• Ténèbres ténèbres

    "Ténèbres ténèbres" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Dans cette douzième et ultime aventure de Charlie Resnick, personnage emblématique qui a conquis un large public sur deux décennies, John Harvey se confronte à un événement majeur de l'histoire sociale de la Grande-Bretagne: la grève des mineurs de 1984. La découverte du cadavre d'une femme qui avait disparu pendant la grève remet l'inspecteur Charlie Resnick en scène et l'amène à se confronter à son passé de jeune flic. Trente ans plus tôt, Resnick était en première ligne en tant que policier chargé de la surveillance des grévistes. Déjà, à l'époque, son sens moral avait été mis à mal par les méthodes employées contre les mineurs. Aujourd'hui, c'est un homme âgé et il se souvient... Une histoire poignante qui s'achèvera sur des notes de Thelonious Monk.

    Première page :

    "Il neigeait depuis un moment déjà lorsque la première voiture s'ébranla. Les flocons tombaient en longs traits obliques, d'abord à peine visibles, puis de plus en plus épais. La neige s'amoncelait dans les coins et contre les murs, s'insinuait entre les briques, les tuiles et les pièces d'automobile qui rouillaient à l'arrière des maisons et dans les jardins indigents. Elle recouvrait tout. Le ciel d'un gris de plomb, bas, implacable.

    Quand le cortège s'éloigna de la petite rangée de pavillons mitoyens, on n'y voyait pas grand-chose, les flocons adhérant aux vitres, la lueur pâle des phares absorbée par la blancheur environnante, les bruits assourdis.

    Resnick se trouvait à l'arrière de la troisième voiture, à côté d'un homme solennel en costume râpé, sans doute un ancien collègue de Peter Waites à la mine. La femme âgée au visage pincé assise à l'avant devait être une parente, une tante peut-être, ou une cousine. Pas sa sœur, en tout cas, car celle-ci était dans la première auto, juste derrière le corbillard, en compagnie de Jack, le fils de Peter. Jack venu exprès d'Australie avec ses deux grands fils, mais sans son épouse, qui n'avait pas accroché avec son beau-père l'unique fois où ils s'étaient rencontrés…"

    Ce que j'en pense :

    Voilà encore un livre rempli de compassion et d’empathie pour ces mineurs qui ont bravé la « dame de fer » (et qui ont perdu). Les personnages principaux sont toujours aussi bien campés. On a perdu quelques chats, c’est dommage ! On se rend compte également que le traducteur a changé, il a apporté un nouveau style, avec beaucoup de phrases nominales (éternelle question de la traduction !!)

    Ténèbres ténèbres

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  • Dernière nuit à Montréal

    "Dernière nuit à Montréal" de Emily St John Mandel - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    C'est l'histoire de Lilia, enlevée à sept ans par son père, et de la longue cavale qui dura toute son adolescence. C'est l'histoire de Christopher, le détective engagé par la mère de Lilia pour la retrouver et de sa fille Michaela, qui rêvait d'être funambule avant de finir dans une boîte minable de Montréal. Michaela sait ce que Lilia a toujours ignoré : la raison de sa cavale. C'est enfin l'histoire d'Eli, étudiant passionné par les langues et la fragilité des sentiments qu'elles servent à exprimer, qui a hébergé Lilia à New York suffisamment longtemps pour tomber amoureux d'elle et partir à sa recherche lorsque, une fois de plus, elle s'enfuit. C'est dans une Montréal hypnotique que se dénouera cette "histoire de fenêtres brisées et de neige", une histoire en forme d'éclats de miroir brisé qui, une fois reconstitué, dessine une vision déchirante du monde.

    Première page :

    "Personne ne reste pour toujours. Le matin de sa disparition, Lilia se réveilla de bonne heure et demeura un moment immobile dans son lit. C'était le dernier jour d'octobre. Elle dormait nue.

