• "Dans l'ombre" de Arnaldur Indridason - Métailié

    Présentation de l'éditeur :

    Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d’une balle de Colt et le front marqué d’un “SS” en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941. 
    Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l’Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu’il est bilingue. 
    L’afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d’agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s’émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n’ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l’île. Par ailleurs on attend en secret la visite d’un grand homme.
    Les multiples rebondissements de l’enquête dressent un tableau passionnant de l’Islande de la “Situation”, cette occupation de jeunes soldats qui sèment le trouble parmi la population féminine. Ils révèlent aussi des enquêteurs tenaces, méprisés par les autorités militaires mais déterminés à ne pas se laisser imposer des coupables attendus.
    Dans ce roman prenant et addictif, le lecteur est aussi fasciné par le monde qu’incarnent les personnages que par l’intrigue, imprévisible.

    Première page :

    "Le Sudin contourna soigneusement les frégates et les torpilleurs avant d’accoster au port de Reykjavik. Quelques instants plus tard, les passagers descendirent du ferry. Titubants, certains étaient très soulagés de retrouver la terre ferme. Pendant qu’ils traversaient le golfe de Faxafloi, le vent avait subitement forci et avait tourné au sud-ouest, il s’était mis à pleuvoir et, après une navigation plutôt calme, le bateau avait beaucoup tangué. La plupart des passagers étaient restés à l’abri dans les cabines exiguës à l’air saturé d’humidité du fait de leurs vêtements mouillés. Quelques-uns, parmi lesquels Eyvindur, avaient souffert du mal de mer sur la dernière partie du trajet.

    Monté à bord à Isafjördur en traînant ses deux valises éculées, il avait dormi presque tout le voyage, éreinté après sa tournée. Les bagages contenaient du cirage Meltonian et du vernis Poliflor, ainsi que des échantillons de faïence qu’il avait essayé de vendre dans les villages, les fermes et hameaux des fjords de l’Ouest: assiettes, tasses et couverts fabriqués en Hollande, que le grossiste avait importés en Islande juste avant que la guerre n’éclate.

    Eyvindur avait plutôt bien écoulé le cirage et le vernis, s’efforçant également de vanter les qualités de la faïence, mais en cette époque incertaine ce type d’achats n’était pas une priorité. De plus, cette fois-ci, il n’avait pas eu le cœur à l’ouvrage. Ne se sentant pas très bien, il avait négligé de s’arrêter à plusieurs endroits qui faisaient pourtant partie de sa tournée habituelle. D’une certaine manière, il avait perdu toute force de conviction, ce pouvoir presque divin dont le grossiste affirmait qu’il était nécessaire à tous les bons vendeurs. Eyvindur avait engrangé très peu de commandes sur son carnet, et il avait mauvaise conscience. Il se disait qu’il aurait pu se démener davantage,…"

    Ce que j'en pense :

    Livre de Indridason très décevant, même s'il y a une volonté de décrire l'Islande pendant la guerre 39/45. On ne retrouve pas le charme de ses autres romans. Pas envie de lire les autres tomes de cette trilogie. Le récit est conduit de manière "poussive". L'écriture (et/ou la traduction) laisse à désirer. Pour moi c'est un livre à éviter.

     

     

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  • "Meurtres en bleu marine" de C. J. Box - Seuil

    Présentation de l'éditeur :

    S’ils n’étaient pas allés à la pêche en ce début de printemps, Annie Taylor, douze ans, et son frère cadet, William, n’auraient pas dû fuir à toutes jambes après avoir vu trois hommes en exécuter un quatrième. Et leur mère, Monica, ne mourrait pas d’inquiétude en ne les voyant pas revenir. Plus grave encore, les assassins, d’anciens flics de Los Angeles à la retraite, ne pourraient pas persuader le shérif de ce coin perdu de l’Idaho de… les laisser mener l’enquête !

