• Lumière froide

    "Lumière froide" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Pour l'inspecteur principal Resnick et son équipe, la déferlante des crimes et délits enregistrés en cette période de Noël ne sort guère de la routine : un chauffeur de taxi roué de coups, une femme ivre arrêtée pour désordre sur la voie publique, et un gamin dont les blessures suspectes sont peut©être le fait de violences paternelles. Dans l'ensemble, la PJ de Nottingham a la situation bien en main. Jusqu'au coup de téléphone de Dana Matthieson dont la colocataire a disparu. Resnick et ses collègues auront bientôt la preuve concrète que Nancy a été enlevée. Pour le Nouvel An, une première cassette leur parvient, et Resnick comprend qu'ils ont affaire, sans aucun doute, à un terrifiant psychopathe. Dans cette sixième enquête, on découvre une nouvelle facette de Charlie Resnick, homme solitaire et secret, lorsque le criminel qu'il traque menace, non plus une inconnue, mais une femme qui lui est proche et qui lui inspire des sentiments contradictoires.

    Première page :

    "Se dégageant de sous le corps endormi de Gary, elle se glissa en douceur jusqu'au bord du lit. Chaque nuit, invariablement, Gary se collait contre Michelle, l'immobilisait de son bras et de toute la masse de sa cuisse, reposant lourdement sur elle. Depuis qu'ils avaient emménagé dans cette maison, c'était encore pire. Il ne pouvait pas dormir sans elle. Retenant son souffle, Michelle attendit que cesse le grincement ténu du sommier. Le lino craquelé était froid sous ses pieds. Gary soupira, et quand Michelle se retourna, elle vit son visage, si jeune dans la lumière pauvre, sa bouche ouverte. Elle remarqua la façon dont l'une de ses mains agrippait le drap, les plis tourmentés de son front au-dessus des yeux, et elle fut bien aise de ne rien savoir de ses rêves.

    Enfilant une paire de chaussettes de Gary et l'un de ses sweaters par-dessus son propre T-shirt, elle quitta la chambre.

    Les enfants avaient une chambre à eux près du palier étroit, mais depuis quelques semaines, il y faisait trop froid. Leur haleine se figeait dans la pièce en petits nuages blancs, …"

    Ce que j'en pense :

    Toujours autant de plaisir à retrouver les personnages de Harvey, et, en particulier l'inspecteur Resnick. On a même l'impression que l'écriture, comme le bon vin, se bonifie en vieillissant. Le volet social de ce roman, qui se passe dans une Angleterre thatcherisée, est très prégnant.

    Lumière froide

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  • On ne réveille pas un chien endormi

    "On ne réveille pas un chien endormi" de Ian Renkin - Le livre de poche policier

    Présentation de l'éditeur :

    John Rebus est de retour officiellement à la Criminelle. Seul bémol : il a été rétrogradé sergent et doit travailler sous les ordres de son ancienne disciple Siobhan Clarke. Ils sont tous les deux en train d’enquêter sur une affaire a priori simple d’accident de voiture lorsqu’ils apprennent que le ministère public a décidé d’exhumer du passé de Rebus une histoire vieille de trente ans. À l’époque, l’équipe dont il faisait partie avait été accusée de falsification de preuves dans une affaire criminelle. Le service des plaintes, l’hypercorrect Malcolm Fox en tête, est saisi du dossier. Rebus est sur la corde raide. Il ne sait pas s’il peut faire confiance à Fox et, pourtant, il va avoir besoin de son aide. Quand on réveille un vieux chien aigri, il vaut mieux être bien préparé...
    Un grand Rebus sur fond de référendum sur l’indépendance de l’Écosse.

    Première page :

    "- Et on va où comme ça ?

    - On roule, c'est tout.

    - Oui, mais on roule jusqu'où ?

    Rébus se tourna vers l'homme qu'il avait ramassé devant une agence de paris sur Clerk Street. Un dénommé Peler Meikle, dont la moitié de la vie d'adulte s'était passée derrière les barreaux de diverses prisons écossaises et anglaises, comme en témoignaient sa pâleur et sa contenance typiques d'un ex-taulard. Son visage avait besoin d'un bon coup de rasoir et ses yeux enfoncés dans leurs orbites étaient réduits à deux pupilles noires sur le qui-vive. Après quelques feux tricolores, ils longèrent la Commonwealth Pool avant de s'engager dans Holyrood Park.

    - Ça fait un bail, dit Rébus. Qu'est-ce que tu deviens par les temps qui courent ?

    - Pas de quoi vous faire des cheveux, vous autres.

    - A ton avis, est-ce que j'ai l'air de m'en faire ?

    - Vous avez la même tronche que le jour où vous m'avez envoyé au tapis en 1989.

    - Ça remonte à si loin que ça ? fit Rébus d'un air faussement surpris en secouant la tête un peu trop fort."

    Ce que j'en pense :

    C'est bien mené, de façon assez classique, avec plusieurs histoires qui s'imbriquent (plus ou moins). Mais on ne s'attache pas complètement au personnage de Rebus car il est montré de manière un peu trop schématique.

    On ne réveille pas un chien endormi

     

     

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  • Les années perdues

    "Les années perdues" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Cinq hommes armés et masqués ont commis en quelques mois une série de vols qui leur ont rapporté un demi-million de livres. Les forces de police se mobilisent, l'opération Martin-Pêcheur est déclenchée. Cependant, le crime ne compte pas que des professionnels : deux minables ont laissé un vieil homme entre la vie et la mort en voulant braquer une agence de crédit. Le père d'un des voyous était musicien au club de la Chaloupe où Ruth James chantait son succès Les Années perdues, tandis que Prior, le mari de Ruth, croisait la route de Charlie Resnick, un fusil de chasse à la main. Aujourd'hui, Prior est sur le point de recouvrer la liberté après plus de dix ans de réclusion. Les fantômes surgissent du passé et l'inspecteur comprend que leur histoire est aussi la sienne.

    Première page :

    "- N'oublie pas qu'on se retrouve à La Chaloupe, Charlie. Vers huit heures et demie, neuf heures. D'accord ?

    En entendant la voix de Ben Riley, Resnick se retourna. Il repéra sans mal le visage de son collègue. Dans la meute des supporters massés contre la barrière, il était bien le seul homme à ne lancer ni sarcasmes, ni injures. Deux minutes avant la fin d'un match apparemment condamné au score nul de zéro à zéro, une guerre d'usure menée dans le no man's land d'un terrain bourbeux d'arrière-saison, le ballon avait giclé vers l'aile et les rares brins d'herbe encore visibles sur la pelouse. L'ailier, se débarrassant d'un coup d'épaule de l'adversaire qui le marquait, avait couru trente mètres avant de rattraper la balle ; à la lisière de la surface de réparation, alors qu'il hésitait entre passer le ballon et tirer, un défenseur adverse l'avait fauché par derrière au terme d'une glissade, plantant ses crampons dans la cuisse de l'ailier. Le penalty, mal frappé, était parti en vrille au bout du pied trop tendu du buteur, mais il avait cependant franchi la ligne pour mourir dans les filets. Un à zéro…"

    Ce que j'en pense :

    Belle qualité d'écriture (une fois de plus) pour ce bon polar (non saignant!). Harvey sait nous restituer des ambiances, rendre vivants ses personnages. Dans ce cinquième livre des enquêtes de Resnick, on en apprend un peu plus sur ses débuts. Le jazz, le blues restent le fil conducteur de ce livre.

    Les années perdues

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  • Adieu Lili Marleen

    "Adieu Lili Marleen" de Christian Roux - Rivages Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Julien est pianiste dans un restaurant où, chaque soir, une vieille dame à l'élégance surannée lui demande de jouer Lili Marleen. Un jour, la mystérieuse cliente cesse de venir. En revanche, Julien reçoit la visite d'un individu patibulaire qui l'oblige à le suivre. Il reconnaît aussitôt les méthodes d'un caïd de la drogue qui se fait appeler Kamel et comprend que son passé vient de le rattraper...

    Première page :

    "Jouez Goodbye Pork Pie Hat au dessert, personne ne s'en rendra compte. Portrait Of An Ermite à l'entrée non plus, notez bien. Un Français, quand ça bouffe, ça bouffe. Rien à faire du génie, des mystères de la création, de la mort des grands hommes... En toutes circonstances, l'estomac est roi. Ça vaut pour moi aussi. Sinon je ne serais pas resté assis des soirées entières au piano du Saint-Jacques, à essayer de caser Mingus ou Monk entre un ris de veau et un filet de saint-pierre. Oui, je jetais la musique de ces grands hommes par pelletées de notes dans les oreilles de néophytes qui n'en avaient que faire parce que moi aussi, je voulais manger. Je me servais des œuvres des autres, de leurs tripes, de leur vision du monde, sans me soucier du tort que je pouvais leur causer, uniquement parce que je n'étais pas capable de faire autre chose qu'égrener des notes sur un piano, en espérant qu'en plus de ma maigre paye, cet étalage me vaudrait un pourboire. J'aurais dû en avoir honte, mais ce n'était pas le cas ; en revanche, côté pourboire, j'étais souvent déçu."

    Ce que j'en pense :

    Livre assez original où il est question de musique (classique et jazz) et d'histoire (le nazisme et les opposants allemands). Le récit est bien conduit, les personnages principaux bien campés. C'est la musique qui fait lien entre tous les événements. On découvre l'admiration que l'auteur (pianiste lui-même) porte à Beethoven.

    Adieu Lili Marleen

    Adieu Lili Marleen

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  • Millenium 5 La fille qui rendait coup pour coup

    "La fille qui rendait coup pour coup" de David Lagercrantz - Actes Sud

    Présentation de l'éditeur :

    Une enfance violente et de terribles abus ont marqué à jamais la vie de Lisbeth Salander. Le dragon tatoué sur sa peau est un rappel constant de la promesse qu’elle s’est faite de combattre l’injustice sous toutes ses formes. Résultat : elle vient de sauver un enfant autiste, mais est incarcérée dans une prison de haute sécurité pour mise en danger de la vie d’autrui. Lorsqu’elle reçoit la visite de son ancien tuteur, Holger Palmgren, les ombres d’un passé qui continue à la hanter resurgissent. Quelqu’un a remis à Palmgren des documents confidentiels susceptibles d’apporter un nouvel éclairage sur un épisode traumatique de son enfance.
    Pourquoi lui faisait-on passer tous ces tests d’intelligence quand elle était petite ? Et pourquoi avait-on essayé de la séparer de sa mère à l’âge de six ans ? Lisbeth comprend rapidement qu’elle n’est pas la seule victime dans l’histoire et que des forces puissantes sont prêtes à tout pour l’empêcher de mettre au jour l’ampleur de la trahison. Avec l’aide de Mikael Blomkvist, elle se lance sur la piste d’abus commis par des officines gouvernementales dans le cadre de recherches génétiques secrètes. Cette fois, rien ne l’empêchera d’aller au bout de la vérité.

    Première page :

    "Lisbeth Salander. sortait des vestiaires après sa séance d'entraînement, quand elle fut rattrapée dans le couloir par le surveillant-chef Alvar Olsen. Il lui déballa un blabla exalté. Il semblait tout excité. Il gesticulait et brandissait des documents. Mais Lisbeth ne saisissait pas un mot de ce qu'il disait. Il était 19 h 30.

    C'était l'heure la pire à Flodberga. L'heure où le fracas du train de marchandises qui longeait la prison faisait trembler les murs, où les trousseaux de clés cliquetaient dans le couloir, où l'air se chargeait d'effluves de parfum et de transpiration. 19 h 30 était, pour les prisonnières, le moment le plus dangereux de la journée. C'était alors, à la faveur du boucan de la voie ferrée et de l'agitation générale provoquée par la fermeture imminente des portes des cellules, qu'avaient lieu les pires agressions. Lisbeth Salander inspectait toujours le quartier à cette heure-là, et ce ne fut sans doute pas un hasard si elle aperçut Faria Kazi à cet instant précis.

    Faria Kazi était une jolie jeune femme, originaire du Bangladesh. Elle était assise dans sa cellule, sur la gauche. Même si, de là où se trouvait Lisbeth, elle ne pouvait voir qu'une partie de son visage, il ne faisait aucun doute qu'elle recevait des gifles. Sa tête basculait de part et d'autre sans interruption et, bien que les coups ne fussent pas particulièrement violents, ils avaient quelque chose de rituel et de coutumier. Quoi qu'il fût en train de se passer, ça durait depuis un moment."

    Ce que j'en pense :

    C'est plutôt brouillon, pas très bien écrit (ou mal traduit) mais c'est construit pour qu'on soit amené à tourner les pages. Les personnages ont perdu de leur épaisseur et de leur crédibilité. Heureusement pour Actes Sud, ça se vend bien !

    Millenium 5 La fille qui rendait coup pour coup

     

     

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  • Off Minor

    "Off Minor" de John Harvey - Rivages/noir

    Présentation de l'éditeur :

    Une fois que le patron serait au courant, il se chargerait sans doute de prévenir lui-même les parents de la gosse. Et c'était une chose que Millington détestait plus que tout, et qui lui soulevait le coeur : regarder en face des gens dont le visage se décompose, et leur raconter des mensonges." Quand la petite Emily est enlevée, Charlie Resnick craint le pire. A peine quelques jours plus tôt, le corps d'une autre fillette de six ans a été découvert, caché dans deux sacs poubelles, à l'intérieur d'un entrepôt désaffecté. Pour le policier, l'affaire est particulièrement difficile , l'opinion publique s'impatiente, les médias se déchaînent et Resnick lui-même est hanté par l'idée qu'un assassin pédophile rôde dans la ville. Pour cette quatrième enquête de l'inspecteur Resnick (Coeurs solitaires, Les Etrangers dans la maison, Scalpel), placée sous le signe du morceau de Thelonious Monk Off Minor, John Harvey s'attaque au délicat sujet de la pédophilie. Il le fait avec la justesse, la pudeur et l'humanité qui caractérisaient ses précédents romans."

    Première page :

    Il est assis de l'autre côté du bar, juste en face de Raymond, et ne le quitte pas des yeux, le mettant au défi de venir l'aborder - le type qui lui a planté sa lame dans la peau, l'homme au couteau.

    Cela remonte à six semaines. Un samedi soir comme celui-ci, mais plus froid. L'air que Raymond rejette se condense en petits nuages blancs. Pour rejoindre la place, il tourne devant le Royal. À ce moment, Raymond n'a aucune raison de remarquer ces gars-là plus que d'autres ; quatre jeunes, en bras de chemise, dix-neuf, vingt ans, qui font une virée en ville. Chemises blanches et cravates neuves, achetées le matin même chez River Island ou Top Man. Les mains enfoncées dans les poches de leurs pantalons, qui sont de couleur sombre et coupés amples à la taille. Des grandes gueules. Ils apostrophent les filles en minijupe ou en short qui pressent le pas et s'esclaffent, dans un cliquetis de talons aiguilles.

    • Hé, toi, là-bas !
    • Quoi ? -Toi !
    • Ouais ?

    Ce que j'en pense :

    On finit par bien connaître tous ces personnages de l'entourage de Resnick. Harvey sait leur donner du corps. On suit bien sûr l'enquête mais elle vient presque au second plan. L'auteur nous fait pénétrer dans le Nottingham des années 90, avec la misère, la délinquance, le chômage… mais cela est abordé de façon très humaine et pudique.

    Off Minor

    Off MinorOff Minor

     

     

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  • Scalpel

    "Scalpel" de John Harvey - Rivages/noir

    Présentation de l'éditeur :

    Existe-t-il un lien entre les agressions sauvages perpétrées contre deux membres du personnel du centre hospitalier de la ville ? Obligée d'enquêter dans toutes les directions, l'équipe de Charlie Resnick passe au crible la vie privée des victimes, hésite entre plusieurs suspects et se perd en conjectures face à un milieu médical enclin au secret, voire à la dissimulation... Jusqu'à ce que l'agresseur frappe à nouveau et assassine cette fois une jeune étudiante apparemment sans histoires. Orientée de manière décisive, l'enquête s'achemine alors vers un terrifiant secret...

    Première page :

    Il songeait à Karen, en train d'attendre dans une chambre à deux pas de l'hôpital. Fletcher l'imaginait dégustant un second verre de vin et regardant sa montre par intermittence pour tromper l'attente. Il avait fait sa connaissance deux mois plus tôt à un bal, et la première fois qu'elle s'était déshabillée devant lui, il lui avait dit qu'elle était parfaite. Comme ça, sans le vouloir. Les mots étaient sortis naturellement.

    Parfaite.                                      

    - Vous avez l'air plus mort que vif.

