• Noir américain

     

    "Noir américain" de Armand Cabasson - Thierry Magnier

    Présentation de l'éditeur :

    Quand le rêve américain tourne au cauchemar, c'est tout le monde moderne qui vacille. En dix nouvelles à suspense, passant du pur thriller au polar psychologique, ce recueil coup de poing trace un portrait au vitriol d'une Amérique qui part en roue libre. Tueurs à la recherche de la rédemption, policiers en déroute, prisonniers hantés par leurs démons intérieurs, Monsieur Tout-Le-Monde en quête du sens de la vie dans la violence... Noir américain est un recueil de récits noirs, très noirs, qui feront date en littérature policière.

    Extrait :

    "Grapp, c'est mon monstre. C'est un vrai monstre et il existe pour de vrai mais il n'y a que moi qui peux le voir. (...) Il peut avoir plein de formes différentes parce qu'il est polymorphe protéiforme. C'est ma maîtresse qui m'a appris ces deux mots qui veulent dire qu'on peut se transformer comme on veut. Ça l'a amusée que je lui pose des questions sur le pouvoir de transformation. Je lui ai dit que c'était au sujet d'un monstre. Elle a souri et elle m'a demandé si je le lui présenterais. J'ai dit non vu que ça pouvait être dangereux. Elle m'a répondu qu'elle comprenait et qu'elle attendrait que mon monstre soit apprivoisé. Ben c'est pas un chat, quand même, que je lui ai dit !

    Ce que j'en pense :

    C'est bien fait, l'auteur respecte les règles de la nouvelle, mais il manque l'essentiel, sauf dans la première et la dernière nouvelle. Tout cela semble assez formel. On a beaucoup de mal à faire corps avec les personnages, les situations. On se demande également pourquoi tout cela se situe aux USA (pour mieux attirer les lecteurs sans doute!)

    Noir américain

     

     

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  • La grande vie

    "La grande vie" de jean-Pierre Martinet - l'arbre vengeur

    Présentation de l'éditeur :

    Adolphe Marlaud habite, rue Froidevaux, un appartement avec vue sur le cimetière, une de ces rues où "on meurt lentement, à petit feu, à petits pas, de chagrin et d'ennui". N'ayant réussi à n'être ni fantôme, ni homme invisible, cet étrange voyageur d'hiver s'est fixé une ligne de conduite : "vivre le moins possible pour souffrir le moins possible". C'est sans compter sur Madame C., sa concierge, qui guette amoureusement son passage du haut de ses deux mètres pour le contraindre à des actes qu'une quatrième de couverture doit taire. Jean-Pierre Martinet, l'auteur de ce texte halluciné paru en 1979, est mort oublié en 1993 : on a redécouvert depuis le sombre génie et la folie magnifique d'une oeuvre sans équivalent. Avec ce court livre, c'est son humour qui explose : il est d'un noir détergent.

    Première page :

    "Et Madame C. se tournait alors vers moi, elle me disait qu’elle avait peur de mourir étouffée ici, dans cette loge minuscule, qui lui laissait juste la place de respirer, entre ses plantes vertes et les photos en couleur de Luis Mariano, maintenant elle ne pouvait plus dépasser le deuxième étage lorsqu’elle montait le courrier, elle avait l’impression de descendre à la cave, d’être assaillie par des rats, de patauger dans l’humidité, sans doute le cœur, me répétait-elle tristement en passant sa main sur ses paupières boursouflées,…"

    Ce que j'en pense :

    C'est court, trop court sans doute mais on a un bon aperçu de l'univers de l'auteur. On peut penser bien sûr à Céline pour l'atmosphère foncièrement pessimiste de cette nouvelle. On peut y trouver aussi du burlesque (mais désespéré), de l'ironie (mais tragique). On aimerait bien voir (revoir) Denis Lavant jouer ce texte. 

    La grande vie

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  • L'enjoliveur

    "L'enjoliveur" de Robert Goolrick - Editions Anne Carrière

    Présentation de l'éditeur :

    Par ce matin givré de février, mon entrevue avec la mort fut à peine remarquée, et ses rebondissements secrets ne devaient m’apparaître que des décennies plus tard. Or j’imagine que c’est précisément ce qui nous intéresse ici, si vous êtes prêts à traverser d’abord l’hiver glacial de mon anecdote bucolique. Les rebondissements, donc. Un rebondissement, pour être précis, aussi scintillant que l’enjoliveur de la Buick 1943 de ma grand-mère.

