• Dérive sanglante

    "Dérive sanglante" de William G. Tapply - Gallmeister

    Présentation de l'éditeur :

    À la suite d'un mystérieux accident de montagne qui lui a fait perdre la mémoire, Stoney Calhoun est un homme sans passé. Cinq ans après avoir quitté l'hôpital, une confortable somme d'argent en poche, il a refait sa vie dans le Maine et coule des jours paisibles entre la boutique de pêche où il travaille et sa cabane enfouie au coeur des bois. Jusqu'à ce que son meilleur ami disparaisse. Calhoun se lance alors sur sa piste et accumule les révélations macabres. Au fur et à mesure, il se découvre d'inattendus talents d'enquêteur qui vont l'obliger à affronter les fantômes de son passé. Cette première aventure de Stoney Calhoun nous promène à travers les paysages idylliques et chargés d'histoire du Maine avant un final aussi violent qu'inattendu.

    Première page :

    "IL ÉTAIT ENVIRON HUIT HEURES DU MATIN lorsque Stoney Calhoun entendit la sonnette tinter : signal qu'on passait le seuil de la boutique. Il leva les yeux de son étau. Un homme aux cheveux blancs se tenait dans l'embrasure de la porte, d'où il examinait le casier des cannes Sage et Orvis adossées au mur. Calhoun reporta son attention sur la mouche presque achevée dans son étau. Une minute plus tard, l'homme était devant lui.
    - Nom de nom, qu'est-ce que c'est que ça ? Calhoun garda les yeux baissés.
    - Une bunker fly, marmonna-t-il avec l'accent du coin, ce qui donnait quelque chose comme "bunka fly".
    Il en remettait toujours une louche pour les clients des autres États, histoire de faire couleur locale. C'était une idée de Kate : les touristes, les gens des plaines, tous ceux qui "venaient de loin" - et ce vieux type avec son pantalon de toile tout juste sorti du pressing, ses mocassins rutilants, son polo vert boutonné jusqu'au cou et son accent garanti vieux Sud, si lui ne venait pas de loin ! -, tous ces gens-là s'attendaient à ce que Calhoun parle comme un guignol de pub télévisée. Et Kate était d'avis qu'ils seraient plus enclins à dépenser leur argent dans sa boutique s'ils n'étaient pas déçus.
    - Un peu plus de "ouaip", Stoney, lui disait-elle sans répit. Joue les taciturnes. Et si tu arrives à le placer, dis-leur des trucs comme "Y a pus d'saison, mon pauv'monsieur"."

    Ce que j'en pense :

    C'est un livre assez sympathique et original dans le monde du "polar". Le héros  ne boit pas d'alcool et l'intrigue se passe la plupart du temps en pleine nature (on pourrait presque s'initier à la pêche à la mouche). Au final, plutôt un bon livre même si nos deux héros sont un peu trop "parfaits" et si tout cela manque un peu d'humour.

    Dérive sanglante

    Dérive sanglante

     

     

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  • Robe de marié

    "Robe de marié" de Pierre Lemaitre - Le Livre de poche thriller

    Présentation de l'éditeur :

    Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… L’ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.

    Première page :

    "Assise par terre, le dos contre le mur, les jambes allongées, haletante.

    Léo est tout contre elle, immobile, la tête posée sur ses cuisses. D'une main, elle caresse ses cheveux, de l'autre elle tente de s'essuyer les yeux, mais ses gestes sont désordonnés. Elle pleure. Ses sanglots deviennent parfois des cris, elle se met à hurler, ça monte du ventre. Sa tête dodeline d'un côté, de l'autre. Parfois, son chagrin est si intense qu 'elle se tape l'arrière de la tête contre la cloison. La douleur lui apporte un peu de réconfort mais bientôt tout en elle s'effondre de nouveau. Léo est très sage, il ne bouge pas. Elle baisse les yeux vers lui, le regarde, serre sa tête contre son ventre et pleure. Personne ne peut s'imaginer comme elle est malheureuse.

    Ce matin-là, comme beaucoup d'autres, elle s'est réveillée en larmes et la gorge nouée alors qu'elle n'a pas de raison particulière de s'inquiéter. Dans sa vie, les larmes n'ont rien d'exceptionnel : elle pleure toutes les nuits depuis qu'elle est folle."

    Ce que j'en pense :

    Très bien construit, machiavélique, cauchemardesque et terrifiant, pas d'esbroufe au niveau du style, c'est simple et efficace, voilà un roman captivant de Pierre Lemaitre. À conseiller dans la catégorie thriller.

