• La soif

    "La soif" de Jo Nesbo - folio policier

    Présentation de l'éditeur :

    Une jeune femme est assassinée après un rendez-vous pris sur un site de rencontres. Les violentes marques de morsures dans son cou laissent les enquêteurs sans voix. Deux jours plus tard, le corps d'une autre utilisatrice de ce site est découvert, mutilé de la même façon. Pour le chef de la police, un seul homme peut identifier ce tueur. Mais Harry Hole, libéré de ses démons et heureux avec son épouse, s'est promis de ne plus mettre les siens en danger. Malgré tout, un détail de cette affaire l'intrigue, comme un écho d'une enquête classée depuis longtemps. Le destin le place face à un dilemme : mener une vie paisible et tirer un trait définitif sur son passé, ou arrêter enfin le seul criminel qui lui a échappé et qui continue de le hanter...

    Première page :

    Il fixait le néant blanc. Comme il le faisait depuis trois ans. Personne ne le voyait et il ne voyait personne. À part chaque fois que la porte s’ouvrait et aspirait suffisamment de vapeur pour lui permettre de distinguer un homme nu, l’espace d’une seconde, avant qu’elle se rabatte et que tout se nimbe de brouillard. Les bains allaient bientôt fermer. Il était seul. Il resserra le peignoir en éponge autour de sa taille, se leva de la banquette, sortit, passa devant le bassin vide, gagna les vestiaires. Pas d’eau coulant dans les douches, pas de conversations en turc, pas de pieds nus sur les carreaux du sol. Il se contempla dans le miroir, passa un doigt le long de la cicatrice de sa dernière opération, qui était encore visible. Il avait mis du temps à s’habituer à son nouveau visage. Son doigt poursuivit sur le cou, la poitrine, s’arrêta à la naissance du tatouage. Il ouvrit le cadenas de son casier, enfila son pantalon, passa sa veste par-dessus son peignoir encore humide, laça ses chaussures. Il s’assura une dernière fois qu’il était seul avant de rejoindre le casier dont le cadenas à chiffres avait une tache de peinture bleue.

    Ce que j'en pense :

    Cela fait plaisir de retrouver Harry Hole, presque heureux mais avec toujours ces « fragilités » ses doutes et questionnements… et aussi son humour. L’enquête est un peu « sanglante » mais on s’y laisse prendre jusqu’à la fin qui laisse envisager une suite (car rien n’est jamais fini !). En résumé : un très bon polar, bien écrit mais sans doute pas le meilleur Nesbo.

    La soif

    La soifLa soif

     

     

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  • Surface

    "Surface" de Olivier Norek - Pocket

    Présentation de l'éditeur :

    Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture.
    Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange, il rappelle trop les risques du métier... Comment se reconstruire dans de telles conditions ?
    Mais voilà que soudain, le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier...

    Première page :

    Lancés à tombeau ouvert dans les rues de Paris, les deux types bringuebalés à l'arrière du véhicule s'acharnaient à lui faire lâcher son arme.

    Du sang partout. Beaucoup trop de sang. Et son visage. Dieu, ce visage ! Un massacre... Ça et là, des veines apparentes et sectionnées ne menaient plus nulle part, crachant rouge en continu. Et sa joue droite, déchirée presque entièrement, révélait un rictus de souffrance.

    —        J'veux pas prendre une balle perdue, putain !
    s'écria le chauffeur. Arrachez-lui son flingue !

    Feu rouge grillé. La berline qui surgit à leur droite ne réussit pas à freiner complètement et leur arracha une partie de l'aile dans un crissement de pneus désespéré.

    Ils forcèrent sur les doigts de plus belle. Tirant, écartant. En vain. La main s'était contractée en une crampe autour de la crosse du pistolet. Le doigt, enroulé autour de la détente, menaçait à chaque virage ou cahot de balancer une cartouche de 9 mm au hasard de sa trajectoire.

    —        Impossible, c'est de la pierre !