    Première page :

    "A l'époque dont je vous parle, nos grandes questions métaphysiques tournaient autour des tenues que nos mères nous forçaient à porter, comme ces tennis hideuses exposées en vitrine juste à côté de la paire de nos rêves, ou ces chemises achetées trois tailles trop grandes afin qu'on les "fasse durer", même si les manches devaient être reprises plusieurs fois. A cette époque, les enjoliveurs exerçaient sur nous une fascination infinie."

    Ce que j'en pense :

    C'est une nouvelle sur l'enfance dans les années 50. C'est un mélange d'humour et de gravité. Les jeux des enfants côtoient souvent l'indifférence des adultes et se heurtent parfois au monde réel. Rien de féroce dans ce livre mais beaucoup de nostalgie, de l'ironie, de la dérision et un peu d'amertume.

    L'enjoliveur

    L'enjoliveurL'enjoliveurL'enjoliveur

     

     

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  • Comment vivre sans lui ?

     "Comment vivre sans lui ?" de Franz Bartelt - Gallimard

    Présentation de l'éditeur :

    Un célèbre rhumatologue reconverti dans la chanson entraîne avec lui dans la mort le monde de ses admirateurs ; un couple occupe ses week-ends à courir les vide-greniers pour se reposer de sa semaine d’adultères multiples ; un artiste dont le talent consiste à changer de pseudonyme tous les quatre matins est pris à son propre piège… Ces treize nouvelles, aussi réjouissantes qu’inattendues, divaguent autour du couple, de la mort et de Dieu. L’auteur dévoile un petit monde d’hommes et de femmes ordinaires confrontés à l’absurdité de leurs vies, de leurs mœurs, de leurs caractères, et s’ingénie malicieusement à les faire trébucher ou chuter. 
    On retrouve ici le style inimitable, l’humour absurde et noir, la loufoquerie, l’esprit anarchiste et déjanté de Franz Bartelt.

    Première page :

    "Tout le monde, absolument tout le monde, ou à peu près, aimait Kevin Push, l’illustre rhumatologue reconverti dans la chanson humanitaire de variété. Un samedi matin, vers les onze heures, sa camériste, Mlle Olga Lantichet, le découvrit nu et d’un bleu assez marbré, au milieu de son lit aux moulures authentiquement baroques, aussi mort qu’on peut l’être quand on est mort depuis plusieurs heures. La main sur la poitrine, la boule dans la gorge, Olga Lantichet ne supporta pas l’idée de continuer à vivre dans un monde privé de l’immense et vivifiante présence de Kevin Push, son employeur, son maître, son dieu. Elle perdit connaissance. Son cœur cessa de battre. Néanmoins, elle mourut heureuse, sur l’idée qu’elle rejoignait son idole au paradis des idoles, à la droite du divin timonier, sous les palmes des anges et dans le fumet de la barbe bouclée des prophètes.

    Inquiet de ne plus entendre de bruit à l’étage, le majordome, Mr James Brookfied, qui était anglais, comme il se doit quand on a du style et de l’accent, monta aux renseignements et, découvrant le triste spectacle qui s’offrait à son regard…"

    Ce que j'en pense :

    C'est loin d'être le meilleur livre de Bartelt. Sur les treize nouvelles je n'ai vraiment apprécié que les trois premières. Ensuite tout cela parait long, même si au début de chacune d'elles on se dit "tiens, celle-ci pourrait être pas mal", mais on finit par s'y ennuyer… C'est bien la première fois que cela m'arrive avec cet auteur.

    Comment vivre sans lui ?

     

     

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  • Incandescences

    "Incandescences" de Ron Rash - Points

    Présentation de l'éditeur :

    Les douze nouvelles de ce recueil sont des portraits de désespoir rural, des tranches de vie oblitérées par la misère, le manque d'éducation, la drogue. Situées dans le décor sauvage et magnifique des Appalaches, déjà rencontré dans Le Monde à l'endroit et Une terre d'ombre, elles évoluent entre l'époque de la guerre de Sécession et nos jours. Elles décrivent avec une compassion affligée et lucide de pathétiques gestes de survie, une violence quotidienne banalisée par la pauvreté, des enfants sacrifiés par leurs parents au culte de la crystal meth ou des actes meurtriers commis sous couvert de bonnes intentions. Elles parlent aussi de vieux mythes et des croyances qui perdurent dans cette contrée imperméable au progrès et à la modernité. A mi-chemin entre le minimalisme de Raymond Carver et le gothique de William Faulkner, Ron Rash écrit une prose d'une noirceur poétique, laissant par instants entrevoir un éclair d'humanité même chez les êtres les plus endurcis.

