• Mon fils

    "Mon fils"  de Vincent Cuvellier et Delphine Perret - Gallimard jeunesse

    Présentation de l'éditeur :

    Mon fils, c'est mon fils. Je le connais depuis qu'il est né, et peut-être même avant, c'est dire. Je le connais tellement qu'on dirait que c'est moi qui l'ai fait.
    Mon fils, il est tellement beau que, même s'il était moche, il serait beau quand même. D'ailleurs, je vais le décrire, vous allez voir...

    Extrait :

    "Quand mon fils est né, je n'ai pas fait de photos parce que je voulais faire des photos avec mes yeux. J'ai senti une drôle de vague me soulever des pieds à la tête. Je crois que j'ai volé. Je ne suis pas sur, mais je crois. Par contre, je suis sur que c'était une vague, parce qu'il y avait de l'eau partout autour de moi. "

    Ce que j'en pense :

    Débordant de tendresse, d'humour, c'est un livre très émouvant, en principe livre jeunesse, mais qui devrait s'adresser à tous les pères, à tous les fils, aux futurs pères, aux anciens fils… et à tous les autres !

    Mon fils

    Mon filsMon filsMon fils

     

     

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  • Songe à la douceur

    "Songe à la douceur" de Clémentine Beauvais - Sarbacane

    Présentation de l'éditeur :

    Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c'est l'été, et il n'a rien d'autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d'ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s'est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s'aperçoit, maintenant, qu'il ne peut plus vivre loin d'elle. Mais est-ce qu'elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c'est l'histoire de ces deux histoires d'amour absolu et déphasé - l'un adolescent, l'autre jeune adulte - et de ce que dix ans, à ce moment-là d'une vie, peuvent changer. Une double histoire d'amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski - et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

    Extrait :

    Songe à la douceur

     

    Ce que j'en pense :

    Référence à Pouchkine ("Eugène Onéguine"), même trame romanesque, mêmes prénoms des protagonistes, même écriture en vers (très libres).  C'est vraiment un roman fait pour être lu à voix haute. C'est savoureux, poétique, ironique… A conseiller à partir de 13 ans, même si la mise en page peut surprendre des lecteurs peu habitués à cette liberté typographique.

    Songe à la douceur

    Songe à la douceurSonge à la douceurSonge à la douceur

     

     

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  • Attention fragiles

    "Attention fragiles" de Marie-Sabine Roger - Seuil

    Présentation de l'éditeur :

    Laurence, jeune fille sans logis, vit avec son fils, le petit Nono, au bord d'une voie ferrée, dans un gros carton d'emballage transformé en " maison ". Elle tente de masquer le tragique de la situation à cet enfant qui, avec ses yeux d'enfant, attend chaque jour le retour de sa mère qu'il croit partie au travail. Laurence fait la manche, rapporte difficilement de quoi manger. Un jour, Nono croise Nel, un jeune aveugle, marginal lui aussi à sa manière, affichant parfois sa différence de manière provocatrice. Chacun continue sa vie de son côté, Nel pour le meilleur, Nono pour le pire. Jusqu'au jour où tous les deux se croiseront une dernière fois, et où Nel comprendra...

    Première page :

    "Ce matin je me suis levé avec un cafard noir.
    ___ Je n'aime pas ces jours sans enthousiasme où bouger, seulement, c'est un effort.

    Boussole est là, fidèle à mon réveil. Elle a posé sa tête lourde sur le drap. Elle scande son bonheur de me voir éveillé à grands fouettements de sa queue contre le bois du lit. Je la gratouille, je la flatte. Mes mots d'amour glissent doux, dans le sens du poil, court, épais. Elle m'aime, en retour, à coups de langue chaude.

    Je m'extrais du lit, me dirige à pas comptés jusqu'à la salle de bains. Je me méfie. Être aveugle depuis l'enfance m'interdit l'insouciance. Un pas hors de mes rails, hors des chemins connus et me voilà désorienté. Perdu.

    Mes orteils se recroquevillent sous l'agression du carrelage froid. Douche tiède, shampooing. La figure embarbée de mousse, les yeux serrés menu, crispés comme des poings, je cherche au jugé le pommeau de la douche, qui me nargue. Enfin, devant le lavabo qui me glace les cuisses, je me brosse les dents."

    Ce que j'en pense :

    Livre pour ado mais qui peut être lu bien au-delà. C'est toujours très bien écrit avec Marie-Sabine Roger et l'auteure sait aborder les thèmes de l'exclusion et du handicap avec beaucoup de tendresse pour ses personnages. C'est sans doute un peu léger et la fin est trop optimiste lorsqu'on connaît la réalité.

    Attention fragiles

    Attention fragiles

     

     

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  • Les tartines au két-cheup

    "Les tartines au két-cheup" de Marie-Sabine Roger - Rouergue (Dacodac)

    Présentation de l'éditeur :

    " Quand j'arrive à l'école maternelle Jean-Jaurès, j'ai même pas le temps de jouer dans la cour, c'est juste l'heure de rentrer. Les autres sont déjà rangés en petittrain pour aller faire pipi. Moi je suis le dernier. C'est nul, je peux doubler personne. " Entre la maison et l'école, Nicolas n'a pas toujours la vie facile. Heureusement, il y a petit Toiseau et Fourmisseau auxquels il peut tout raconter...

    Première page :

    "Ce matin, je suis drôlement pas content. J'ai raté mon dessin animé, et maman m'a pas fait mes tartines.
    «Pas le temps, pas le temps, mon réveil a pas sonné ! Dépêche-toi, Nicolas, on va être en retard. Qu'est-ce qu'elle va dire, hein, ta maîtresse

    M'en fiche. Je veux mes tartines.
    «Tu vas pas me faire un caprice ? À cinq ans ! T'es plus un bébé, quand même !... Allez, bois vite ton lait, je te donnerai des BN, à la place.»
    Je veux bien des béhennes, mais ça remplace pas mes tartines du tout.
    En plus, quand on arrive à l'école maternelle Jean-Jaurès, j'ai même pas le temps de jouer dans la cour, c'est juste l'heure de rentrer. Les autres sont déjà rangés en petit train pour aller faire pipi. Moi je suis le dernier. C'est nul, je peux doubler personne. En sortant des toilettes, je me mets premier en poussant Magali dans le mur, et je pars à fond les manettes, pile quand la maîtresse fait :

     «Allez, avancez, doucement et sans faire de bruit !»"

    Ce que j'en pense :

    On est dans la tête d'un petit garçon maltraité dans sa famille qui, heureusement, se réfugie dans l'imaginaire. C'est à la fois drôle et très émouvant. l'auteure connaît très bien le milieu enseignant et la description de ce monde est parfois impitoyable. Je suis toujours un inconditionnel des livres de Marie Sabine Roger, ce n'est pas encore celui-ci qui me décevra. C'est un livre pour ado mais qui peut (doit) être lu par les adultes. 

    Les tartines au két-cheup

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  • Quelle mouche nous pique ?

    "Quelle mouche nous pique?" de Hervé Giraud - éditions Thierry Magnier

    Présentation de l'éditeur :

    Le lycée, les copains, la famille, les filles, le désir qui tourmente, la débrouille pour se faire de l'argent de poche... C'est entre le regret de la grâce de l'enfance et l'impatience d'être enfin adulte que se situent les douze histoires qui composent cet ouvrage. D'une écriture vive et drôle, émouvante et impertinente, l'auteur, à qui l'on doit déjà le très remarqué "Pas folle la guêpe", nous brosse dans cet ouvrage un portrait tout en nuances et en vérité de l'adolescence.

    Première page :

    "Les boums c'est vraiment un truc de naze, surtout pour ceux qui ne sont pas invités. Laurie Duvernois organise l'événement festif de l'année chez elle la semaine prochaine, elle invite plein de gens, tout le monde en parle mais elle n'a invité ni Joseph ni Eyup, ni moi. On n'a même pas le plaisir de faire les fines bouches, de frimer en jouant les stars, dire que «peut-être on ira», «peut-être pas, ça dépend, on est déjà vachement invités partout».
    On a carrément les boules. On ne dit rien mais chacun se demande pour quelle raison il est mis sur la touche. On joue au golf avec les béquilles d'Eyup, on propulse des cailloux depuis la berge sur les avirons qui passent dans la Marne. Je regarde Eyup et Joseph faire semblant de s'amuser et rire bêtement, ça se voit qu'ils sont contrariés."
     

    Ce que j'en pense :

    Chroniques du quotidien adolescent contemporain où peuvent se retrouver aussi quelques souvenirs de l'auteur. C'est à lire par tous les ados entre 13 et 97 ans mais c'est un peu moins bon que "ça me file le bourdon"

    Quelle mouche nous pique ?

    Quelle mouche nous pique ?

     

     

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  • Ça me file le bourdon

    "ça me file le bourdon" de Hervé Giraud - éditions Thierry Magnier

    Présentation del'éditeur :

    Avec la bande de copains et la famille foutraque d'un narrateur impertinent, drôle, observateur et touchant, l'auteur nous offre une virée décoiffante, en onze aventures, au coeur de cette parenthèse qu'est l'adolescence, entre enfance et âge adulte, quand la vie déborde parce qu'il est encore trop tôt, et déjà trop tard. C'est l'âge des stages en entreprise, des sorties en scooter et des baisers échangés avec une fille de sa classe. Ce n'est plus celui d'avoir un petit frère, et pourtant...

    Première page :

    "Ça s'est passé il y a tout juste un an. La lumière était vive et piquante comme aujourd'hui. C'est le genre de journée où si on n'a pas de lunettes de soleil, on reste les yeux mi-clos et ça nous fait des têtes de Chinois.

    Il y a un an, la matinée était ensoleillée et guillerette. Depuis la fenêtre de la cuisine et à l'aide d'une grande paire de ciseaux, je capturais des faux bourdons qui butinaient un massif de lavande juste en dessous. Penché le plus possible sur le rebord ; en équilibre sur le ventre avec les pieds décollés du sol, je pinçais les insectes entre le thorax et l'abdomen, sans refermer les ciseaux pour ne pas les couper en deux, seulement les pincer et percevoir les vibrations du vrombissement de leurs ailes au bout de mes doigts."

    Ce que j'en pense :

    Ces nouvelles sont pleines d'humour, de dérision mais sont également profondes. Elles combattent pas mal de préjugés. C'est un livre à mettre entre toutes les mains, que vous ayez 13 ou 97 ans !

    Ça me file le bourdon

    Ça me file le bourdonÇa me file le bourdon

     

     

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  • Le jour où on a retrouvé le soldat Botillon

    "Le jour où on a retrouvé le soldat Botillon" de Hervé Giraud -Editions Thierry Magnier

    Présentation de l'éditeur :

    Le soldat Botillon part à la guerre de 14 et se retrouve au front sans rien comprendre de ce qui lui arrive, soldat de base sous le feu de l’ennemi. L’histoire du soldat Botillon alterne d’un chapitre à l’autre avec le récit d’une réunion de famille à notre époque, pour fêter les cent ans de l’arrière-grand-mère, la fille du soldat Botillon qui n’a jamais connu son père disparu lors des combats. La quatrième génération joue à la guerre dans le jardin et ces batailles contrastent joyeusement avec le récit du soldat Botillon.

    Première page :

    "On se regroupe pour une photo. On se tient par les épaules avec les tripes à l’envers à cause de la peur, mais on se sent forts. Le photographe a son trépied pour se protéger et nous, on n’a rien, rien d’autre qu’une irrésistible envie de survivre. Des obus s’abattent au hasard, tonnent autour de nous car ceux d’en face préparent le terrain pour nous accueillir. Il va falloir tout à l’heure aller vers eux, au contact, les tuer ou se faire tuer, la guerre n’attend pas. On se débrouille pour tenir dans le cadre et montrer nos muscles, on exagère la pose, on fait les malins, on appelle par leur nom de famille ceux qui traînent : « Botillon, Delmas, Leroux, magnez-vous ! ». Le photographe s’impatiente, il a peur et on rit, il s’adresse à nous comme on dit une prière : « Cessez de  bouger, s’il vous plaît, s’il vous plait messieurs ». Ca fait longtemps qu’on n’a pas entendu une formule de politesse, deux fois de suite la même, encore moins. Nos corps terrifiés exultent la trouille car il faut faire semblant d’être un homme…"

    Ce que j'en pense :

    Le sujet est intéressant, assez bien traité et à la portée d'un public à partir de 12 ans. Les passages avec le soldat Botillon sont bien supérieurs à ceux qui se passent à l'époque actuelle (mais cette partie est faite pour "appâter" les lecteurs jeunes, dont je ne suis plus).