    Ce que j'en pense :

    Polar assez traditionnel qui se lit très vite car l’auteur sait y faire. Norek sait admirablement manier les dialogues. Le personnage principal est plutôt original avec ses problèmes psychologiques liés à des blessures au visage lors d’une interpellation. Sa relation avec le psychologue est intéressante. Tous les personnages sont attachants et le cadre est plutôt bien mis en scène. Un petit bémol : je préfère la rencontre avec le chien plutôt que le retour de l’amant qui me parait un peu convenu.

    Surface

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  • Orphelines

    "Orphelines" de Franck Bouysse - Moissons noires

    Présentation de l'éditeur :

    Une ambiance sombre et pesante s'est installée dans la ville.
    Un criminel tapi dans l'ombre observe et s'amuse avec deux flics qui le poursuivent. Crime après crime, Bélony et Dalençon voient ce meurtrier leur glisser entre les doigts;
    La noirceur de son âme ne fait aucun doute depuis qu'un corps de femme massacré a été découvert...

    Première page :

    Depuis deux jours, le cœur d'Emma avait régulièrement ralenti son rythme, puis s'était finalement arrêté sans que personne ne trouve opportun de changer quoi que ce soit à cet ordre des choses-là. Parce que, au fond, rien n'avait changé. La même immobilité. La vie en moins.

    Et pourtant, après la nouvelle de la mort de sa femme, Bélony avait eu le sentiment de se retrouver seul au monde. Plus qu'un sentiment. La confrontation brutale avec un espoir détruit.

    Il avait acheté une concession suffisamment grande dans un cimetière, au nord de la ville, pour pouvoir y loger à trois. Mathilde, sa fille, avait été la première à descendre les marches, tuée sur le coup dans l'accident de voiture qui venait aussi de coûter la vie à sa femme, après des années de coma; lui, ce serait pour plus tard. Cet ordre-là. Réunis. Qu'est-ce qui pouvait bien être réuni dans le néant? Sûrement pas la douleur. Alors, quoi ?

    Ce que j'en pense :

    C’est un bon roman noir qui se laisse lire, avec ce qu’il faut de noirceur, de mystère et de suspens. Mais ce livre est un peu décevant quand on a lu d’autres titres de l’auteur, comme « Grossir le ciel », « Glaise » ou « Né d’aucune femme ». Contrairement à ceux-ci, dans « Orphelines » la forme prend largement le dessus sur le fond : excès de phrases très courtes, phrases nominales, utilisation superflue de verbes à l’infinitif…On suit donc l’intrigue mais sans la force et la profondeur auxquelles Bouysse nous avait habitué.

    Orphelines

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  • Black Coffee

    "Black Coffee" de Sophie Loubière - Pocket

    Présentation de l'éditeur :

    Narcissa, Oklahoma, juillet 1966. Un jour de grand beau temps, un homme fut pris d'un coup de folie. Il égorgea une femme dans une maison et poignarda une petite fille dans le jardin. Il laissa pour morte une mère de famille et son fils, puis repartit à bord d'une Ford Mustang, couvert de sang. Été 2011. Une Française, Lola Lombard, part à la recherche du père de ses deux enfants, volatilisé sur la route 66. Sa seule piste : un cahier que son mari lui aurait envoyé et qui pourrait bien être la preuve de l'existence d'un des plus ahurissants criminels que les États-Unis aient connu... et dont le chemin traversait déjà la petite ville de Narcissa à l'été 1966

    Première page :

    Juillet 1966

    Narcissa, Oklahoma 

    Courbées sur la route, les branches de genévrier offraient leurs aiguilles bleutées aux rayons du soleil avec pudeur. Revêtement de fortune pour une voie en désuétude, de la caillasse ocre tapissait le chemin. La East Road 150 croisait la South 540 un peu avant Narcissa : on avait bâti là une maison en bois, au toit sombre et aux murs gris. Enveloppée d’arbustes et de buissons, elle ronronnait dans la tiédeur du jour. Fichée de l’autre côté de la route, une boîte aux lettres en tôle ondulée clouée sur un bâton cuisait en son ventre un prospectus vantant les mérites d’une nouvelle huile pour friture.

    Ce que j'en pense :

    Ce récit (un peu long, 600 pages) est très bien maitrisé. L’autrice nous tient en haleine jusqu’au final. Et, ce qui ne gâte rien, l’écriture est magnifique, les personnages sont bien campés et assez crédibles. Sophie Loubière sait nous faire découvrir de l’intérieur cette route mythique qui traverse une grande partie des États-Unis. Je pense que je vais me procurer assez rapidement la suite : « White coffee ».

