• Derniers sacrements

    "Derniers sacrements" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Douze ans ont passé, pourtant Lorraine Preston s'en souvient comme si c'était hier : son frère dans le box des accusés, la condamnation à perpétuité et la honte. Aujourd'hui Michael Preston va sortir de prison, mais seulement pour quelques heures. il bénéficie d'une permission exceptionnelle afin d'assister aux obsèques de sa mère. son père est déjà mort depuis longtemps, c'est lui qui l'a tué. un acte aussi violent qu'inexplicable. Pour l'inspecteur Resnick, cette libération n'est pas une bonne nouvelle. La présence d'un meurtrier en ville est la dernière chose qu'il souhaite alors qu'il doit faire face à des bandes armées et à une explosion du trafic de drogue. et, comme un signe du chaos ambiant, sa relation avec Hannah Campbell se détériore... Derniers sacrements clôt en beauté le cycle de Resnick qui s'interroge sur les motivations humaines et la nature des sentiments.

    Première page :

    "Cela faisait douze ans qu'elle ne l'avait pas vu. Elle aurait bien voulu, pourtant ; mais elle ne lui avait pas écrit assez souvent, au début, pour lui demander de changer d'avis. Des lettres à destination de Feather-stone, Haverigg, Wandsworth, des Scrubbs. Le suppliant, ou presque. Avec le temps, pensait-elle, il va bien finir par passer l'éponge, par se rendre à de meilleurs sentiments.

    Au début, elle y était allée quand même, s'infligeant les trajets interminables, parfois en voiture, le plus souvent par le train. Non pas pour braver son interdiction, simplement pour être sur place, près de lui, pour partager un peu de la même atmosphère, du même air. De loin, elle observait les visiteuses massées devant les grilles : les épouses, les amantes, portant leurs plus beaux vêtements, coiffées pour l'occasion, maquillage retouché au dernier moment ; d'autres, accablées, entravées, tirant par la main des mômes avachis qui boudent et traînent les pieds. Au moment de la sortie, elle essayait si possible de se mêler à la fournée, d'attraper au vol des bribes de conversation pour son usage personnel. Et puis, tout à coup, elle cessa de faire le déplacement. Au lieu de cela, elle lui écrivit, régulièrement, le premier de chaque mois. Son rituel à elle. Les potins familiaux, des anecdotes concernant les enfants."

    Ce que j'en pense :

    C'est un bon Resnick, on y retrouve son humanisme, son attention à défendre les "laissés pour compte" de la société. On sent également une lassitude chez l'inspecteur et sans doute aussi chez l'auteur, comme s'il était temps de clôturer la série.

    Derniers sacrements

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  • La sorcière

    "La sorcière" de Camilla Lackberg - Actes Sud (actes noirs)

    Présentation de l'éditeur :

    Une fillette de quatre ans disparaît de la ferme isolée de ses parents. Après une longue battue, Nea est retrouvée nue sous un tronc d’arbre dans la forêt, assassinée. Fait troublant : la fillette se trouvait à l’endroit où, trente ans plus tôt, avait été découvert le corps sans vie de la petite Stella, une fillette du même âge qui habitait la même ferme. À l’époque, deux ado­lescentes, Marie et Helen, avaient été condamnées pour le meurtre : elles avaient avoué avant de se rétracter. Désormais mariée à un militaire autoritaire et psychopathe, Helen mène une vie recluse, non loin de la ferme, dans l’ombre des crimes passés. La belle Marie, quant à elle, est devenue une star du cinéma à Hollywood ; pour la première fois depuis la tragé­die, elle vient de revenir à Fjällbacka pour un tournage. Cette coïncidence et les similitudes entre les deux affaires sont trop importantes pour que Patrik Hedström et son équipe puissent les ignorer, mais ils sont encore loin de se douter des répercus­sions désastreuses que va avoir leur enquête sur la petite loca­lité. De son côté, Erica Falck écrit un livre sur l’affaire Stella. Une découverte la trouble : juste avant son suicide, le policier responsable de l’enquête à l’époque s’était mis à douter de la culpabilité des deux adolescentes. Pourquoi ?

