• Un avion sans elle

    "Un avion sans elle" de Michel Bussi
    Presses de la Cité

    Présentation de l'éditeur :

    Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l'identité de l'unique rescapée d'un crash d'avion, une fillette de trois mois ? Deux familles, l'une riche, l'autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée "Libellule". Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l'affaire, avant d'être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête. Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu'à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, la jeune femme va dénouer les fils de sa propre histoire jusqu'à ce que les masques tombent. Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ? Ou bien quelqu'un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?

    Première page :

      "23 décembre 1980, 00 h 33

    L'Airbus 5403 Istanbul-Paris décrocha. Un plongeon de près de mille mètres en moins de dix secondes, presque à la verticale, avant de se stabiliser à nouveau. La plupart des passagers dormaient. Ils se réveillèrent brusquement, avec la sensation terrifiante de s'être assoupis sur le fauteuil d'un manège de foire.

     Ce furent les hurlements qui brisèrent net le fragile sommeil d'Izel, pas les soubresauts de l'avion. Les bourrasques, les trous d'air, elle en avait l'habitude, depuis presque trois ans qu'elle enchaînait les tours du monde pour Turkish Airlines. C'était son heure de pause. Elle dormait depuis moins de vingt minutes. Elle avait à peine ouvert les yeux que sa collègue de garde, Meliha, une vieille, penchait déjà vers elle son décolleté boudiné.

    — Izel ? Izel ? Fonce ! C'est chaud. C'est la tempête, dehors, il paraît. Zéro visibilité, d'après le commandant. Tu prends ton allée ?"

    Ce que j'en pense :

    Un beau sujet original, une intrigue assez bien menée mais il y a quelques longueurs. Ce n'est donc pas un chef d'œuvre comme certains l'ont écrit mais c'est tout de même un livre agréable à lire.

     

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  • Code rouge à Belle-Ile

    "Code rouge à Belle-Ile" de Jean Vigne
    Liv'éditions

    Présentation de l'éditeur :

    Un homme est retrouvé mort sur une plage de Belle-Île-en-Mer par une joggeuse. Les gendarmes concluent aussitôt à une banale noyade, mais l’enquête se complique quand un deuxième corps est découvert. Fait troublant, non seulement les défunts se ressemblent comme deux gouttes d’eau, mais ils portent le même nom : Mathieu Pondeix. Jumeaux, sosies ou clones ? La théorie de l’accident est aussitôt rejetée. Il est certain que la mort ne frappe pas au hasard sur cette île bretonne légendaire. Accompagné de sa charmante coéquipière Christelle Boyer, le major Georges Desgneau va tenter de percer ce nouveau mystère au risque de croiser, lui aussi, la route de l’Ankou…

    Extrait :

    "Un brigadier à l'allure de jeune premier et au teint bronzé le salue respectueusement, avant d'enchaîner d'un flot de paroles trop rapides :

    -    On a retrouvé le mort sur la plage, voilà plus de deux heures. Nous ne l'avons pas touché, hormis le légiste, bien entendu.

    -    Le mort, répète le major, la mine blafarde.

    De vieux souvenirs remontent en lui. L'histoire de cadavres qui ne cessaient de s'accumuler sur les plages de Belle Île en Mer, pour mieux disparaître. L'un d'eux s'était même envolé de la morgue. Il était là, sagement enfermé dans son tiroir métallique et pouf... quelques heures plus tard, il avait pris ses cliques et ses claques, pour aller vaquer à on ne sait quelle affaire. Une aventure folle que Georges croyait à jamais disparue, balayée par les vagues du temps. Eh bien non, voilà de nouveau un mort sur l'une des plages de Belle-île, un an tout juste après cette foutue affaire... de quoi perdre son sang-froid, tout de même.

    -  Qui a découvert le cadavre ?

    Le brigadier, sourire Colgate aux lèvres, pointe du menton un coin de plage où, entre deux dunes, une jeune fille essaye de retrouver des couleurs. À ses côtés, une métisse de toute beauté tente de la rassurer, tâche ardue vu les circonstances. Pour dire vrai, Georges s'intéresse peu au témoin, préférant de loin la poitrine ma foi fort généreuse de sa collègue. L'homme aimerait bien s'y perdre, visiter le canyon vertigineux niché entre les deux monts dont l'escalade paraît prometteuse...

