• Les buveurs de lumière

    "Les buveurs de lumière" de Jenni Fagan - Métailié

    Présentation de l'éditeur :

    Le monde entre dans l'âge de glace, il neige à Jérusalem et les icebergs dérivent le long des côtes. Pour les jours sombres qui s'annoncent, il faut faire provision de lumière – neige au soleil, stalactites éclatantes, aurores boréales.

    Dylan, géant barbu et tatoué, débarque au beau milieu de la nuit dans la petite communauté de Clachan Fells, au nord de l'Écosse. Il a vécu toute sa vie dans un cinéma d'art et essai à Soho, il recommence tout à zéro. Dans ce petit parc de caravanes, il rencontre Constance, une bricoleuse de génie au manteau de loup dont il tombe amoureux, et sa fille Stella, ex-petit garçon, en pleine tempête hormonale, qui devient son amie. Autour d'eux gravitent quelques marginaux, un taxidermiste réac, un couple de satanistes, une star du porno.
    Les températures plongent, les journaux télévisés annoncent des catastrophes terribles, mais dans les caravanes au pied des montagnes, on résiste : on construit des poêles, on boit du gin artisanal, on démêle une histoire de famille, on tente de s'aimer dans une lumière de miracle.
    Dans ce roman éblouissant au lyrisme radical, peuplé de personnages étranges et beaux, Jenni Fagan distille une tendresse absolue qui donne envie de hâter la fin du monde.

    Première page :

    "Ils sont parfaitement clairs sur le sujet. Ils emploient des phrases déclaratives courtes. Des majuscules. De l'encre rouge. Certains points sont soulignés. En somme : ils veulent tout. C'est la fin. Dylan utilise des ciseaux à ongles pour tailler les poils rebelles qui dépassent de sa barbe, il se penche au-dessus d'une rangée de lavabos dans les toilettes pour dames et s'asperge le visage. Il a joué de nombreux rôles devant ces miroirs : Jedi, Goonie, zombie, ado téléki-nésique vengeur - un gamin de Soho ayant grandi dans un cinéma d'art et d'essai : il se couchait sur la scène en pyjama pour regarder les étoiles glisser sur le plafond pendant des heures. Sa grand-mère disait qu'ils étaient les gardiens d'un conclave, un endroit où les gens venaient pour se sentir un moment en sécurité, pour se rappeler qui ils avaient été autrefois - une chose si souvent ignorée (à l'extérieur) mais ici à l'intérieur : lumières, caméra, action !

    Dylan enfile son pull et se dirige vers le foyer désert. Le guichet de la billetterie sent le renfermé. Une traînée de verres de gin vides mène jusqu'à sa cabine de projection. Il se rappelle brièvement avoir trinqué à Tom et Jerry, Man Ray, Herzog et Lynch, Besson et Bergman, aux filles du peep-show d'à côté, à Hansel, Gretel et tous leurs amis. Il prend à nouveau la lettre. Même si elle le lui avait dit, il n'aurait rien pu faire. Le compte est vide. Il y a moins que rien. Le déficit affiche tellement de chiffres qu'il cesse de compter. Un tas de factures impayées est soigneusement rangé …."

    Ce que j'en pense :

    Dans un contexte apocalyptique l’auteure réussit à instiller de l’espoir avec ses personnages qui apparaissent tous en rupture avec les normes de « l’ancien monde ». Chacun·e croit que tout est encore possible : l’amour, le changement de sexe, la mort apaisée, un nouveau mode de vie…. Tout cela est écrit dans une langue merveilleuse, poétique, surprenante. Ce livre, malgré le froid glacial qu’il décrit, contient de la tendresse, de la douceur et de la chaleur.

    Les buveurs de lumière

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  • La madone de Notre-Dame

    "La madone de Notre Dame" de Alexis Ragougneau - Points policier

    Présentation  de l'éditeur :

    À Notre-Dame de Paris, sous le soleil du 15 août, une jeune femme provocante, tout de blanc vêtue, sème le trouble dans la procession. Le lendemain, elle s'effondre en plein cœur de la cathédrale. Si la police et le parquet semblent pressés de clore une affaire qui entache le prestige de l'Église, le père Kern, suivant son intuition et sa propre piste, est prêt à remonter aux racines du mal...

    Première page :

    "LUNDI

    On a une alerte à la bombe, Gérard. Dans le déambulatoire. Cette fois c'est du sérieux, du lourd.

