• Trois jours et une vie

    "Trois jours et une vie" de Pierre Lemaitre - Le Livre de poche

    Présentation de l'éditeur :

    « À la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
    Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien.»
    Pierre Lemaitre, Prix Goncourt 2013 avec Au revoir là-haut, revient ici à une forme brève de roman psychologique noir, où l’on retrouve son art unique d’émouvoir et de torturer son lecteur.

    Première page :

    "À la fin de décembre 1999 une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.

    Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien. Ulysse. Ne cherchez pas la raison pour laquelle son propriétaire, M. Desmedt, avait donné à ce bâtard blanc et fauve, maigre comme un clou et haut sur pattes, le nom d'un héros grec, ce sera un mystère de plus dans cette histoire.

    Les Desmedt étaient les voisins et Antoine, qui avait alors douze ans, était d'autant plus attaché à ce chien…"

    Ce que j'en pense :

    On connaît l'assassin dès le début du roman et c'est justement ce qui fait la force de ce livre. On est dans la tête du personnage et on suit avec beaucoup de crainte et d'espoir les péripéties de ce suspense psychologique. Un bon livre de Pierre Lemaitre.

    Trois jours et une vie

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  • Révolution

    "Révolution" de Sébastien Gendron - Albin Michel

    Présentation de l'éditeur :

    Debout au milieu d'un pont autoroutier, jambes légèrement écartées, corps dressé, bras droit le long de la hanche, bras gauche replié soutenu par une orthèse, Pandora Guaperal a un Glock 23 posé sur la tempe, chien relevé, balle wadcutter dans la chambre, index sur la queue de détente réglée à un kilo de pression, cran de sûreté en position on. Face à elle, à la sortie du tunnel, un véhicule approche. Derrière lui, des milliers d'autres dont le seul horizon est la route des vacances. Pandora est prête : la révolution n'attend pas. Et elle vaut bien une balle dans la tête. 

    Première page :

    "La moyenne d'âge du public qui fréquente le Torpédo tourne autour des soixante-dix ans, et ça cartonne. Pour­quoi '.' Parce que le Torpédo a un coup d'avance sur les autres discothèques du coin. Comment? Simple : les membres du personnel sont tous des sosies d'acteurs et d'actrices mondialement connus. Et sur la sélection des sosies, M. Katzemberg, le directeur de l'établissement, est intransigeant. D'un : lui-même est passé à ça de deve­nir la réplique française officielle de George Clooney - mais les jurés ont tiqué sur le balayage argenté bien trop artificiel de sa chevelure. De deux : les crétins qui se sont fait tailler au bistouri une fossette à la John Travolta, il les repère immédiatement. De trois : il connaît très bien ce monde, sa mère a été la doublure lumière de Rosy Varte pendant onze ans.

    Au Torpédo, il n'y a que du premier choix, c'est-à-dire du 100 % vrai-faux. Richard Gère et Julia Roberts servent au bar. Kylie Minogue, Beyoncé, Winona Ryder et, plus étonnamment, Bette Midler sillonnent la salle pour prendre les commandes…"

    Ce que j'en pense :

    Ce livre ressemble à une farce bien noire, remplie de péripéties, quelques unes assez loufoques. Les deux personnages principaux sont bien cernés, avec leur quotidien amer, leur folie, leur force et leur fragilité. On aurait aimé qu'un CD soit joint à ce livre pour profiter de tous les morceaux de musique annoncés lors de cet embouteillage. Une fois le livre refermé on se dit avec dépit que la révolution n'est pas pour demain !

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  • En douce

    "En douce" de Marin Ledun - Ombres noires

    Présentation de l'éditeur :

    Sud de la France. Un homme est enfermé dans un hangar isolé. Après l'avoir séduit, sa geôlière, Émilie, lui tire une balle à bout portant. Il peut hurler, elle vit dans son chenil, au milieu de nulle part. Elle lui apprend que cinq ans plus tôt, alors jeune infirmière, elle a été victime d'un chauffard. L'accident lui a coûté une jambe. Le destin s'acharne. La colère d'Émilie devient aussi puissante que sa soif de vengeance. En douce est un roman dévastateur, où l'injustice se heurte à la force de vie d'une héroïne lumineuse.

