• L'art presque perdu de ne rien faire

    "L'art presque perdu de ne rien faire" de Dany Laferrière - Grasset

    Présentation de l'éditeur :

    La nonchalance est une affaire de connaisseur. « J’étais devenu un spécialiste mondial de la sieste », nous révèle Dany Laferrière dès le début de son livre. Cela n’interdit pas de lire et de réfléchir – la sieste y est, au contraire, propice. Elle permet aux pensées de jaillir, s’attachant aux petites et aux grandes choses, aux rêves et aux lectures. Dany Laferrière nous parle d’Obama et de l’Histoire, de ses premières amours nimbées d’un parfum d’ilang-ilang, de Salinger et de Borges, de la guitare hawaïenne, du nomadisme et de la vie – car cet Art presque perdu de ne rien faire est, ni plus ni moins, un art de vivre.

    Première page :

    "Dès qu’on commence à se plaindre que le son est trop fort dans les discothèques, que les policiers sont trop jeunes et qu’ils nous font rire sous cape quand ils prennent cette allure de faux cow-boys, que les voitures roulent trop vite, que les gens ne respectent plus les règles de la circulation et que plus personne ne sait à quoi sert le feu jaune, que la politesse est devenue une forme de flatterie publique, que les femmes qu’on a connues rajeunissent à si folle allure qu’on a l’impression de les croiser en remontant le temps, que les médecins sont devenus insensibles aux états d’âme de patients eux-mêmes survoltés, qu’on n’arrive pas à comprendre ce que disent ces animateurs de la télé qui n’articulent pas et parlent décidément trop vite, dès qu’on se plaint que des gens qu’on connaît à peine vous téléphonent tôt le dimanche matin, qu’il n’y a plus de bons écrivains comme du temps de Malraux et Miller, que le cinéma italien a connu son âge d’or dans les années 60 et qu’on n’aura plus jamais de cinéastes comme Fellini, Rossellini et Antonioni, que Kerouac et sa bande nous semblent décidément trop insouciants pour qu’on les suive aveuglément dans cette joyeuse balade à travers une Amérique qui tente timidement de s’échapper de ces molles années 50, que l’injustice et le racisme restent les deux mamelles du capitalisme comme du communisme, que c’était plus rassurant pour l’équilibre du monde quand la Russie pouvait encore faire face aux États-Unis, dès qu’on ne se souvient plus de ce qu’on faisait le jour de la mort de John Kennedy,…"

    Ce que j'en pense :

    Des réflexions sages, philosophiques au fil de la vie, sur des sujets très divers. C'est à la fois simple et érudit, familier et grave, il y a de l'humour, de l'ironie. Ce n'est pas un livre à lire d'une traite (on risquerait de le trouver trop long) mais il faut l'ouvrir au hasard et déguster quelques pages.

    L'art presque perdu de ne rien faire

    L'art presque perdu de ne rien faire

     

     

    __________


    votre commentaire
  • Ton père

    "Ton père" de Christophe Honoré - Mercure de France

    Présentation de l'éditeur :

    «Je m'appelle Christophe et j'étais déjà assez âgé quand un enfant est entré dans ma chambre avec un papier à la main.» 
    C'est par cette première phrase que Christophe Honoré nous fait entrer dans le fulgurant autoportrait romancé d'un homme d'aujourd'hui qui lui ressemble mais qui n'est pas tout à fait lui. Lui, le cinéaste, le metteur en scène de théâtre et d'opéra, mais avant tout l'écrivain. 
    Sur le papier que sa fille de dix ans a trouvé épinglé à la porte de son appartement, ces mots griffonnés au feutre noir : « Guerre et Paix : contrepèterie douteuse». Alors, très vite, tout s'emballe et devient presque polar. Qui a écrit ces mots? Qui le soupçonne d'être un mauvais père? Peut-on être gay et père? Le livre nous conduit soudain dans tous les recoins d'une vie mais aussi au cœur de l'adolescence – en Bretagne, avec la découverte du désir, des filles, des garçons, du plaisir, de la drague. 
    Un livre à la fois puissant et énigmatique, d'une merveilleuse liberté, à la mesure de son sujet.

