• En nous beaucoup d'hommes respirent

    "En nous beaucoup d'hommes respirent" de Marie-Aude Murail - L'Iconoclaste

    Présentation de l'éditeur :

    Des albums photo, des menus de mariage, des images de communion, des dents de lait, des documents administratifs, des centaines de lettres, des journaux intimes… Voilà le trésor que Marie-Aude découvre en vidant la maison de ses parents. En ouvrant les boites à archives, les morts se réaniment. Devant elle se déroule ce grand roman familial. C’est l’histoire des Murail qui se dessine. Mais plus encore, celle de toute famille française. En nous beaucoup d’hommes respirent est une enquête intime. Une plongée dans un récit familial, à la fois commun et singulier.

    Première page :

    "J'oublie mes romans, à peine les ai-je écrits. J'ai même tendance ces derniers temps à oublier que je suis écrivain. Si l'inspiration est ce qu'en dit Jules Renard, « rien d'autre que la joie d'écrire », j'ai perdu l'inspiration. À défaut, j'ai un carnet de citations que je rouvre chaque fois que je veux en faire une, parce que j'ai oublié de qui elle est. À tout hasard, je dis qu'elle est de Jules Renard.

    La cousine Colette était un inépuisable répertoire de blagues. La dernière fois que je l'ai vue, elle en était réduite à chercher ses mots et, quand nous nous sommes séparées, je l'ai regardée s'éloigner, toute grêle, à demi chancelante au milieu des projectiles humains que sont les voyageurs dans le hall de la gare de l'Est. Non, du Nord. Ou Saint-Lazare ? Bon, une gare. Je n'éprouve pas pour ma part les symptômes précurseurs de la maladie d'Alzheimer, mais j'ai l'impression que le matériau psychique qui me constitue, au lieu de s’épaissir au fil des années, s’est aminci au point que je ne suis plus qu’un trait dans l’azur."

    Ce que j'en pense :

    Ce n’est pas un roman, c’est à la fois des histoires d’amour, des réflexions sur la filiation et aussi sur l’écriture. Ce récit fait la part belle aux écrits de plusieurs membres de la famille de Marie-Aude Murail. Cela pourrait paraître parfois décousu ou un peu difficile à suivre mais il y a régulièrement des passages très forts qui nous font continuer la lecture avec plaisir.

    En nous beaucoup d'hommes respirent

    En nous beaucoup d'hommes respirent

     

     

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  •  "Ces morts heureux et héroïques" de Luke Mogelson - Gallmeister

    Présentation de l'éditeur :

    Un vétéran cherche à reconquérir sa femme et part la retrouver chez ses parents, là où elle s’est réfugiée après qu’il l’a frappée. Une mère célibataire fait de longs trajets pour aller voir son fils en prison – il a tué un homme d’un coup de poing lors d’une permission. Un infirmier de retour de mission élit domicile dans un réduit de l’arsenal de la garde nationale de New York, incapable de rentrer chez lui. Un journaliste raconte sa vie en Afghanistan, entre ironie et désespoir, avant qu’une bombe ne fasse sauter le café dans lequel il se trouve.

    En dix histoires subtilement liées les unes aux autres, Luke Mogelson dépeint les conséquences de la guerre sur les combattants et les civils, et la manière dont la violence subie ou infligée à l’autre bout du monde se répercute jusqu’aux États-Unis.

    Première page :

    "Bill avait été colonel dans l’armée américaine, mais il n’y avait qu’un seul chef dans la famille. Chaque fois que je téléphonais, j’entendais ses murmures maléfiques empoisonner l’oreille de Bill. “Encore ?” disait cette femme, Caroline. Puis la baie vitrée s’ouvrait dans un souffle, se refermait dans un claquement – un repli sur la terrasse – et Bill disait : “Calmez vous” ou “Vous avez été à une réunion aujourd’hui ?” Bill dehors dans la neige, observant les femelles au-dedans, main levée en un geste du type “Je maîtrise la situation”.