    Heureusement, Jess Rawlins, un rancher au bord de la faillite, recueille les deux enfants et, après pas mal d’hésitations, décide de croire ce qu’ils lui disent avoir vu et de les protéger au péril de sa vie.

    Rêves brisés par le manque d’argent, mais aussi courage et droiture d’individus qui savent dominer leur peur quand il faut défendre des innocents, Meurtres en bleu marine nous fait découvrir un monde en proie à un conflit entre des flics pourris et un cowboy intègre.

    Première page :

    "Si Annie Taylor, douze ans, n'avait pas emmené son petit frère William à la pêche ce vendredi après-midi d'un mois d'avril humide du nord de l'Idaho, elle n'aurait jamais assisté à l'exécution, ni croisé le regard des assassins. Mais elle était en colère contre sa mère.

    Avant d'être témoins du meurtre, les deux enfants, vêtus de grands sacs-poubelle qui devaient les garder au sec, s'étaient frayé un chemin entre les saules encore chargés de pluie qui longeaient Sand Creek. À la suite d'une averse matinale, l'eau s'était accumulée au creux des feuilles d'aulnes et les toiles d'araignée perlées de gouttelettes ployaient entre les branches. Lorsque le soleil avait disparu derrière les gros nuages noirs qui encombraient le ciel, le jour s'était soudain obscurci, effaçant le contour net des ombres et plongeant la forêt dans une pénombre désolante. Noire et spongieuse sous les arbres, la terre était glissante le long du sentier. Les semelles des chaussures des enfants faisaient des bruits de succion tandis qu'ils remontaient péniblement les berges de la rivière.

    Après avoir quitté leur maison située à l'extérieur de la ville, Annie et William avaient été pris en stop par Fiona, la préposée au courrier. Elle les avait déposés quelques kilomètres plus loin et ils avaient marché deux bonnes heures, cherchant en vain un endroit où la rivière serait plus calme.

    - Ce n'était peut-être pas une si bonne idée, avait dit le garçon de dix ans en haussant la voix par-dessus le grondement furieux du cours d'eau gonflé par la pluie.

    Annie s'était immobilisée, tournée vers son frère et l'avait toisé du regard. Une longue canne à pêche dépassait du plastique qui recouvrait ses vêtements."

    Ce que j'en pense :

    Polar de construction et d'écriture plutôt classiques. L'auteur sait raconter des histoires, ce qui permet au lecteur de lire ce livre jusqu'au bout sans s'ennuyer.

    Meurtres en bleu marine

     

     

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  • La dent du serpent

    "La dent du serpent" de Craig Johnson - Gallmeister

    Présentation de l'éditeur :

    Toute cette affaire n’avait au départ l’air de rien : un gamin fugueur qui se réfugie dans un cabanon et se nourrit en se servant dans les placards d’une vieille dame. Mais quand le shérif Walt Longmire essaie de ramener Cord chez lui, il se retrouve face à une propriété gardée par des miradors qui abrite une communauté polygame. Et tout ce petit monde, orchestré par un patriarche habile et un homme de main au passé trouble, affirme ne rien savoir de l’adolescent. Le shérif s’engage alors avec son équipe dans une enquête très glissante dont ils ne ressortiront pas indemnes. Le Dent du serpent place le shérif du comté le moins peuplé de l’État de moins peuplé des États-Unis face au pire des adversaires qu’il ait jamais eu à affronter.

    Première page :

    "Je gardai les yeux rivés sur le bouquet orange et noir qui ornait le revers de Barbara Thomas pour ne pas avoir à regarder autre chose.

    Je n'aime pas les enterrements, et cela fait un moment que j'ai cessé d'y assister Je considère la cérémonie comme une forme de déni, et quand ma femme est décédée et que ma fille, Cady. m'a dit que, à sa connaissance, aller à l'enterrement de quelqu'un ne l'avait jamais fait revenir, j'ai tout simplement renoncé.