    Première page :

    "Je m’appelle Christophe et j’étais déjà assez âgé quand un enfant est entré dans ma chambre avec un papier à la main. Il a agité le papier. Il a agité une punaise dans l’autre main. Il a continué et rapproché ses mains et les a éloignées et un courant magnétique a semblé circuler entre ses bras.

    — J’ai trouvé ça sur la porte d’entrée.

    Il était neuf heures moins le quart.

    — J’ai le droit de dormir un peu plus longtemps un dimanche non ?

    J’étais nu sous la couette et je ne bougeais pas. L’enfant avait gardé son blouson. Il se balançait d’un pied sur l’autre comme un petit garçon qui se retient et il me fixait ; je me suis baissé péniblement vers le parquet, plus péniblement j’ai ramassé mon caleçon, sans ménager mes soupirs, décidé à ne rien prendre au sérieux de si bonne heure, et lui s’inquiétait.

    — Alors ?

    — C’est moi qui suis inquiet. Tu devrais faire attention avec cette punaise parce que tu vas te blesser.

    — Tu ne veux pas lire ?

    — Non et je ne veux pas que tu te crèves un œil.

    — Pourquoi ?

    — Je n’aime pas qu’on abîme mes affaires, vois-tu !"

    Ce que j'en pense :

    Roman (autobiographique?) d'une grande sincérité. L'auteur se pose beaucoup de question autour de la paternité et de l'homosexualité. Il affirme ses choix  et nous montre sa fragilité. C'est à la fois une enquête et un témoignage,  et c'est très bien écrit.

    Ton père

    Ton pèreTon père

     

     

    __________


    votre commentaire
  • Petit éloge de lecteurs

    "Petit éloge de lecteurs" de Pef - folio

    Présentation de l'éditeur :

    "Je vais de ma plume survoler l'immense petit peuple de mes lecteurs. Je jetterai mes filets à souvenirs décalés. Ma vue, parfois, me jouera des tours, le temps aussi... Le jeu de mes rencontres échappe aux lieux, aux objectifs, aux impératifs de la pédagogie. Je ne peux, comme dans les cours d'école, ordonner aux enfants de se mettre en rang par deux au tintement de la cloche ou à la sonnerie d'usine du savoir lire, écrire, compter et fabriquer des avions de papier au vol fugace de quelques pauvres secondes. Une activité que j'aimerais encore partager avec eux, car luit dans le regard de chaque écolier qui s'y essaie l'image furtive d'une petite victoire sur l'impossible". Dans ce texte-voyage, Pef ravive par l'écriture le souvenir de mille et une rencontres - émouvantes, graves ou insouciantes - avec ses lecteurs, petits et grands...

    Première page :

    "Avec vue sur le balcon du ciel

    À Blagnac, banlieue de Toulouse, existe une friche métallisée riveraine de la nurserie des Airbus. Sur le panneau de l’entrée, un titre nostalgique : Les ailes anciennes. Mes ailes, à moi, le sont tout autant. Le gardien du lieu, en ce jour de juillet, est un petit bonhomme, sans doute un mécanicien retraité du Royal Cambouis.

    Sur son crâne chauve, une rustine large comme la main, un gros pansement. Où s’est-il cogné ? A-t-il chopé un mal invisible derrière cette porte de sparadrap ? Il me tend le plan de ce jardin des airs, de ce jardin désert où reposent une cinquantaine de vieux avions, poissons d’argent remisés entre ciel et terre, que j’ai connus au temps de leur splendeur en mon adolescence, au mitan de l’autre siècle. Ils attendent une hypothétique résurrection muséale. Me voici englouti dans ce passé industriel de ruines métalliques. Mais revenu à la vitesse du son vers mes neuves années dont la mémoire aviatrice est intacte, toujours disponible et soudain libérée. Avec vue sur le balcon du ciel où ces oiseaux rares se donnaient parfois en spectacle au fil des meetings annuels du Bourget.

    Engins de mort ou avions de ligne, ils ont disparu derrière un horizon toujours en mutation d’époque. "

    Ce que j'en pense :

    C'est un livre truffé d'anecdotes prises au gré des animations et voyages que l'auteur a fait. Très belle écriture, plaidoyer  pour une écriture inventive, complètement libre des contraintes des institutions. Cela s'adresse plutôt aux adultes. Pef nous parle de son expérience d'écrivain et nous renvoie à nos souvenirs de lecteur.