    Première page :

    "Impossible de savoir quelle vie aurait eue la fillette. Qui elle serait devenue. Quel aurait été son travail, qui elle aurait aimé, pleuré, perdu et gagné. Si elle aurait eu des enfants, et lesquels. On ne pouvait même pas imaginer à quoi elle aurait ressemblé adulte. À quatre ans, rien n’était encore terminé chez elle. Ses yeux hésitaient entre bleu et vert, ses cheveux, bruns à sa naissance, étaient à présent blonds, avec des reflets roux, et leur couleur aurait sûrement pu encore changer. C’était particulièrement difficile à dire pour le moment. Son visage était tourné vers le fond de l’étang. L’arrière de sa tête recouvert d’épais sang séché. Seules les mèches qui flottaient au-dessus de son crâne montraient leurs nuances claires.

    On ne pouvait pas dire que cette scène était sinistre. Pas plus sinistre que si la fillette n’avait pas été dans l’eau. Le bruit de la forêt était toujours le même. La lumière filtrait à travers les arbres comme d’habitude à cette heure du jour. L’eau se mouvait doucement autour d’elle, sa surface seulement troublée de temps à autre par les petits ronds concentriques d’une libellule qui s’y posait. La métamorphose avait commencé et, peu à peu, elle ne ferait plus qu’un avec la forêt et l’eau. Si personne ne la trouvait, la nature suivrait son cours et l’assimilerait.

    Personne ne savait encore qu’elle avait disparu."

    Ce que j'en pense :

    Pourquoi vouloir toujours faire des livres de presque 700 pages alors que la moitié suffirait amplement ? C'est sans doute pour être fidèle à la ligne éditoriale de "actes noir". Tant pis si on allonge de façon artificielle l'intrigue… tant pis si on accorde moins d'attention à la traduction ! Fidèle à ses habitudes l'auteure croise plusieurs intrigues, il y en a au moins une de trop (peut être deux!). Donc : fastidieux ! car  j'ai quand même voulu aller jusqu'au bout pour émettre une critique qui "tienne" un peu.

    La sorcière

     

     

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  • Eau dormante

    "Eau dormante" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Et à l’instant où Milt Jackson lève une mailloche à hauteur d’épaule pour frapper la première note, le biper attaché à la poche intérieure de l’inspecteur lance comme une intrusion son insistante sonnerie. Charlie Resnick n’assistera pas au concert. Le cadavre d’une jeune femme vient d’être retrouvé dans le canal. Rien ne permet de l’identifier. Elle restera la « noyée fantôme », un dossier en souffrance. Pourtant Resnick a bientôt des raisons de s’inquiéter pour une autre femme : Jane Peterson, une amie de sa compagne Hannah, a disparu. Jane est l’épouse d’un dentiste renommé et cultivé, d’une brutalité insoupçonnée, qui la persécute et la frappe. A mesure que Resnick cerne la vérité sur cette disparition, sa propre relation avec Hannah résonne comme un écho à son enquête, placée sous le signe des difficiles rapports entre hommes et femmes.

    Première page :

    "C’était le soir où Milt Jackson était venu à Nottingham : Milt Jackson qui, pendant plus de vingt ans, avait appartenu à l’une des plus célèbres formations de jazz du monde, le Modem Jazz Quartet ; qui était entré en studio le 24 décembre 1954, en compagnie de Miles Davis et Thelonious Monk, pour enregistrer l’un des morceaux préférés de Resnick, Bag’s Groove ; ce même Milt Jackson qui se tenait à présent derrière son vibraphone sur la scène de la Salle 2 du Centre culturel Broadway, invité avec son nouveau quartet dans le cadre du Festival du Film et du Jazz organisé par le Centre ; Milt, bel homme élégant dans son costume gris sombre, un mouchoir noir plié en pointe dépassant de sa poche de poitrine, cravate à fleurs, une large alliance à son annulaire reflétant la lumière alors qu’il tend la main pour saisir les mailloches jaunes posées sur son instrument ; Milton « Bags » Jackson, né à Detroit, Michigan, le premier de l’an 1923, et dont l’allure ne laisse en rien deviner ses soixante-treize ans, qui se tourne à présent pour adresser un signe de tête au jeune pianiste – jeune, relativement. Dans l’auditorium bondé, le public, dont Resnick fait partie, retient son souffle. Et à l’instant où Milt Jackson lève une mailloche à hauteur d’épaule pour frapper la première note, le biper attaché à la poche intérieure de l’inspecteur lance comme une intrusion son insistante sonnerie."

    Ce que j'en pense :

    On retrouve dans ce neuvième épisode de la série des Ressnik les personnages devenus familiers. C'est une lecture "tranquille" avec un inspecteur tolérant, chargé d'humanité. 

    Eau dormante

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  • Proie facile

    "Proie facile" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Au foyer pour jeunes délinquants où il attend d'être jugé pour sa participation à un cambriolage qui a mal tourné, on retrouve le jeune Nicky Snape, quinze ans, pendu dans les douches. C'est l'inspecteur Charlie Resnick qui avait procédé a son arrestation, mais l'affaire est confiée a Bill Aston, un officier de police dénué d'imagination qui attend la retraite. Lorsque l'enquête provoque un meurtre sanglant sur les berges du fleuve, les craintes de Resnick se révèlent fondées. Lui-même sera chargé d'enquêter sur une série de viols particulièrement brutaux dont les victimes sont des hommes. Il aura ainsi l'occasion de rencontrer Hannah Campbell, l'un des professeurs de Nicky. Et, au milieu de toutes ces horreurs, Resnick s'apercevra qu'il est en train de tomber amoureux. Suite de la chronique de l'inspecteur jazzophile, «Proie facile »est le roman préféré de John Harvey.

    Première page :

    "– Si jamais je t’attrape, espèce de petit salopard, je te tords le cou !

    Tels furent les derniers mots que dit Norma Snape à son plus jeune fils ce jeudi-là. Comme beaucoup d’autres moments de la vie de Norma, leur souvenir allait la hanter longtemps, tels des doigts crispés par la colère lui labourant la gorge, encore et encore, presque jusqu’à l’étouffer. Quant à Nicky… Entre le claquement de la porte et l’éclat de son propre rire, sonore et haut perché, on peut douter qu’il ait entendu quoi que ce soit.

    Cela avait commencé comme bien souvent, les quatre membres de la famille trébuchant les uns sur les autres dans leur petite maison mitoyenne à la façade plate : Sheena, la sœur de Nicky, sortant enfin de la salle de bains et claquant les portes d’une pièce à l’autre à la recherche d’un chemisier propre, de sa cotte verte d’usine, de sa chaussure droite ; Nicky, quinze ans à peine, descendant l’escalier quatre à quatre en braillant la chanson du walkman accroché à la ceinture de son jean. « M’man, t’as vu mon chemisier ? » lança Sheena. « M’man, où est passé le pain grillé ? » « M’man, je croyais que tu devais repasser ça. » Seul son aîné, Shane, cheveux blonds et yeux gris ardoise, dix-huit ans dans huit jours, gardait le silence…"

    Ce que j'en pense :

    C'est un voyage dans les bas fonds des villes anglaises après le passage du libéralisme à la Thatcher : chômage, misère, délinquance… Ressnick a beaucoup d'empathie pour ces populations qui essaient de survivre le mieux possible. Le contenu de ce huitième tome des enquêtes de l'inspecteur est un peu plus "saignant" que d'habitude. Même si l'intrigue prend son temps le suspens est maintenu tout au long du livre.

    Proie facile

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  • Le zoo

    "Le zoo" de Gin Phillips - Robert Laffont

    Présentation de l'éditeur :

    Quand le monde est une jungle, les mères deviennent lionnes. 
    Le zoo est sur le point de fermer ses portes. Joan et son fils de quatre ans, Lincoln, sont dans leur coin préféré, à l'écart du chemin principal. Ils profitent des dernières minutes. Mais quand ils se dirigent vers la sortie, ce qu'ils découvrent transforme cette journée de rêve en cauchemar : des corps étalés sur l'herbe, des hommes armés de fusils. Sans réfléchir, Joan prend son enfant dans ses bras et court, jusqu'à en perdre le souffle, jusqu'à ce que ses muscles la brûlent.
    Pendant trois heures, la mère et son fils vont se retrouver piégés avec les animaux et les tueurs. Pour sauver Lincoln, Joan est prête à tout... même au pire.

    Première page :

    "Joan est restée longtemps en appui sur la pointe de ses pieds nus, les genoux pliés, la jupe frôlant la terre, mais là, elle a trop mal aux cuisses, alors elle s'assied sur le sable.

    Elle sent que quelque chose la pique. Elle passe la main sous sa fesse et récupère une petite lance de plastique – pas plus longue que son doigt –, ce qui n'a rien d'étonnant : elle trouve sans arrêt de minuscules armes de ce genre dans les endroits les plus inattendus.

    — Tu as perdu une lance ? demande-t-elle. À moins que ce ne soit un sceptre ?