    Black Coffee

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  • L'archipel des larmes

    "L'archipel des larmes" de Camilla Grebe - Calmann Lévy

    Présentation de l'éditeur :

    Une nuit de février 1944, à Stockholm, une mère de famille est retrouvée morte chez elle, clouée au sol. Trente ans plus tard, plusieurs femmes subissent exactement le même sort.

    Dans les années 80, le meurtrier récidive mais ce n’est qu’aujourd’hui que des indices refont surface.

    Britt-Marie, Hanne, Malin…

    À chaque époque, une femme flic se démène pour enquêter, mais les conséquences de cette traque pourraient s’avérer dévastatrices.

    L’Archipel des larmes, magistralement construit, nous fait traverser les décennies suédoises en compagnie de femmes hors du commun, avides de justice, et déterminées à arrêter ce monstre.

    Première page :

    Le garçonnet, qui ne peut pas avoir plus de cinq ans, est affublé de nippes et ses cheveux sales grouillent de poux.

    — Où habite ta tante ? essaie encore Elsie.

    Le garçon ne répond pas. Il pince les lèvres et baisse les yeux sur ses chaussures élimées.

    Sa mère, Sara la folle, est en train de cuver son vin à la maison d’arrêt, au département des femmes. Il n’a pas de père. Ça, ils le savent tous, aussi bien Elsie que les agents qui ont traîné Sara au commissariat de police de la rue Mäster Samuelsgatan il y a moins d’une heure.

    Deux hommes en civil longent l’étroite allée qui mène aux appartements des policiers célibataires attenants au commissariat. Elle reconnaît vaguement l’un d’entre eux. On murmure qu’il travaille pour les services de la Sûreté générale, chargés d’identifier les menaces qui pèsent sur la nation. Mais on ne peut en parler tout haut, même ici, au commissariat.

    Les hommes disparaissent, laissant derrière eux une légère odeur de cigarette. Le petit racle le sol de ses semelles et Elsie soupire. Elle a tout essayé – la douceur, la prévenance, le lait chaud. Le garçon a même goûté les gâteaux aux amandes que les agents ont rapportés ce matin de la boulangerie rue Drottninggatan. En vain.

    La vue de l’enfant lui fait penser à la famille qui aurait pu être la sienne.

    Elle avait un fiancé, Axel. Un homme du Norrland, grand comme un ours avec un cœur d’or. ...

    Ce que j'en pense :

    Imaginez que vous n'ayez rien d’autre à lire pendant le confinement et que vous preniez ce livre. Bien sûr vous le terminerez. C’est le seul mérite que j’accorde à ce roman : m’avoir « occupé ». Pour le reste, c’est répétitif, très mal écrit (ou mal traduit… ou les deux). Les personnages n’ont aucune épaisseur et leurs histoires personnelles sont si semblables que cela en devient parfois proche du ridicule. Il ne suffit pas que l’auteure ait pour prénom Camilla et que ce soit un polar suédois ! A oublier !

    L'archipel des larmes

     

      

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  • Richesse oblige

    "Richesse oblige" de Hannelore Cayre - Métailié

    Présentation de l'éditeur :

    Dans les petites communautés, il y en a toujours un par génération qui se fait remarquer par son goût pour le chaos. Pendant des années l’engeance historique de l’île où je suis née, celle que l’on montrait du doigt lorsqu’un truc prenait feu ou disparaissait, ça a été moi, Blanche de Rigny. C’est à mon grand-père que je dois un nom de famille aussi singulier, alors que les gens de chez moi, en allant toujours au plus près pour se marier, s’appellent quasiment tous pareil. Ça aurait dû m’interpeller, mais ça ne l’a pas fait, peut-être parce que notre famille paraissait aussi endémique que notre bruyère ou nos petits moutons noirs… Ça aurait dû pourtant…

    Au XIXe siècle, les riches créaient des fortunes et achetaient même des pauvres afin de remplacer leurs fils pour qu’ils ne se fassent pas tuer à la guerre. Aujourd’hui, ils ont des petits-enfants encore plus riches, et, parfois, des descendants inconnus toujours aussi pauvres, mais qui pourraient légitimement hériter ! La famille de Blanche a poussé tel un petit rameau discret au pied d’un arbre généalogique particulièrement laid et invasif qui s’est nourri pendant un siècle et demi de mensonges, d’exploitation et de combines. Qu’arriverait-il si elle en élaguait toutes les branches pourries ?