    Ça faisait près d’un mois que Lilly habitait chez ses parents, une maison en bord de lac dans le Vermont. Elle était partie après qu’on eut cassé la fenêtre – après que j’eus cassé la fenêtre d’un coup de poing. Ça n’avait pas été beau à voir : les ambulances et la police, les voisins inquiets qui affluaient en robe de chambre. Je l’avais laissée partir. Je savais que Caroline – qui, aujourd’hui encore, j’en suis sûr, reste persuadée que j’ai frappé Lilly – ferait tout ce qu’elle pourrait pour la détourner de moi. Mais je faisais confiance au colonel. Bill avait été soldat en temps de paix – ses vingt ans à lui étaient tombés en plein dans la période idyllique entre Vietnam et Tempête du désert – et dans son esprit, pour une raison ou une autre, il avait contracté une dette dont il ne s’était jamais tout à fait acquitté.

    Il n’y avait pas de réseau à la maison du lac ; chaque fois que j’appelais le fixe, Bill décrochait, disait que Lilly n’était pas prête à me parler."

    Ce que j'en pense :

    10 nouvelles que j’ai trouvées inégales, bien qu’elles tournent toutes autour du même sujet : la guerre et ses séquelles sur l’homme. L’écriture très « particulière » de l’auteur y est sans doute pour quelque chose. Une nouvelle est nettement au dessus du lot, il s’agit de « Visites ». Quelques autres sont intéressantes :"Du bar", "Proche est le port"

     

     

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  • Bonheur à gogos !

    "Bonheur à gogos!" de Jean-Louis Fournier - Payot

    Présentation de l'éditeur :

    "J'ai toujours cru que je serai heureux demain. C'est quand demain ?" Exercices pratiques de confiance en soi, méditation, huiles essentielles, pierre de rhinocérite, croisière du bien-être... Jean-Louis Fournier a testé pour vous les thérapies en tout genre et la montagne de petits conseils qui peuvent tout changer pour être heureux. Ce qu'il livre est drôle, sensible et d'une grande justesse, et sa dérision nous libère de la tyrannie du bonheur.

    Première page :

    "Allô, bonjour, comment vas-tu ?

    Elle a gloussé et elle a dit : « Que du bonheur. »

    J’ai raccroché.

    Qu’elle aille se faire foutre la pintade.

    Depuis que tout va mal, jamais expression n’a été aussi « tendance ».

    On est obligé d’être heureux.

    Le bonheur à perpète…

    Aucune excuse.

    Si on est malheureux, c’est vraiment qu’on le cherche.

    Les malheureux sont mal vus, ils doivent raser les murs, se cacher.

    Avoir honte."

    Ce que j'en pense :

    Fournier, comme à son habitude, épingle les petits travers de notre société et la mode des livres de psy et de développement personnel. C’est souvent bien vu et drôle. Il manque cependant la causticité avec un petit grain de méchanceté et de colère que l’on trouvait dans certains de ses livres précédents.

    Bonheur à gogos !

    Bonheur à gogos !

     

     

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  • L'art presque perdu de ne rien faire

    "L'art presque perdu de ne rien faire" de Dany Laferrière - Grasset

    Présentation de l'éditeur :

    La nonchalance est une affaire de connaisseur. « J’étais devenu un spécialiste mondial de la sieste », nous révèle Dany Laferrière dès le début de son livre. Cela n’interdit pas de lire et de réfléchir – la sieste y est, au contraire, propice. Elle permet aux pensées de jaillir, s’attachant aux petites et aux grandes choses, aux rêves et aux lectures. Dany Laferrière nous parle d’Obama et de l’Histoire, de ses premières amours nimbées d’un parfum d’ilang-ilang, de Salinger et de Borges, de la guitare hawaïenne, du nomadisme et de la vie – car cet Art presque perdu de ne rien faire est, ni plus ni moins, un art de vivre.

    Première page :