    Une épaule calée contre le cadre de la porte, son gigantesque trousseau de clés pendu au bout du bras, le surveillant observait le sacristain s'affairer, ouvrir une à une les armoires de la sacristie, en sortir des chiffons, des éponges, des produits d'entretien pour l'argenterie, marmonnant à intervalles réguliers quelques jurons de sa propre composition.

    Tu m'écoutes, Gérard ? Tu devrais aller jeter un coup d'oeil, je t'assure. Quinze ans de carrière, jamais vu un truc pareil. Il y a de quoi faire péter la cathédrale tout entière.

    Gérard interrompit ses recherches et parut enfin s'intéresser au surveillant. Celui-ci venait de suspendre le trousseau à un simple clou fiché dans le lambris de la sacristie.

    Tout à l'heure si tu veux j'irai voir. C'est bien comme ça ? Ça te va ?

    Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui, Gérard ? T'as plus le temps pour les trucs prioritaires ?

    Écoute, tu me les brises, je t'assure. Trente ans que je bosse ici ; chaque année c'est la même chose, tous les 15 août il faut qu'ils me foutent un foutoir pas possible dans la sacristie. 

    Ce que j'en pense :

    Après avoir lu « Opus 77 » j’avais très envie de lire des livres précédents de Alexis Ragougneau. Évidemment ce n’est pas la même écriture, c’est beaucoup plus « classique » et commun mais on est en présence d’un bon petit polar. Le sujet et les personnages sont originaux, même si la fin est un peut trop tôt « attendue ». Je pense que je vais poursuivre la découverte de cet auteur.

    La madone de Notre-Dame

    La madone de Notre-Dame

     

     

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  • Te laisser partir

    "Te laisser partir" de Clare Mackintosh - Le livre de poche thriller

    Présentation de l'éditeur :

    Un soir de pluie à Bristol, un petit garçon est renversé par un chauffard qui prend la fuite. L’enquête démarre, mais atteint rapidement son point mort. Le capitaine Ray Stevens et son équipe n’ont aucune piste. Rien. Après cette nuit tragique, Jenna a tout quitté et trouvé refuge au pays de Galles, dans un cottage battu par les vents. Mais plus d’un an après les faits, Kate, une inspectrice de la criminelle, rouvre le dossier du délit de fuite. Et si l’instant qui a détruit tant de vies n’était pas le fait du hasard  ?

    Première page :

    "Le vent rabat ses cheveux mouilles sur son visage et elle plisse les yeux pour se protéger de la pluie. Par ce temps, tous sont presses et filent a vive allure sur les trottoirs glissants, le menton enfoui dans le col. Les voitures qui passent éclaboussent leurs chaussures ; le bruit de la circulation l’empêche d’entendre plus de quelques bribes du flot de paroles qui a commence au moment ou les grilles de l’école se sont ouvertes. Les mots sortent pêle-mêle de sa bouche dans l’excitation suscitée par ce nouveau monde dans lequel il grandit. Elle saisit quelque chose a propos d’un meilleur ami, d’un expose sur l’espace, d’une nouvelle maitresse. Elle baisse les yeux et sourit de son enthousiasme, ignorant le froid qui se faufile sous son écharpe. Le garçon lui rend son sourire et lève la tete pour sentir la pluie, ses cils mouilles noircissant le contour de ses yeux.

    — Et je sais écrire mon nom, maman !

    — C’est très bien mon fils, dit-elle en s’arrêtant pour embrasser avec amour son front humide. Tu me montreras a la maison ?

    Ils marchent aussi vite que des jambes de cinq ans le permettent. De sa main libre, elle porte son sac d’école, qui claque contre ses genoux."

    Ce que j'en pense :

    On peut se laisser prendre par ce livre même s’il ne mérite pas le nom de thriller pendant plus de la moitié de la lecture. C’est conduit, de façon assez habile mais pas exempt de clichés. L’héroïne est bien décrite mais les personnages des deux policiers paraissent plutôt caricaturaux. De plus, l’écriture nous apparaît souvent un peu besogneuse.