    Première page :

    "Le 14 juillet 2015, à vingt-trois heures, les terrasses des bars-restaurants et les lampadaires de Begaarts-plage s'éteignirent. Les étoiles apparurent comme par enchantement.

    Simon Diez portait un jean et une chemise blanche. Trente-sept ans, cheveux coupés court, mains calleuses et muscles saillants. Sa carrure était impressionnante.

    Il avait repéré la femme dès son arrivée sur la place d'où serait tiré le feu d'artifice. Il l'avait aussitôt reconnue. Elle jouait au Solitaire et au Bingo tous les vendredis marin, à l'heure où il buvait une pression au comptoir du bar-tabac de la rue du Général-Leclerc avant de prendre son service à la société de travaux forestiers pour laquelle il travaillait depuis plus de quatre ans. Un sourire incrédule se dessinait sur ses lèvres lorsqu'elle perdait. Elle boitait et son parfum était légèrement vanillé.

    C'était tout ce qu'il avait besoin de savoir. Bang I Bang ! Bang !

    Simon capta son regard de braise à l'instant précis où les premières fusées grimpèrent en sifflant dans les airs avant d'exploser au-dessus de l'océan Atlantique. Vingt-cinq mille visages ébahis s'Illuminèrent simultanément d'or et d'argent."

    Ce que j'en pense :

    C'est un livre agréable à lire mais c'est tout. Je m'attendais à plus de la part de cet auteur dont j'ai apprécié les précédents livres. On a du mal à comprendre les motivations et la psychologie de l'héroïne. On espère mieux les saisir au fil des pages et au final on est déçu. J'attends le prochain livre de Ledun pour effacer celui-ci.

    En douce

     

     

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  • Fractures

    "Fractures" de Franck Thilliez - Le Passage

    Présentation de l'éditeur :

    Face à la tombe de sa soeur jumelle Dorothée, décédée dix ans auparavant, Alice Dehaene s'interroge : à quoi rime cette photo de Dorothée, prise il y a à peine six mois, qu'elle a récupérée des mains d'un immigré clandestin ? Alice sait que quelque chose ne tourne pas rond dans sa tête. Son psychiatre à l'hôpital de Lille, Luc Graham, doit lui révéler le résultat d'un an de psychothérapie, lui apporter cette lumière qu'elle recherche depuis si longtemps. Mais les événements étranges qui se multiplient autour de la jeune femme vont l'en empêcher : son père, agressé chez lui à l'arme blanche, et qui prétend avoir tenté de se suicider ; ce chemisier ensanglanté qu'elle découvre dans sa douche, à propos duquel elle n'a pas le moindre souvenir ; et cet homme retrouvé nu à un abri de bus et qui semble avoir vu le diable en personne. Grâce à l'intervention de Julie Roqueval, assistante sociale en psychiatrie, Luc Graham, d'abord dubitatif, se décide enfin à mener l'enquête. Un aller simple vers la folie...

    Première page :

    "Septembre 1982. Chaula, Liban.
    La misère n'empêche jamais à la vie d'abonder. Hier, les enfants palestiniens couraient partout. Certains garçons s'asseyaient sur les ordures, face à l'ambassade du Koweït, et rêvaient de héros en brandissant des imitations de kalache ou de M16.
    Aujourd'hui, le danger est dehors.
    Claude Dehaene rentre en catastrophe au rez-de-chaussée d'un immeuble de six étages. Il est hors d'haleine, ses objectifs Leica et Canon se percutent dans son sac.
    A l'extérieur, les écoles de Sabra et Chatila sont vides, le ciel se grise des chasseurs-bombardiers qui survolent Beyrouth Ouest à basse altitude. Dans cette ambiance de clameurs et de révolte, les immeubles s'effondrent.
    Enfin à l'abri dans un logement insalubre, Claude caresse affectueusement la chevelure dense de Najat. À côté de ses frères aînés, la petite Palestinienne ne sourit plus. Sa mère, Malaka Abbas, masse les pieds arthritiques de son vieux père, assis dans un siège de voiture arraché. Trop souvent, les victimes palestiniennes sont anonymes. Ici, elles ont un visage.
    Cette mère travailleuse sait un peu parler français, on l'enseigne dans les écoles de l'UNRWA.
    - Ils cherchent les fedayin. Les Kataëb et les Israéliens barrent les routes avec des chars. Ils vont descendre ici. Tu dois te cacher. Vite !"