    Eli était déjà levé et travaillait sur sa thèse. Pendant qu'il tapait ses notes de la veille, il entendit les bruits qu'elle faisait, le froufrou de la couette, le frôlement de ses pieds nus sur le plancher, puis elle l'embrassa tout doucement sur le sommet du crâne en allant à la salle de bains — il émit un ronronnement satisfait mais ne leva pas la tête — et la douche se mit en marche de l'autre côté de la porte presque fermée. Des bouffées de vapeur et un parfum de shampoing à l'abricot s'échappèrent par l'entrebâillement. Elle resta quarante-cinq minutes sous la douche, mais cela n'avait rien d'inhabituel ; la journée était encore tout à fait ordinaire. Eli jeta un bref coup d'œil lorsqu'elle sortit de la salle de bains. Lilia, nue : corps pâle enveloppé dans une moelleuse serviette blanche, courts cheveux bruns mouillés, mèches collées sur le front. Elle sourit quand leurs regards se croisèrent."

    Ce que j'en pense :

    Roman classé comme polar mais qui est plutôt un roman sur la solitude (choisie ou imposée). Il se dégage de cette lecture une atmosphère à la fois inquiétante et poétique. Chacun(e) des personnages a ses zones secrètes : comment se fait-il que l’on ait envie de se perdre, de disparaître, de fuir … ou de rechercher, de retrouver… ? Notons également que la description de la ville de Montréal est « glaçante ».

    Dernière nuit à Montréal

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  • Ma ZAD

    "Ma ZAD" de Jean-Bernard Pouy - Gallimard série noire

    Présentation de l'éditeur :

    Camille Destroit, quadra, responsable des achats du rayon frais à l'hyper de Cassel, est interpellé lors de l'évacuation du site de Zavenghem, occupé par des activistes. À sa sortie de GAV, le hangar où il stockait des objets de récup destinés à ses potes zadistes n'est plus qu'un tas de ruines fumantes, son employeur le licencie, sa copine le quitte... et il se fait tabasser par des crânes rasés. Difficile d'avoir pire karma et de ne pas être tenté de se radicaliser! 
    Heureusement, la jeune Claire est là qui, avec quelques compagnons de lutte, égaye le quotidien de Camille et lui redonne petit à petit l'envie de lutter contre cette famille de potentats locaux, ennemis désignés des zadistes, les Valter.

    Première page :

    "Emballez c’est pesé.

    Le 16, victoire (passagère).

    Le 17, triomphe (aviné).

    Le 18, la paix (revenue).

    Le 19, la baston (à nouveau).

    Le 21, l’incendie (salauds !).

    La vie sans cesse recommencée.

    Le 16, le tribunal de grande instance a statué. Le projet de la plateforme multimodale de Zavenghem est, en l’état, annulé ainsi que, pour vice de forme, l’enquête d’utilité publique, plombée par trop de manques et de mensonges (euphémisme…). Yarglaaa !

    Dans la foulée, le 16 également, le tribunal administratif, sous la pression des plaintes déposées par de nombreuses associations locales mais aussi nationales, donne trois ans aux initiateurs et prestataires du projet, et notamment la société de BTP Valter & Frères,…"

    Ce que j'en pense :

    Le "héros" s'appelle Camille, comme la plupart des gens de la ZAD de Notre Dame des Landes. J'ai lu ce livre alors que pleuvaient les grenades sur les zadistes de la région nantaise. Avec Pouy, il y a toujours un côté anar, drôle, en colère , déjanté, un peu amer, mais avec une grande culture musicale, cinématographique et politique.

    Ma ZAD

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  • La daronne

    "La daronne" de Hannelore Cayre - Points policiers

    Présentation de l'éditeur :

    Patience Portefeux, 53 ans, deux filles, un chien, un fiancé flic et une vieille mère en EHPAD. Patience trime, Patience est traductrice de l'arabe pour le ministère de la Justice. Des milliers d'heures à transcrire des écoutes entre petits dealers et grands bandits. Puis Patience franchit la ligne jaune : elle détourne une montagne de cannabis issue d'un Go Fast. Sans culpabilité ni effroi. Simplement une petite entorse morale. Et encore.
    Et Patience devient la Daronne.

    Première page :

    "L’argent est le Tout 

    Mes fraudeurs de parents aimaient viscéralement l’argent. Pas comme une chose inerte qu’on planque dans un coffre ou que l’on possède inscrit sur un compte. Non. Comme un être vivant et intelligent qui peut créer et tuer, qui est doué de la faculté de se reproduire. Comme quelque chose de formidable qui forge les destins. Qui distingue le beau du laid, le loser de celui qui a réussi. L’argent est le Tout ; le condensé de tout ce qui s’achète dans un monde où tout est à vendre. Il est la réponse à toutes les questions. Il est la langue d’avant Babel qui réunit tous les hommes.

    Il faut dire qu’ils avaient tout perdu, y compris leur pays. Il ne restait plus rien de la Tunisie française de mon père, rien de la Vienne juive de ma mère. Personne avec qui parler le pataouète ou le yiddish. Pas même des morts dans un cimetière. Rien. Gommé de la carte, comme l’Atlantide. Ainsi avaient-ils uni leur solitude pour aller s’enraciner dans un espace interstitiel entre une autoroute et une forêt afin d’y bâtir la maison dans laquelle j’ai grandi, nommée pompeusement La Propriété. Un nom qui conférait à ce bout de terre sinistre le caractère inviolable et sacré du Droit…"

    Ce que j'en pense :

    Une histoire très originale, avec ce qu'il faut de décalage, d'humour et un petit côté cynique et presque désespéré. Ce livre, très bien écrit, aborde aussi des sujets assez rares dans les polars : les survivants des camps, ce que l'on transmet à ses enfants, la fin de vie dans les maisons de retraite.

    La daronne

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  • De cendre et d'os

    "De cendre et d'os" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Katherine, la fille de l'inspecteur Frank Elder, est toujours profondément traumatisée par le viol qu'elle a subi de la part d'un criminel que traquait son père. Ce dernier est toujours rongé par la culpabilité. A Londres, le sergent Maddy Birch se remet difficilement d'une arrestation violente au cours de laquelle l'un de ses jeunes collègues a été tué. Depuis ce tragique épisode, elle a l'impression d'être épiée, son cadavre sera découvert quelques semaines plus tard auprès d'une voie de chemin de fer désaffectée. Frank Elder n'a jamais oublié Maddy, ils avaient connu un bref moment de passion amoureuse, il y a seize ans. Alors Frank va accepter de collaborer à l'enquête sur la mort et retrouver le chemin des souvenirs, aux côtés de deux femmes officiers de police, Karen et Vanessa. 

    Première page :

    "Maddy Birch avait bel et bien dépassé le cap de la trentaine. Et même celui de la quarantaine. S'écartant du miroir, elle regarda d'un sale œil les rides qui commençaient à se dessiner aux coins de sa bouche, de ses yeux ; le gris qui s'insinuait dans ses cheveux par ailleurs bruns, presque châtains. A son prochain anniversaire, elle fêterait ses quarante-quatre ans. Inspectrice à la S07, la brigade de répression du crime organisé, elle avait quelques centaines de livres à la banque, et un appartement dont elle n'avait pas fini de payer les traites, situé dans cette partie de Upper Holloway que les agents immobiliers du nord de Londres se permettaient de rebaptiser Highgate Borders. Le bilan était maigre pour une femme qui avait passé la moitié de sa vie dans la police. Les rides mises à part.

    Tirant énergiquement ses cheveux en arrière, elle les noua à l'aide d'un bandeau écarlate qu'elle avait sorti de sa poche. Elle recula d'un pas, jeta un coup d'œil à ses chaussures montantes, au devant de son jean, ferma les attaches en Velcro de son gilet pare-balles, tira une dernière fois sur sa queue de cheval, et regagna la salle principale.

    Le personnel concerné était si nombreux que le briefing avait dû se tenir dans la salle de réunion…"

    Ce que j'en pense :

     Un bon polar qui continue la série des "Elder". On retrouve beaucoup d'ingrédients qui ont fait le succès de John Harvey : l'humanité, l'empathie, la solitude, une approche sociétale assez juste, une tendresse un peu maladroite, les relations familiales complexes... et la Cornouailles, même si elle est moins présente dans ce livre.

    De cendre et d'os

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  • De chair et de sang

    "De chair et de sang" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    APRES TRENTE ANS DE BONS ET LOYAUX SERVICES DANS LA POLICE DE NOTTINGHAM, L'INSPECTEUR PRINCIPAL FRANK ELDER A DONNÉ SA DÉMISSION. IL S'EST RÉFUGIÉ DANS UN COTTAGE EN CORNOUAILLES, MAIS LE PASSÉ CONTINUE DE LE HANTER. IL NE S'EST JAMAIS REMIS D'UNE AFFAIRE NON ÉLUCIDÉE : LA DISPARITION, EN 1998, DUNE ADOLESCENTE NOMMÉE SUSAN BLACKLOCK. DEUX PSYCHOPATHES CONDAMNÉS À L'ÉPOQUE POUR LE VIOL ET LE MEURTRE D'UNE AUTRE JEUNE FILLE RESTENT POUR L'INSPECTEUR DES SUSPECTS IDÉAUX.
    APPRENANT QUE L'UN D'EUX VA BÉNÉFICIER D'UNE LIBÉRATION, FRANK ELDER S'INTÉRESSE DE NOUVEAU À L'AFFAIRE BLACKLOCK. IL NE SE DOUTE PAS QU'IL VA PLONGER JUSQU'AU COU DANS UN DRAME AUQUEL SERA MÊLÉE SA PROPRE FAMILLE.
    CE PREMIER ROMAN DE LA SÉRIE CONSACRÉE À FRANK ELDER CONFIRME TOUTE L'ÉTENDUE DU TALENT DE JOHN HARVEY, RÉCOMPENSÉ EN GRANDE-BRETAGNE PAR UN DIAMOND DAGGER POUR L'ENSEMBLE DE SON OEUVRE.

    Première page :

    "Caressant et insidieux, le chat lui frôla le visage. Elder, encore aux trois quarts endormi, le repoussa du bras. Quelques instants plus tard, l'animal revenait à la charge, lui donnant des petits coups de tête, son ronronnement sonore résonnant dans le crâne d'Elder. Aiguisées, les griffes du chat pétrirent la chair tendre du haut de son épaule, de sa nuque. Sous lui, l'oreiller exhalait une acre odeur de sueur. Laborieusement, il se tourna pour soulever l'animal et l'écarter de lui. Sous ses doigts, il sentit une fourrure moite aux poils entremêlés, une peau flasque qui pendait, trop ample, sur une cage thoracique étriquée. À travers les fentes des paupières, les yeux brillaient d'une lueur jaune dans la quasi-obscurité.
    Tandis qu'Elder faisait l'effort de se redresser sur son séant, le chat se tortilla entre ses mains et le mordit profondément à la base du pouce. Poussant un juron, Elder laissa l'animal tomber sur le lit d'où il bondit sur le plancher en crachant. Quand Elder porta sa main à sa bouche, le goût de son propre sang lui parut âpre et piquant.
    Et à présent il y avait d'autres chats, en groupes serrés de deux ou trois, qui émergeaient de l'ombre aux confins de la chambre. Elder entendait le souffle un peu rauque de leur respiration sauvage…"

    Ce que j'en pense :

    Un bon polar : du suspens, des personnages avec de l'épaisseur, une grande humanité chez l'inspecteur (et chez les autres policiers), une bonne qualité d'écriture, de la chair (un peu plus que dans la série des Ressnick)… un livre qui donne envie de continuer la série des Elder.

    De chair et de sang

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  • Derniers sacrements

    "Derniers sacrements" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Douze ans ont passé, pourtant Lorraine Preston s'en souvient comme si c'était hier : son frère dans le box des accusés, la condamnation à perpétuité et la honte. Aujourd'hui Michael Preston va sortir de prison, mais seulement pour quelques heures. il bénéficie d'une permission exceptionnelle afin d'assister aux obsèques de sa mère. son père est déjà mort depuis longtemps, c'est lui qui l'a tué. un acte aussi violent qu'inexplicable. Pour l'inspecteur Resnick, cette libération n'est pas une bonne nouvelle. La présence d'un meurtrier en ville est la dernière chose qu'il souhaite alors qu'il doit faire face à des bandes armées et à une explosion du trafic de drogue. et, comme un signe du chaos ambiant, sa relation avec Hannah Campbell se détériore... Derniers sacrements clôt en beauté le cycle de Resnick qui s'interroge sur les motivations humaines et la nature des sentiments.

    Première page :

    "Cela faisait douze ans qu'elle ne l'avait pas vu. Elle aurait bien voulu, pourtant ; mais elle ne lui avait pas écrit assez souvent, au début, pour lui demander de changer d'avis. Des lettres à destination de Feather-stone, Haverigg, Wandsworth, des Scrubbs. Le suppliant, ou presque. Avec le temps, pensait-elle, il va bien finir par passer l'éponge, par se rendre à de meilleurs sentiments.

    Au début, elle y était allée quand même, s'infligeant les trajets interminables, parfois en voiture, le plus souvent par le train. Non pas pour braver son interdiction, simplement pour être sur place, près de lui, pour partager un peu de la même atmosphère, du même air. De loin, elle observait les visiteuses massées devant les grilles : les épouses, les amantes, portant leurs plus beaux vêtements, coiffées pour l'occasion, maquillage retouché au dernier moment ; d'autres, accablées, entravées, tirant par la main des mômes avachis qui boudent et traînent les pieds. Au moment de la sortie, elle essayait si possible de se mêler à la fournée, d'attraper au vol des bribes de conversation pour son usage personnel. Et puis, tout à coup, elle cessa de faire le déplacement. Au lieu de cela, elle lui écrivit, régulièrement, le premier de chaque mois. Son rituel à elle. Les potins familiaux, des anecdotes concernant les enfants."

    Ce que j'en pense :

    C'est un bon Resnick, on y retrouve son humanisme, son attention à défendre les "laissés pour compte" de la société. On sent également une lassitude chez l'inspecteur et sans doute aussi chez l'auteur, comme s'il était temps de clôturer la série.

    Derniers sacrements

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  • La sorcière

    "La sorcière" de Camilla Lackberg - Actes Sud (actes noirs)

    Présentation de l'éditeur :

    Une fillette de quatre ans disparaît de la ferme isolée de ses parents. Après une longue battue, Nea est retrouvée nue sous un tronc d’arbre dans la forêt, assassinée. Fait troublant : la fillette se trouvait à l’endroit où, trente ans plus tôt, avait été découvert le corps sans vie de la petite Stella, une fillette du même âge qui habitait la même ferme. À l’époque, deux ado­lescentes, Marie et Helen, avaient été condamnées pour le meurtre : elles avaient avoué avant de se rétracter. Désormais mariée à un militaire autoritaire et psychopathe, Helen mène une vie recluse, non loin de la ferme, dans l’ombre des crimes passés. La belle Marie, quant à elle, est devenue une star du cinéma à Hollywood ; pour la première fois depuis la tragé­die, elle vient de revenir à Fjällbacka pour un tournage. Cette coïncidence et les similitudes entre les deux affaires sont trop importantes pour que Patrik Hedström et son équipe puissent les ignorer, mais ils sont encore loin de se douter des répercus­sions désastreuses que va avoir leur enquête sur la petite loca­lité. De son côté, Erica Falck écrit un livre sur l’affaire Stella. Une découverte la trouble : juste avant son suicide, le policier responsable de l’enquête à l’époque s’était mis à douter de la culpabilité des deux adolescentes. Pourquoi ?

    Première page :

    "Impossible de savoir quelle vie aurait eue la fillette. Qui elle serait devenue. Quel aurait été son travail, qui elle aurait aimé, pleuré, perdu et gagné. Si elle aurait eu des enfants, et lesquels. On ne pouvait même pas imaginer à quoi elle aurait ressemblé adulte. À quatre ans, rien n’était encore terminé chez elle. Ses yeux hésitaient entre bleu et vert, ses cheveux, bruns à sa naissance, étaient à présent blonds, avec des reflets roux, et leur couleur aurait sûrement pu encore changer. C’était particulièrement difficile à dire pour le moment. Son visage était tourné vers le fond de l’étang. L’arrière de sa tête recouvert d’épais sang séché. Seules les mèches qui flottaient au-dessus de son crâne montraient leurs nuances claires.

    On ne pouvait pas dire que cette scène était sinistre. Pas plus sinistre que si la fillette n’avait pas été dans l’eau. Le bruit de la forêt était toujours le même. La lumière filtrait à travers les arbres comme d’habitude à cette heure du jour. L’eau se mouvait doucement autour d’elle, sa surface seulement troublée de temps à autre par les petits ronds concentriques d’une libellule qui s’y posait. La métamorphose avait commencé et, peu à peu, elle ne ferait plus qu’un avec la forêt et l’eau. Si personne ne la trouvait, la nature suivrait son cours et l’assimilerait.

    Personne ne savait encore qu’elle avait disparu."

    Ce que j'en pense :

    Pourquoi vouloir toujours faire des livres de presque 700 pages alors que la moitié suffirait amplement ? C'est sans doute pour être fidèle à la ligne éditoriale de "actes noir". Tant pis si on allonge de façon artificielle l'intrigue… tant pis si on accorde moins d'attention à la traduction ! Fidèle à ses habitudes l'auteure croise plusieurs intrigues, il y en a au moins une de trop (peut être deux!). Donc : fastidieux ! car  j'ai quand même voulu aller jusqu'au bout pour émettre une critique qui "tienne" un peu.

    La sorcière

     

     

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  • Eau dormante

    "Eau dormante" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Et à l’instant où Milt Jackson lève une mailloche à hauteur d’épaule pour frapper la première note, le biper attaché à la poche intérieure de l’inspecteur lance comme une intrusion son insistante sonnerie. Charlie Resnick n’assistera pas au concert. Le cadavre d’une jeune femme vient d’être retrouvé dans le canal. Rien ne permet de l’identifier. Elle restera la « noyée fantôme », un dossier en souffrance. Pourtant Resnick a bientôt des raisons de s’inquiéter pour une autre femme : Jane Peterson, une amie de sa compagne Hannah, a disparu. Jane est l’épouse d’un dentiste renommé et cultivé, d’une brutalité insoupçonnée, qui la persécute et la frappe. A mesure que Resnick cerne la vérité sur cette disparition, sa propre relation avec Hannah résonne comme un écho à son enquête, placée sous le signe des difficiles rapports entre hommes et femmes.

    Première page :

    "C’était le soir où Milt Jackson était venu à Nottingham : Milt Jackson qui, pendant plus de vingt ans, avait appartenu à l’une des plus célèbres formations de jazz du monde, le Modem Jazz Quartet ; qui était entré en studio le 24 décembre 1954, en compagnie de Miles Davis et Thelonious Monk, pour enregistrer l’un des morceaux préférés de Resnick, Bag’s Groove ; ce même Milt Jackson qui se tenait à présent derrière son vibraphone sur la scène de la Salle 2 du Centre culturel Broadway, invité avec son nouveau quartet dans le cadre du Festival du Film et du Jazz organisé par le Centre ; Milt, bel homme élégant dans son costume gris sombre, un mouchoir noir plié en pointe dépassant de sa poche de poitrine, cravate à fleurs, une large alliance à son annulaire reflétant la lumière alors qu’il tend la main pour saisir les mailloches jaunes posées sur son instrument ; Milton « Bags » Jackson, né à Detroit, Michigan, le premier de l’an 1923, et dont l’allure ne laisse en rien deviner ses soixante-treize ans, qui se tourne à présent pour adresser un signe de tête au jeune pianiste – jeune, relativement. Dans l’auditorium bondé, le public, dont Resnick fait partie, retient son souffle. Et à l’instant où Milt Jackson lève une mailloche à hauteur d’épaule pour frapper la première note, le biper attaché à la poche intérieure de l’inspecteur lance comme une intrusion son insistante sonnerie."

    Ce que j'en pense :

    On retrouve dans ce neuvième épisode de la série des Ressnik les personnages devenus familiers. C'est une lecture "tranquille" avec un inspecteur tolérant, chargé d'humanité. 

    Eau dormante

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  • Proie facile

    "Proie facile" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Au foyer pour jeunes délinquants où il attend d'être jugé pour sa participation à un cambriolage qui a mal tourné, on retrouve le jeune Nicky Snape, quinze ans, pendu dans les douches. C'est l'inspecteur Charlie Resnick qui avait procédé a son arrestation, mais l'affaire est confiée a Bill Aston, un officier de police dénué d'imagination qui attend la retraite. Lorsque l'enquête provoque un meurtre sanglant sur les berges du fleuve, les craintes de Resnick se révèlent fondées. Lui-même sera chargé d'enquêter sur une série de viols particulièrement brutaux dont les victimes sont des hommes. Il aura ainsi l'occasion de rencontrer Hannah Campbell, l'un des professeurs de Nicky. Et, au milieu de toutes ces horreurs, Resnick s'apercevra qu'il est en train de tomber amoureux. Suite de la chronique de l'inspecteur jazzophile, «Proie facile »est le roman préféré de John Harvey.

    Première page :

    "– Si jamais je t’attrape, espèce de petit salopard, je te tords le cou !

    Tels furent les derniers mots que dit Norma Snape à son plus jeune fils ce jeudi-là. Comme beaucoup d’autres moments de la vie de Norma, leur souvenir allait la hanter longtemps, tels des doigts crispés par la colère lui labourant la gorge, encore et encore, presque jusqu’à l’étouffer. Quant à Nicky… Entre le claquement de la porte et l’éclat de son propre rire, sonore et haut perché, on peut douter qu’il ait entendu quoi que ce soit.

    Cela avait commencé comme bien souvent, les quatre membres de la famille trébuchant les uns sur les autres dans leur petite maison mitoyenne à la façade plate : Sheena, la sœur de Nicky, sortant enfin de la salle de bains et claquant les portes d’une pièce à l’autre à la recherche d’un chemisier propre, de sa cotte verte d’usine, de sa chaussure droite ; Nicky, quinze ans à peine, descendant l’escalier quatre à quatre en braillant la chanson du walkman accroché à la ceinture de son jean. « M’man, t’as vu mon chemisier ? » lança Sheena. « M’man, où est passé le pain grillé ? » « M’man, je croyais que tu devais repasser ça. » Seul son aîné, Shane, cheveux blonds et yeux gris ardoise, dix-huit ans dans huit jours, gardait le silence…"

    Ce que j'en pense :

    C'est un voyage dans les bas fonds des villes anglaises après le passage du libéralisme à la Thatcher : chômage, misère, délinquance… Ressnick a beaucoup d'empathie pour ces populations qui essaient de survivre le mieux possible. Le contenu de ce huitième tome des enquêtes de l'inspecteur est un peu plus "saignant" que d'habitude. Même si l'intrigue prend son temps le suspens est maintenu tout au long du livre.

    Proie facile

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