    Robe de marié

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  • Preuves d'amour

    "Preuves d'amour" de Lisa Gardner - Livre de poche

    Présentation de l'éditeur :

    Tessa Leoni, officier de police respecté, a abattu son mari en lui tirant trois balles dans le corps avec son arme de service. Elle ne supportait plus la violence de ce dernier. C'est la version qu'elle donne à l'inspectrice D.D. Warren lorsque celle-ci arrive sur les lieux. Mais, si les bleus sur le visage de la jeune femme sont irréfutables, il y a une chose que D.D. Warren ne s'explique pas : sa petite fille de six ans a disparu, et Tessa reste évasive à ce sujet. Que cherche-t-elle à cacher ? Les deux femmes vont s’affronter pour une même cause : la survie de l’enfant.
    Plus poignant que jamais, le nouveau suspense de Lisa Gardner, best-seller aux États-Unis, nous plonge au cœur du mensonge avec un talent vertigineux. 

    Première page :

    "Qui tu aimes ?

    C'est une question à laquelle n 'importe qui devrait pouvoir répondre. Une question qui engage votre vie, façonne votre avenir, guide presque chaque instant de vos journées. Simple, élégante, synthétique.

    Qui tu aimes ?

    Il m'a posé cette question, et la réponse m'est venue du poids de mon ceinturon, du carcan de mon gilet pare-balles, du bord rigide de mon chapeau de police, bas sur le front. J'ai lentement descendu la main et mes doigts ont frôlé la crosse de mon Sig Sauer, à ma hanche.

    « Qui tu aimes ? » a-t-il crié une nouvelle fois, plus fort, plus insistant.

    Mes doigts se sont éloignés de mon arme de service pour se poser sur un passant de cuir noir qui maintenait mon ceinturon autour de ma taille. Le Velcro a crié quand j'ai détaché ce premier passant, puis le deuxième, le troisième, le quatrième. J'ai défait la boucle métallique et. libéré, mon ceinturon de dix kilos, avec tout le barda, arme de poing, Taser et matraque télescopique, s'est retrouvé suspendu entre nous."

    Ce que j'en pense :

    C'est un livre qui se lit avec plaisir, l'intrigue est assez bien ficelée (même si elle est un peu "alambiquée"), les personnages sont assez attachants bien que peu crédibles par moments (en particulier l'héroïne "super woman"). C'est le premier livre de cette auteure que je lis, j'ai quand même envie d'en lire d'autres.

    Preuves d'amour

    Preuves d'amour

     

     

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  • Rosy & John

    "Rosy & John" de Pierre Lemaitre - Le livre de poche

    Présentation de l'éditeur :

    « La bombe a convenablement fonctionné ; sur ce plan, il a tout lieu d’être satisfait. Les rescapés tentent déjà de secourir les victimes restées au sol. Jean s’engouffre dans le métro. Lui ne va secourir personne. Il est le poseur de bombes. » Jean Garnier n’a plus rien à perdre dans la vie : sa mère est en prison, sa petite amie a été tuée et il n’a plus de travail. Face à ce jeune paumé, Camille Verhoeven doit agir avec plus de finesse que jamais : Jean est-il une vraie menace pour le pays tout entier, ou juste un loser atteint de la folie des grandeurs ?

    Première page :

    "17 heures

    La rencontre imprévue qui va faire basculer voire vie, la plaque de verglas sournoise, la réponse que vous donnez sans réfléchir... Les choses définitives ne mettent pas un dixième de seconde à se produire.

    Prenez ce petit garçon, il a huit ans. Qu'il fasse simplement un pas de côté et tout peut changer, irréversiblement. Sa mère s'est fait tirer les cartes, on lui a prédit qu'elle serait veuve dans l'année. Elle a raconté ça à son fils en pleurnichant, les poings serrés sur la poitrine, des sanglots dans la voix. Il fallait que j'en parle à quelqu'un, tu comprends? Lui n'avait jamais vraiment imaginé la mort de son père qui lui semblait indestructible. Maintenant, il vit dans la peur. Il y a de ces mères, tout de même... Celle-ci a trente ans, mais une maturité de collégienne. Cette prédiction, il y a longtemps qu'elle l'a oubliée (en plus d'une certaine inconséquence, elle est assez oublieuse, une pensée chasse l'autre à une vitesse parfois désespérante). Pour son petit garçon évidemment, c'est une autre paire de manches. Son imaginaire s'est engouffré tout entier dans cette histoire de sorcière, il n'en parle à personne, fait cauchemar sur cauchemar."