    La gendarmette découvre le regard en coin de son supérieur, ouvre une bouche surprise, fronce les sourcils. Aussitôt, Georges se raidit, rougit comme après une bonne cuite, détourne les yeux vers le lointain. Les nuages s'amoncellent au large, un grain est à craindre dans les prochaines heures et dans un délai plus court s'il continue à mater la belle, au lieu de s'occuper de ce satané cadavre. "

    Ce que j'en pense :

    Je ne sais pas ce que fait ce livre dans une sélection "polar" d'une bibliothèque départementale (car, heureusement je ne l'ai pas acheté!). Il faut lire l'extrait pour avoir une idée du style de l'auteur. L'écriture voudrait être humoristique mais cela devient très lourd, en particulier avec les allusions incessantes à la poitrine de la gendarmette ! N'est pas Jean Bernard Pouy qui veut !

      

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  • Juste une ombre

    "Juste une ombre" de Karine Giebel
    Fleuve Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde. Tu manipules ? Tu deviendras une proie. Tu domines ? Tu deviendras une esclave. Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as su t'imposer dans ce monde, y trouver ta place. Et puis un jour... Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi. À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche. Juste une ombre. Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré. On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres. On t'observe jusque dans les moments les plus intimes. Les flics te conseillent d'aller consulter un psychiatre. Tes amis s'écartent de toi. Personne ne te comprend, personne ne peut t'aider. Tu es seule. Et l'ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos. Ou seulement dans ta tête ? Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard... Tu commandes ? Apprends l'obéissance. Tu méprises ? Apprends le respect. Tu veux vivre ? Meurs en silence...

    Première page :

    "La rue est longue. Étroite, Obscure et humide.

    Je n'ai pas très chaud dans mon manteau. Pour ne pas dire froid. Dans le dos, surtout.

    J'accélère, pressée de retrouver ma voiture. Et mon lit, l'instant d'après.

    Je n'aurais pas dû me garer si loin. Je n'aurais pas dû boire autant. Partir si tard.

    D'ailleurs, je n'aurais pas dû aller à cette soirée. À archiver dans les moments gâchés. Les temps perdus, si nombreux. Cette soirée, j'aurais mieux fait de la passer en compagnie d'un bon livre ou d'un beau mec. Mon mec.

    La moitié des lampadaires est en panne. Il fait sombre, il fait tard. Il fait seul.

    Le bruit de mes pas se cogne aux murs sales. Je commence sérieusement à avoir froid. Et sans trop savoir pourquoi, à avoir peur. Sentiment vague, diffus; qui m'étrangle en douceur. Deux mains glacées se sont lovées autour de mon cou sans que j'y prenne garde.

    Peur de quoi, au fait? L'avenue est déserte, je ne vais pas me faire attaquer par une poubelle !

    Allez, plus qu'une centaine de mètres. Peut-être deux, à tout casser. Rien du tout quoi.,.

    Soudain, j'entends quelqu'un marcher dans mon dos. Instinctivement, je passe la seconde puis je me retourne.

    Une ombre! vingt mètres derrière moi. Un homme, je crois. Pas le temps de voir s'il est grand, petit, gros ou maigre."

    Ce que j'en pense :

    Excellent thriller (ou polar psychologique) ; écriture alerte, rapide, incisive ; personnages profonds et complexes ; intrigues très bien conduites tout au long du livre. À conseiller aux amateurs d’angoisse et de frisson.

      

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  • Bad boy

    "Bad boy" de Peter Robinson
    traduction Marina Boraso - Le livre de poche policier

    Présentation de l'éditeur :

    Jaff est beau, ambitieux, et sait s'entourer d'un irrésistible parfum de mystère. Mais il est aussi très dangereux. Tracy, la fille de l'inspecteur Banks, a succombé à son charme... et à son emprise. Au point d'accepter de le suivre lorsqu’il tente de semer la police qui le recherche pour détention d'arme. Pour la jeune femme, c'est le début d'une traque mortelle à travers le pays. Parti soigner sa dernière désillusion amoureuse sous le soleil de la Californie, Banks, qui ignore tout, découvre à son retour le coup de tête de sa fille. Il sera alors confronté à l'enquête la plus angoissante et la plus personnelle de sa carrière.