    Ce que j'en pense :

    C'est assez bien construit. L'auteur s'est bien documenté dans le domaine de la psychiatrie. On lit le roman jusqu'au bout mais, après le tiers du livre on est beaucoup moins captivé. Sans doute parce que les personnages manquent d'épaisseur. Et puis on n'est pas "embarqué" par cette histoire de personnalités multiples, tout cela parait bien factice (même si ce genre de trouble existe réellement).

    Fractures

     

     

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  • Moonlight Mile

    "Moonlight Mile" de Dennis Lehane - Rivages thriller

    Présentation de l'éditeur :

    Patrick Kenzie et Angela Gennaro ne sont plus détectives privés. Patrick travaille pour une grosse société de surveillance qui refuse de l'embaucher définitivement car il n'est pas assez « lisse » pour son patron. Il est toujours consumé par la colère face aux injustices et c'est peut-être cela - ainsi que la culpabilité - qui le pousse à accéder à la demande de Béatrice, la tante d'Amanda McCready. Douze ans plus tôt, Angie et lui avaient enquêté sur la disparition de la petite Amanda, mais le fait d'avoir retrouvé l'enfant s'était soldé par un fiasco humain. Selon Beatrice, Amanda, aujourd'hui âgée de 16 ans, a de nouveau disparu et elle est peut-être en danger... 
    Comme Gone, Baby, Gone, Moonlight Mile est un roman totalement contemporain qui dépeint une Amérique en proie à une grave crise morale et sociale. L'auteur de Mystic River et de Shutter Island n'a rien perdu de son art de la métaphore, des dialogues incisifs et des scènes choc. L'art de faire palpiter la vie à chaque page. 

    Première page :

    "L'air était inhabituellement doux en ce bel après-midi de début décembre quand Brandon Trescott est sorti du spa du Chatham Bars Inn, à Cape Cod, pour monter dans un taxi. Une fâcheuse succession d'arrestations pour conduite en état d'ivresse lui ayant coûté le droit de prendre le volant dans l'État du Massachusetts pendant encore trente-trois mois, il se déplaçait toujours en taxi. A vingt-cinq ans, pourvu d'une solide rente depuis sa naissance, ce rejeton d'une magistrate de la Cour suprême et d'un magnat des médias locaux ne se contentait pas d'être un banal petit con de gosse de riches ; il battait tous les records dans sa catégorie. Lorsque les autorités lui avaient finalement retiré son permis, il en était à sa quatrième infraction pour conduite en état d'ivresse. Les deux premières s'étaient soldées par une amende pour excès de vitesse, la troisième lui avait valu un sévère rappel à l'ordre, mais la quatrième avait donné lieu à une action en justice car elle avait occasionné des blessures sur une personne autre que le conducteur, qui s'en était tiré sans une égratignure.

    En cette journée hivernale où le thermomètre indiquait un peu moins de cinq degrés, Brandon portait un sweat-shirt à capuche…"

    Ce que j'en pense :

    Style efficace, intrigue bien menée, regard critique sur le monde, humour bien présent… c'est un livre agréable à lire. Mais on sent qu'il manque quelque chose pour qu'il soit au niveau de certains livres du même auteur, comme "Mystic river" ou "Shutter island".

