• Grossir le ciel

    "Grossir le ciel" de Franck Bouysse - Le livre de poche (policier)

    Présentation de l'éditeur :

    Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées  : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres. Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule  : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent.
    Un suspense rural surprenant, riche et rare.

    Première page :

    "C'était une drôle de journée, une de celles qui vous font quitter l'endroit où vous étiez assis depuis toujours sans vous demander votre avis. Si vous aviez pris le temps d'attraper une carte, puis de tracer une ligne droite entre Alès et Mende, vous seriez à coup sûr passe par ce coin paumé des Cévennes. Un lieu-dit appelé Les Doges, avec deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, quelques prairies, de la neige une partie de l'année, et de la roche pour poser le tout. Il y avait aussi des couleurs qui disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tour à tour espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le cœur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles.

    Le hameau le plus proche s'appelait Grizac, situé sur la commune du Pont-de-Montvert. Une route les reliait et devait bien mener quelque part si on prenait le temps de s'y attarder."

    Ce que j'en pense :

     Ce n'est pas un livre policier mais un très beau roman noir.  C'est, entre autre, un roman sur la terre, le silence, le secret, la montagne, le froid... un peu à la manière de l'auteur américain Ron Rash. Les personnages, leur relation, leur travail sont magnifiquement campés dans cette montagne cévenole. L'écriture très riche nous fait pénétrer avec une certaine tendresse dans cette atmosphère lourde et angoissante. 

    Grossir le ciel

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  • Aux animaux la guerre

    "Aux animaux la guerre" de Nicolas Mathieu - Babel noir

    Présentation de l'éditeur :

    Une usine qui ferme dans les Vosges, tout le monde s'en fout. Une centaine de types qui se retrouvent sur le carreau, chômage, RSA, le petit dernier qui n'ira pas en colo cet été, un ou deux reportages au 19/20 régional et puis basta. Sauf que les usines sont pleines de types dangereux qui n'ont plus rien à perdre. Comme Martel, le syndicaliste qui planque ses tatouages, ou Bruce, le bodybuilder sous stéroïdes. Des types qui ont du temps et la mauvaise idée de kidnapper une fille sur les trottoirs de Strasbourg pour la revendre à deux caïds qui font la pluie et le beau temps entre Epinal et Nancy. Une fille, un Colt 45, la neige, à partir de là, tout s'enchaîne. Aux animaux la guerre, c'est le roman noir du déclassement, des petits Blancs qui savent désormais que leurs mômes ne feront pas mieux et qui vomissent d'un même mouvement les patrons, les Arabes, les riches, les assistés, la terre entière. C'est l'histoire d'un monde qui finit. Avec une fille, un Colt .45, la neige.

    Première page :

    "Cet automne-là, on tuait en plein jour. En pleine rue. En toute bonne foi.

    Le centre d'Oran était tout barbouillé de slogans. Trois lettres majuscules résonnaient sur les murs jaunis, suscitant l'espoir ou bien la peur, selon qu'on voulait rester ou les voir partir. Comme si la guerre faisait de la réclame.

    Le fond de l'air était chargé d'une perpétuelle odeur de bois brûlé. Les jeunes filles ne se promenaient plus, bras dessus bras dessous, affriolantes et farouches sur les boulevards ascendants. Les beaux bruns en mocassins avaient rangé leurs sourires. Ils lisaient les journaux et affichaient des mines butées aux terrasses des cafés.

    Dans les quartiers européens, on dormait mal et la chaleur n'avait rien à y voir. Sous les oreillers, des pères inquiets planquaient des revolvers d'avant-guerre. Les grands-mères mêmes, hagardes et venimeuses, se préparaient à tuer ou mourir.

    Oran était une monstrueuse pièce montée, un imbroglio de monuments pompeux et de rues étroites où la peur et la haine coulaient comme des oueds au printemps.