    Première page :

    "En cette fin du mois d'août, la campagne détrempée du Yorkshire évoquait une symphonie en vert et or sous un ciel bleu ponctué de nuages blancs. C'était un vrai miracle que les fermiers se soient débrouillés pour faire les foins, car la pluie était tombée sans interruption pendant des jours et des jours. Ils avaient réussi, malgré tout, et les champs étaient maintenant parsemés de meules de paille bien nettes. Des tracteurs étincelants retournaient le chaume, révélant les bruns sombres de la terre fertile. Les parfums de la dernière moisson et l'odeur des premiers froids annonciateurs de l'automne se mêlaient dans l'air doux. Sur la lande, la bruyère pourpre était en pleine floraison, tandis qu'en bordure de la route, les hirondelles rassemblées sur les fils téléphoniques se préparaient à leur longue odyssée vers l'Afrique.

    Ce lundi matin, Annie Cabbot, en route pour le commissariat, regrettait beaucoup de ne pas pouvoir les accompagner. Elle aurait adoré passer quelques jours dans une réserve animalière, à croquer ou à photographier les girafes et les zèbres, les léopards, les lions et les éléphants. Ensuite elle aurait fait la route des vins, goûté à l'excellente cuisine de Cape Town et profité de la vie nocturne."

    Ce que j'en pense :

    Les aventures de l'inspecteur Banks décrites dans ce livre ne sont pas très palpitantes. Le personnage de la fille de Banks, ainsi que quelques uns des personnages plus secondaires, paraissent parfois un peu trop stéréotypés. Néanmoins ce livre, même s'il est un des moins intéressants de la série, peut se lire avec un certain plaisir lorsque l'on doit voyager quelques heures en train ! 

     

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  • Le dernier lapon

    "Le dernier lapon" de Olivier Truc
    Métailié Noir

    Présentation de l'éditeur :

    Kautokeino, Laponie centrale, 10 janvier. Nuit polaire, froid glacial. Demain le soleil, disparu depuis 40 jours, va renaître. Demain entre 11h14 et 11h41, Klemet va redevenir un homme, avec une ombre. Demain le centre culturel va exposer un tambour de chaman légué par un compagnon de Paul-Émile Victor. 
    Mais dans la nuit, le tambour est volé. Les soupçons iront des fondamentalistes protestants aux indépendantistes sami. La mort d'un éleveur de rennes n'arrange rien à l'affaire. La Laponie, si tranquille en apparence, va se révéler terre de conflits, de colères et de mystères. Klemet, le Lapon, et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs de la police des rennes, se lancent dans une enquête déroutante. Mais à Kautokeino, on n'aime guère les vagues. Ils sont renvoyés à leurs patrouilles en motoneige à travers la toundra, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes. 
    Les mystères du 72e tambour vont les rattraper. Pourquoi en 1939 l'un des guides sami a-t-il confié à l'expédition française ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks traditionnels que chante le vieil oncle de Klemet ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et qui a l'air de si bien connaître la géologie de la région ? À qui s'adressent les prières de la pieuse Berit ? Que cache la beauté sauvage d'Aslak, qui vit en marge du monde moderne avec sa femme à moitié folle ? 
    Dans un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l'hypermodernité et de la tradition d'un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.

    Première page :

    "1693.
    Laponie centrale.

    Aslak trébucha. Signe de fatigue. Normalement, ses pas trouvaient toujours. Le vieil homme n'avait pas lâché son paquet. Il roula sur lui-même. Le choc fut amorti par la couche de bruyère. Un lemming s'en échappa. Aslak se redressa. D'un coup d'oeil derrière lui, il estima la distance de ses poursuivants. Les aboiements approchaient. Il lui restait peu de temps. Il reprit sa course silencieuse. Le visage creusé et des pommettes rebondies lui donnaient un air mystique. Ses yeux étaient enflammés. Ses pieds trouvaient à nouveau seuls la trace. Son corps se dédoublait. Il sourit, respira plus vite, à s'en faire tourner la tête, léger, le regard aiguisé, les pas infaillibles. Il savait qu'il ne chuterait plus. Il savait aussi qu'il ne survivrait pas à cette nuit doucereuse. Ils le pistaient depuis trop longtemps. Cela devait finir. Il ne perdait pas un détail de ce qui l'entourait, le plateau qui s'élevait, le mouvement des pierres, la berge élégante du lac à la forme de tête d'ours, les montagnes au loin, pelées, douces, où ses yeux distinguaient des rennes assoupis. Un torrent s'écoulait. Il s'arrêta, le souffle à peine haletant. Ici. Il fixa les lieux. Le torrent qui s'écoulait et se déversait dans le lac, les traces de rennes qui filaient dans la montagne vers l'est, où la lueur du soleil à venir indiquait le début de sa dernière journée. Il resta grave, serra son paquet. Un petit îlot s'élevait dans un coin du lac. Il s'en approcha, trancha des branches de bouleau nain à l'aide de son couteau. L'îlot était couvert de bruyère et d'arbrisseaux. Les aboiements se rapprochaient. Il se déchaussa, jeta dans l'eau les branches pour éviter de laisser ses traces dans la vase. Il continua ainsi jusqu'au rocher, grimpa, souleva les bruyères et enfouit son paquet. Il rebroussa chemin, puis il reprit sa course. Il n'avait plus peur."

    Ce que j'en pense :

    Ce livre nous fait découvrir un territoire, des paysages, une civilisation assez fascinants. Le duo des policiers Klemet/Nina fonctionne bien (on a même envie de les suivre dans d'autres aventures). Ce n'est pas un thriller au rythme haletant, l'écriture n'est pas non plus transcendante mais c'est un premier roman assez réussi.

      

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  • Dans le ventre des mères

    "Dans le ventre des mères" de Marin ledun
    Ombres noires

    Présentation de l'éditeur :

    "Le virus nous ronge de l'intérieur. Il nous maintient debout pour servir ses propres desseins de parasite mais, tôt ou tard, nos corps lâcheront. Je sais que ce jour est proche... En attendant mon heure, ils m'ont reconvertie en soldat." Janvier 2008. Une explosion anéantit un village ardéchois. Dans un décor apocalyptique, les sauveteurs exhument un charnier. Les cadavres, véritables cobayes humains, ont subi des mutations génétiques. Une femme apparaît dans les décombres: Laure Dahan, 29 ans. Ses jours sont comptés. Son obsession: sa fille qu'elle n'a jamais connue. Elle doit la mettre à l'abri avant qu'il ne soit trop tard. Pour cela, elle est prête à tout et n'hésite pas à semer la désolation sur son passage. Les meurtres se succèdent, mystérieusement reliés, au fil de l'enquête du commandant Vincent Auger. De Grenoble à Berlin, de Zagreb à la Sicile, une course-poursuite s'engage entre Laure et Vincent. Quel rapport entre elle et les cobayes humains? Dans un monde où s'effritent les frontières entre le bien et le mal, Vincent Auger devra choisir son camp.

    Première page :

    "Sous les assauts du vent, l'herbe haute frémit autour de Laure Dahan. Le chant assourdissant des cigales couvre le bruit de ses pas. Son corps s'offre à ce moment attendu depuis si longtemps. Elle sourit. Une esquisse sous un soleil de plomb. Pantalon de toile, baskets, chemise noire. Légère, très légère. Une goutte de sueur perle le long de son cou. Une veine, presque palpitante de vie.

    Durer, faire durer.

    Ses bras délicats, ouverts, en croix, le tissu légèrement froissé au niveau de la taille, le noir. L'échancrure révèle la naissance d'un sein rond et ferme. Sous la poussière, une fine pellicule de sueur. Une odeur forte de pin et de fougère. Une fragrance légère de lavande. Un parfum de vengeance. Le tonnerre gronde, à quelques kilomètres. Bientôt là.

    Durer, c'est la règle imposée.

    Sa silhouette est gracile. Sa jeunesse, éternelle. Ses cheveux de jais balaient son visage par vagues successives. Elle se tient au milieu d'une clairière et peu importe le jour, peu importent l'heure et le moment : belle dans sa gangue solaire, désirable dans ce noyau de nature, gorgée de chaleur. Comme le sont toutes les femmes de son âge.

    Comme le sont toutes les mères qui s'apprêtent à embrasser leur enfant pour la première fois."

    Ce que j'en pense :

    Polar fantastique, techno thriller sur fond de manipulation génétique. On retrouve beaucoup de personnages d'un précédent roman (marketing viral) sans que cela en soit une suite mais plutôt un éclairage nouveau sur mes mêmes évènements. L'intrigue est rondement menée, les paysages de l'Ardèche sont magnifiques, il y a de l'action mais il manque à mon sens la profondeur et le réalisme d'un de ses précédents romans : "Les visages écrasés".

     

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  • La place du mort

    "La place du mort" de Pascal Garnier
    Points

    Présentation de l'éditeur :

    Fabien mène une existence paisible jusqu'au jour où sa femme décède dans un accident de voiture. Un drame n'arrivant jamais seul, il découvre qu'elle était accompagnée de son amant. Fabien, désarçonné mais déterminé, décide de se venger : "Il a piqué ma femme, je lui piquerai sa veuve". Mais ce désir si légitime va l'entraîner dans une situation abominable.

    Première page :

    "Les histoires d'amour finissent mal en gêné...

    Un index à l'ongle rongé coupe net la chanson des Rita Mitsouko. Ce brusque retour au silence fait mal. Les dix doigts se mettent à tambouriner sur le volant. Un son mat, un rythme monotone. On dirait de la pluie. Les cadrans du tableau de bord les éclairent en vert fluo. Aucune autre lumière à des kilomètres à la ronde. Pas une étoile, à peine un soupçon de clarté, là-bas, derrière les collines, la présence d'une ville lointaine. La main droite quitte le volant, caresse de sa paume le levier de vitesses. Le même geste qu'on fait pour flatter la tête d'un chien, d'un chat, la crosse d'une arme. C'est une bonne voiture, puissante, robuste, grise. Onze heures trente, ils ne devraient plus tarder. À force de fixer l'aiguille des secondes, celle-ci semble s'arrêter. Mais non, elle continue son petit bonhomme de chemin, obstinée ou résignée, comme un âne tournant la meule d'un moulin.

    Et puis soudain, rasant la crête de la colline en face, un faisceau de phare, la nuit qui pâlit, qui recule... Contact. La main droite se crispe et enclenche une vitesse."

    Ce que j'en pense :

    Il y a dans ce roman comme d'habitude chez Pascal Garnier, de l'ironie, du noir, de l'absurde, de la chronique sociale, de l'insolite... et surtout de la profondeur. Garnier nous montre qu'il n'est pas besoin d'intrigue compliquée pour tenir en haleine le lecteur. Garnier nous manque, il manque à la littérature.

       

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  • Chasseurs de têtes

    "Chasseurs de têtes" de Jo Nesbo
    traduit par Alex Fouillet - Gallimard, Série noire

    Présentation de l'éditeur :

    Roger Brown le répète à qui veut l'entendre : il est le meilleur chasseur de têtes de toute la Norvège. Pas un collègue ne lui arrive à la cheville, et quand il décroche son téléphone, tous les DRH du pays ont le doigt sur la couture. Mais il faut toujours se méfier des apparences, même au sommet de la société. Roger Brown vit au-dessus de ses moyens : sa villa est trop grande et sa femme bien trop belle. Sans parler de la galerie d'art de cette dernière qui engloutit toutes ses finances. Il n'a donc pas le choix : alors que ses richissimes clients sont convoqués à des rendez-vous professionnels qu'il a lui-même mis sur pied, il en profite pour s'introduire chez eux et leur voler leurs oeuvres d'art. Un jour, le candidat parfait se présente : le Néerlandais Clas Greve. Ancien militaire spécialiste de la technologie GPS, il possède le profil idéal, ainsi qu'un Rubens. Si Roger Brown réussit à mettre la main sur ce tableau, ses problèmes financiers seront réglés. Et son épouse sera sienne pour toujours... Mais Roger va bien vite comprendre que, dans cette histoire, tout le monde veut quelque chose, et que personne n'a rien gratuitement. Pas sans tuer... La chasse aux têtes est ouverte !

    Première page :

    "Une collision entre deux véhicules, c'est de la physique simple. Les hasards régissent l'ensemble, mais on peut les expliquer en disant que l'équation force x temps revient à multiplier de la masse par une variation de vitesse. Introduisez les hasards sous forme de chiffres pour les variables, et vous obtenez un récit simple, vrai et impitoyable. Il raconte par exemple ce qui se passe quand un camion de vingt-cinq tonnes plein à craquer roulant à une vitesse de quatre-vingts kilomètres à l'heure heurte une voiture de tourisme d'une tonne huit roulant à la même vitesse. En se fondant sur les hasards en matière de point d'impact, de qualité des carrosseries et d'angle des corps entre eux, on obtient une infinité de variantes à ce récit, mais elles ont deux points communs. Ce sont des tragédies, et c'est la voiture de tourisme qui est en position délicate.

    Le calme est étrange, j'entends le vent souffler doucement dans les arbres, et le murmure de la rivière. Mon bras est paralysé, je suis suspendu la tête en bas, bloqué entre chair et acier. Du sang et de l'essence gouttent depuis le plancher au-dessus de moi."

    Ce que j'en pense :

    Le sujet est intéressant et il n'y a pas tant de livres écrits sur ce thème. C'est du Nesbo, bien écrit, avec rythme très soutenu, on ne s'y ennuie pas. Mais la fin, en particulier, où l'on a droit à une explication à la Agatha Christie, c'est loin d'être du bon Nesbo.

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  • L'écriture sur le mur

    "L'écriture sur le mur" de Gunnar Staalesen
    traduction Alex Fouillet - Gaïa polar

    Présentation de l'éditeur :

    À Bergen, février est un mois dangereux pour les sorties solitaires. Un juge d’instance est retrouvé mort dans l’un des meilleurs hôtels de la ville, seulement vêtu d’un délicat ensemble de dessous féminins.

    Quelques jours plus tard, le détective privé Varg Veum se voit confier la mission de retrouver Thorild, une jeune fille disparue. Thorild, qui aurait l’âge d’être sa fille. L’âge auquel on dit de la jeunesse qu’elle reflète l’état de la société. Varg Veum a pris un coup de vieux. Il s’est fait à l’idée de garder ses distances avec l’aquavit, et assume une histoire qui dure avec Karin. Le bonheur ? Pas si simple. Varg reçoit du courrier. Dans l’enveloppe, un avis de décès. Le sien.

    Première page :

    "Quand le juge H.C Brandt, soixante-deux ans, fut retrouvé mort un vendredi de février dans l'un des meilleurs hôtels de la ville, uniquement vêtu d'un ensemble de sous-vêtements féminins des plus raffinés, les rumeurs ne tardèrent guère.
    Des rires retentissants fusaient autour des tables de journalistes du Wesselstuen à chaque nouvelle information, et le moindre détail prenait facilement des proportions inattendues. Je me vis présenter une poignée de ces hypothèses par mon vieux copain de classe, le journaliste Paul Finckel, alors que nous partagions au Børs un déjeuner paisible fait de carbonnade et de bière, quelques jours plus tard.
    Qu'on ait retrouvé le juge en sous-vêtements féminins, c'était déjà assez sensationnel. Les suppositions quant à la couleur des dits sous-vêtements étaient légion. Le rose et le rouge revenaient fréquemment. Plusieurs personnes maintenaient contre vents et marées qu'ils avaient été vert pastel. En fin de compte, on s'accorda pour dire qu'ils avaient dû être noirs.
    Les rumeurs les plus brûlantes concernaient la ou les personnes en compagnie de qui il s'était trouvé dans cette chambre. Car absolument personne ne croyait qu'il y avait été seul.
    Un groupe en particulier était convaincu qu'il s'était agi d'un homme, puisque le juge, lui, portait des vêtements de femme. Mais comme personne n'avait jamais entendu dire que le juge ait été lié au milieu homosexuel de la ville, et puisqu'il était en outre marié et grand-père, c'était selon eux la révélation d'une homosexualité refoulée. Et qui pouvait affirmer que le partenaire potentiel n'appartenait pas à la même catégorie ? Le cas échéant, les journalistes avaient plein de bonnes idées, mais aucune preuve tangible de son identité.