    Première page :

    – Est-ce que tu crois que c’est une tenue correcte, ça, pour un enterrement ?

    – Ben c’est mon plus beau survêt… Celui en velours ! Et toi, tu t’es vue ? On dirait… Mais, on s’en fout, non ?

    Elle avait raison, Hildegarde, on s’en foutait. Nous avions l’air de deux shlagues, c’est vrai, mais quoi que nous choisissions de porter, de toute façon, tout le monde nous regarderait de travers. 

    Il y avait Juliette, ma fille, en vert kaki, qui était dans sa période tenue de camouflage. Pistache et Géranium, nos deux clébards hideux sans laisse ni collier avec des nœuds autour du cou. Hildegarde en survêtement noir en velours, donc, pour faire chic, avec des Nike noires taille 46 sur lesquelles elle avait dû passer un vague chiffon pour enlever la poussière. Et enfin moi avec mes nouvelles orthèses japonaises en titane qui me permettaient de me passer de mes béquilles. Pour le moment ma démarche ressemblait peu ou prou au pas de l’oie, mais ça s’améliorait de jour en jour. C’est sûr que tout ça détonnait au cimetière du Trocadéro, là où les de Rigny avaient leur caveau entre la famille Dassault et la famille Bouygues. 

    Vu que j’avais acheté l’encart le plus cher du Figaro pour annoncer en grande pompe le décès de tata, beaucoup de personnes étaient venues, mais aucune d’elles ne nous avait saluées. Mieux, il s’était créé entre ces gens et nous trois un vide, une sorte de cordon sanitaire …

    Ce que j'en pense :

    C’est un livre rempli d’une saine indignation. L’autrice ne se gène pas pour dire ce qu’elle a à dire sur ceux qui accaparent la richesse. Le personnage de Blanche est très sympathique et le parallèle entre les années 1870 et l’époque actuelle est intéressant. Entre autre, cela nous permet de découvrir le système du remplacement militaire. C’est un roman de rebelle, de rébellion avec, il faut le reconnaître, des parties un peu moins crédibles… un bon livre mais j’ai préféré « La daronne ».

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  • Cinq cartes brûlées

    "Cinq cartes brûlées" de Sophis Loubière - fleuve noir

    Présentation de l'éditeur :

    Laurence Graissac grandit aux côtés de son frère, Thierry, qui prend toujours un malin plaisir à la harceler et à l'humilier. Du pavillon sinistre de son enfance à Saint-Flour, elle garde des blessures à vif, comme les signes d'une existence balayée par le destin. Mais Laurence a bien l'intention de devenir la femme qu'elle ne s'est jamais autorisée à être, quel qu'en soit le prix à payer. Le jour où le discret docteur Bashert, en proie à une addiction au jeu, croise sa route, la donne pourrait enfin changer...

    Thriller psychologique d'une rare intensité, Cinq cartes brûlées va vous plonger au cœur de la manipulation mentale. De celle dont on ne revient jamais indemne.

    Première page :

    En lui se répandait une onde miraculeuse, une extase si intense que sa perception du temps et de l’espace en était modifiée. Il lui semblait qu’elle affectait aussi la chambre, en resserrait les murs, irradiant sol et plafond d’une prodigieuse clarté. Il jouissait, agrippé aux hanches de sa partenaire, debout contre le lit, dans ce mouvement alternatif et violent. Ses muscles se relâchèrent et il s’affala sur le matelas.

    C’était presque aussi fort que la première fois, opéré avec moins de maladresse. Cette femme transcendait ses défaillances. Au creux de sa chevelure, il puisait l’ombre et la lumière, noyait ses doutes, ses certitudes.

    — Tu as aimé ?

    Leur premier rapport sexuel complet.

    — Dis-moi, tu as joui ?… Un peu ?

    Allongée près de lui, elle garda le silence. Lorsque les portes de l’ascenseur se refermaient sur eux tout à l’heure, elle lui avait glissé à l’oreille :

    — Je t’ai apporté quelque chose.

    Un cadeau. Il s’était senti crétin d’être venu les mains vides. Ils n’en étaient qu’à leur troisième rendez-vous et elle le surprenait avec un cadeau. En entrant dans la chambre d’hôtel, au miroir fixé à la porte coulissante de la penderie, son propre reflet l’avait frappé : à la place de son visage se dessinait une autre figure...

    Ce que j'en pense :

     C'est très bien écrit, comme d'habitude chez Sophie Loubière. L'autrice nous fait pénétrer dans la vie d'une femme qui nous apparaît d'abord comme victime, avec des scènes parfois dérangeantes avec son frère. Puis, insidieusement, quelque chose nous questionne autour de son comportement, de ses rencontres.... jusqu'au final qui "boucle" le livre. C'est du bon travail mais qui me parait un peu froid (c'est sans doute voulu), et cela m'a empêché de "rentrer" complètement dans l'histoire.

    Cinq cartes brûlées

    Cinq cartes brûlées

     

     

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  • Skeleton road

    "Skeleton road" de Val McRermid - Flammarion

    Présentation de l'éditeur :

    Des ouvriers découvrent dans le centre historique d'Edimbourg les restes d'un cadavre au sommet d'un immeuble. A qui appartient ce squelette, et comment est-il arrivé jusque-là ? C'est à l'inspectrice Karen Pirie qu'est confiée la résolution de l'énigme. Bientôt, elle va devoir s'enfoncer plus loin qu'elle ne l'aurait cru dans l'histoire tragique des Balkans, là où couve encore la violence de crimes de guerre inavoués. Val McDermid signe avec Skeleton Road un polar captivant et parfaitement maîtrisé, hanté par le souvenir sanglant des guerres de Yougoslavie des années 1990.

    Première page :

    Le coucher de soleil est souvent majestueux dans le port touristique crétois de La Canée. Des reflets dorés, rouges et roses font scintiller les coques des canots de location, des yachts de seconde catégorie et des bateaux de plaisance. Les remparts historiques délimitant le port s'élèvent, solides, vers le ciel fragile, telles des ombres projetées sur un écran, et le long des quais des touristes admirent avec nonchalance un artiste de rue ou un stand de bijoux, flânant de restaurants en magasins de souvenirs.

    Autour du port, les bâtiments qui composent la ville s'entassent pêle-mêle, certains partant à l'assaut de la colline, d'autres serrés les uns contre les autres comme des bâtisses romaines. Des locations de vacances et des résidences pour retraités surplombent la foule de bateaux et de promeneurs, leurs façades striées par les derniers rayons du soleil.

    Assis à l'une des tables en terrasse, un homme observe les touristes, impassible, un fond de Metaxa sept étoiles posé devant lui. Une petite soixantaine d'années, large d'épaules, quelques kilos en trop. Il est vêtu d'un short bleu marine et d'un polo vert bouteille qui laisse voir ses avant-bras musclés au bronzage cuivré comme sa boisson. Il porte des lunettes teintées sensiblement plus élégantes que le reste de sa tenue.

    Ce que j'en pense :

    C'est un bon polar, bien écrit et qui a le mérite de nous replonger dans la guerre de l'ex Yougoslavie. L'autrice s'est très bien documentée dans ce domaine. Les personnages sont bien campés, particulièrement l'inspectrice écossaise Karen Pirie. Le principal bémol que je ferai à ce roman c'est qu'on peut facilement découvrir dès le milieu du livre qui est le coupable.

    Skeleton road

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  • L'empathie

    "L'empathie" de Antoine Renand - Pocket

    Présentation de l'éditeur :

    " Il resta plus d'une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l'homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d'un puzzle qu'il avait sous les yeux depuis des années et qu'il parvenait enfin à assembler. On en parlerait. Une apothéose. "
    Cet homme, c'est Alpha. Un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit.
    Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la " brigade du viol ".
    Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent. Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets.