    Mme Thomas avait été élue reine du bal de fin de promo au lycée de Durant l'année où Truman avait fait en sorte de porter le chapeau, d'où la présence de l'ornement un tantinet voyant épingle sur son tailleur beige, à la fois strict et propret. La semaine suivante se jouerait le match tant attendu des Durant Dogies contre leurs ennemis jurés, les Worland Warriors ; une frénésie d'orange et noir s'était emparée de toute la ville. Assister à l'enterrement de quelqu'un qu'on connaît est moins insupportable qu'être présent à celui de quelqu'un qu'on ne connaît pas. On est planté, là, on écoute des discours sur un parfait inconnu, et chaque fois, j'ai l'impression d'avoir laissé passer ma chance.

    Je l'avais certainement laissée passer avec Dulcie Meriwether, qui avait été une des citoyennes modèles de Durant - après tout, je suis le shérif du comté d'Absaroka, alors les citoyens modèles vivent et trépassent souvent sans que je m'en aperçoive. C'était un bel après-midi d'octobre, j'étais adossé à la grille qui entourait la Première Église méthodiste, et j'étais là pour parler d'anges plutôt que pour faire l'éloge de Dulcie Meriwether - ou l'enterrer.

    Je tendis la main et redressai le bouquet de Barbara Thomas."

    Ce que j'en pense :

    Bien sûr, chez Gallmeister, tout est bon (presque, parce que cela fait deux livres à la suite de cette maison d'édition qui me déçoivent). Bien sûr Craig Johnson est un excellent auteur, qui sait faire vivre ses personnages, avec un style plein d'humour…. Mais cette "dent du serpent" n'est pas très acérée. Les 200 dernières pages sauvent un peu le livre car, auparavant cela traîne en longueur (on peut même s'y ennuyer !)

    La dent du serpent

     

     

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  • Le verger de marbre

     "Le verger de marbre" de Alex Taylor - Gallmeister

    Présentation de l'éditeur :

    En plein Kentucky rural, la Gasping River déploie son cours au milieu des falaises de calcaire et des collines couvertes de champs de maïs et de soja. Un soir où il remplace son père, qui conduit le ferry parcourant la rivière dans les deux sens, le jeune Beam Sheetmire tue un passager qui tente de le dévaliser. Mais sa victime est le fils de Loat Duncan, puissant homme d’affaires local et assassin sans pitié. Toujours accompagné de ses chiens menaçants, Loat est lui-même porteur d’un lourd secret concernant le passé de Beam. Aidé par son père, le jeune homme prend la fuite, tandis que Loat et Elvis, le shérif, se lancent à ses trousses.

    Le Verger de marbre est un thriller littéraire à la prose incandescente dans la veine des grands textes sudistes de Cormac McCarthy ou Daniel Woodrell. Ce premier roman hypnotique est une inoubliable descente au cœur des ténèbres.

    Première page :

    "Beam y croyait à présent.

    Debout dans l'ombre brûlante du sycomore qui se répandait sur l'herbe épaisse battue par le vent, il observait les tables de pique-nique alignées avec leurs nappes blanches chargées de plats et de cocottes - œufs mimosa, viandes en sauce, corbeilles de petits pains et tranches de pain de maïs, bols de soupe de haricots, poisson grillé et dinde grillée et filets de cerf grillé, l'enfilade de tables remontant la pente légère pour disparaître dans le vieux grenier à tabac, sans toit et désaffecté depuis des dizaines d'années, avant de ressortir par la porte de derrière, le buffet tout entier envahi par une nuée de moucherons et de mouches noires, poussière frénétique dans la brume pâle du ciel - et il croyait à présent les rumeurs qu'il avait entendues pendant des années sans leur apporter crédit: qu'il n'était pas un Sheetmire parce qu'un autre sang fiévreux rugissait dans ses veines.