    Sans répondre, Lincoln prend le petit objet de plastique qu'elle lui présente dans le creux de sa paume. Il n'attendait apparemment que l'occasion de s'asseoir sur ses genoux parce qu'il se retourne et s'installe confortablement sur le siège naturel offert par sa mère. Il n'y a pas un grain de sable accroché à ses vêtements. Il est du genre soigneux ; il n'a jamais aimé la peinture avec les doigts.

    — Tu veux un nez, maman ? propose-t-il.

    — J'en ai déjà un, répond-elle.

    — Tu en veux un en plus ?

    — Ça ne se refuse pas !

    Il repousse ses cheveux bruns et bouclés de son front ; ils mériteraient un bon coup de ciseaux. La mère et le fils sont à l'abri d'un toit de bois soutenu par des poteaux ronds, mais tout autour d'eux le vent qui souffle dans les arbres provoque une pluie de feuilles et fait jouer les branches, composant une marqueterie d'ombre et de lumière sur le gravier gris."

    Ce que j'en pense :

    Bon point de départ pour ce livre qui aurait pu être très angoissant, mais ça ne fonctionne pas vraiment. Le récit est plutôt lent (sauf à quelques reprises) avec des paragraphes entiers qui n'apportent rien à l'intrigue ni à la connaissance des personnages. L'auteure veut montrer le lien puissant qui relie la mère et l'enfant, malheureusement on ne ressent que peu d'empathie pour ces deux protagonistes.

    Le zoo

     

     

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  • Preuve vivante

    "Preuve vivante" de John Harvey - Rivages/noir

    Présentation de l'éditeur :

    "Adipeux, bientôt chauve, plus très jeune, la poitrine ouverte par une blessure qui recommençait à saigner, l'inconnu ne savait pas du tout vers quoi il courait, seulement à quoi il essayait d'échapper ". Deux représentants. Un supporter de football italien. Et maintenant, cet inconnu vêtu en tout et pour tout d'une chaussette au pied gauche. Tous ont été sauvagement attaqués après avoir été abordés par une fille. En ce début d'été à Nottingham, Charlie Resnick est bien sollicité. Non seulement il doit résoudre cette affaire d'agressions, mais on lui demande aussi d'assurer la protection de Cathy Jordan, auteur du festival Coups de feu dans le noir.
    La romancière a reçu des lettres de menaces et, de toute évidence, le corbeau est un lecteur assidu de son œuvre.

    Première page :

    "L'homme qui descendait Alfreton Road en courant au milieu de la chaussée, à trois heures cinq en ce dimanche matin, était « complètement à poil et les couilles à l'air ». pour reprendre les termes employés par Mark Divine. Une description poétique, de la part de Divine, mais pas scrupuleusement exacte. Sur son pied gauche, l'homme portait une chaussette Ralph Lauren bleu nuit en laine et coton mélangés, pointure 42. ornée d'un petit joueur de polo de couleur rouge. Et il saignait. Un mince filet de sang séché, d'une teinte trop pâle pour être assorti au logo Lauren, adhérait à son flanc. Il semblait provenir d'une plaie ouverte sous sa poitrine flasque.

    L'asphalte écorchait les pieds de l'inconnu, lui torturait les genoux. Il ahanait comme un soufflet de forge, sa respiration rauque lui déchirait la poitrine. Dix ans de promesses non tenues - cesser de fumer, aller à la piscine, se remettre à jouer au squash - ne l'avaient guère préparé à cette épreuve.

    Pourtant, il courait toujours. Il passa sans ralentir devant le Forest Inn. le Queen Hôtel…"

    Ce que j'en pense :

    Cet épisode des enquêtes de Ressnick est moins passionnant que les précédents. L'intrigue semble un peu éclatée et manque de souffle. On retrouve toujours avec plaisir les personnages mais il n'y a plus trace de la femme rencontrée par le policier lors de l'épisode précédent…Dommage !

    Preuve vivante

     

     

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  • Lumière froide

    "Lumière froide" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Pour l'inspecteur principal Resnick et son équipe, la déferlante des crimes et délits enregistrés en cette période de Noël ne sort guère de la routine : un chauffeur de taxi roué de coups, une femme ivre arrêtée pour désordre sur la voie publique, et un gamin dont les blessures suspectes sont peut©être le fait de violences paternelles. Dans l'ensemble, la PJ de Nottingham a la situation bien en main. Jusqu'au coup de téléphone de Dana Matthieson dont la colocataire a disparu. Resnick et ses collègues auront bientôt la preuve concrète que Nancy a été enlevée. Pour le Nouvel An, une première cassette leur parvient, et Resnick comprend qu'ils ont affaire, sans aucun doute, à un terrifiant psychopathe. Dans cette sixième enquête, on découvre une nouvelle facette de Charlie Resnick, homme solitaire et secret, lorsque le criminel qu'il traque menace, non plus une inconnue, mais une femme qui lui est proche et qui lui inspire des sentiments contradictoires.