    Ce que j'en pense :

    On a plaisir à retrouver Verhoeven. Le style est toujours vif et teinté d'humour. L'intrigue est bien conduite. Lemaitre sait y faire pour tenir son lecteur en haleine. Mais ce roman "à la Psychose" est un peu court et les personnages de la mère et du fils paraissent un peu "légers".

    Rosy & John

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  • Le chemin s'arrêtera là

    "Le chemin s'arrêtera là" de Pascal Dessaint - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Sur une côte nordiste fantomatique, des hommes survivent au jour le jour, hantés par un passé mortifère. Mais qui sont ces laissés-pour-compte de notre époque, qui semblent camper dans un temps suspendu ? Des êtres qui, derrière l'apparence de normalité qu'ils essayent de préserver, ont été broyés ou souillés, à l'image du pays qu'ils habitent, marqué par les stigmates d'une industrie lourde moribonde et d'une nature qui reprend ses droits, de plus en plus inquiétante.

    Première page :

    "Louis

    J'aimerais raconter le vent qui mugit dans l'acier, et puis notre méchanceté. La méchanceté est en nous, tout particulièrement. Parfois, je me demande si ce n'est pas plus justement de la cruauté. Est-ce de la méchanceté ou de la cruauté quand je mets un insecte dans un bocal et que je joue avec lui ? Je choisis toujours un gros scarabée. Il ne cherche pas tout de suite à s'enfuir, à s'envoler. Il fait le tour du bocal que je secoue. Il essaie de grimper sur le verre. Ses pattes glissent. Il s'épuise. Et après, ça dépend de mon humeur. Soit, je le relâche. Soit, comme j'ai vu faire avec un scorpion dans un vieux film, je le couvre d'un feu de brindilles. C'est là sans doute toute la différence entre la simple méchanceté et la pure cruauté.
    Wilfried, à sa façon, est méchant également. Wilfried pêche dans la vague. Il pêche en surfcasting. Il aime cette expression anglaise, la seule qu'il connaîtra jamais. Wilfried n'est pas plus riche que nous mais il possède un matériel coûteux. Il s'est privé et se prive encore de tout pour ça, et même s'il a besoin du poisson qu'il pêche, car à l'en croire il ne mangerait pas grand-chose d'autre, il n'est pas toujours respectueux."

    Ce que j'en pense :

    C'est du très noir. Le récit se déroule dans un paysage industriel plutôt effrayant, avec des usines, un port, une centrale nucléaire, des friches… On découvre peu à peu la vie des personnages : chômage, pauvreté, alcool, misère affective, violence et secrets. Portraits sans concession et assez  effrayant d'un monde où malgré tout quelques petites lueurs subsistent. On sent bien que l'auteur connaît parfaitement ce pays… et l'aime. Du très bon Pascal Dessaint.

    Le chemin s'arrêtera là

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  • Opération Napoléon

    "Opération Napoléon" de Arnaldur Indridason - éditions Métailié

    Présentation de l'éditeur :

    1945 : un bombardier allemand survole l'Islande dans le blizzard et s'écrase sur le Vatnajökull, le plus grand glacier d'Europe. Bizarrement il y a des officiers allemands et américains à bord. L'Allemand le plus gradé affirme que leur meilleure chance de survie consiste à marcher vers la ferme la plus proche et s'en va, une valise menottée au poignet. Il ne tarde pas à disparaître dans l'immensité blanche. Toutes les expéditions américaines menées dans les années suivantes pour retrouver l'avion restent vaines. 1999 : le glacier fond un peu et les nouveaux satellites repèrent une carcasse d'avion, les forces spéciales de l'armée américaine envahissent immédiatement le Vatnajökull et tentent en secret de dégager l'avion. Deux jeunes sportifs islandais en randonnée surprennent ces manoeuvres et sont rapidement réduits au silence. Avant sa capture l'un d'eux, Elias, contacte sa soeur Kristin, une avocate sans histoires qui ne cessera de chercher la vérité sur ce qui est arrivé à son frère. Elle se lance dans une course poursuite riche en rebondissements au coeur d'une nature glaçante, mais sa ténacité, son courage et sa soif de vérité l'entraînent dangereusement à la recherche de la clef de l'énigme de l'Opération Napoléon. Cette opération militaire mystérieuse et encombrante que les Américains cherchent à faire disparaître. Les événements se précipitent autour d'une héroïne perspicace et résistante à laquelle le lecteur s'attache autant que l'auteur lui-même. La force de ce roman tient autant aux hypothèses historiques déconcertantes, troublantes, parfois dérangeantes, qu'à la séduction inoubliable qu'exerce Kristin. Un formidable roman d'espionnage addictif qu'on ne lâche pas.