    Moonlight Mile

    Moonlight Mile

     

     

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  • Dérive sanglante

    "Dérive sanglante" de William G. Tapply - Gallmeister

    Présentation de l'éditeur :

    À la suite d'un mystérieux accident de montagne qui lui a fait perdre la mémoire, Stoney Calhoun est un homme sans passé. Cinq ans après avoir quitté l'hôpital, une confortable somme d'argent en poche, il a refait sa vie dans le Maine et coule des jours paisibles entre la boutique de pêche où il travaille et sa cabane enfouie au coeur des bois. Jusqu'à ce que son meilleur ami disparaisse. Calhoun se lance alors sur sa piste et accumule les révélations macabres. Au fur et à mesure, il se découvre d'inattendus talents d'enquêteur qui vont l'obliger à affronter les fantômes de son passé. Cette première aventure de Stoney Calhoun nous promène à travers les paysages idylliques et chargés d'histoire du Maine avant un final aussi violent qu'inattendu.

    Première page :

    "IL ÉTAIT ENVIRON HUIT HEURES DU MATIN lorsque Stoney Calhoun entendit la sonnette tinter : signal qu'on passait le seuil de la boutique. Il leva les yeux de son étau. Un homme aux cheveux blancs se tenait dans l'embrasure de la porte, d'où il examinait le casier des cannes Sage et Orvis adossées au mur. Calhoun reporta son attention sur la mouche presque achevée dans son étau. Une minute plus tard, l'homme était devant lui.
    - Nom de nom, qu'est-ce que c'est que ça ? Calhoun garda les yeux baissés.
    - Une bunker fly, marmonna-t-il avec l'accent du coin, ce qui donnait quelque chose comme "bunka fly".
    Il en remettait toujours une louche pour les clients des autres États, histoire de faire couleur locale. C'était une idée de Kate : les touristes, les gens des plaines, tous ceux qui "venaient de loin" - et ce vieux type avec son pantalon de toile tout juste sorti du pressing, ses mocassins rutilants, son polo vert boutonné jusqu'au cou et son accent garanti vieux Sud, si lui ne venait pas de loin ! -, tous ces gens-là s'attendaient à ce que Calhoun parle comme un guignol de pub télévisée. Et Kate était d'avis qu'ils seraient plus enclins à dépenser leur argent dans sa boutique s'ils n'étaient pas déçus.
    - Un peu plus de "ouaip", Stoney, lui disait-elle sans répit. Joue les taciturnes. Et si tu arrives à le placer, dis-leur des trucs comme "Y a pus d'saison, mon pauv'monsieur"."

    Ce que j'en pense :

    C'est un livre assez sympathique et original dans le monde du "polar". Le héros  ne boit pas d'alcool et l'intrigue se passe la plupart du temps en pleine nature (on pourrait presque s'initier à la pêche à la mouche). Au final, plutôt un bon livre même si nos deux héros sont un peu trop "parfaits" et si tout cela manque un peu d'humour.

    Dérive sanglante

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  • Robe de marié

    "Robe de marié" de Pierre Lemaitre - Le Livre de poche thriller

    Présentation de l'éditeur :

    Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… L’ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.

    Première page :

    "Assise par terre, le dos contre le mur, les jambes allongées, haletante.

    Léo est tout contre elle, immobile, la tête posée sur ses cuisses. D'une main, elle caresse ses cheveux, de l'autre elle tente de s'essuyer les yeux, mais ses gestes sont désordonnés. Elle pleure. Ses sanglots deviennent parfois des cris, elle se met à hurler, ça monte du ventre. Sa tête dodeline d'un côté, de l'autre. Parfois, son chagrin est si intense qu 'elle se tape l'arrière de la tête contre la cloison. La douleur lui apporte un peu de réconfort mais bientôt tout en elle s'effondre de nouveau. Léo est très sage, il ne bouge pas. Elle baisse les yeux vers lui, le regarde, serre sa tête contre son ventre et pleure. Personne ne peut s'imaginer comme elle est malheureuse.