    Première page :

    Il avait commencé par s'introduire dans des maisons. Pas pour voler. Non qu'il fût opposé à cette idée, car il n'hésitait jamais à dérober un objet de valeur ou qu'il trouvait à son goût si une opportunité se présentait. Mais à cette époque il gagnait relativement bien sa vie, la navigation lui offrant un revenu suffisant au vu de ses très modestes besoins.

    D'autres raisons l'avaient poussé à pénétrer dans ces foyers. L'oisiveté, principalement. Le navire sur lequel il devait embarquer pour le Brésil était coincé au port de Plvmouth pendant huit jours, pour un problème de logistique. Il aurait pu partir sur un autre cargo, mais il avait préféré attendre.

    Les villes ne l'intéressaient que très peu, seul l'océan le fascinait. Il avait eu vite fait de sillonner Plvmouth, dont les quelques attraits touristiques le laissaient indifférent, et entreprit de faire de longues promenades dans la périphérie. Alpha ne s'ennuyait jamais vraiment, habitué depuis l'enfance à se réfugier dans des rêveries solitaires.

    Ce que j'en pense :

    C’est bien sûr un livre très « prenant » avec une intrigue qui au début parait assez commune mais que l’auteur complexifie en « creusant » chacun·e de ses personnages. On peut se sentir mal à l’aise devant la description de certaines scènes. L’auteur a une écriture plutôt cinématographique, il nous donne à voir (parfois peut être un peu trop). Le "méchant" de l'histoire a également trop de compétences de super héros, ce qui affaiblit un peu la force du récit.

    C’est quand même un bon premier roman (pas complètement un coup de cœur) et on attend le deuxième qui devrait sortir en mars.

    L'empathie

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  • Ils ont voulu nous civiliser

    "Ils ont voulu nous civiliser" de Marin Ledun - j'ai lu

    Présentation de l'éditeur :

    Thomas Ferrer n'est pas un truand - pas vraiment. Ses petits trafics lui permettent simplement de sortir la tête de l'eau. Lorsqu'une transaction avec Baxter, un vrai criminel, tourne mal, Ferrer le laisse pour mort avant de prendre la fuite. Baxter se lance alors à sa poursuite avec deux de ses associés avides de vengeance. Tandis qu'une puissante tempête s'abat sur le sud-ouest, Ferrer doit sauver sa peau à tout prix. Mais la traque sera sans pitié. Marin Ledun livre ici un roman sombre et sous tension, dans lequel les éléments se déchaînent en même temps que la folie humaine.

    Première page :

    Thomas Ferrer fourguait les canards qu'il volait pour huit euros le kilo à un revendeur dénommé Baxter qui gagnait officiellement sa vie comme shaper. Printemps et été, il vivait de petits boulots de saisonnier sur les exploitations agricoles des environs ou dans les bars de la côte, mais dès qu'arrivait octobre, les plages surveillées fermaient, les touristes retournaient d'où ils venaient, les paysans comptaient le fric que leur avait rapporté le maïs, et les types comme lui devaient bien trouver de quoi passer l'hiver.

    Huit euros, une misère. Deux ans plus tôt, la transaction lui aurait rapporté le double de cette somme, mais il s'était laissé surprendre sur la propriété d'un agriculteur à la retraite de Begaarts qui cherchait à le coincer depuis longtemps. Ce dernier n'avait rien trouvé de mieux que de l'attacher à son tracteur sous la menace d'un fusil Yildiz calibre 12, avant d'ap­peler les flics. Ce jour-là, Ferrer chargeait près d’une cinquantaine de volailles….

    Ce que j'en pense :

    Il n’y a pas de temps mort dans cette histoire, c’est la tempête qui donne le rythme de ce livre …et c’est, à mon avis, le « personnage » le plus intéressant de ce roman (avec le vieux Alezan). Les passages sur la guerre d’Algérie sont assez forts. Mais les scènes d’affrontements, de bagarres s’étirent trop en longueur et on est un peu perdus, en particulier lorsque cela se passe dans la maison d’Alezan. En résumé : un livre qui se laisse lire mais les dimensions sociales et politiques ne sont pas assez présentes (contrairement à ce que disent certaines critiques).

    Ils ont voulu nous civiliser

     

     

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