    Il était avec sa mère et son père. Personne ne leur avait parlé depuis leur arrivée dans le pick-up familial, un GMC rouillé beige et vert olive que son père nommait Old Dog. Ils attendaient à côté du véhicule, Clem caressant la benne cabossée en broyant du noir, Derna adossée à la porte passager, bras croisés sur la poitrine. Beam gardait le silence, une basket calée sur un pneu lisse à l'avant du pick-up, observant la file de cousins descendre la rangée de tables pour remplir leur assiette, une série de Sheetmire copies conformes les uns des autres: tête épaisse, cou rentré, grandes joues plates, lèvres charnues et menton imberbe suggérant une pointe de sang cherokee ou peut-être chickasaw."

    Ce que j'en pense :

    Encore un livre de chez Gallmeister qui se passe dans les tréfonds d'une campagne américaine assez cauchemardesque. L'auteur y a reconstitué une sorte de tragédie grecque avec des personnages très noirs, très violents et quelques innocents. Bien sûr on suit l'intrigue jusqu'au bout même si la fin nous laisse un peu dubitatif. Mais ce livre n'a vraiment rien à voir avec du Ron Rash par exemple, ou du Cormac McCarthy; et c'est le style qui fait l'énorme différence. Ici il y a beaucoup trop d'adjectifs, comme si l'auteur voulait en rajouter dans le "rural noir", parce que c'est vendeur.

    Le verger de marbre

     

     

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  • Cabossé

    "Cabossé" de Benoit Philippon - série noire Gallimard

    Présentation de l'éditeur :

    Quand Roy est né, il s'appelait Raymond. C'était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s'est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d'homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu'au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de «tomate écrasée»... Et jusqu'au soir où il croise Xavier, l'ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s'en relèvera pas... 
    Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but. Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d'obstacles sanglants et de rencontres lumineuses.

    Première page :

    "Roy s'assoit dans son bon vieux fauteuil Chesterfield. Le cuir déchiqueté émet un petit gémissement pas déplaisant qui ferait presque office de présence. Ça pourrait être un animal de compa­gnie. Si c'était un chien, il l'appellerait Evinrude. Roy a toujours bien aimé ce nom : Evinrude. Mais c'est pas un chien, c'est un fau­teuil. Un Chesterfield, hein, mais un fauteuil. II va quand même pas commencer à donner un nom à un fauteuil. On s'inquiéterait pour sa santé mentale. En même temps, qui s'en soucie, de sa santé men­tale? Il a peu de plaisirs dans la vie, alors pourquoi il se priverait? «Hein, Evinrude? On va pas se laisser emmerder», il pense en se lovant avec le soupir d'un type qui vous emmerde, vous, les bien-pensants, qui le jugez pour sa pauvreté intellectuelle. Et, Evinrude, il est peut-être moche et pas présentable, tout comme Roy, mais il est confortable, et c'est tout ce qu'on demande à un fauteuil.

    — Aïe, c'est quoi cette merde? lâche Roy dans une grimace.

    Avec toute l'affection que Roy lui donne, ce reste de cuir avarié lui crache un vieux clou rouillé au cul. Quelle ingratitude!

    Roy pose le clou sur son guéridon patiné et y remarque son smart-phone. Piqûre de rappel. Au sens propre. S'il s'est assis sur Evinrude, c'est pour se plonger dans la cyber-solitude des sites de rencontre."

    Ce que j'en pense :

    Très beau coup de cœur pour ce roman noir rempli de tendresse et d'amour. On y croise de magnifiques personnages : les deux principaux bien cabossés par la vie, la grand-mère, la fillette, le manager de boxe… C'est beau et rempli d'émotions comme dans des dialogues d'Audiard, comme dans un film de Tarentino … avec, en plus, une belle et une bête, du Roméo et Juliette, un Minotaure … A lire de toute urgence.

    Cabossé

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  • Trois jours et une vie

    "Trois jours et une vie" de Pierre Lemaitre - Le Livre de poche

    Présentation de l'éditeur :

    « À la fin de décembre 1999, une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
    Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien.»
    Pierre Lemaitre, Prix Goncourt 2013 avec Au revoir là-haut, revient ici à une forme brève de roman psychologique noir, où l’on retrouve son art unique d’émouvoir et de torturer son lecteur.