    Première page :

    "1945

    Le blizzard faisait rage sur le glacier.

    Il ne voyait rien devant lui, parvenait tout juste à distinguer la boussole au creux de sa main. Même s’il l’avait voulu, impossible de faire demi-tour. La tempête lui cinglait le visage, criblant sa peau de flocons durs et froids venus de toutes les directions. Une épaisse croûte de neige s’était formée sur ses vêtements et, à chaque pas, il s’enfonçait jusqu’aux genoux. Il avait perdu toute notion du temps. Depuis combien d’heures marchait-il ? Il n’en avait aucune idée. Dans cette obscurité impénétrable qui l’enveloppait depuis son départ, il ne savait même plus si c’était le jour ou la nuit. Tout ce qu’il savait, c’est qu’il était à bout de force. Il progressait de quelques pas, reprenait son souffle, puis repartait. Cinq pas supplémentaires. Il s’arrêtait. Encore trois pas. Il s’arrêtait. Deux pas. Il s’arrêtait. Un pas.

    Il était sorti à peu près indemne du crash. D’autres avaient eu moins de chance. Dans une éruption de bruit, l’avion avait raclé la surface du glacier. L’un des moteurs avait pris feu, avant de disparaître brusquement quand l’aile s’était décrochée, tourbillonnant dans les ténèbres enneigées. Presque aussitôt, l’autre aile s’était déchirée dans une pluie d’étincelles, et le fuselage amputé avait fusé comme une torpille sur la glace."

    Ce que j'en pense :

    Roman original dans l'œuvre de Indridason. L'intrique, plus proche d'un roman d'espionnage que d'un polar, est bien menée avec ses surprises, ses rebondissements. Le contexte politique, climatique et géographique de l'Islande est bien rendu. Il y a quand même quelques invraisemblances et les personnages principaux manquent un peu d'épaisseur.

    NB C'est le dernier livre de Indridason proposé par les éditions Métailié mais il a été écrit en 1999.

    Opération Napoléon

    Opération Napoléon

     

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  • Les fantômes de Saint-Michel

    "Les fantômes de Saint-Michel" de Jake Lamar - Rivages

    Présentation de l'éditeur :

    Célèbre figure de la communauté afro-américaine de Paris, Marva Dobbs est l'exemple même de la réussite : son restaurant, le Soul Food Kitchen, ne désemplit pas, elle a épousé Loïc Rose, un avocat d'affaires apprécié des milieux politiques, et le couple a eu une fille, Naima, qui fait de brillantes études aux Etats-Unis.

    Quelle mouche a donc piqué Marva qui, à soixante ans passés, a eu un irrésistible coup de foudre pour son jeune cuisinier, Hassan Mekachera ? Cette liaison ne serait qu'une simple complication domestique si, un jour de la fin du mois d'août, Mekachera ne s'était pas volatilisé. Enlèvement ou fuite ? La police le soupçonne d'être impliqué dans l'attentat qui vient de ravager le siège du WORTHEE, un organisme culturel américain. Et voici que bientôt, Marva disparaît à son tour. Pour Naima, rentrée en toute hâte de New York, la vie bascule dans le cauchemar, surtout quand elle découvre la face cachée de ses parents.

    Dans ce deuxième roman parisien, Jake Lamar convoque certains des personnages de Rendez-vous dans le 18ème, mais aussi des fantômes de l'histoire. Plus précisément, ceux du quartier Saint-Michel, qui fut à plusieurs reprises le théâtre d'événements tragiques. Les Américains expatriés et les immigrés maghrébins côtoient des "espions" rescapés de la guerre froide dans ce polar enlevé et fantaisiste, à l'ironie parfois cruelle.