    Première page :

    "Les temps difficiles

    Jacob se tenait à l’entrée de la grange, il observait Edna qui sortait du poulailler. Elle avait les lèvres pincées, c’était donc qu’on leur avait encore pris des œufs. Il leva les yeux vers la ligne de crête et jugea à vue de nez qu’il était huit heures. À Boone la matinée devait être déjà bien avancée, mais ici la lumière était encore mouchetée d’ombre et la rosée mouillait ses brodequins. « Ce vallon-là est si bougrement sombre qu’y faut y faire entrer la lumière au pied-de-biche », avait coutume de dire son père.

    Edna montra d’un signe de tête le seau à œufs qu’elle avait à la main.

    « Rien sous la Bantam. Ça fait quatre jours de suite.

    – Peut-être que le vieux coq l’est plus trop câlin avec elle. »

    Il attendit de la voir sourire. Lorsqu’ils avaient commencé à se fréquenter, des années auparavant, c’était le sourire d’Edna qui l’avait le plus charmé. Son visage tout entier rayonnait, comme si la courbe de ses lèvres déroulait une vague lumineuse de la bouche au front.

    – Vas-y, plaisante donc, lança-t-elle, mais vu le peu d’argent qu’on a, ça compte…."

    Ce que j'en pense :

    On retrouve avec beaucoup de plaisir la splendide écriture de Ron Rash. Évidemment, comme souvent dans un livre de nouvelles, certaines sont moins bonnes que d'autres. Comme dans "Une terre d'ombre", l'auteur sait très bien nous faire pénétrer au cœur de cette société rurale et ses personnages avec pick up et mobil home qui sont les oubliés du rêve américain.

    Incandescences

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  • Il ne fait jamais noir en ville.

    "Il ne fait jamais noir en ville" de Marie-Sabine Roger - Babel

    Présentation del'éditeur :

    Une employée effacée qui ose soudain tenir tête à sa chef de service à la suite de l’adoption imprévue d’un chaton abandonné ; une écrivaine en panne d’inspiration préoccupée par son voisin de palier un brin inquiétant ; un homme qui n’aime pas les lundis matin ; un père Noël à moto ; une femme venue dire adieu et une autre qui quitte la maison à la campagne dans laquelle elle a vécu soixante-cinq ans pour aller s’installer en ville... Les dix nouvelles qui composent ce recueil mettent en scène des personnages qui, tous, sont affectés par un événement d’apparence anodine, mais qui va bouleverser leur vie. Où Marie-Sabine Roger confirme, après Les Encombrants et La Théorie du chien perché, sa maîtrise de la forme courte, et où l’on retrouve sa manière tour à tour tendre, grinçante et décalée de croquer les petits riens de la vie qui nous façonnent et nous transforment.

    Première page :

    "La loi de Murphy

    Le jour où j'ai trouvé Moïse, comment j'aurais pu deviner ? Ce qui arriverait, je veux dire.
    Je marchais dans la rue. Je revenais de mon travail en remontant le boulevard Edison.
    Déjà, il faut vous dire que je n'aurais pas dû passer par là. Parce que, normalement, le boulevard, ça rallonge. Seulement je devais rapporter un dvd chez le loueur.
    C'est une digression, peut-être. Il n'empêche, on ne sait jamais ce qui va être important ou pas, lorsqu'on veut raconter une histoire. J'ai du mal à être imprécise. Surtout pour les histoires vraies. Je préfère donc ajouter : il pleuvait.
    Pleuvoir, ça ne vous donnera peut-être pas une idée du temps qu'il faisait ce soir-là.
    Pleuvoir, c'est vague. C'est humide, mais vague.
    Des trombes d'eau, il y avait.
    Et évidemment, ça tombait le jour où j'avais un DVD à rendre.
    Le jour où j'étais allée chez la coiffeuse entre midi et deux. Où j'avais mes sandales en cuir et mon pantalon blanc."

    Ce que j'en pense :

    L'auteure sait nous entraîner à chaque nouvelle dans un monde différent. Elle fait exister admirablement ses personnages souvent malmenés par la vie. C'est gris, un peu triste, parfois grinçant mais il y a aussi quelques éclats de bonheur simple.

    Il ne fait jamais noir en ville.

    Il ne fait jamais noir en ville.Il ne fait jamais noir en ville.

     

     

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  • "La vengeance de la pelouse" de Richard Brautigan - Christian Bourgois

    Présentation de l'éditeur :

    " J'ai examiné des petits bouts de mon enfance. Ce sont des morceaux d'une vie lointaine qui n'ont ni forme ni sens. Des choses qui se sont produites comme des poussières. " Quand ce recueil a paru aux États-Unis, Brautigan avait à peine plus de trente-cinq ans, parvenu " à mi-chemin ", au lieu et temps des bilans, peut-être, et des nostalgies. Aucun autre livre de Brautigan n'est aussi chargé du lyrisme des souvenirs d'enfance, ni aussi marqué de cette sereine fraîcheur, exempte de toute complaisance, dont il est toujours tant loué. Ces soixante-deux courts textes, qu'on hésite à appeler nouvelles, sont autant de petites victoires sur les ruses du sort et du temps, et sur soi-même, une succession d'instants privilégiés où l'étrange impassibilité du conteur réalise l'alliance tranquille du malheur et de la blague, jusqu'à ce que telle révélation finale, en forme d'envoi, dissipe l'apparente légèreté du rien, une manière de réconciliation, enfin, avec ses propres amertumes, avec une société américaine en échec, avec l'absurde et le dérisoire de l'univers. M.-C. A., 1984

    Extrait (une nouvelle!): 

    L'effet Scarlatti

    - Ce n’est pas facile de vivre dans un studio à San José avec un homme qui apprend à jouer du violon.

    C’est ce qu’elle a dit aux policiers, en leur tendant le revolver vide.

    Ce que j'en pense :

    Mélange de nouvelles (très courtes) et de souvenirs dans un style rempli d'humour et de poésie. C'est du quotidien, du banal mais avec  ce décalage qui fait la force des livres de Brautigan. Évidemment, tous les textes ne se valent pas mais la plupart sont de véritables pépites.

    La vengeance de la pelouse

    La vengeance de la pelouseLa vengeance de la pelouseLa vengeance de la pelouse

     

     

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  • Privée

    "Privée" de Véronique Olmi - Babel

    Présentation de l'éditeur :

    "Le métro, lui, s'en fout. Il charrie. Des gens. Assis. Debout. Toujours les mêmes.
    Il charrie en bas, en creux, plus profond que la mer ; charrie le mensonge de destinations aux noms de châteaux et de plaines, charrie des détresses souterraines et des suicides différés. Et ses portes s'ouvrent et se ferment devant la misère qui piétine dans ses souliers fendus - s'ouvrent et se ferment au signal sonore, râle malade qui s'échappe de sa bouche comme un dernier baiser..."
    C'est avec une concision remarquable que Véronique Olmi aborde à travers ce recueil de nouvelles le douloureux de la vie quotidienne, mais sa générosité et sa sensibilité sont assez fortes pour donner à ses personnages une luminosité incomparable.

    Première page :

    "La salle de classe était sans couleur et sans lumière, ses murs étaient hauts, ses fenêtres petites et rarement ouvertes, sa seule fantaisie était des signes idiots gravés dans le bois : une désobéissance furtive sur les pupitres.

    Les enfants de la classe étaient vieux, il n'y avait rien de neuf à attendre d'eux, on les avait posés là pour les décrasser car ils ignoraient l'orthographe, abîmaient les poètes, cassaient les craies et chantaient faux, bref, ils étaient boudinés d'ignorance et de mauvaises manières. De temps à autre on leur collait leurs propres chewing-gums dans les cheveux, on frappait sur leurs doigts tendus, on les laissait debout pendant des heures mais cela n'y faisait rien, ils demeuraient stupides et arriérés. Un matin, pour rehausser leur conscience et leur âme, l'institutrice scotcha sur le mur une reproduction de La Joconde qu'elle avait trouvée dans un journal de télévision et qui correspondait à un jeu fléché. "Vous pouvez approcher", dit-elle aux abrutis qui attendaient les bras croisés comme si la culture allait leur tomber toute crue dans le bec."

    Ce que j'en pense :

    Ces nouvelles, à partir de petits faits très ordinaires, sont ironiques et souvent grinçantes. Le style est tranchant, comme c'est le cas dans la plupart des livres de l'auteure. Toutes les nouvelles n'ont pas la même force et lorsqu'on referme le livre on se sent un peu frustré, on attendait plus de puissance.