    Première page :

    "À la fin de décembre 1999 une surprenante série d'événements tragiques s'abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.

    Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien. Ulysse. Ne cherchez pas la raison pour laquelle son propriétaire, M. Desmedt, avait donné à ce bâtard blanc et fauve, maigre comme un clou et haut sur pattes, le nom d'un héros grec, ce sera un mystère de plus dans cette histoire.

    Les Desmedt étaient les voisins et Antoine, qui avait alors douze ans, était d'autant plus attaché à ce chien…"

    Ce que j'en pense :

    On connaît l'assassin dès le début du roman et c'est justement ce qui fait la force de ce livre. On est dans la tête du personnage et on suit avec beaucoup de crainte et d'espoir les péripéties de ce suspense psychologique. Un bon livre de Pierre Lemaitre.

    Trois jours et une vie

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  • Révolution

    "Révolution" de Sébastien Gendron - Albin Michel

    Présentation de l'éditeur :

    Debout au milieu d'un pont autoroutier, jambes légèrement écartées, corps dressé, bras droit le long de la hanche, bras gauche replié soutenu par une orthèse, Pandora Guaperal a un Glock 23 posé sur la tempe, chien relevé, balle wadcutter dans la chambre, index sur la queue de détente réglée à un kilo de pression, cran de sûreté en position on. Face à elle, à la sortie du tunnel, un véhicule approche. Derrière lui, des milliers d'autres dont le seul horizon est la route des vacances. Pandora est prête : la révolution n'attend pas. Et elle vaut bien une balle dans la tête. 

    Première page :

    "La moyenne d'âge du public qui fréquente le Torpédo tourne autour des soixante-dix ans, et ça cartonne. Pour­quoi '.' Parce que le Torpédo a un coup d'avance sur les autres discothèques du coin. Comment? Simple : les membres du personnel sont tous des sosies d'acteurs et d'actrices mondialement connus. Et sur la sélection des sosies, M. Katzemberg, le directeur de l'établissement, est intransigeant. D'un : lui-même est passé à ça de deve­nir la réplique française officielle de George Clooney - mais les jurés ont tiqué sur le balayage argenté bien trop artificiel de sa chevelure. De deux : les crétins qui se sont fait tailler au bistouri une fossette à la John Travolta, il les repère immédiatement. De trois : il connaît très bien ce monde, sa mère a été la doublure lumière de Rosy Varte pendant onze ans.

    Au Torpédo, il n'y a que du premier choix, c'est-à-dire du 100 % vrai-faux. Richard Gère et Julia Roberts servent au bar. Kylie Minogue, Beyoncé, Winona Ryder et, plus étonnamment, Bette Midler sillonnent la salle pour prendre les commandes…"

    Ce que j'en pense :

    Ce livre ressemble à une farce bien noire, remplie de péripéties, quelques unes assez loufoques. Les deux personnages principaux sont bien cernés, avec leur quotidien amer, leur folie, leur force et leur fragilité. On aurait aimé qu'un CD soit joint à ce livre pour profiter de tous les morceaux de musique annoncés lors de cet embouteillage. Une fois le livre refermé on se dit avec dépit que la révolution n'est pas pour demain !

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  • En douce

    "En douce" de Marin Ledun - Ombres noires

    Présentation de l'éditeur :

    Sud de la France. Un homme est enfermé dans un hangar isolé. Après l'avoir séduit, sa geôlière, Émilie, lui tire une balle à bout portant. Il peut hurler, elle vit dans son chenil, au milieu de nulle part. Elle lui apprend que cinq ans plus tôt, alors jeune infirmière, elle a été victime d'un chauffard. L'accident lui a coûté une jambe. Le destin s'acharne. La colère d'Émilie devient aussi puissante que sa soif de vengeance. En douce est un roman dévastateur, où l'injustice se heurte à la force de vie d'une héroïne lumineuse.