    Ce que j'en pense :

    Intrigue bien conduite, style assez imagé, humour...font de ce polar un livre agréable à lire. On a beaucoup de sympathie pour ce privé (ancien travailleur social) qui n'a pas peur de se confronter aux mœurs de son époque, même si on se perd parfois dans les noms propres norvégiens...

      

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  • Le léopard

    "Le léopard" de Jo Nesbo
    traduction Alex Fouillet - série noire Gallimard

    Présentation de l'éditeur :

    Deux femmes sont retrouvées mortes à Oslo, toutes les deux noyées dans leur sang. La police, en pleine guerre interservices, se retrouve face à un mystère, puisque les blessures à l’origine des hémorragies fatales semblent avoir été provoquées de l’intérieur. La belle Kaja Solness, de la brigade criminelle, est envoyée à Hong Kong pour retrouver le seul spécialiste norvégien en matière de tueurs en série. Le policier alcoolique s’est caché dans une ville d’un million d’habitants pour fuir les démons assoiffés de sang d’anciennes affaires, les souvenirs amers de la femme qu’il aime ainsi que les membres des triades à qui il doit de l’argent. Ce flic s’appelle Harry Hole… Nous promenant des pics enneigés de la Norvège aux volcans sulfureux du Congo, Le léopard est une traque sans pitié qui laisse le lecteur pantelant. Pour la huitième affaire de son enquêteur fétiche, Jo Nesbø nous livre son roman le plus complexe et le plus maîtrisé. Avec cinq millions de lecteurs dans le monde, traduit dans plus de quarante pays, Nesbø s’impose, avec Le léopard, comme le maître incontesté du thriller scandinave. Âmes sensibles s’abstenir…

    Permière page :

    "Elle se réveilla. Cligna des yeux dans l'obscurité complète. Ouvrit grande la bouche et respira par le nez. Elle cilla de nouveau. Sentit une larme couler et dissoudre le sel d'autres larmes. Mais la salive ne coulait plus dans sa gorge, sa bouche était sèche et dure, ses joues tendues par l'objet à l'intérieur. Le corps étranger dans sa bouche lui donnait l'impression que sa tête allait éclater. Mais qu'est-ce que c'était, qu'est-ce que c'était ? En se réveillant, elle avait d'abord pensé qu'elle voulait redescendre. Dans ces profondeurs noires et chaudes qui l'avaient entourée. La piqûre qu'il lui avait faîte agissait encore, mais elle savait que la douleur arrivait, elle le savait aux coups lents et sourds qui rythmaient son pouls et à la progression saccadée du sang dans son cerveau. Où était-il ? Juste derrière elle ? Elle retint son souffle, écouta. Elle n'entendait rien, mais sentait sa présence. Comme un léopard. On lui avait dit que le léopard était suffisamment silencieux pour pouvoir se glisser tout près de sa proie dans le noir, qu'il réglait sa respiration sur la sienne. Il retient son souffle quand vous cessez de respirer. Il lui semblait percevoir la chaleur de son corps. Qu'attendait-il ? Elle recommença à respirer. Et crut percevoir au même instant un souffle dans sa nuque. Elle fit volte-face, frappa, mais ne rencontra que le vide. Se recroquevilla, essaya de se faire petite, de se cacher. En vain."

    Ce que j'en pense :

     Plus de 750 pages ! Mais il y a toujours du suspense, de l'intérêt grâce aux personnages (plutôt complexes), à l'intrigue (à rebondissements fréquents) et à l'écriture (simple et efficace)

      

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