    Ce matin-là, comme beaucoup d'autres, elle s'est réveillée en larmes et la gorge nouée alors qu'elle n'a pas de raison particulière de s'inquiéter. Dans sa vie, les larmes n'ont rien d'exceptionnel : elle pleure toutes les nuits depuis qu'elle est folle."

    Ce que j'en pense :

    Très bien construit, machiavélique, cauchemardesque et terrifiant, pas d'esbroufe au niveau du style, c'est simple et efficace, voilà un roman captivant de Pierre Lemaitre. À conseiller dans la catégorie thriller.

    Robe de marié

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  • Preuves d'amour

    "Preuves d'amour" de Lisa Gardner - Livre de poche

    Présentation de l'éditeur :

    Tessa Leoni, officier de police respecté, a abattu son mari en lui tirant trois balles dans le corps avec son arme de service. Elle ne supportait plus la violence de ce dernier. C'est la version qu'elle donne à l'inspectrice D.D. Warren lorsque celle-ci arrive sur les lieux. Mais, si les bleus sur le visage de la jeune femme sont irréfutables, il y a une chose que D.D. Warren ne s'explique pas : sa petite fille de six ans a disparu, et Tessa reste évasive à ce sujet. Que cherche-t-elle à cacher ? Les deux femmes vont s’affronter pour une même cause : la survie de l’enfant.
    Plus poignant que jamais, le nouveau suspense de Lisa Gardner, best-seller aux États-Unis, nous plonge au cœur du mensonge avec un talent vertigineux. 

    Première page :

    "Qui tu aimes ?

    C'est une question à laquelle n 'importe qui devrait pouvoir répondre. Une question qui engage votre vie, façonne votre avenir, guide presque chaque instant de vos journées. Simple, élégante, synthétique.

    Qui tu aimes ?

    Il m'a posé cette question, et la réponse m'est venue du poids de mon ceinturon, du carcan de mon gilet pare-balles, du bord rigide de mon chapeau de police, bas sur le front. J'ai lentement descendu la main et mes doigts ont frôlé la crosse de mon Sig Sauer, à ma hanche.

    « Qui tu aimes ? » a-t-il crié une nouvelle fois, plus fort, plus insistant.

    Mes doigts se sont éloignés de mon arme de service pour se poser sur un passant de cuir noir qui maintenait mon ceinturon autour de ma taille. Le Velcro a crié quand j'ai détaché ce premier passant, puis le deuxième, le troisième, le quatrième. J'ai défait la boucle métallique et. libéré, mon ceinturon de dix kilos, avec tout le barda, arme de poing, Taser et matraque télescopique, s'est retrouvé suspendu entre nous."

    Ce que j'en pense :

    C'est un livre qui se lit avec plaisir, l'intrigue est assez bien ficelée (même si elle est un peu "alambiquée"), les personnages sont assez attachants bien que peu crédibles par moments (en particulier l'héroïne "super woman"). C'est le premier livre de cette auteure que je lis, j'ai quand même envie d'en lire d'autres.

    Preuves d'amour

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  • Rosy & John

    "Rosy & John" de Pierre Lemaitre - Le livre de poche

    Présentation de l'éditeur :

    « La bombe a convenablement fonctionné ; sur ce plan, il a tout lieu d’être satisfait. Les rescapés tentent déjà de secourir les victimes restées au sol. Jean s’engouffre dans le métro. Lui ne va secourir personne. Il est le poseur de bombes. » Jean Garnier n’a plus rien à perdre dans la vie : sa mère est en prison, sa petite amie a été tuée et il n’a plus de travail. Face à ce jeune paumé, Camille Verhoeven doit agir avec plus de finesse que jamais : Jean est-il une vraie menace pour le pays tout entier, ou juste un loser atteint de la folie des grandeurs ?

    Première page :

    "17 heures

    La rencontre imprévue qui va faire basculer voire vie, la plaque de verglas sournoise, la réponse que vous donnez sans réfléchir... Les choses définitives ne mettent pas un dixième de seconde à se produire.