    "Dès qu’on commence à se plaindre que le son est trop fort dans les discothèques, que les policiers sont trop jeunes et qu’ils nous font rire sous cape quand ils prennent cette allure de faux cow-boys, que les voitures roulent trop vite, que les gens ne respectent plus les règles de la circulation et que plus personne ne sait à quoi sert le feu jaune, que la politesse est devenue une forme de flatterie publique, que les femmes qu’on a connues rajeunissent à si folle allure qu’on a l’impression de les croiser en remontant le temps, que les médecins sont devenus insensibles aux états d’âme de patients eux-mêmes survoltés, qu’on n’arrive pas à comprendre ce que disent ces animateurs de la télé qui n’articulent pas et parlent décidément trop vite, dès qu’on se plaint que des gens qu’on connaît à peine vous téléphonent tôt le dimanche matin, qu’il n’y a plus de bons écrivains comme du temps de Malraux et Miller, que le cinéma italien a connu son âge d’or dans les années 60 et qu’on n’aura plus jamais de cinéastes comme Fellini, Rossellini et Antonioni, que Kerouac et sa bande nous semblent décidément trop insouciants pour qu’on les suive aveuglément dans cette joyeuse balade à travers une Amérique qui tente timidement de s’échapper de ces molles années 50, que l’injustice et le racisme restent les deux mamelles du capitalisme comme du communisme, que c’était plus rassurant pour l’équilibre du monde quand la Russie pouvait encore faire face aux États-Unis, dès qu’on ne se souvient plus de ce qu’on faisait le jour de la mort de John Kennedy,…"

    Ce que j'en pense :

    Des réflexions sages, philosophiques au fil de la vie, sur des sujets très divers. C'est à la fois simple et érudit, familier et grave, il y a de l'humour, de l'ironie. Ce n'est pas un livre à lire d'une traite (on risquerait de le trouver trop long) mais il faut l'ouvrir au hasard et déguster quelques pages.

    L'art presque perdu de ne rien faire

    L'art presque perdu de ne rien faire

     

     

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  • Ton père

    "Ton père" de Christophe Honoré - Mercure de France

    Présentation de l'éditeur :

    «Je m'appelle Christophe et j'étais déjà assez âgé quand un enfant est entré dans ma chambre avec un papier à la main.» 
    C'est par cette première phrase que Christophe Honoré nous fait entrer dans le fulgurant autoportrait romancé d'un homme d'aujourd'hui qui lui ressemble mais qui n'est pas tout à fait lui. Lui, le cinéaste, le metteur en scène de théâtre et d'opéra, mais avant tout l'écrivain. 
    Sur le papier que sa fille de dix ans a trouvé épinglé à la porte de son appartement, ces mots griffonnés au feutre noir : « Guerre et Paix : contrepèterie douteuse». Alors, très vite, tout s'emballe et devient presque polar. Qui a écrit ces mots? Qui le soupçonne d'être un mauvais père? Peut-on être gay et père? Le livre nous conduit soudain dans tous les recoins d'une vie mais aussi au cœur de l'adolescence – en Bretagne, avec la découverte du désir, des filles, des garçons, du plaisir, de la drague. 
    Un livre à la fois puissant et énigmatique, d'une merveilleuse liberté, à la mesure de son sujet.

    Première page :

    "Je m’appelle Christophe et j’étais déjà assez âgé quand un enfant est entré dans ma chambre avec un papier à la main. Il a agité le papier. Il a agité une punaise dans l’autre main. Il a continué et rapproché ses mains et les a éloignées et un courant magnétique a semblé circuler entre ses bras.

    — J’ai trouvé ça sur la porte d’entrée.

    Il était neuf heures moins le quart.

    — J’ai le droit de dormir un peu plus longtemps un dimanche non ?

    J’étais nu sous la couette et je ne bougeais pas. L’enfant avait gardé son blouson. Il se balançait d’un pied sur l’autre comme un petit garçon qui se retient et il me fixait ; je me suis baissé péniblement vers le parquet, plus péniblement j’ai ramassé mon caleçon, sans ménager mes soupirs, décidé à ne rien prendre au sérieux de si bonne heure, et lui s’inquiétait.

    — Alors ?

    — C’est moi qui suis inquiet. Tu devrais faire attention avec cette punaise parce que tu vas te blesser.

    — Tu ne veux pas lire ?

    — Non et je ne veux pas que tu te crèves un œil.

    — Pourquoi ?

    — Je n’aime pas qu’on abîme mes affaires, vois-tu !"

    Ce que j'en pense :

    Roman (autobiographique?) d'une grande sincérité. L'auteur se pose beaucoup de question autour de la paternité et de l'homosexualité. Il affirme ses choix  et nous montre sa fragilité. C'est à la fois une enquête et un témoignage,  et c'est très bien écrit.