    Le jour où on a retrouvé le soldat Botillon

    Le jour où on a retrouvé le soldat Botillon

     

     

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  • (Re)Play !

    "(Re)Play!" de Jean Philippe Blondel - Actes Sud Junior

    Présentation de l'éditeur :

    La fièvre s'est emparée du lycée à l'annonce de la visite d'un célèbre critique rock. Des groupes de l'établissement pourront lui faire écouter un ou deux morceaux. Mais celui de Benjamin n'existe plus, il a explosé... comme son amitié avec Mathieu. Et si c'était l'occasion de "rejouer" le passé ?

    Première page :

    "Clément s'est penché vers moi en sortant du cours de maths. Il m'a lancé :
    - Tiens, au fait, j'ai parlé avec le documentaliste ce matin. Tu sais quoi ? Il paraît que Franck Ménard va venir au lycée donner une conférence sur l'état de la presse rock en France.
    Je n'ai rien répondu. J'ai fait semblant de ne pas être intéressé. C'est là qu'il a lancé l'estocade.
    - Il paraît que ça se finira par un concert. Enfin, il écoutera quelques morceaux des deux ou trois groupes de l'établissement, quoi. Dommage que les Frontlights se soient séparés.
    Il m'a adressé un clin d'oeil et il est parti avec un sourire en coin. Je crois que je n'ai jamais détesté quelqu'un autant que Clément, à ce moment-là. Mais bon, ce n'est pas un scoop non plus. Je hais Clément. Sa gueule de petit minet avec sa frange sur le devant, son regard clair, ses fringues qui puent le fric, sa façon d'inviter cent personnes aux soirées qu'il donne quand ses parents ne sont pas là, et le fait que tout le monde s'y précipite parce qu'il y a une piscine."

    Ce que j'en pense :

    Roman pour ados, sur le thème de l'amitié. Il y est question de musique mais aussi d'écriture. C'est bien écrit, assez réaliste, comme sait bien le faire Jean Philippe Blondel mais la fin est un peu trop "fleur bleue".

    (Re)Play !

     

     

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  • L'accident

     "L'accident" de Agnès Aziza - Gründ

    Présentation de l'éditeur :

    Un court roman qui traite le thème de la mort et de la disparition d'un être cher avec une grande économie de moyens et beaucoup d'efficacité. Une morale qui peut se résumer ainsi : C'est ça aussi la vie.

    Première page :

    "Ce matin-là, j'avais interro d'anglais. Je m'étais réveillée plus tôt que d'habitude pour travailler encore. À 7 h 30, maman est venue vérifier que j'étais bien levée. Elle me trouva à mon bureau en train de réciter mes verbes irréguliers.

    - Vanessa, m'a-t-elle dit en soupirant, combien de fois faudra-t-il que je te répète qu'il ne faut jamais réviser à la dernière minute !

    - C'est  juste   pour  être  sûre,  je  lui   ai répondu.

    - Allez, lâche ton livre et viens prendre un bon petit déjeuner. Tu vas t'embrouiller l'esprit à force de relire les mêmes choses.

    Je l'ai suivie jusqu'à la cuisine sans pour autant lâcher ma liste de verbes. Henri était déjà debout et avalait goulûment son bol de céréales en discutant avec papa du match de foot qu'il allait disputer le lendemain."

    Ce que j'en pense :

    Très court roman pour ados (et plus !) dans un style simple et direct. Pas de pathos mais beaucoup d'émotion. À conseiller aux ados et pré ados qui ont "peur" des gros livres. Ça peut se lire en une demi-heure.

    L'accident

    L'accident

     

     

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  • La nuit du visiteur

    "La nuit du visiteur" de Benoît Jacques
    Benoit Jacques books

    Présentation de l'éditeur :

    Si ce n'est pas son gentil petit chaperon rouge, qui donc frappe à la porte de Mère-Grand à cette heure de la nuit ? II vous faudra des nerfs d'acier pour ne pas abandonner cette lecture éprouvante en cours de route et risquer ainsi de louper la clef de l'énigme.

    Extrait :

    La nuit du visiteur

     

    Ce que j'en pense :

    Détournement très réussi de l'histoire du petit chaperon rouge. Les illustrations en linogravure sont magnifiques. Le texte joue avec la langue : sonorités, rimes… et l'humour est bien sûr au rendez vous. Un album à lire, à raconter, à écouter… à tout âge.

       

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