • Une femme seule

    "Une femme seule" de Marie Vindy
    Fayard noir

    Présentation de l'éditeur :

    Un petit matin de janvier, au lieu-dit de L’Ermitage, Marianne Gil est réveillée par une pluie de coups frappés à sa porte. Son ami Joe, affolé, a découvert le corps sans vie d’une jeune fille derrière les granges, au fond de la propriété. Ils préviennent les autorités. 

    Le capitaine Francis Humbert, de la brigade de recherches de Chaumont, prend la tête des opérations. Les premières constatations révèlent que la victime a été étranglée, mais rien ne permet d’établir son identité. Qui est-elle ? Et que faisait-elle seule, dans les bois, en plein hiver ? 
    Mystérieuse Marianne, qui vit cachée et porte un secret que ni le silence ni la solitude n’ont su consoler. Écrivain de renom, cette femme seule à la beauté sauvage dégage une fragilité à laquelle Humbert sent confusément qu’il ne peut résister. Divorcé, englué dans une vie de caserne qui ne lui convient plus, cet enquêteur acharné va tout risquer pour la protéger de son passé...

    Première page :

    "La fatigue accumulée les trois derniers jours l'avait saisie la veille, à son retour. Marianne dormait d'un sommeil profond, lourd et sans rêve, quand une pluie de coups contre la porte la réveilla en sursaut. Elle ouvrit les yeux, désorientée.

    Le jour se levait à peine, mais quelqu'un l'appelait. On criait son prénom. Elle reconnut la voix et son cœur fit un bond dans sa poitrine. La présence de Joe de si bonne heure ne pouvait avoir qu'une seule explication : les chevaux, ses chevaux. Elle passa un pull sur son tee-shirt et descendit pieds nus au rez-de-chaussée.

    La trentaine, grand et osseux, des cheveux bruns toujours très courts, Joe avait dû prendre appui sur le chambranle de la porte pour ne pas flancher, lui qui se tenait d'habitude campé sur ses jambes comme si elles étaient faites de la même glaise que le sol."

    Ce que j'en pense :

    Il y a bien dans ce livre un point de départ intéressant, un endroit assez original et une certaine recherche d'atmosphère mais l'intrigue est assez lente. Les personnages manquent d'épaisseur et l'histoire d'amour entre les deux principaux protagonistes n'est pas crédible.

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  • Zulu

    "Zulu" de Caryl Ferey
    Série noire Gallimard

    Présentation de l'éditeur :

    Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l'Inkatha, en guerre contre l'ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu'elles lui ont fait... Aujourd'hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l'Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d'Afrique, bat tous les records. Les choses s'enveniment lorsqu'on retrouve la fille d'un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l'agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds... Si l'apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l'ombre de la réconciliation nationale...

    Première page :

    "- Tu as peur, petit homme ?... Dis : tu as peur ?
    Ali ne répondait pas — trop de vipères dans la bouche.

    - Tu vois ce qui arrive, petit Zoulou ? Tu vois ?!

    Non, il ne voyait rien. Ils l'avaient saisi par la racine des cheveux et tiré devant l'arbre du jardin pour le forcer à regarder. Ali, buté, rentrait la tête dans les épaules. Les mots du géant cagoule lui mordaient la nuque. Il ne voulait pas relever les yeux. Ni crier. Le bruit des torches crépitait à ses oreilles. L'homme serra son scalp dans sa main calleuse :

    - Tu vois, petit Zoulou ?

    Le corps se balançait, chiffe molle, à la branche du jacaranda. Le torse luisait faiblement sous la lune mais Ali ne reconnaissait pas le visage : cet homme pendu par les pieds, ce sourire sanglant au-dessus de lui, ce n'était pas celui de son père. Non» ce n'était pas lui.

    Pas tout à fait.

    Plus vraiment.

    Le sjambock claqua de nouveau.

    Ils étaient tous là, réunis pour la curée, les « Haricots verts » qu'on avait formés pour maintenir l'ordre dans les townships, ..."

    Ce que j'en pense :

    Livre très bien documenté (parfois trop) sur l'Afrique du Sud. Intrigue captivante, bien menée. Les trois personnages principaux sont bien campés, avec leurs secrets, leurs défauts, leurs fêlures... Au final, malgré quelques longueurs, un bon polar, très noir et très "saignant".

      

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  • Pike

    "Pike" de Benjamin Whitmer
    traduction Jacques Mailhos - éditions Gallmeister

    Présentation de l'éditeur :

    Douglas Pike n'est plus l'effroyable truand d'autrefois, mais il a beau s'être rangé, il n'en est pas plus tendre. De retour dans sa ville natale proche de Cincinnati, dans les Appalaches, il vit de petits boulots avec son jeune comparse Rory, qui l'aide à combattre ses démons du mieux qu'il peut. Lorsque sa fille Sarah, disparue de longue date, meurt d'une overdose, Pike se retrouve chargé de sa petite-fille de douze ans. Mais tandis que Pike et la gamine commencent à s'apprivoiser, un flic brutal et véreux, Derrick Krieger, manifeste un intérêt malsain pour la fillette. Pour en apprendre davantage sur la mort de Sarah, Pike, Rory et Derrick devront jouer à armes égales dans un univers sauvage, entre squats de junkies et relais routiers des mauvais quartiers de Cincinnati.

    Première page :

    Le bras gauche du gosse saille en biais de la neige sale comme une branche de bois noir cassée. Derrick tâte le corps de la pointe de sa botte de cow-boy. Aucun mouvement. Il rengaine son Colt 911 et balaye la ruelle du regard. Les anciens bâtiments industriels en brique rouge le dominent de trop haut; un antique escalier de secours se décolle et pend d'une façade, menaçant d'entraîner le mur délabré dans sa chute. Droit devant, la ruelle s'achève en cul-de-sac sur un chenil grillagé abritant deux pit-bulls entraînés à déchiqueter le corps des flics blancs. Derrick tourne les talons et repart vers la Grand-rue de Cincinnati. Stase du matin, bottes qui crissent sur la neige dure au rythme du cœur qui bat, froid et métronomique, sous sa cage thoracique.

     Pas le moindre putain de doute : le gosse avait senti le coup venir. C'était forcé, vu comme il l'avait jouée cool jusqu'au moment où il avait surpris Derrick, visage penché sur une cigarette rougeoyante, pour faire alors volte-face et filer par la porte de la cuisine en ne lui laissant voir qu'une traînée afro floue et le dessous de ses talons. Le temps que Derrick sorte son .45 de son holster, le gosse avait déjà dix mètres d'avance et cavalait pour sauver sa peau.

     Puis il avait continué à bien jouer le coup sur les deux premiers blocs. Il s'était tenu à l'écart des petites rues latérales et avait rameuté tout le quartier. Et tous les autochtones ne dormaient pas; assis sur leurs perrons décatis, quelques-uns d'entre eux suivaient la scène de leurs yeux rougis par la bière....

    Ce que j'en pense :

    Roman noir où tout est très noir : paysage, neige, personnages, humour... Les descriptions de scènes violentes sont sèches et froides, les dialogues sont courts et percutants. L'auteur réussit malgré tout à nous faire aimer la plupart de ses personnages. Il joue beaucoup avec les métaphores, souvent de façon originale.

      

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