    Te laisser partir

     

     

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  • Opus 77

    "Opus 77" de Alexis Ragougneau - Viviane Hamy

    Présentation de l'éditeur :

    " Un jour, dans mille ans, un archéologue explorera ton refuge. Il comprendra que l'ouvrage militaire a été´ recyclé en ermitage. Et s'il lui vient l'idée de gratter sous la peinture ou la chaux, il exhumera des fresques colorées intitulées La Vie de David Claessens en sept tableaux. Je les connais par cœur, ils sont gravés à tout jamais dans ma médiocre mémoire, je peux vous les décrire, si vous voulez faire travailler votre imaginaire:
    L'enfant prodige choisit sa voie.
    Il suscite espoirs et ambitions.
    Le fils trébuche, s'éloigne, ressasse.
    Dans son exil, l'enfant devient un homme.
    Le fils prodigue, tentant de regagner son foyer, s'égare.
    Blessé, il dépérit dans sa prison de béton.
    Mais à la différence des tapisseries de New York, ton histoire est en cours ; il nous reste quelques tableaux à écrire, toi et moi, et je ne désespère pas de te faire sortir un jour du bunker. La clé de ton enclos, de ta cellule 77, c'est moi qui l'ai, David. Moi, Ariane, ta sœur. "

    Première page :

    "Nous commencerons par un silence.

    Mais les minutes de silence, vous savez bien, ne durent jamais soixante secondes pleines, y compris dans le recueillement d'une basilique genevoise, un jour de funérailles. L'impatience a vite fait de surgir, quoique l'assemblée se compose pour l'essentiel de musiciens de l'OSR, par définition respectueux du tempo imposé par leur chef. Cette fois, Claessens n'est pas au pupitre. Il est couché dans son cercueil, devant l'autel, couvé des yeux par un curé pénétré de sa mission. Célébrer l'artiste. Glisser deux ou trois mots sur une possible inspiration divine ; on ne sait jamais, ça ne mange pas de pain, un peu de prosélytisme ne nuira pas au défunt. Quant à sa fille, assise au piano quelques mètres plus loin, elle ne dira probablement rien tellement elle a l'air ailleurs.

    Il y a, surplombant mon clavier, nichée dans la pierre, une Vierge à l'Enfant. Son visage tourné vers le vitrail accroche la lumière du jour. Le Christ, poupon joufflu, cheveux bouclés, me fixe de ses yeux d'albâtre, l'air supérieur. Pas moyen de savoir ce qu'il pense ; sous la Mère et son Fils, dans ma robe de soie noire un peu trop décolletée pour l'occasion, ma tignasse rousse au-dessus des touches ivoire, je dois sûrement faire mauvais genre, une véritable Marie Madeleine. Je suis venue jouer un air à l'enterrement de mon père."

    Ce que j'en pense :

    Une histoire de famille, une histoire de musique, une histoire de liberté et/ou d’emprisonnement, une histoire d’amour. C’est un roman « partition » avec ses pianissimo, ses forte, ses fortissimo… et ses silences. C’est un roman très bien construit et très bien écrit, c’est aussi un magnifique portrait de femme. L’Opus 77 de Chostakovitch est continuellement présent en fond sonore. Un livre intense, émouvant qui m’a happé du début à la fin.

    Opus 77

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  • La terre invisible

    "La terre invisible " de Hubert Mingarelli - Buchet-Chastel

    Présentation de l'éditeur :

    Dans l’Allemagne occupée, un photographe de guerre ne parvient pas à s’en aller et à rentrer chez lui en Angleterre. Il est hanté par la libération d’un camp de concentration à laquelle il a assisté.Il décide de partir au hasard des routes. Il photographiera les gens de ce pays devant leur maison dans l’espoir de comprendre qui ils sont pour avoir pu laisser faire ce qu’il a vu.Un jeune soldat anglais, qui vient juste d’arriver et qui n’a rien vécu de la guerre, l’escortera et conduira la voiture réquisitionnée à travers l’Allemagne sans deviner les motivations qui poussent le photographe. Mais lui aussi porte un secret plus intime qui le hante et dont il ne parle pas. La Terre invisible raconte leur voyage.

    Première page :

    "Allemagne, juillet 1945

    Depuis presque deux semâmes de ce mois de juillet brûlant j'attendais à Dinslaken, au bord du Rhin, je n'arrivais pas à m'en aller. Pourtant je pensais avoir tout photographié. Tous les jours le soleil était blanc et les nuits n'apportaient aucune fraîcheur. On étouffait le jour et la nuit. Je ne savais pas pourquoi je restais ici, passant le plus clair de mon temps à l'hôtel, n'ayant bientôt plus d'argent. Le matin je descendais voir le fleuve et le soir j'allais m'asseoir sur le banc de la Diîrenstrasse. Je fermais les yeux, attendant qu'il fasse un peu moins chaud pour rentrer."

    Ce que j'en pense :

    Comme toujours chez Mingarelli des hommes sont en errance et il ne se passe pas grand-chose. C’est, pour moi, tout l’intérêt de ce genre de livre : laisser de l’espace au silence, à la suspension, à l’intériorité. Beaucoup de choses nous resteront un peu mystérieuses, voire improbables, dans cette histoire. je peux comprendre que certains lecteurs puissent s’ennuyer mais pour moi c’est un livre apaisant, reposant, même s’il n’atteint pas la force de certains de ses autres livres (comme « La beauté des loutres »).

    La terre invisible

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  • Deux kilos deux

    "Deux kilos deux" de Gil Bartholeyens - JC Lattès

    Présentation de l'éditeur :

    Dans une région isolée de Belgique, les Hautes Fagnes, une tempête de neige s’abat les bois, les landes et les villages. Elle recouvre tout et maintient les hommes dans le silence et dans l’attente.
    Sully, un jeune inspecteur vétérinaire, débarque là pour mener un contrôle dans une exploitation avicole. Il y a eu des plaintes, des soupçons. Sully cherche des réponses auprès des habitants  et des exploitants agricoles. Pendant son enquête, il trouve souvent refuge dans un diner où travaille Molly, belle et bouleversante, et Paul, le patron qui lit Walt Whitman, cuisine le poulet comme personne et semble toujours attendre que quelque chose arrive.  Chaque rencontre compte, conjure le temps, promet un autre avenir.
    Deux kilos deux est  un western, une enquête, une  réflexion sur la condition animale et sur la condition humaine, c’est aussi une histoire d’amour.

    Première page :

    "Il y a une beauté de la jeunesse et il y a de la beauté des années, dit Sully J. Price en croisant le regard de Molly , c'était imprimé sur la plaque de son uniforme. Et Molly allongeait le cou pour arroser les clients de café fumant. De loin, on voyait son visage de jeune fille. Mais quand elle s'approchait, on voyait la femme, les enfants qu'elle avait eus, la force qu'elle avait eue, celle avec laquelle elle avait affronté la suite de la vie.

    Il neigeait depuis le matin. Le parking du diner s'était rempli de camions. Les gens du coin, venus prendre leur petit déjeuner, des œufs au bacon pour la plupart, attendaient que le temps s'améliore pour reprendre la route.

    Au-dessus du comptoir, la télévision ne présageait rien de bon. La tempête avançait sur la carte animée. Des épandeuses crachaient du gravier sur les routes enneigées et le journaliste, habillé comme un sapin de Noël, semblait annoncer la fin du monde.

    Ce que j'en pense :

    L’intrigue s’excite un peu dans les 50 dernières pages mais c’est vraiment très mince par  rapport au nombre de pages consacrées à la maltraitance animale et à l’élevage de volailles. Même si le discours est intéressant et mérite d’être évoqué on attend autre chose d’un roman. Heureusement, de temps en temps il y a de l’humour et de belles phrases ! Et puisque ce livre en est rempli, disons que l’auteur a une plume originale.

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  • Une joie féroce

    "une joie féroce" de Sorj Chalandon - Grasset

    Présentation de l'éditeur :

    Jeanne est une femme formidable. Tout le monde l’aime, Jeanne.
    Libraire, on l’apprécie parce qu’elle écoute et parle peu. Elle a peur de déranger la vie. Pudique, transparente, elle fait du bien aux autres sans rien exiger d’eux. A l’image de Matt, son mari, dont elle connaît chaque regard sans qu’il ne se soit jamais préoccupé du sien.
    Jeanne bien élevée, polie par l’épreuve, qui demande pardon à tous et salue jusqu’aux réverbères. Jeanne, qui a passé ses jours à s’excuser est brusquement frappée par le mal. «  Il y a quelque chose  », lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d’elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d’avant. En guerre contre ce qui la ronge, elle va prendre les armes. Jamais elle ne s’en serait crue capable. Elle était résignée, la voilà résistante. Jeanne ne murmure plus, ne sourit plus en écoutant les autres. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle s’éprend de liberté. Elle découvre l’urgence de vivre, l’insoumission, l’illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu’elle ne soupçonnait pas.
    Avec Brigitte la flamboyante, Assia l’écorchée et l’étrange Mélody, trois amies d’affliction, Jeanne la rebelle va détruire le pavillon des cancéreux et élever une joyeuse citadelle.