    Ton père

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  • Petit éloge de lecteurs

    "Petit éloge de lecteurs" de Pef - folio

    Présentation de l'éditeur :

    "Je vais de ma plume survoler l'immense petit peuple de mes lecteurs. Je jetterai mes filets à souvenirs décalés. Ma vue, parfois, me jouera des tours, le temps aussi... Le jeu de mes rencontres échappe aux lieux, aux objectifs, aux impératifs de la pédagogie. Je ne peux, comme dans les cours d'école, ordonner aux enfants de se mettre en rang par deux au tintement de la cloche ou à la sonnerie d'usine du savoir lire, écrire, compter et fabriquer des avions de papier au vol fugace de quelques pauvres secondes. Une activité que j'aimerais encore partager avec eux, car luit dans le regard de chaque écolier qui s'y essaie l'image furtive d'une petite victoire sur l'impossible". Dans ce texte-voyage, Pef ravive par l'écriture le souvenir de mille et une rencontres - émouvantes, graves ou insouciantes - avec ses lecteurs, petits et grands...

    Première page :

    "Avec vue sur le balcon du ciel

    À Blagnac, banlieue de Toulouse, existe une friche métallisée riveraine de la nurserie des Airbus. Sur le panneau de l’entrée, un titre nostalgique : Les ailes anciennes. Mes ailes, à moi, le sont tout autant. Le gardien du lieu, en ce jour de juillet, est un petit bonhomme, sans doute un mécanicien retraité du Royal Cambouis.

    Sur son crâne chauve, une rustine large comme la main, un gros pansement. Où s’est-il cogné ? A-t-il chopé un mal invisible derrière cette porte de sparadrap ? Il me tend le plan de ce jardin des airs, de ce jardin désert où reposent une cinquantaine de vieux avions, poissons d’argent remisés entre ciel et terre, que j’ai connus au temps de leur splendeur en mon adolescence, au mitan de l’autre siècle. Ils attendent une hypothétique résurrection muséale. Me voici englouti dans ce passé industriel de ruines métalliques. Mais revenu à la vitesse du son vers mes neuves années dont la mémoire aviatrice est intacte, toujours disponible et soudain libérée. Avec vue sur le balcon du ciel où ces oiseaux rares se donnaient parfois en spectacle au fil des meetings annuels du Bourget.

    Engins de mort ou avions de ligne, ils ont disparu derrière un horizon toujours en mutation d’époque. "

    Ce que j'en pense :

    C'est un livre truffé d'anecdotes prises au gré des animations et voyages que l'auteur a fait. Très belle écriture, plaidoyer  pour une écriture inventive, complètement libre des contraintes des institutions. Cela s'adresse plutôt aux adultes. Pef nous parle de son expérience d'écrivain et nous renvoie à nos souvenirs de lecteur.

    Petit éloge de lecteurs

    Petit éloge de lecteursPetit éloge de lecteurs

     

     

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  • J'aimais bien le titre de ce blog  "En marge(s)",  il me semblait cependant trop proche d'un certain mouvement politique omniprésent actuellement. 

    Moi aussi je suis pour le changement mais je reste "Dans les marges"

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  • Les coquins

    "Les coquins" de Marion Fayolle - Magnani

    Présentation de l'éditeur :

    Marion Fayolle signe avec Les Coquins un recueil de dessins érotiques dans lequel les hommes mangent des glaces-seins, les femmes ont peur du loup, ou se reposent entre deux branches-sexes.
    L’auteur nous raconte, avec humour et étrangeté les rapports entres hommes et femmes à travers des jeux d’associations et des métamorphoses tantôt gourmandes, tantôt sportives, sinon animales...

    Extrait :

    Les coquins

    Les coquins

    Ce que j'en pense :

    C'est impertinent, plein d'humour, très inventif et … universel. C'est coquin dans le meilleur sens du terme. Pas de pornographie dans ce petit livre à offrir de toute urgence.

    Les coquins

    Les coquinsLes coquinsLes coquins

     

     

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  • Digues du ciel

    "Digues du ciel" de Alexis Gloaguen - Maurice Nadeau

    Présentation de l'éditeur :

    Digues de ciel est le récit de voyages dans les grandes villes du Canada et des Etats-Unis - d'Halifax à Vancouver, de New York à la banlieue de Los Angeles, en passant par le Colorado et le Kentucky. Textes écrits au présent et dans la rue, notations sur les lieux, la vie ordinaire et sa part de merveille. C'est aussi une réflexion "en situation" sur ce qui, dans ces paysages urbains, suscite l'écriture et sur la place de la poésie dans le monde moderne. L'auteur est fasciné par la découpe de ces "digues de ciel", par le profil de ces immeubles dont la solidité retient l'invisible comme l'encadrement d'un miroir. Mais, en-deçà de l'architecture, il est tout autant attentif à la vie des plus humbles, à l'envers du décor, à ce "tissu conjonctif" qui, entre les monuments emblématiques, fait une ville. Il y a là un va-et-vient permanent entre l'intériorité du regard et un hyperréalisme de la description. Ce livre prend la suite des Veuves de verre (Maurice Nadeau, 2010) dont on retrouve, portées plus loin encore, l'âpreté et les fulgurances.

    Première page :

    "Je suis amoureux de la vie et las des faux-semblants. Je bondis d’aise au moindre signe d’allégresse : dans la rue, dans la chair des musiques, dans le regard des autres, dans les traversées d’esprit. Je prends la plume pour le plaisir de la laisser vagabonder comme en accords écrasés au long d’un manche de guitare.

    Les galets ouvragés sur les passages piétonniers, les architectures de vieilles briques fleurant presque l’huile de morue mènent à la patine et à l’atmosphère des pubs. On les trouve en de vieux immeubles aux fenêtres hautes qui me rappellent la part secrète des villes de France. J’écris… Pourrai-je me relire ? Le pur plaisir, jeté sur les pages, aura-t-il postérité ? Peu importe : on sait la fausseté des feuillets imprimés – photocopies améliorées, prétextes à vantardises, automnes de l’ego —, destinés à décliner au long des géologies du temps, si étrangères à l’homme en fin de compte, même s’il en est par excellence le capteur.

    De manoirs guillerets en bustiers de verre et d’acier : Halifax est une cité moderne qui a su greffer son architecture sur les racines vives de son passé. Le passage est insensible. Le rêve des baleiniers mène sans rupture à la ville d’avenir, comme dans la postérité d’un sortilège."

    Ce que j'en pense :

    Drôle de livre ! Au début on pense qu'il va être exceptionnel, avec une très belle écriture. Et puis, au fil des pages cela s'effiloche. Ce qui paraissait profond devient creux. Le style poétique s'apparente à du "sous Bobin" (et même très en dessous!).

    Digues du ciel

     

     

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  • Une brève histoire du roman noir

    "Une brève histoire du roman noir" de Jean-Bernard Pouy - Points

    Présentation de l'éditeur :

    « Le roman noir se doit par essence de ne pas être rose, c’est la moindre des choses. Sa préoccupation essentielle, celle de dépeindre des êtres brisés et menacés par une société aveugle et corrompue, lui a confié toute une génération d’auteurs qui, eux-mêmes, pour diverses raisons, quelquefois personnelles, ne voyaient aucunement l’espoir se lever derrière les brouillards dépressifs de toutes sortes. »

    Jean-Bernard Pouy, une des figures les plus remarquées du roman noir en France, est l’auteur d’une soixantaine de romans. On lui doit notamment La Belle de FontenayRN 86 et Spinoza encule Hegel.

    Extrait :

    "C'est toujours pareil, dans ce genre de daubes. Dans la vie, la vrai vie, quand un tueur va tuer, il tue, c'est tout basta c'est en général ce que, moi, je fais. Alors que dans les romans, à ce moment crucial, ça discute, ça parle, ça piapiate, et ratata qu'ils expliquent et blablabla qu'ils se justifient et planplanplan qu'ils se regorgent. Et c'est alors que la future victime trouve un truc, n'importe quoi, une enclume dans le tiroir, une corde dans les rideaux, une aiguille à tricoter dans une rainure de parquet, une poignée de sable dans la moquette. Et, hardi petit, c'est le tueur qui morfle.
    On croit rêver."

    Ce que j'en pense :

    Je suis un inconditionnel de J B Pouy, j'aime sa subjectivité, son humour, sa connaissance du "milieu" de la "littérature noire".... Ce livre est foisonnant et nous propose une somme de références où nous n'en finiront pas de puiser.

    Une brève histoire du roman noir

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