    Petit éloge de lecteurs

    Petit éloge de lecteursPetit éloge de lecteurs

     

     

    __________


    votre commentaire
  • J'aimais bien le titre de ce blog  "En marge(s)",  il me semblait cependant trop proche d'un certain mouvement politique omniprésent actuellement. 

    Moi aussi je suis pour le changement mais je reste "Dans les marges"

    * * *


    votre commentaire
  • Les coquins

    "Les coquins" de Marion Fayolle - Magnani

    Présentation de l'éditeur :

    Marion Fayolle signe avec Les Coquins un recueil de dessins érotiques dans lequel les hommes mangent des glaces-seins, les femmes ont peur du loup, ou se reposent entre deux branches-sexes.
    L’auteur nous raconte, avec humour et étrangeté les rapports entres hommes et femmes à travers des jeux d’associations et des métamorphoses tantôt gourmandes, tantôt sportives, sinon animales...

    Extrait :

    Les coquins

    Les coquins

    Ce que j'en pense :

    C'est impertinent, plein d'humour, très inventif et … universel. C'est coquin dans le meilleur sens du terme. Pas de pornographie dans ce petit livre à offrir de toute urgence.

    Les coquins

    Les coquinsLes coquinsLes coquins

     

     

    __________


    votre commentaire
  • Digues du ciel

    "Digues du ciel" de Alexis Gloaguen - Maurice Nadeau

    Présentation de l'éditeur :

    Digues de ciel est le récit de voyages dans les grandes villes du Canada et des Etats-Unis - d'Halifax à Vancouver, de New York à la banlieue de Los Angeles, en passant par le Colorado et le Kentucky. Textes écrits au présent et dans la rue, notations sur les lieux, la vie ordinaire et sa part de merveille. C'est aussi une réflexion "en situation" sur ce qui, dans ces paysages urbains, suscite l'écriture et sur la place de la poésie dans le monde moderne. L'auteur est fasciné par la découpe de ces "digues de ciel", par le profil de ces immeubles dont la solidité retient l'invisible comme l'encadrement d'un miroir. Mais, en-deçà de l'architecture, il est tout autant attentif à la vie des plus humbles, à l'envers du décor, à ce "tissu conjonctif" qui, entre les monuments emblématiques, fait une ville. Il y a là un va-et-vient permanent entre l'intériorité du regard et un hyperréalisme de la description. Ce livre prend la suite des Veuves de verre (Maurice Nadeau, 2010) dont on retrouve, portées plus loin encore, l'âpreté et les fulgurances.

    Première page :

    "Je suis amoureux de la vie et las des faux-semblants. Je bondis d’aise au moindre signe d’allégresse : dans la rue, dans la chair des musiques, dans le regard des autres, dans les traversées d’esprit. Je prends la plume pour le plaisir de la laisser vagabonder comme en accords écrasés au long d’un manche de guitare.

    Les galets ouvragés sur les passages piétonniers, les architectures de vieilles briques fleurant presque l’huile de morue mènent à la patine et à l’atmosphère des pubs. On les trouve en de vieux immeubles aux fenêtres hautes qui me rappellent la part secrète des villes de France. J’écris… Pourrai-je me relire ? Le pur plaisir, jeté sur les pages, aura-t-il postérité ? Peu importe : on sait la fausseté des feuillets imprimés – photocopies améliorées, prétextes à vantardises, automnes de l’ego —, destinés à décliner au long des géologies du temps, si étrangères à l’homme en fin de compte, même s’il en est par excellence le capteur.

    De manoirs guillerets en bustiers de verre et d’acier : Halifax est une cité moderne qui a su greffer son architecture sur les racines vives de son passé. Le passage est insensible. Le rêve des baleiniers mène sans rupture à la ville d’avenir, comme dans la postérité d’un sortilège."

    Ce que j'en pense :

    Drôle de livre ! Au début on pense qu'il va être exceptionnel, avec une très belle écriture. Et puis, au fil des pages cela s'effiloche. Ce qui paraissait profond devient creux. Le style poétique s'apparente à du "sous Bobin" (et même très en dessous!).