    Première page :

    Une vraie connerie

    (Samedi 21 juillet 2018)

     

    J'ai imaginé renoncer. La voiture était à l'arrêt. Brigitte au volant, Mélody à droite, Assia et moi sur la banquette arrière. Je les aurais implorées. Please. Sur arrête là. Sur enlève nos lunettes ridicules, nos cheveux synthétiques. Toi, Assia, tu te libères de ton voile. On range nos armes de farces et attrapes. Sur rentre à la maison. Tout aurait été simple, tranquille. Quatre femmes dans un véhicule mal, qui reprendrait sa route après une halte sur le trottoir.

     Mais je n'ai rien dit. C'était trop tard. Et puis je voulais être là.

     Brusquement, Mélody s'est redressée. Elle a enlevé ses lunettes noires.

    Brigitte vient de sortir d'une arme de la boîte à gants.

    - Mais putain! Qu'est-ce que c'est que ça? Tu es dingue! une crié Assia.

    - Il faut toujours un vrai, au cas où.

    - Un vrai quoi? j'ai demandé.

    Ce que j'en pense :

    Chalandon a du talent pour nous décrire ses personnages, nous les faire connaître de l’intérieur. Toute la première partie du livre m’a vraiment captivé, j'y retrouvais toute la puissance et la profondeur de cet auteur. Ensuite, lorsque tout cela a basculé dans la préparation et l’attaque de la bijouterie, j’ai trouvé tout cela beaucoup plus léger, pas à la hauteur des autres livres de Chalandon.

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  • Francis Rissin

    "Francis Rissin" de Martin Mongin -Editions Tusitala

    Présentation de l'éditeur :

    « Il faut laisser les créatures Imaginaires vivre leur vie de leur côté, sinon elles mêlent leurs pensées aux vôtres, elles prennent progressivement le contrôle de votre esprit. Le nom de Francis Rissin m'a poursuivi tout au long de mon existence. »
    De mystérieuses affiches apparaissent dans les villes de France, seulement ornées du nom de Francis Rissin. Oui est-il ? La presse s'interroge, la police enquête, la population s'emballe. Et si Francis Rissin s'apprêtait à prendre le pouvoir, à sauver la France ?
    Martin Mongin signe un premier roman vertigineux. Une enquête paranoïaque sur l'insaisissable Francis Rissin en onze récits qui lorgnent tour à tour vers le roman policier, le fantastique, le journal intime, le thriller politique. Avec une maîtrise rare, l'auteur tisse sa toile comme un piège qui se referme sur le lecteur et ses certitudes, au coeur de cette zone floue où réalité et fiction s'entremêlent.

    Première page :

    "Catherine Joule, séminaire Textes et intertextes, cours du 3 septembre *** : « Approche centrée sur la personne », université de Paris IV-Sorbonne (enregistrement sonore), collection privée, fac-similé en possession de l'éditeur.

    Il y a les livres qui existent, les livres qu'on peut facilement se procurer sur les étals des librairies, chez les bouquinistes ou dans les arrière-salles poussiéreuses des antiquaires de la rue de Sèvres - ces livres qui nous présentent lascivement leur dos coloré sur les étagères des bibliothèques, pour qu'on les caresse du bout des doigts. Il y a les livres qui existent, et les livres qui n'existent pas, les livres qui n'ont jamais été écrits, les livres imaginaires, les livres de romans.

    Vous savez que certains auteurs se sont amusés à inventer des ouvrages de toutes pièces, et à les jeter négligemment dans les mains de leurs personnages. Les surréalistes ont abusé de ce procédé, tout comme Pierre Manon, Frédéric Balaire, ou encore François Rabelais, longtemps avant eux, avec son célèbre catalogue de la Bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor, dans Pantagruel."

    Ce que j'en pense :

    Pendant toute la lecture de ce pavé (611 pages), de ces 11 longs chapitres on se demande « Mais qui est vraiment ce Francis Rissin ? ». Bien sûr nous en saurons chaque fois un peu plus mais nous continuerons à nous questionner. Ce livre est mystérieux et attachant. C’est un OVNI dans cette rentrée littéraire. Il n’est pas forcément « confortable » et le lecteur peut parfois être désorienté car chaque chapitre amène un nouveau genre : conférence, fantastique, policier… Pour moi c’est un livre politique, dans le bon sens du terme, qui montre ce que peut donner la fascination d’un peuple (les français en particulier) pour l’homme providentiel.