    Instantanément, la voix le ramena à la réalité et il leva les yeux vers l'infirmière en face de lui qui tirait sur sa blouse d'uniforme là où elle bâillait légèrement par-dessus sa ceinture.

    - Merci, dit Fletcher.

    Sarah Léonard sourit.

    - La nouvelle admission..., commença-t-elle.

    Fletcher cligna des paupières et fit un effort pour se concentrer. Sur les dernières vingt-quatre heures, il n'en avait passé que trois à dormir, ce qui faisait onze heures de sommeil en tout dans les trois jours écoulés. Il se sen­tait guetté par les troubles hallucinatoires.

    Ce que j'en pense :

    Intrigue très bien conduite. Harvey approfondit tous les personnages. On en apprend toujours un peu plus sur Resnick et son équipe. Ce livre nous plonge à la manière de Simenon dans l'atmosphère de Nottingham à la fin du XX ème siècle.

    Scalpel

    ScalpelScalpel

     

     

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  • Les étrangers dans la maison

    "Les étrangers dans la maison" de John Harvey - Rivages/noir

    Présentation de l'éditeur :

    Maria Roy a menti en décrivant les cambrioleurs qu'elle a surpris chez elle, comme deux petits noirs en blousons. Harold, son mari, n'a pas tout dit sur ce que contenait son coffre-fort. Quant au grand type élégant qui s'est courageusement interposé contre un commando venu saccager le restaurant chinois où il dînait, il est autant industriel du textile que Lester Young était chanteur d'opéra... Tant que ces gens-là se mentent les uns aux autres, tout le monde y trouve plus ou moins son compte. Mais lorsque chacun à leur tour, ils viennent mentir au détective-inspecteur Charlie Resnick, il cherche le lien entre les menteurs, un kilo de cocaïne en vadrouille et une vague de cambriolages non éclaircis. Quitte à mettre son nez dans les affaires d'un collègue indélicat et à fréquenter l'univers impitoyable de la télévision...

    Première page :

    "- Bon, alors, qu'est-ce qu'on fait ? On y va ? fit Grice.

    Il sentait le froid commencer à s'insinuer dans les muscles de son dos. Janvier lui collait la haine.

    De son côté, Grabianski trouvait la nuit plus douce qu'à l'ordinaire. Une nuit comme il les aimait.

    - Minute.

    Il s'avança vers le garage. Il bougeait avec une grâce surprenante pour un homme de son poids.

    A travers l'objectif grand-angle d'un agent immobilier, la maison aurait pu passer pour une demeure ou une propriété, mais de là où se tenait Grice, devant l'allée de gravillons, ce n'était qu'une villa surdimensionnée de plus, comme on en trouve au sud de la ville.

    La lumière du jour aurait rendu plus évident encore l'état des peintures, qui n'avaient pas été refaites depuis l'été dernier, voire même l'été d'avant, ainsi que le revêtement des fausses boiseries, qui semblaient comme ravagées d'eczéma. De chaque côté du portail, deux sapins miniatures s'étiolaient dans des barriques. Grice n'avait que trois pas à faire pour tirer la sonnette. Il essaya de se rappeler la dernière fois où il était entré chez quelqu'un en sonnant à la porte.

    - Alors ?

    Les mains dans les poches, Grabianski répondit par un haussement d'épaules.

    - Ça veut dire quoi ?"

    Ce que j'en pense :

    On retrouve avec plaisir l'inspecteur Resnick, ses chats, son humour, sa maison, ses disques de jazz. L'intrigue au rythme lent, est plutôt originale, sans meurtre mais avec des personnages très attachants et particulièrement bien décrits (y compris les "malfaiteurs" et les collègues de l'inspecteur). je crois que je vais poursuivre la série des enquêtes de Resnick.

    Les étrangers dans la maison

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  • Cœurs solitaires

    "Coeurs solitaires" de John Harvey - Rivages/noir

    Présentation de l'éditeur :

     Shirley Peters a été tuée, et son ancien amant l'avait menacée de mort. Pour l'inspecteur Resnick, il s'agit là d'un drame passionnel, ce genre de drame auquel il a l'impression d'être confronté tous les jours. Mais quand une seconde femme est sauvagement violée et assassinée, il semble évident qu'un serial killer est à l'œuvre et qu'il choisit ses victimes parmi les femmes esseulées qui cherchent un compagnon dans la rubrique locale des cœurs solitaires.