    Digues du ciel

     

     

    __________


    votre commentaire
  • Une brève histoire du roman noir

    "Une brève histoire du roman noir" de Jean-Bernard Pouy - Points

    Présentation de l'éditeur :

    « Le roman noir se doit par essence de ne pas être rose, c’est la moindre des choses. Sa préoccupation essentielle, celle de dépeindre des êtres brisés et menacés par une société aveugle et corrompue, lui a confié toute une génération d’auteurs qui, eux-mêmes, pour diverses raisons, quelquefois personnelles, ne voyaient aucunement l’espoir se lever derrière les brouillards dépressifs de toutes sortes. »

    Jean-Bernard Pouy, une des figures les plus remarquées du roman noir en France, est l’auteur d’une soixantaine de romans. On lui doit notamment La Belle de FontenayRN 86 et Spinoza encule Hegel.

    Extrait :

    "C'est toujours pareil, dans ce genre de daubes. Dans la vie, la vrai vie, quand un tueur va tuer, il tue, c'est tout basta c'est en général ce que, moi, je fais. Alors que dans les romans, à ce moment crucial, ça discute, ça parle, ça piapiate, et ratata qu'ils expliquent et blablabla qu'ils se justifient et planplanplan qu'ils se regorgent. Et c'est alors que la future victime trouve un truc, n'importe quoi, une enclume dans le tiroir, une corde dans les rideaux, une aiguille à tricoter dans une rainure de parquet, une poignée de sable dans la moquette. Et, hardi petit, c'est le tueur qui morfle.
    On croit rêver."

    Ce que j'en pense :

    Je suis un inconditionnel de J B Pouy, j'aime sa subjectivité, son humour, sa connaissance du "milieu" de la "littérature noire".... Ce livre est foisonnant et nous propose une somme de références où nous n'en finiront pas de puiser.

    Une brève histoire du roman noir

    Une brève histoire du roman noirUne brève histoire du roman noir

     

     

    __________


    votre commentaire
  • L'homme semence

    "L'homme semence" de Violette Ailhaud - éditions Parole

    Présentation de l'éditeur :

    En 1852, Violette Ailhaud est en âge de se marier quand son village des Basses-Alpes est brutalement privé de tous ses hommes par la répression qui suit le soulèvement républicain de décembre 1851. Il s’écoule plus de deux ans avant qu’un homme n’apparaisse : 

    Violette AILHAUD : Née en 1835, Violette Ailhaud est morte en 1925. «L’homme semence» est un récit écrit en 1919.
    Pour la seconde fois en 70 ans, son village vient de perdre tous ses hommes. 

    Première page :

    "Ça vient du fond de la vallée. Bien avant que ça passe le gué de la rivière, que l’ombre tranche, comme un lent clin d’œil, le brillant de l’eau entre les iscles, nous savons que c’est un homme. Nos corps vides de femmes sans mari se sont mis à résonner d’une façon qui ne trompe pas. Nos bras fatigués s’arrêtent tous ensemble d’amonteiller le foin. Nous nous regardons et chacune se souvient du serment. Nos mains s’empoignent et nos doigts se serrent à en craquer les jointures: notre rêve est en marche, glaçant d’effroi et brûlant de désir. L’homme monte. Il marche d’un bon pas. Pourtant sa marche paraît lente, douloureusement lente pour nos nerfs à vif. Pour tuer ce temps qui nous torture, nous redoublons d’élan dans le travail. Fourches et râteaux dansent une gigue qui grossit rapidement les tas de foin. Nos bras s’agitent sans que nous soyons en eux. Tous nos sens sont ailleurs, tendus vers lui. À chaque fois que l’homme trécoule derrière un repli du terrain, je me demande si je n’ai pas rêvé ou s’il n’a pas simplement décidé 10 de rebrousser chemin."