    Quand tombait le soir, on s'attardait encore sur les places, à l'ombre des figuiers, pour jouer aux cartes ou boire une anisette en bavardant. Mais déjà, plus personne ne croyait à cette douceur de vivre. Les hommes avaient perdu le rythme. Leur ton était bas, leurs gestes plus mesurés. Ils passaient sur leurs nuques des mouchoirs brûlants, s'épongeaient avec lassitude. La blancheur n'existait plus. Les draps, les chemises, les jupons avaient un air continuellement malpropre…"

    Ce que j'en pense :

    J'avais déjà lu ce livre à sa sortie en juin 2015. Je n'ai pas lu le livre de Nicolas Mathieu qui a obtenu le prix Goncourt : "Leurs enfants après eux" et je n'ai pas non plus vu la série télévisée produite à partir de "Aux animaux la guerre". Je rejoins complètement la critique que j'avais faite en 2015 :  L'intrigue est maîtrisée, les personnages (nombreux) sont bien campés, l'environnement social et la région des Vosges sont présents… C'est donc un bon premier roman. Mais ce livre n'arrive pas à la hauteur des romans de Pierre Pelot, Vosgien comme Nicolas Mathieu. Il me reste à lire son dernier roman "Leurs enfants après eux".

    Aux animaux la guerre

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  • Salut à toi ô mon frère

    "Salut à toi ô mon frère" de Marin Ledun - Gallimard, série noire

    Présentation de l'éditeur :

    La grouillante et fantasque tribu Mabille-Pons : Charles, clerc de notaire pacifiste, Adélaïde, infirmière anarchiste et excentrique, les enfants libres et grands, trois adoptés. Le quotidien comme la bourrasque d'une fantaisie bien peu militaire. 
    Jusqu'à ce 20 mars 2017, premier jour du printemps, où le petit dernier manque à l'appel. Gus, l'incurable gentil, le bouc émissaire professionnel, a disparu et se retrouve accusé du braquage d'un bureau de tabac, mettant Tournon en émoi. Branle-bas de combat de la smala! Il faut faire grappe, retrouver Gus, fourbir les armes des faibles, défaire le racisme ordinaire de la petite ville bien mal pensante, lutter pour le droit au désordre, mobiliser pour l'innocenter, lui ô notre frère.

    Première page :

    "La trappe du grenier se soulève en grinçant, libérant une avalanche de hurlements et de bruits de cavalcades. La voix de Camille s'élève en trémolos dans l'espace exigu de ma chambre, rauque et engageante comme un lundi matin.

    — Rose, c'est toi qui m'as encore piqué mon tee-shirt bleu, tu sais, celui avec des paillettes?

    Le réveil est brutal. En dessous, ça grouille. Dans tous les sens du terme et dans toute la maison. Ça s'agite en grand nombre. En quinconce. C'est rempli d'une masse confuse et en mouvement.

    C'est «plein de», tout court. Dixit le Larousse illustré.

    Huit au total.

    Un père, une mère et leurs six enfants. Deux filles, quatre garçons. Une équipe mixte de volley-ball et deux remplaçants, ma famille au grand complet. Neuf en comptant le chien. Onze si l'on ajoute les deux chats. Et douze si l'on compte la petite voix de l'oreiller qui me susurre en ce moment même, par ordre décroissant : de dire à ma sœur cadette que je l'aime d'un amour vrai et sincère, de l'étrangler, de la jeter en bas de l'escalier, puis de refermer cette maudite trappe…."

    Ce que j'en pense :

    C’est un beau portrait d’une famille très originale et décalée par rapport aux normes d’une société « bien pensante ». On retrouve les thèmes de l’auteur : dénonciation du racisme « ordinaire », de la bêtise et de l’intolérance. L’intrigue est assez légère mais l’écriture est agréable.  L’humour est omniprésent avec toutefois une propension trop grande à faire des clins d’œil, des allusions à des films, des séries, des chansons … C’est supposé participer au portrait de la narratrice mais cela exclut souvent le lecteur.

    Salut à toi ô mon frère

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  • Monteperdido

     "Monteperdido" de Agustin Martinez - actes noirs, Actes Sud

    Présentation de l'éditeur :

    Monteperdido : un village de montagne acculé contre les plus hauts pics des Pyrénées. Des routes sinueuses, impraticables en hiver, des congères, des rivières qui débordent. Quelques familles, souvent coupées du monde, des sangliers et des chevreuils dans les forêts de peupliers et de pins noirs. C’est là que disparaissent un jour deux fillettes de onze ans qui, comme tous les soirs, traversaient la pinède de retour du collège. Malgré la mobilisation exemplaire du village, on n’a jamais retrouvé leurs traces.
    Cinq ans plus tard, au fond d’un ravin, une voiture accidentée et le cadavre d’un homme. À ses côtés, une adolescente désorientée mais vivante : Ana, une des fillettes disparues. Si l’autre est toujours en vie, le temps presse. Qui se cache derrière cet enlèvement ? Deux inspecteurs de Madrid viennent rouvrir l’enquête mais se heurtent à l’hostilité des habitants qui chassent en meute, faisant front contre l’élément exogène, prêts à lutter jusqu’à la mort pour cacher leurs terrifiants secrets. Il apparaît pourtant qu’Ana connaît son ravisseur. Est-ce uniquement la peur et la proximité de son bourreau qui la musellent ? Comment comprendre la troublante triangulation qui s’est jouée pendant cinq ans dans le sous-sol exigu d’un refuge de montagne ? 

    Première page :

    "Le glacier fondait sous la chaleur de l'été. Les plaques se lézardaient en émettant de légers craquements, et un fin ruissellement d'eau zébrait les parois du mont Perdu qui surplombait le village et lui donnait son nom : Monteperdido.

    A quelques kilomètres de là, plus bas, au fond d'un ravin, les roues avant de la voiture tournaient encore. Elle était à l'envers, le pare-brise brisé dessinait une toile d'araignée au milieu d'un nuage de poussière et de fumée. Quelques centaines de mètres plus haut, le chemin de terre d'où elle était tombée s'accrochait au flanc de la montagne. La chute avait laissé un sillon d'arbres arrachés et de terre labourée.

    Le vent balaya la fumée et révéla une flaque rouge à l'intérieur de la voiture, alimentée par un filet de sang, comme un robinet mal fermé, qui prenait sa source au front du chauffeur suspendu en l'air, retenu par la ceinture de sécurité. Le choc lui avait ouvert le crâne.

    Malgré les sifflements du vent, on percevait un gémissement. Presque un sanglot. Une fille, les bras marqués par une fine pluie de coupures, les vêtements en lambeaux et les cheveux sur le visage, se traînait hors du véhicule par la lunette arrière, également brisée. Les éclats de verre s'enfonçaient dans ses cuisses. Elle avait à peine seize ans. Elle surmonta la douleur et, dans un dernier effort, parvint à s'extraire entièrement.

    Elle se laissa tomber, épuisée. Sa respiration, encore irrégulière, la secouait tout entière chaque fois qu'elle cherchait à reprendre son souffle."

    Ce que j'en pense :

    Évidemment on a envie d’aller au bout de ce livre et l’auteur multiplie les « fausses pistes » afin de nous accrocher. Mais c’est long, on finit presque par s’ennuyer. Les personnages, nombreux, manquent d’épaisseur et, surtout, l’écriture (et/ou la traduction) est assez catastrophique (parfois cela frôle le ridicule). C’est sans doute la base d’un scénario pour une énième série policière mais ce n’est pas un bon polar.

    Monteperdido

     

     

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  • Mamie Luger

    "Mamie Luger" de Benoit Philippon - Les Arènes

    Présentation de l'éditeur :

    Six heures du matin, Berthe, cent deux ans, canarde l’escouade de flics qui a pris d’assaut sa chaumière auvergnate. Huit heures, l’inspecteur Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière. La grand-mère au Luger passe aux aveux et le récit de sa vie est un feu d’artifice. Il y est question de meurtriers en cavale, de veuve noire et de nazi enterré dans sa cave.
    Alors aveux, confession ou règlement de comptes ? Ventura ne sait pas à quel jeu de dupes joue la vieille édentée, mais il sent qu’il va falloir creuser. Et pas qu’un peu.

    Première page :

    "6h08

    Blam ! Blam !

    Berthe recharge. Ses membres tremblent. Beaucoup d'émotions pour une vieille de cent deux ans. Elle pense à sa camomille qui prend la poussière sur l'étagère de sa cuisine et se dit qu'elle s'en ferait bien une tasse. Les sirènes qui résonnent au loin ne sonnent peut-être pas encore le glas, mais reculent inéluctablement la perspective du réconfort d'un bon pisse-mémère.

    De Gore gît à quelques pas de la niche de son chien. Du sang autour de lui. Il a un trou dans le dos, un autre dans le cul, en plus de l'officiel. Merde, elle y a peut-être été un peu fort. Berthe ne l'a jamais aimé, de Gore. Le digne descendant de sa raclure de père. Elle ne pensait pas pour autant qu'il finirait au bout de son canon. Même si l'idée l'a souvent titillée.

    Rien de ce qui est arrivé ce matin n'était prémédité. Roy et Guillemette avaient besoin d'un moyen de locomotion et de temps, et Berthe s'apprêtait à leur procurer les deux. À son âge, on ne peut plus…"

    Ce que j'en pense :

    On retrouve la petite vieille du roman précédent de Philippon « Cabossé ». On retrouve également la même plume truculente de l’auteur (on pense toujours à Audiard). Mais cela passe moins bien que dans le premier livre, il y a un essoufflement, une lassitude après les deux tiers du livre.

    Mamie Luger

    Mamie Luger

     

     

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  • La petite gauloise

    "La petite gauloise" de Jérôme Leroy - la manufacture de livres

    Présentation de l'éditeur :

    Dans une grande ville de l'Ouest, le temps est suspendu et l'on s'attend au pire. Enfin, si seulement on savait à quoi s'attendre... Mais il aurait fallu que l'indic parle plus tôt. Ou que le flic auquel il s'est confié avant d'être descendu ne soit pas lui aussi tué par erreur. Il aurait fallu que les types qui préparent le coup ne se retrouvent pas éparpillés aux quatre coins de la ville, planqués dans des caves et des entrepôts. Il aurait fallu que cette affaire là ressemble à ce que l'on connaît. Seulement qui pouvait prévoir que tout repose entre les mains d'une gamine encore au lycée, de cette petite gauloise mystérieuse et prête à tout pour que sa vie ait un sens. Après Le Bloc et L'Ange gardien, Jérôme Leroy, subtil observateur des dérives politiques et identitaires de notre société, nous offre un nouveau roman incisif et troublant.

    Première page :

    "La raison pour laquelle la tête du capitaine de police Mokrane Méguelati, de l'antenne régionale de la Direction générale de la sécurité intérieure, vient d'exploser sous l'effet d'une balle de calibre 12, sortie à une vitesse initiale de 380 mètres par seconde du canon de 51 cm d'un fusil à pompe Taurus, fusil lui-même tenu par le brigadier Richard Garcia, policier municipal, est sans doute à chercher dans des désordres géopolitiques bien éloignés de la banlieue caniculaire qui surplombe cette grande ville portuaire de l'Ouest, connu pour son taux de chômage aberrant, ses chantiers navals agonisants et sa reconstruction élégamment stalinienne après les bombardement alliés de 1944."

    Ce que j'en pense :

    C’est plein d’ironie assez mordante et parfois féroce mais pour moi c’est toujours clairvoyant. Il faut bien sûr rentrer dans l’écriture de Jérôme Leroy qui se situe souvent entre humour et désespoir. La vie dans le lycée, les personnages de profs, d’écrivain, d’élèves… sont parfaitement décrits. Très grand roman noir (plutôt court : 140p).

    La petite gauloiseLa petite gauloiseLa petite gauloiseLa petite gauloise

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  • Or noir

    "Or noir" de Dominique Manotti - folio policier

    Présentation de l'éditeur :

    Marseille, 1973. Le commissaire Daquin, vingt-sept ans, prend son premier poste au commissariat de l'Évêché. Il découvre une ville ensanglantée par les règlements de comptes liés à la liquidation de la French Connection. Il tente de faire son trou au sein des services de police en guerre larvée. Il assiste à la naissance mouvementée d'un nouveau marché de produits pétroliers, et à l'ascension fulgurante des traders assoiffés d'argent frais qui le mettent en œuvre. En somme, tout pour le pousser à constater sans tarder que les requins les plus dangereux ne sont pas ceux que l'on croit...

    Première page :

    "Mai 1966, New York

    Au mois de mai à New York, il fait beau, l’air est doux, loin des chaleurs écrasantes de l’été, un temps propice aux mondanités. Ce jour-là, Michael Frickx, le trader le plus en vue de CoTrade, société de trading de minerais dont le siège est à New York, épouse Emily Weinstein, la petite-fille de Nat Weinstein, le patron de la Société des Mines d’Afrique du Sud, à la grande synagogue de la 5e Avenue.

    Après la cérémonie religieuse et avant un grand dîner de plusieurs centaines de couverts dans un grand hôtel de la ville, Joshua Appelbaum, le patron de CoTrade, reçoit chez lui une cinquantaine de proches, pour leur présenter lui-même la jeune épouse, et arroser entre amis l’heureux événement.

    Il habite un appartement de deux étages au sommet d’un gratte-ciel sur la 5e Avenue. Debout dans le petit salon qui jouxte l’entrée, il reçoit ses invités en compagnie de la mariée, âgée de vingt ans. Les invités la dévisagent avec curiosité et une touche de méfiance. Personne ne la connaît, elle débarque directement de l’Afrique du Sud, …"

    Ce que j'en pense :

    Encore un polar bien écrit et très bien documenté de Dominique Manotti. Le rythme est un peu lent car il est ralenti par les explications politico-financiéro-mafieuse des environs de Marseille. Dommage.

    Or noir

    Or noir

     

     

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  • Cold in hand

     

    "Cold in hand" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Le jour de la Saint-Valentin, une confrontation entre gangs rivaux dégénère, et une adolescente est tuée. Lynn Kellogg, collègue et maîtresse de Charlie Resnick, est impliquée dans la fusillade, et le père de la victime l'accuse de s'être servie de sa fille comme d'un bouclier humain. Charlie Resnick tente d'aider sa partenaire à sortir de cette situation, mais il commet plusieurs erreurs. Simultanément, l'enquête que menait Kellogg sur une affaire d'homicide s'enfonce dans une impasse. Les ramifications de cette affaire, beaucoup plus étendues qu'ils le croyaient au départ, plongent Kellogg et Resnick dans un maelstrom de dangers.

    Première page :

    "C'était ce moment étrange, ni jour ni nuit, ni même véritablement le crépuscule, où la lumière commençait à décliner, les phares de quelques automobilistes trop prudents allumant un reflet pâle, fugace, sur la surface luisante de la route, l'itinéraire le plus direct pour regagner la ville. Quelques enseignes au passage : Ezee-Fit, atelier de montage de pneus ; Quality Decking ; Matériaux de Construction de Nottingham ; Mondial Moquette. Et, par intervalles, une petite enfilade de boutiques en retrait de la chaussée : marchands de journaux, fleuristes, traiteurs chinois, bookmakers, vins et spiritueux à prix réduits.

    Lynn Kellogg conduisait une berline banalisée qui tressauta légèrement quand elle rétrograda en troisième, la radio de la police murmurant des petits riens entre deux rafales de parasites. Elle portait un blue-jean et des Timberland éraflées, avec son gilet pare-balles encore attaché sous son anorak de ski rouge et noir, fermeture-éclair baissée.

    Des deux côtés de la rue, des écoliers envahissaient les trottoirs, se bousculant, jouant des coudes, chemises dépenaillées, sac à dos jeté sur l'épaule...

    Ce que j'en pense :

    L'avant dernier polar de la série "Ressnick" est encore une belle réussite. C'est sans doute un livre un peu plus "noir" que d'autres de la série, un livre où Ressnick est plus impliqué personnellement. On retrouve le regard empathique que Harvey porte sur le monde, sur la société. On y découvre surtout une admirable réflexion autour de la mort, du deuil.

    Cold in hand

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  • Racket

    "Racket" de Dominique Manotti - éditions Les Arènes

    Présentation de l'éditeur :

    À Paris, un géant américain braque un joyau de l’industrie française : kidnapping, chantage, extorsion, meurtre.
    Le hold-up est presque parfait. Le gouvernement ne voit rien.
    Tout s’achète, et personne ne résiste à la menace.
    Sauf deux flics. Noria Ghozali, commandante au Renseignement intérieur. Un nom pas facile à porter en ces temps d’attentats islamistes. Et le commissaire Daquin, dont la carrière est derrière lui.
    Ils sont bien seuls à s’opposer à ce racket. Est-ce une raison pour renoncer ?

    Haletant et glaçant, Racket signe le grand retour de Noria Ghozali, l’héroïne fétiche de Dominique Manotti.

    Première page :

    "Samedi 13 avril 2013 New York.

    François Lamblin est de très bonne humeur lorsqu'il débarque en fin d'après-midi à l'aéroport JFK, en provenance de Paris, après huit heures de vol, trois whiskies et un excellent polar. À la descente de l'avion, l'air est frais, stimulant. Ce soir, une belle fille ramassée au bar de son hôtel de luxe et, après un repos bien mérité, il sera en forme pour rencontrer de gros clients qu'il séduira en leur présentant les performances des chaudières Orstam de nouvelle génération. Succès garanti, d'après le département Stratégie. Et, s'il triomphe sur le marché américain…"

    Ce que j'en pense :

    C’est un polar très bien documenté sur les dessous des grandes entreprises (on reconnaît facilement Alstom racheté par General Electric). C’est une intrigue politique, économique et financière. On peut même reconnaître des personnalités comme Emmanuel Macron, (secrétaire adjoint de l’Elysée), Arnaud Montebourg (ministre du redressement productif). L’auteur a su nous rendre intéressantes toutes les « combines » qui sont monnaie courante dans ce monde. C’est efficace.

    Racket

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  • Ne te retourne pas

    "Ne te retourne pas!" de Karin Fossum - Odin

    Présentation de l'éditeur :

    Une fillette de six ans est portée disparue. Peu de temps après, le cadavre de l'adolescente Annie Holland est découvert sur la commune d'un petit village où tout le monde se connaît. L'inspecteur Konrad Sejer est confronté à une nouvelle affaire complexe. Ne te retourne pas ! a reçu le Prix Riverton (meilleur roman policier de l'année en Norvège) en 1996. 

    Première page :

    "Ragnhild ouvrit doucement la porte et regarda dehors. Là-haut, sur la route, tout semblait calme : le vent qui avait joué entre les maisons pendant la nuit s'était enfin apaisé. Elle se retourna et tira la poussette de sa poupée sur le seuil.

    - Mais on n'a même pas déjeuné, se plaignit Marthe.

    Elle appuya sur l'arrière de la poussette pour l'aider un peu.

    - Il faut que je rentre. On va faire des courses, répondit Ragnhild.

    - Tu veux que je vienne chez toi après ?

    - Si tu veux. Quand on sera revenues du magasin.

    Elle arrivait à présent sur le gravier et se mit à pousser la voiturette sur le chemin qui montait au portail. Comme elle était lourde, elle se retourna pour la tirer derrière elle.

    - Salut, Ragnhild.

    La porte claqua. Un crissement de bois et de métal. Ragnhild se débattit un peu avec le portail, mais elle n'osa pas le laisser mal fermé : le chien de Marthe risquait de s'enfuir. Il la suivait attentivement des yeux, depuis sa position sous la table de jardin. Après s'être bien assurée que le portail était convenablement verrouillé, elle avança dans la ruelle en direction des abris des garages. Elle aurait pu prendre le raccourci entre les maisons, mais elle jugea que ce serait trop difficile avec la poussette.

    L'un des voisins était en train de fermer son garage. Il lui sourit en boutonnant son pardessus d'une main, un peu maladroitement. Une grande Volvo noire l'attendait en ronronnant doucement."

    Ce que j'en pense :

    J’ai eu un peu de mal à lire ce livre mais j’avais décidé d’aller au bout pour avoir une vraie critique. L’intrigue en elle-même est assez bien menée et pourrait être intéressante. Mais c’est excessivement lent et l’écriture est pour le moins « bizarre ». C’est sans doute du, pour une grande part, à la traduction, mais on est quand même très loin du talent de John Harvey lorsqu’il nous met « dans la peau » de Ressnick.

    Ne te retourne pas

     

     

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