    Prenez ce petit garçon, il a huit ans. Qu'il fasse simplement un pas de côté et tout peut changer, irréversiblement. Sa mère s'est fait tirer les cartes, on lui a prédit qu'elle serait veuve dans l'année. Elle a raconté ça à son fils en pleurnichant, les poings serrés sur la poitrine, des sanglots dans la voix. Il fallait que j'en parle à quelqu'un, tu comprends? Lui n'avait jamais vraiment imaginé la mort de son père qui lui semblait indestructible. Maintenant, il vit dans la peur. Il y a de ces mères, tout de même... Celle-ci a trente ans, mais une maturité de collégienne. Cette prédiction, il y a longtemps qu'elle l'a oubliée (en plus d'une certaine inconséquence, elle est assez oublieuse, une pensée chasse l'autre à une vitesse parfois désespérante). Pour son petit garçon évidemment, c'est une autre paire de manches. Son imaginaire s'est engouffré tout entier dans cette histoire de sorcière, il n'en parle à personne, fait cauchemar sur cauchemar."

    Ce que j'en pense :

    On a plaisir à retrouver Verhoeven. Le style est toujours vif et teinté d'humour. L'intrigue est bien conduite. Lemaitre sait y faire pour tenir son lecteur en haleine. Mais ce roman "à la Psychose" est un peu court et les personnages de la mère et du fils paraissent un peu "légers".

    Rosy & John

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  • Le chemin s'arrêtera là

    "Le chemin s'arrêtera là" de Pascal Dessaint - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Sur une côte nordiste fantomatique, des hommes survivent au jour le jour, hantés par un passé mortifère. Mais qui sont ces laissés-pour-compte de notre époque, qui semblent camper dans un temps suspendu ? Des êtres qui, derrière l'apparence de normalité qu'ils essayent de préserver, ont été broyés ou souillés, à l'image du pays qu'ils habitent, marqué par les stigmates d'une industrie lourde moribonde et d'une nature qui reprend ses droits, de plus en plus inquiétante.

    Première page :

    "Louis

    J'aimerais raconter le vent qui mugit dans l'acier, et puis notre méchanceté. La méchanceté est en nous, tout particulièrement. Parfois, je me demande si ce n'est pas plus justement de la cruauté. Est-ce de la méchanceté ou de la cruauté quand je mets un insecte dans un bocal et que je joue avec lui ? Je choisis toujours un gros scarabée. Il ne cherche pas tout de suite à s'enfuir, à s'envoler. Il fait le tour du bocal que je secoue. Il essaie de grimper sur le verre. Ses pattes glissent. Il s'épuise. Et après, ça dépend de mon humeur. Soit, je le relâche. Soit, comme j'ai vu faire avec un scorpion dans un vieux film, je le couvre d'un feu de brindilles. C'est là sans doute toute la différence entre la simple méchanceté et la pure cruauté.
    Wilfried, à sa façon, est méchant également. Wilfried pêche dans la vague. Il pêche en surfcasting. Il aime cette expression anglaise, la seule qu'il connaîtra jamais. Wilfried n'est pas plus riche que nous mais il possède un matériel coûteux. Il s'est privé et se prive encore de tout pour ça, et même s'il a besoin du poisson qu'il pêche, car à l'en croire il ne mangerait pas grand-chose d'autre, il n'est pas toujours respectueux."

    Ce que j'en pense :

    C'est du très noir. Le récit se déroule dans un paysage industriel plutôt effrayant, avec des usines, un port, une centrale nucléaire, des friches… On découvre peu à peu la vie des personnages : chômage, pauvreté, alcool, misère affective, violence et secrets. Portraits sans concession et assez  effrayant d'un monde où malgré tout quelques petites lueurs subsistent. On sent bien que l'auteur connaît parfaitement ce pays… et l'aime. Du très bon Pascal Dessaint.

    Le chemin s'arrêtera là

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