     

    Première page :

    "Marva Dobbs adorait la rentrée[1]. Le mot lui-même, et cette façon qu'avaient les Français de l'appliquer à la fin de l'été, la ravissaient — la rentrée*... ça évoquait des images de mission spatiale réintégrant l'atmosphère terrestre au terme d'un long voyage en apesanteur. Après l'euphorie d'un mois de farniente, tout le pays renouait avec les réalités quotidiennes. L'école, le boulot, la terre ferme. On renonçait à l'hédonisme estival pour revenir aux choses sérieuses. Officieusement, la date de la rentrée* était fixée au premier lundi de septembre, tout comme le Labor Day aux États-Unis, pays dont Marva avait émigré, quatre décennies plus tôt. Mais alors que les congés du Labor Day n'étaient qu'un long week-end, la rentrée constituait à elle seule une mini-saison de trois semaines, de la dernière semaine d'août à la mi-septembre. Et les Français n'hésitaient pas à se souhaiter une bonne rentrée* — bonne fin de vacances, autant dire... Marva avait toujours trouvé à cette période de l'année quelque chose de festif, le sentiment collectif qu'on avait assez rigolé et qu'il était grand temps de reprendre le collier."

    Ce que j'en pense :

    L'intrigue est un peu "poussive", l'action s'intensifie vers la fin. Le sujet est intéressant mais traité de façon superficielle. Le style est parfois un peu lourd, surtout avec toutes les expressions en italique "en français dans le texte". En résumé, un livre qui se lit jusqu'au bout et qui s'oublie vite.

    Les fantômes de Saint-Michel

     

     

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  • L'inconnu du grand canal

    "L'inconnu du grand canal" de Donna Leon - Points

    Présentation de l'éditeur :

    Qui est donc cet homme défiguré dont le corps flotte dans le Grand Canal de Venise ? Aucun élément d'identification, aucun signalement de disparition dans la région, aucun indice si ce n'est une chaussure... Le commissaire Brunetti a pourtant l'impression de connaître le noyé. C'est son assistante, l'irremplaçable mademoiselle Elettra, qui parviendra à l'identifier sur une vidéo de manifestation d'agriculteurs. La piste est fragile, mais elle permet au commissaire de remonter jusqu'à un abattoir situé sur les terres. Dans cet univers corrompu, plongé dans les scandales de l'industrie de la viande, Brunetti mène l'enquête.

    Première page :

    "L’homme était couché, calme, aussi calme qu’un morceau de viande sur un étal de boucher, aussi calme que la mort elle- même. Malgré le froid qui régnait dans la pièce, il n’était couvert que d’un drap fin en coton, qui lui laissait le cou et la tête libres. Vue à une certaine distance, sa poitrine semblait démesuré- ment haute, comme si son dos prenait appui sur une sorte de support, disposé sur toute la longueur. Si cette forme blanche était une crête de montagne enneigée et l’observateur un randonneur fatigué et obligé, après une longue journée de marche, de la franchir, il y a fort à parier qu’il préférerait marcher tout le long du corps, afin d’entreprendre l’ascension au niveau des chevilles et non pas de la poitrine. L’ascension serait en effet trop pénible et trop raide, et qui sait à quelles difficultés il se heurterait lors de la descente sur l’autre versant ? Vue de côté, la hauteur anormale de la poitrine sautait aux yeux, et si depuis le sommet le randonneur pouvait contempler l’homme, c’était le cou qui attirait l’attention. Le cou – ou peut- être, pour être plus précis, l’absence de cou. En effet, ce cou était une grosse colonne, descendant des oreilles aux épaules, sans marquer le moindre rétrécissement ; il était aussi large que la tête."

    Ce que j'en pense :

    On ne sait pas si ce livre est mal écrit ou mal traduit mais il est souvent pénible à lire. De plus, c'est très lent, le suspens n'existe pas, les personnages sont mal décrits. Les digressions, les apartés n'ont aucun intérêt (sauf d'être la plupart du temps proches du ridicule) et l'humour, lorsqu'il y en a, est involontaire. A éviter !

    L'inconnu du grand canal

     

     

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  • Au fer rouge

    "Au fer rouge" de Martin Ledun - J'ai lu

    Présentation de l'éditeur :

    Madrid, 11 mars 2004, dix bombes explosent dans des trains de banlieue. Rescapée, le lieutenant Emma Lefebvre entre en guerre contre le terrorisme. La découverte d'une valise contenant le cadavre d'un trafiquant de drogue espagnol, échouée sur une plage landaise, dix ans plus tard, ravive les vieilles blessures. Emma met bientôt au jour une véritable organisation mafieuse, avec à sa tête Javier Cruz, seigneur de l'antiterrorisme. Des rives du fleuve Nervión aux bas-fonds de Bayonne, des banlieues déshéritées de Madrid aux palaces de la côte basque, la géographie de la corruption n'a pas de frontières.

    Première page :

    "Le type était encore en vie quand ils l'enfermèrent dans une valise et le larguèrent en haute mer, au large de la côte basque.
    Joyeux anniversaire et retour au bercail :
    Le soir même, il prévoyait de fêter ses vingt-sept ans avec sa petite amie dans son appartement de Vallecas, au sud-est de Madrid, après un aller-retour express de près de mille bornes Espagne-France-Espagne en Ford Mondeo. Cent cinq kilos de cocaïne étaient planqués dans les portières, le coffre et les doublures des sièges, pour une valeur marchande totale d'environ six millions d'euros.
    Deux coéquipiers. Le premier avec lui, l'autre au volant d'une Clio «sentinelle» immatriculée dans les Pyrénées-Atlantiques qui ouvrait la route à deux kilomètres de distance. Le type ne les connaissait ni l'un ni l'autre et il ne voulait rien savoir sur eux. Conduire pour les autres et fermer sa gueule, c'est ce qu'il faisait de mieux.
    Depuis leur départ, six heures plus tôt, il n'avait qu'une chose en tête : dix-huit mille euros de prime de risque à se partager à l'arrivée, plus le règlement de ses trois dernières livraisons.
    Encaisser le pactole à Bayonne et retourner dare-dare à Madrid souffler ses bougies avant une bonne partie de baise sur un matelas de billets.
    Ça, c'était le plan."

    Ce que j'en pense :

    On sent un vrai travail de journaliste dans ce pays basque, en paix "artificielle", avec ses corruptions, trafics, antiterrorisme, pollutions… Mais cela reste une fiction parfaitement conduite, avec des personnages originaux. Un bon polar, même si le final nous laisse sur un constat plutôt pessimiste.

    Au fer rougeAu fer rougeAu fer rouge

     

     

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  • La ronde des mensonges

    "La ronde des mensonges" de Elizabeth Georges" - Presses de la Cité

    Présentation de l'éditeur :

    Un jeune homme est retrouvé noyé dans le hangar à bateaux d'un château du Lake District. S'agit-il d'une mort accidentelle ? L'oncle de la victime, le richissime industriel Bernard Fairclough, demande que Lynley enquête dans la plus grande discrétion sur ce drame. Les suspects sont nombreux : l'héritier, ex-drogué repenti, ses sœurs, sa femme, une ravissante Argentine dont il est passionnément épris, ainsi que la galerie de personnages hauts en couleur qui les entourent... et qui ont tous un secret à cacher. De rebondissements en fausses pistes, Elizabeth George analyse avec brio les travers de l'âme humaine.

    Première page :

    "C'était la première fois que Zed Benjamin était convoqué dans le bureau de son rédacteur en chef. Ce qu'il éprouvait se situait entre appréhension et euphorie. Une appréhension qui inondait ses aisselles de sueur et une euphorie qui faisait battre son cœur, pour une raison obscure, dans la pulpe de ses pouces. Mais puisqu'il avait décidé d'emblée qu'il était essentiel de considérer Rodney Aronson comme n'importe quel autre confrère de son journal, The Source, il attribua sa transpiration excessive aussi bien que la curieuse pulsation au bout de ses pouces au fait qu'il avait troqué à une date quelque peu prématurée son unique costume d'été contre son unique costume d'hiver. Il se promit de repasser au plus léger dès le lendemain, si tant est que sa mère, voyant qu'il avait procédé à son changement saisonnier, ne l'ait pas déjà déposé chez le teinturier. Ce serait elle tout craché, se dit Zed. Sa maman était tout à la fois serviable et organisée. Un peu trop même à son goût.

    Il regarda autour de lui : les sujets de distraction ne manquaient pas dans le bureau de Rodney Aronson. Pendant que ce dernier lisait son article, il passa en revue les gros titres des vieux exemplaires du tabloïd encadrés au mur. Scabreux et stupides, à l'instar des articles qui flattaient les plus bas instincts de la psyché humaine."

    Ce que j'en pense :

    J'avais choisi un livre d'Elizabeth Georges en me fiant à sa réputation de "grande dame du polar" mais j'ai été assez déçu. Il y a bien un peu d'humour et quelques personnages sont bien décrits et intéressants. Mais c'est trop long (plus de 600 pages) et on finit par s'ennuyer.

    La ronde des mensonges

     

     

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