    Première page :

    "Se dégageant de sous le corps endormi de Gary, elle se glissa en douceur jusqu'au bord du lit. Chaque nuit, invariablement, Gary se collait contre Michelle, l'immobilisait de son bras et de toute la masse de sa cuisse, reposant lourdement sur elle. Depuis qu'ils avaient emménagé dans cette maison, c'était encore pire. Il ne pouvait pas dormir sans elle. Retenant son souffle, Michelle attendit que cesse le grincement ténu du sommier. Le lino craquelé était froid sous ses pieds. Gary soupira, et quand Michelle se retourna, elle vit son visage, si jeune dans la lumière pauvre, sa bouche ouverte. Elle remarqua la façon dont l'une de ses mains agrippait le drap, les plis tourmentés de son front au-dessus des yeux, et elle fut bien aise de ne rien savoir de ses rêves.

    Enfilant une paire de chaussettes de Gary et l'un de ses sweaters par-dessus son propre T-shirt, elle quitta la chambre.

    Les enfants avaient une chambre à eux près du palier étroit, mais depuis quelques semaines, il y faisait trop froid. Leur haleine se figeait dans la pièce en petits nuages blancs, …"

    Ce que j'en pense :

    Toujours autant de plaisir à retrouver les personnages de Harvey, et, en particulier l'inspecteur Resnick. On a même l'impression que l'écriture, comme le bon vin, se bonifie en vieillissant. Le volet social de ce roman, qui se passe dans une Angleterre thatcherisée, est très prégnant.

    Lumière froide

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  • On ne réveille pas un chien endormi

    "On ne réveille pas un chien endormi" de Ian Renkin - Le livre de poche policier

    Présentation de l'éditeur :

    John Rebus est de retour officiellement à la Criminelle. Seul bémol : il a été rétrogradé sergent et doit travailler sous les ordres de son ancienne disciple Siobhan Clarke. Ils sont tous les deux en train d’enquêter sur une affaire a priori simple d’accident de voiture lorsqu’ils apprennent que le ministère public a décidé d’exhumer du passé de Rebus une histoire vieille de trente ans. À l’époque, l’équipe dont il faisait partie avait été accusée de falsification de preuves dans une affaire criminelle. Le service des plaintes, l’hypercorrect Malcolm Fox en tête, est saisi du dossier. Rebus est sur la corde raide. Il ne sait pas s’il peut faire confiance à Fox et, pourtant, il va avoir besoin de son aide. Quand on réveille un vieux chien aigri, il vaut mieux être bien préparé...
    Un grand Rebus sur fond de référendum sur l’indépendance de l’Écosse.

    Première page :

    "- Et on va où comme ça ?

    - On roule, c'est tout.

    - Oui, mais on roule jusqu'où ?

    Rébus se tourna vers l'homme qu'il avait ramassé devant une agence de paris sur Clerk Street. Un dénommé Peler Meikle, dont la moitié de la vie d'adulte s'était passée derrière les barreaux de diverses prisons écossaises et anglaises, comme en témoignaient sa pâleur et sa contenance typiques d'un ex-taulard. Son visage avait besoin d'un bon coup de rasoir et ses yeux enfoncés dans leurs orbites étaient réduits à deux pupilles noires sur le qui-vive. Après quelques feux tricolores, ils longèrent la Commonwealth Pool avant de s'engager dans Holyrood Park.

    - Ça fait un bail, dit Rébus. Qu'est-ce que tu deviens par les temps qui courent ?

    - Pas de quoi vous faire des cheveux, vous autres.

    - A ton avis, est-ce que j'ai l'air de m'en faire ?

    - Vous avez la même tronche que le jour où vous m'avez envoyé au tapis en 1989.

    - Ça remonte à si loin que ça ? fit Rébus d'un air faussement surpris en secouant la tête un peu trop fort."

    Ce que j'en pense :

    C'est bien mené, de façon assez classique, avec plusieurs histoires qui s'imbriquent (plus ou moins). Mais on ne s'attache pas complètement au personnage de Rebus car il est montré de manière un peu trop schématique.