    Ce que j'en pense :

    Petit livre à lire absolument. Écrit il y a 100 ans mais encore tellement de notre temps. C'est une belle histoire d'amour et de solitude où le politique n'est pas absent. Pas de pathos mais beaucoup d'émotion et de force. Cerise sur le gâteau : l'auteure utilise les mots de l'époque et de la région qui ont disparu maintenant comme "amonteiller", "trécoule", "grémoulon"…

    L'homme semence

    L'homme semenceL'homme semenceL'homme semence

     

     

    __________


    votre commentaire
  • La nuit tombe quand elle veut

    "La nuit tombe quand elle veut" de Marie Depussé - POL

    Présentation de l'éditeur :

    Il ne faut pas dire de mal de l’hôpital. Tous ceux qui ont écrit pour le faire avaient raison. Mais il est tard. Les hôpitaux de campagne disparaissent, ceux des villes n’ont plus assez de lits. On se rapproche de l’Afrique. Mais on n’a pas leur tendresse, leurs familles illimitées, leur habitude de veiller leurs malades jour et nuit, de leur faire la cuisine.
    La première fois on est entrés, avec Jean, avec facilité. Opération en vue, il était inscrit. Une femme chirurgien, quelques mois auparavant, avait formulé le verdict « tumeur du cerveau inopérable » avec douceur. Mais on allait se donner la peine d’ouvrir pour vérifier. Ça lui suffisait, à Jean, il ne demandait pas beaucoup. Il orientait tout son corps vers l’espoir.
    L’hôpital, quand il veut bien vous prendre, est une grande machine qui vous dit par ses bruits métalliques, ses silences, la précision des gestes de ses femmes blanches, qu’on n’est pas condamné à mort. Ici on vous soigne. C’est vers cela que Jean allait. Il pouvait encore marcher, plus précisément il donnait l’ordre de marcher à ce qu’il appelait ses jambes de ferraille….

    Première page :

    "La nuit quand on est seul et malade on a peur. Du vent qui fait trembler les fenêtres et rampe en bas des tours, dehors. La grande machine de l’hôpital est en panne. L’insomnie s’écrase sur le rideau de fer métallique qu’on a baissé avec des manivelles, pour ne laisser aucun espoir d’aube, pour qu’on ne voie plus rien du ciel. Si l’un ou l’une qui vous aime est assis sur le fauteuil près du lit, si de temps à autre on peut dire : tu es là, la nuit recule et on a moins froid. Il y a des femmes qui articulent, en refermant la porte de la chambre : bonne  nuit mon chéri."

    Ce que j'en pense :

    Un livre, presque documentaire, sur l'hôpital. L'auteure y parle de la maladie, de la mort, de la famille et de l'absence, du manque. Il n'y a pas de misérabilisme dans ce livre mais tout est dit sur l'inhumanité dans certains services, sur le manque de personnels.

    La nuit tombe quand elle veut

    La nuit tombe quand elle veutLa nuit tombe quand elle veut

     

     

    __________


    votre commentaire
  • Chômage monstre

    "Chômage monstre" de Antoine Mouton - éditions la contre allée

    Présentation de l'éditeur :

    Pendant que les corps travaillent, les esprits et les idées chôment. Chômage monstre questionne la difficulté de quitter un travail, de s’ arracher à ce qui nous retient. Puis de celle, ensuite, d’ habiter un corps qu’ on a longtemps prêté à un emploi. Que retrouve-t-on dans un corps et une langue qu’ on a trop longtemps désertés ?
    Dans une forme nécessairement libre, Antoine Mouton pointe la place normative que prend le travail dans nos vies.

    Première page :

    "Poème à laisser sur la note au moment de régler l'addition

    Monsieur» respectable monsieur.

    qui sévissez de table en table

    portant vos bouts de papier plaintifs

    où les comptes sont faits, où les sommes sont dues

    - tout est noté rien n'est omis ce n est pas donné -

    monsieur, vous faites bien votre métier

    Et si j'osais je vous dirais :

    vous ne faites que cela.

    Monsieur que nous nommons garçon, serveur, s'il vous plait ou Joseph

    - Joseph si nous avons sympathisé,

    ce qui est fort probable

    car je vous trouve très aimable

    et vous ai fait quelques blagues qui,

     allégeant votre démarche raide,

    ont dû vous donner une opinion favorable du client que je suis, hélas -

    oui, Joseph. je vous trouve vraiment sympathique…"

    Ce que j'en pense :

    Beaucoup de jeu sur le langage, à la manière d'un "Devos social", de l'humour, de la révolte et aussi de la poésie. Ce livre mérite d'être "balancé" à voix haute. Evidemment il y a des passages beaucoup moins forts (et accessibles) que d'autres mais c'est dans l'ensemble un livre original qui mérite le détour.

    Chômage monstre

    Chômage monstreChômage monstre

     

     

    __________


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique