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Autre
Retour à Reims
par GéHa, le 20 Février 2010 à 09:45
"Retour à Reims" - Didier EribonFayard
Présentation de l'éditeur :
Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims, sa ville natale, et retrouve son milieu d'origine, avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l'histoire de sa famille. Évoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son ascension sociale, il mêle à chaque étape de ce récit intime et bouleversant les éléments d'une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, le vote, la démocratie... Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, Didier Eribon s'interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance. Un grand livre de sociologie et de théorie critique.
Didier Eribon est professeur à la faculté de philosophie, sciences humaines et sociales de l'université d'Amiens. Auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Réflexions sur la question gay (Fayard, 1999), il a été le lauréat 2008 du prestigieux Brudner Prize, décerné chaque année par l'université Yale.
Première page :
"Longtemps, ce ne fut pour moi qu'un nom. Mes parents s'étaient installés dans ce village à une époque où je n'allais plus les voir. De temps à autre, au cours de mes voyages à l'étranger, je leur envoyais une carte postale, ultime effort pour maintenir un lien que je souhaitais le plus ténu possible. En écrivant l'adresse, je me demandais à quoi ressemblait l'endroit où ils habitaient. Je ne poussais jamais plus loin la curiosité. Lorsque je lui parlais au téléphone, une fois ou deux par trimestre, souvent moins, ma mère me demandait : « Quand viens-tu nous voir ? » J'éludais, prétextant que j'étais très occupé, et lui promettais de venir bientôt. Mais je n'en avais pas l'intention. J'avais fui ma famille et n'éprouvais aucune envie de la retrouver.
Je n'ai donc connu Muizon que tout récemment. C'était conforme à l'idée que j'en avais conçu : un exemple caricatural de « rurbanisation », un de ces espaces semi-urbains en plein milieu des champs, dont on ne sait plus très bien s'ils appartiennent encore à la campagne ou s'ils sont devenus, au fil des ans, ce qu'il convient d'appeler une banlieue..."
Ce que j'en pense :
Un très bon livre où se mêlent autobiographie et critique sociale. Il raconte sa victoire contre sa condition modeste, ses combats en tant que gay et finalement son respect et sa reconnaissance pour ce "monde" ouvrier dont il a eu honte pendant une grande partie de sa vie.
Belle leçon de sociologie et de politique

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Mon dernier cheveu noir
par GéHa, le 9 Février 2010 à 16:19
"Mon dernier cheveu noir" - Jean Louis FournierEditions Anne Carrière (poche)
Présentation de l'éditeur :
Je regarde une vieille photo. J'étais pas mal, avant. Pourquoi, chaque année, je me trouve de moins en moins bien ? Peut-être parce que c'est l'hiver ? Si vous passez l'hiver, vous verrez : l'été, c'est pareil. Vous savez comment on s'aperçoit qu'on est vieux ? Quand, même bronzé, on reste moche.
Auteur de nombreux livres à succès dont "Il a jamais tué personne, mon papa" et "Grammaire française et impertinente", Jean-Louis Fournier vient de fêter ses soixante ans.
Première page :
"J'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois pour éteindre les soixante bougies. Tout le monde rit dans mon dos. Je pense qu'ils se foutent de ma gueule. Je n'arrive pas à croire que j'ai soixante ans. Pourtant, j'ai eu soixante années pour m'y préparer.
J'aime de moins en moins les anniversaires, surtout le mien. Je n'ai pas besoin de cadeau, j'ai tout et je n'arrive pas à dire « Quelle bonne idée ! » à celui qui a eu une mauvaise idée. Mon tiroir déborde de cravates que je ne mettrai jamais. J'aimerais que tout le monde parte, j'ai envie d'aller me coucher. Je n'aime pas les gâteaux, le Champagne est tiède et j'ai peur des compliments. J'imagine le pire : la petite fille endimanchée qui va venir me chanter : « Voulez-vous danser grand-père, tout comme au bon vieux temps, quand vous aviez vingt ans, sur un air qui vous rappelle combien la vie était belle... » La vie était belle, les bons souvenirs remontent à la surface, ils sont plus légers. Les mauvais, plus lourds, restent au fond.
Je sais que je vieillis, ce n'est pas nécessaire de me le rappeler chaque année."
Ce que j'en pense :
Série de chroniques très courtes et d'aphorismes sur le vieillissement. Tout ne se vaut pas mais le plaisir l'emporte quand même largement.

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Espèces d'espaces
par GéHa, le 21 Janvier 2010 à 14:12
Georges Perec -Espèces d'espacesGalilée
Présentation :
Ce livre de Georges Perec est un essai philosophique. Tout ce qui touche au monde de la vie quotidienne intéresse Perec.
A l'origine, l'espace, c'est le vide. Mais il suffit de tracer en noir le périmètre d'un carré blanc pour que le vide ne soit plus le même. Le fil d'un tracé dessine aussitôt un dedans et un autour.
Les espaces s'empilent à la manière de poupées russes. Espace premier : la page sur laquelle vient s'écrire le livre. Et dans cet espace d'écriture viennent s'emboîter, chapitre après chapitre, le lit, la chambre, l'appartement, l'immeuble, la rue, le quartier, la ville, la campagne, le pays, l'Europe, le monde, l'espace.Extrait :
J’ai plusieurs fois essayé de penser à un appartement dans lequel il y aurait une pièce inutile, absolument et délibérément inutile. Ça n’aurait pas été un débarras, ça n’aurait pas été une chambre supplémentaire, ni un couloir, ni un cagibi, ou un recoin. Ç’aurait été un espace sans fonction. Ça n’aurait servi à rien, ça n’aurait renvoyé à rien.
Il m’a été impossible, en dépit de mes efforts, de suivre cette pensée, cette image, jusqu’au bout. Le langage lui-même, me semble-t-il, s’est avéré inapte à décrire ce rien, ce vide, comme si l’on ne pouvait parler que de ce qui est plein, utile, et fonctionnel.
Un espace sans fonction. Non pas "sans fonction précise", mais précisément sans fonction ; non pas pluri-fonctionnel (cela, tout le monde sait le faire), mais a-fonctionnel. Ça n’aurait évidemment pas été un espace uniquement destiné à "libérer" les autres (fourre-tout, placard, penderie, rangement, etc.) mais un espace, je le répète, qui n’aurait servi à rien.
Comment penser le rien ? Comment penser le rien sans automatiquement mettre quelque chose autour de ce rien, ce qui en fait un trou, dans lequel on va s’empresser de mettre quelque chose, une pratique, une fonction, un destin, un regard, un besoin, un manque, un surplus ?
Ce que j'en pense :
Livre très facile à lire (ce qui n'est pas le cas de tous les livres de Perec). Perec nous réapprend à voir l'ordinaire autour de nous, dans notre environnement, nos gestes...

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Terre-Mère homicide volontaire?
par GéHa, le 15 Février 2009 à 21:55
Présentation de l'éditeur
" De quoi manque le plus notre monde ? D'humain !... "
Humain, humanisme, humanitaire.... autant de termes qui ont la même racine qu'humus, cette vitamine indispensable à la mince couverture qui, à la surface de notre planète, assure notre survie.
Cette terre nourricière qu'on est en train d'épuiser, d'assécher, d'empoisonner...
Parce que 20% de la population du globe est prisonnière de l'équation : croissance = production + consommation + profit, jusqu'à l'épuisement des ressources, alors que les 80% qui restent n'ont pas accès aux besoins vitaux les plus élémentaire.
Biographie de l'auteur:
Voilà plus de 40 ans que Pierre Rabhi, agroécologue et fondateur de terre et Humanisme, à la parole et l'engagement mondialement reconnus, dénonce et agit, pour que l'on sorte du cycle suicidaire du "toujours plus".
II en appelle aux consciences, et particulièrement à celle des plus jeunes, pour que l'homme se réconcilie avec la nature, réapprenne à respecter et à protéger notre " terre-mère " Pour que chacun cultive, là où il vit, une "oasis d'humain dans ce désert d'inhumanité ". Tant qu'il est encore temps !
Mon avis :
Dans ce livre très facile à lire, Pierre Rahbi explique des évidences bonnes à rappeler et à mettre sur sa table de chevet... Il remet les choses à leur place et démontre l'absurdité de notre système non pas de consommation mais de surconsommation.

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