    On ne réveille pas un chien endormi

     

     

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  • Les années perdues

    "Les années perdues" de John Harvey - Rivages/Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Cinq hommes armés et masqués ont commis en quelques mois une série de vols qui leur ont rapporté un demi-million de livres. Les forces de police se mobilisent, l'opération Martin-Pêcheur est déclenchée. Cependant, le crime ne compte pas que des professionnels : deux minables ont laissé un vieil homme entre la vie et la mort en voulant braquer une agence de crédit. Le père d'un des voyous était musicien au club de la Chaloupe où Ruth James chantait son succès Les Années perdues, tandis que Prior, le mari de Ruth, croisait la route de Charlie Resnick, un fusil de chasse à la main. Aujourd'hui, Prior est sur le point de recouvrer la liberté après plus de dix ans de réclusion. Les fantômes surgissent du passé et l'inspecteur comprend que leur histoire est aussi la sienne.

    Première page :

    "- N'oublie pas qu'on se retrouve à La Chaloupe, Charlie. Vers huit heures et demie, neuf heures. D'accord ?

    En entendant la voix de Ben Riley, Resnick se retourna. Il repéra sans mal le visage de son collègue. Dans la meute des supporters massés contre la barrière, il était bien le seul homme à ne lancer ni sarcasmes, ni injures. Deux minutes avant la fin d'un match apparemment condamné au score nul de zéro à zéro, une guerre d'usure menée dans le no man's land d'un terrain bourbeux d'arrière-saison, le ballon avait giclé vers l'aile et les rares brins d'herbe encore visibles sur la pelouse. L'ailier, se débarrassant d'un coup d'épaule de l'adversaire qui le marquait, avait couru trente mètres avant de rattraper la balle ; à la lisière de la surface de réparation, alors qu'il hésitait entre passer le ballon et tirer, un défenseur adverse l'avait fauché par derrière au terme d'une glissade, plantant ses crampons dans la cuisse de l'ailier. Le penalty, mal frappé, était parti en vrille au bout du pied trop tendu du buteur, mais il avait cependant franchi la ligne pour mourir dans les filets. Un à zéro…"

    Ce que j'en pense :

    Belle qualité d'écriture (une fois de plus) pour ce bon polar (non saignant!). Harvey sait nous restituer des ambiances, rendre vivants ses personnages. Dans ce cinquième livre des enquêtes de Resnick, on en apprend un peu plus sur ses débuts. Le jazz, le blues restent le fil conducteur de ce livre.

    Les années perdues

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  • Adieu Lili Marleen

    "Adieu Lili Marleen" de Christian Roux - Rivages Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Julien est pianiste dans un restaurant où, chaque soir, une vieille dame à l'élégance surannée lui demande de jouer Lili Marleen. Un jour, la mystérieuse cliente cesse de venir. En revanche, Julien reçoit la visite d'un individu patibulaire qui l'oblige à le suivre. Il reconnaît aussitôt les méthodes d'un caïd de la drogue qui se fait appeler Kamel et comprend que son passé vient de le rattraper...

    Première page :

    "Jouez Goodbye Pork Pie Hat au dessert, personne ne s'en rendra compte. Portrait Of An Ermite à l'entrée non plus, notez bien. Un Français, quand ça bouffe, ça bouffe. Rien à faire du génie, des mystères de la création, de la mort des grands hommes... En toutes circonstances, l'estomac est roi. Ça vaut pour moi aussi. Sinon je ne serais pas resté assis des soirées entières au piano du Saint-Jacques, à essayer de caser Mingus ou Monk entre un ris de veau et un filet de saint-pierre. Oui, je jetais la musique de ces grands hommes par pelletées de notes dans les oreilles de néophytes qui n'en avaient que faire parce que moi aussi, je voulais manger. Je me servais des œuvres des autres, de leurs tripes, de leur vision du monde, sans me soucier du tort que je pouvais leur causer, uniquement parce que je n'étais pas capable de faire autre chose qu'égrener des notes sur un piano, en espérant qu'en plus de ma maigre paye, cet étalage me vaudrait un pourboire. J'aurais dû en avoir honte, mais ce n'était pas le cas ; en revanche, côté pourboire, j'étais souvent déçu."

    Ce que j'en pense :

    Livre assez original où il est question de musique (classique et jazz) et d'histoire (le nazisme et les opposants allemands). Le récit est bien conduit, les personnages principaux bien campés. C'est la musique qui fait lien entre tous les événements. On découvre l'admiration que l'auteur (pianiste lui-même) porte à Beethoven.

    Adieu Lili Marleen

    Adieu Lili Marleen

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