    Privée

    Privée

     

     

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  • Les dits de Nantes

    "Les dits de Nantes" de Françoise Moreau - L'oeil ébloui

    Présentation de l'éditeur :

    Les Dits de Nantes, ce sont cinq nouvelles : Le pont Maudit, La Madeleine de l’Hôtel-Dieu, Le car Drouin, La traversée de Nantes, Le serment du quai de la Fosse,  précédées d’une longue dédicace au proviseur adjoint du lycée Jacques Demy.

    Cent cinquante ans d’histoire parcourus et tout un pan de la mythologie de Nantes ainsi raconté par Françoise Moreau.

    Extrait :

    "Bientôt, la chose n’est plus contestable, Marie-Reine a disparu. On voit tellement de choses dans les journaux, soupire la marchande de journaux sans préciser lesquelles, on n’a qu’à acheter les journaux. Ça ne serait pas la première, a ajouté quelqu’un. Toute une série de disparitions mystérieuses, paraît il, dont on parle avec des airs circonstanciés et à demi-mot, mais quand même. La traite des blanches, dans les villes… Vous savez ? Quand vous allez chez Decré ou aux Dames de France, méfiez-vous des cabines d’essayage ! Des femmes y sont entrées qu’on n’a jamais vues ressortir. C’est dans les journaux. Des trappes dans le plancher, à ce qu’il paraît, et hop, direct dans les caves et là… Les hommes haussent les épaules."

    Ce que j'en pense :

    Les histoires se passent au pays nantais mais point n'est besoin de connaître Nantes pour apprécier ces nouvelles. C'est très juste, finement écrit, légèrement ironique… un livre à déguster.

    Les dits de NantesLes dits de NantesLes dits de NantesLes dits de Nantes

     

     

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  • Les encombrants

    "Les encombrants" de Marie-Sabine Roger - Babel

    Présentation de l'éditeur :

    Il y a cette mamie qui se réjouit de la venue de ses enfants et petits-enfants et leur prépare un bon repas. Cette brave dame qui travaille à la maison de retraite et donne de temps en temps des claques aux plus récalcitrants, aux plus capricieux. Ce vieux monsieur qui se perd parfois en se promenant, et qu’on retrouve plongé dans la contemplation d’un rosier. Cette centenaire dont l’anniversaire est célébré en grande pompe entre un député et une équipe télé avide… 

    Ils vivent seuls ou en maison de retraite; ils discutent avec leur animal de compagnie ou au téléphone- la plupart n’ont plus grand monde à qui parler. Ils ont en commun leur grand âge, une santé chancelante, et un terrible sentiment d’inutilité. Marie-Sabine Roger les évoque avec tendresse, sans épargner les acrimonieux mais surtout ceux qui sont autour: les égoïstes, les profiteurs et les indifférents. Pleine d’humanité et de fraîcheur, de férocité aussi, ces nouvelles rappellent que les vieilles personnes sont avant tout des personnes, tout simplement. 

    Première page :

    "Elle n'a jamais compris comment faire un bouquet. Elle fait des vracs de fleurs. Des fagots dans des vases. Elle a beau reculer ensuite, revenir, corriger, c'est moche, c'est bancal.
    Voilà encore une incapacité. Elle en a d'autres. C'est pour ça que je l'aime.
    Je ne me moque pas : je la connais, c'est tout. Depuis le temps, je la connais.
    Elle s'énerve sur ces feuillages, ça lui pique les doigts. Elle piaille.
    -Allons bon, il est bien petit, ce pot ! Pourquoi est-ce que j'ai pris un pot comme ça, moi ? Si je les mettais dans celui-là, plutôt ? Et voilà, ce coup-ci, c'est trop grand !
    Elle s'applique à créer un décor, quelque chose de bien. Oh oui, elle s'applique ! Elle est fébrile depuis deux jours. Depuis qu'ils ont téléphoné.
    Comme elle met toujours le haut-parleur, parce qu'elle est un peu sourde, j'en ai bien profité.
    «On rentre de vacances, on passera mardi. C'est sur notre chemin... Oui, c'est ce que je te dis : on vient... Avec les petits, oui... Les deux, oui. À cinq heures... Mais non, voyons : du soir.»"

    Ce que j'en pense :

    Beaucoup d'humour mêlée de tendresse, aucune méchanceté, pas de cynisme dans ce livre très bien écrit. L'auteure a su éviter les pièges d'un tel sujet. On rit beaucoup (un peu jaune) en pensant que ce sera bientôt à notre tour d'être "encombrants".

    Les encombrants

    Les encombrantsLes encombrantsLes encombrants

     

     

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