    Première page :

    "Voilà longtemps qu'elle n'avait plus pensé à lui.

    A cette manière qu'il avait de rester adossé à l'encadrement de la porte pour l'observer tandis qu'elle s'habillait. Attendant de voir quel pull elle allait choisir, le vert tendre, ou peut-être bien le rouge. Tu le sais, hein?... Sa voix. Elle se tenait devant le miroir et entendait sa voix, à l'intérieur d'elle-même, aussi claire, aussi proche qu'autrefois. Quand je te regarde, les gestes que tu fais, je ne peux pas résister à l'envie de te toucher.

    Au début, lorsqu'ils avaient commencé à vivre ensemble, il lui semblait n'avoir jamais une minute de répit. Parfois, elle se réveillait au milieu de la nuit et le trouvait appuyé sur un coude, en train de la regarder. Une fois, même, il avait garé sa voiture en face du bureau où elle travaillait et il était resté là toute la journée, à attendre de l'apercevoir der­rière les fenêtres. Dans leur appartement, lorsqu'elle passait près de lui, ses mains se tendaient vers elle, cherchant à la toucher, à la prendre. Puis, juste au moment où elle commençait à croire que les choses dureraient ainsi pour toujours, il s'était mis à changer.

    Tony.

    Des petites choses, au début, à peine perceptibles : il ne lui prenait plus la main lorsqu'ils regardaient la télévision; il oubliait de venir poser la tête dans le creux de son épaule pendant qu'elle préparait les œufs brouillés du dimanche matin."

    Ce que j'en pense :

    Voilà un roman très bien écrit, qui se lit tranquillement, avec beaucoup de plaisir. Ce livre nous fait pénétrer dans la ville de Nottingham. On y découvre la vie d'un commissariat, les relations entre les gens (spécialement entre homme et femme), la solitude. On a envie de suivre cet inspecteur amoureux des chats et du jazz. Petit bémol (cela tient au travail de l'éditeur) : quelques paragraphes pas assez séparés, des tirets qui ne correspondent pas à des dialogues…

    Cœurs solitaires

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  • L'affaire Sadorski

    "L'affaire Sadorski" de Romain Slocombe - Robert Laffont

    Présentation de l'éditeur :

    Avril 1942. Au sortir d'un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l'Occupation. Pétainiste et antisémite, l'inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d'un mari attentionné. Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy. De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d'intervenir contre les " terroristes ".
    Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d'en faire leur informateur au sein de la préfecture de police... De retour à Paris, il reçoit l'ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d'appartenir à un réseau antinazi.

    Première page :

    "TOUS LES MATINS, Mme Léon Sadorski, Yvette de son prénom, émerge des brumes du sommeil animée d'une envie immodérée de faire l'amour. La température de son corps s'élève d'un petit degré, son sexe s'humidifie rapidement, elle se blottit contre l'inspecteur principal adjoint Sadorski en poussant un léger soupir. Son époux, en règle générale, répond à ces avances, mais, ce matin du 1er avril 1942, des préoccupations d'ordre moins frivole se présentent à son esprit à peine le réveille-matin a-t-il sonné. L'homme se dégage avec douceur, gagne la salle de bains ; il urine, se rase, puis, en maillot de corps, se rend à la cuisine afin de préparer le café. Les aiguilles de la pendule indiquent 7 h 38 (heure allemande ; l'aube se lève à peine). Il écarte les épais rideaux noirs de la défense passive, repousse les volets. Le ciel au-dessus de l'île Saint-Louis, derrière les fenêtres du petit trois pièces quai des Célestins que le couple loue depuis l'avant-guerre, annonce, tout comme la veille, une belle journée de printemps. L'air est extraordinairement pur…"

    Ce que j'en pense :

    Ce livre aborde un sujet et une période trouble de notre histoire. L'auteur reconstitue très bien cette époque et nous donne quelques noms d'industriels, de banquiers, d'hommes politiques, d'artistes… qui ont collaboré sans état d'âme avec l'occupant. Il réussit presque à nous rendre sympathique le policier au centre du récit. Mais le rythme de ce roman est plutôt lent et l'intrigue semble un peu décousue. Dommage !

    L'affaire Sadorski

    L'affaire Sadorski

     

     

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