    Première page :

    "Le 14 juillet 2015, à vingt-trois heures, les terrasses des bars-restaurants et les lampadaires de Begaarts-plage s'éteignirent. Les étoiles apparurent comme par enchantement.

    Simon Diez portait un jean et une chemise blanche. Trente-sept ans, cheveux coupés court, mains calleuses et muscles saillants. Sa carrure était impressionnante.

    Il avait repéré la femme dès son arrivée sur la place d'où serait tiré le feu d'artifice. Il l'avait aussitôt reconnue. Elle jouait au Solitaire et au Bingo tous les vendredis marin, à l'heure où il buvait une pression au comptoir du bar-tabac de la rue du Général-Leclerc avant de prendre son service à la société de travaux forestiers pour laquelle il travaillait depuis plus de quatre ans. Un sourire incrédule se dessinait sur ses lèvres lorsqu'elle perdait. Elle boitait et son parfum était légèrement vanillé.

    C'était tout ce qu'il avait besoin de savoir. Bang I Bang ! Bang !

    Simon capta son regard de braise à l'instant précis où les premières fusées grimpèrent en sifflant dans les airs avant d'exploser au-dessus de l'océan Atlantique. Vingt-cinq mille visages ébahis s'Illuminèrent simultanément d'or et d'argent."

    Ce que j'en pense :

    C'est un livre agréable à lire mais c'est tout. Je m'attendais à plus de la part de cet auteur dont j'ai apprécié les précédents livres. On a du mal à comprendre les motivations et la psychologie de l'héroïne. On espère mieux les saisir au fil des pages et au final on est déçu. J'attends le prochain livre de Ledun pour effacer celui-ci.

    En douce

     

     

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  • Fractures

    "Fractures" de Franck Thilliez - Le Passage

    Présentation de l'éditeur :

    Face à la tombe de sa soeur jumelle Dorothée, décédée dix ans auparavant, Alice Dehaene s'interroge : à quoi rime cette photo de Dorothée, prise il y a à peine six mois, qu'elle a récupérée des mains d'un immigré clandestin ? Alice sait que quelque chose ne tourne pas rond dans sa tête. Son psychiatre à l'hôpital de Lille, Luc Graham, doit lui révéler le résultat d'un an de psychothérapie, lui apporter cette lumière qu'elle recherche depuis si longtemps. Mais les événements étranges qui se multiplient autour de la jeune femme vont l'en empêcher : son père, agressé chez lui à l'arme blanche, et qui prétend avoir tenté de se suicider ; ce chemisier ensanglanté qu'elle découvre dans sa douche, à propos duquel elle n'a pas le moindre souvenir ; et cet homme retrouvé nu à un abri de bus et qui semble avoir vu le diable en personne. Grâce à l'intervention de Julie Roqueval, assistante sociale en psychiatrie, Luc Graham, d'abord dubitatif, se décide enfin à mener l'enquête. Un aller simple vers la folie...

    Première page :

    "Septembre 1982. Chaula, Liban.
    La misère n'empêche jamais à la vie d'abonder. Hier, les enfants palestiniens couraient partout. Certains garçons s'asseyaient sur les ordures, face à l'ambassade du Koweït, et rêvaient de héros en brandissant des imitations de kalache ou de M16.
    Aujourd'hui, le danger est dehors.
    Claude Dehaene rentre en catastrophe au rez-de-chaussée d'un immeuble de six étages. Il est hors d'haleine, ses objectifs Leica et Canon se percutent dans son sac.
    A l'extérieur, les écoles de Sabra et Chatila sont vides, le ciel se grise des chasseurs-bombardiers qui survolent Beyrouth Ouest à basse altitude. Dans cette ambiance de clameurs et de révolte, les immeubles s'effondrent.
    Enfin à l'abri dans un logement insalubre, Claude caresse affectueusement la chevelure dense de Najat. À côté de ses frères aînés, la petite Palestinienne ne sourit plus. Sa mère, Malaka Abbas, masse les pieds arthritiques de son vieux père, assis dans un siège de voiture arraché. Trop souvent, les victimes palestiniennes sont anonymes. Ici, elles ont un visage.
    Cette mère travailleuse sait un peu parler français, on l'enseigne dans les écoles de l'UNRWA.
    - Ils cherchent les fedayin. Les Kataëb et les Israéliens barrent les routes avec des chars. Ils vont descendre ici. Tu dois te cacher. Vite !"

    Ce que j'en pense :

    C'est assez bien construit. L'auteur s'est bien documenté dans le domaine de la psychiatrie. On lit le roman jusqu'au bout mais, après le tiers du livre on est beaucoup moins captivé. Sans doute parce que les personnages manquent d'épaisseur. Et puis on n'est pas "embarqué" par cette histoire de personnalités multiples, tout cela parait bien factice (même si ce genre de trouble existe réellement).

    Fractures

     

     

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  • Moonlight Mile

    "Moonlight Mile" de Dennis Lehane - Rivages thriller

    Présentation de l'éditeur :

    Patrick Kenzie et Angela Gennaro ne sont plus détectives privés. Patrick travaille pour une grosse société de surveillance qui refuse de l'embaucher définitivement car il n'est pas assez « lisse » pour son patron. Il est toujours consumé par la colère face aux injustices et c'est peut-être cela - ainsi que la culpabilité - qui le pousse à accéder à la demande de Béatrice, la tante d'Amanda McCready. Douze ans plus tôt, Angie et lui avaient enquêté sur la disparition de la petite Amanda, mais le fait d'avoir retrouvé l'enfant s'était soldé par un fiasco humain. Selon Beatrice, Amanda, aujourd'hui âgée de 16 ans, a de nouveau disparu et elle est peut-être en danger... 
    Comme Gone, Baby, Gone, Moonlight Mile est un roman totalement contemporain qui dépeint une Amérique en proie à une grave crise morale et sociale. L'auteur de Mystic River et de Shutter Island n'a rien perdu de son art de la métaphore, des dialogues incisifs et des scènes choc. L'art de faire palpiter la vie à chaque page. 

    Première page :

    "L'air était inhabituellement doux en ce bel après-midi de début décembre quand Brandon Trescott est sorti du spa du Chatham Bars Inn, à Cape Cod, pour monter dans un taxi. Une fâcheuse succession d'arrestations pour conduite en état d'ivresse lui ayant coûté le droit de prendre le volant dans l'État du Massachusetts pendant encore trente-trois mois, il se déplaçait toujours en taxi. A vingt-cinq ans, pourvu d'une solide rente depuis sa naissance, ce rejeton d'une magistrate de la Cour suprême et d'un magnat des médias locaux ne se contentait pas d'être un banal petit con de gosse de riches ; il battait tous les records dans sa catégorie. Lorsque les autorités lui avaient finalement retiré son permis, il en était à sa quatrième infraction pour conduite en état d'ivresse. Les deux premières s'étaient soldées par une amende pour excès de vitesse, la troisième lui avait valu un sévère rappel à l'ordre, mais la quatrième avait donné lieu à une action en justice car elle avait occasionné des blessures sur une personne autre que le conducteur, qui s'en était tiré sans une égratignure.

    En cette journée hivernale où le thermomètre indiquait un peu moins de cinq degrés, Brandon portait un sweat-shirt à capuche…"

    Ce que j'en pense :

    Style efficace, intrigue bien menée, regard critique sur le monde, humour bien présent… c'est un livre agréable à lire. Mais on sent qu'il manque quelque chose pour qu'il soit au niveau de certains livres du même auteur, comme "Mystic river" ou "Shutter island".

    Moonlight Mile

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