    Francis Rissin

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  • Terreur dans les vignes

    "Terreur dans les vignes" de Peter May - Rouergue

    Présentation de l'éditeur :

    Gil Petty était un critique redoutable dans le monde des vins, de ceux qui font et défont les rois. La publication de ses notes de dégustation était un moment redouté, susceptible de ruiner un vigneron, ou de lui apporter la fortune. Il s'intéressait au vignoble de Gaillac lorsqu'il a disparu. Et ses fameuses notes semblent s'être évaporées en même temps que lui. Mais, un an après, son cadavre réapparaît, dressé comme un épouvantail dans les vignes, revêtu du costume de cérémonie de l'ordre de la Dive Bouteille, et dans un sale état. Il semble bien avoir séjourné un moment dans une barrique de rouge... Précédé de sa flatteuse réputation d'enquêteur hors pair et bien décidé à approfondir les subtilités des vins de Gaillac, Enzo Macleod décide de reprendre une enquête restée au point mort. C'est que Petty ne manquait pas d'ennemis, en particulier en France où l'on n'appréciait pas cet Américain ayant le culot de dire aux Français si leur vin était bon ou pas. Mais, entre les dégustations de grands crus et l'offensive de charme de la fille du défunt, c'est bel et bien sa peau que Macleod met en jeu. 

    Première page :

    "Une odeur plane sur les vignes. Une odeur de jus de raisin, de feuilles, de terre piétinée. Et une autre encore. Une odeur noire soulignée par le jaune de la pleine lune dont la lumière enveloppe les rangées plantées en ordre parfait le long de la pente. Cette odeur ne possède pas la douceur du fruit mûr. C'est une odeur pourrie qui pue la mort.

    L'air est empli du son des grappes qui tombent dans les seaux en plastique. Plop, plop. Du froissement des feuilles, du cliquetis des sécateurs. Chaque fois que les têtes se relèvent, les rayons des lampes frontales se croisent dans le noir et balayent le ciel comme s'ils cherchaient des étoiles.

    Annie est jeune. Tout juste seize ans. Elle fait sa première vendange. Une récolte de nuit, à la main, du mauzac blanc qui produira le vin mousseux. Elle ne sait pas comment on le fabrique - le secret a été volé des siècles plus tôt par un moine, Dom Pérignon, devenu célèbre dans une autre région de France. Annie est jeune et mûre comme les raisins. Prête à être cueillie. Elle sait que Christian la regarde…"

    Ce que j'en pense :

    Le seul intérêt de ce livre c’est qu’il se passe dans les vignobles de Gaillac et que l’on a au fil des pages quelques leçons d’œnologie.  Les personnages n’ont que peu de consistance (ils finissent presque tous en marinade !), l’intrigue fait penser au « club des cinq » et l’enquêteur n’est pas très crédible avec ses (demies !) conquêtes féminines qui prennent beaucoup de place dans cette histoire.

    Terreur dans les vignes

     

     

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  • Dans l’œil noir du corbeau

    "Dans l’œil noir du corbeau" de Sophie Loubière - Pocket

    Présentation de l'éditeur :

    Animatrice d'émissions culinaires, Anne Darney approche de la quarantaine en solitaire. Ses quelques histoires ressemblent à une succession de plats fades en comparaison de son premier boyfriend, Daniel, un Américain rencontré vingt-cinq ans plus tôt. 
    Pour s'affranchir de ce souvenir obsédant, Anne décide de partir à San Francisco. Mais l'affaire 
    " Daniel Harlig " qu'elle découvre là-bas n'a rien d'une bluette... 
    En contrepartie de la préparation d'un festin d'anthologie, le monumental inspecteur Bill Rainbow, un fin gourmet, va accepter de rouvrir pour elle une enquête au goût de cendres.

    Première page :

    "C'est un joli cadavre.

    L'homme approche un doigt du ventre encore tiède, le touche.

    Triste prodige que la mort.

    La dépouille repose sur le ponton de bois craquelé où l'homme est assis, à côté d'une grosse pierre, ses jambes balançant dans le vide au-dessus de l'eau grise. Parfois, les talons de ses bottes en caoutchouc se télescopent, se frottent au silence, et des morceaux de terre agglutinés sous les semelles tombent dans l'étang telle une pluie maudite. Bill ne porte rien d'autre qu'une vieille veste en daim marron doublée de fourrure et une paire de bottes usées.

    De l'autre côté du plan d'eau, le soleil blanchit les cimes des séquoias, efface leurs ramures brisées, avale jusqu'à leurs ombres. La forêt a souffert durant la dernière tempête. On distingue nettement le trajet emprunté par la tornade à travers bois ; des branches s'enchevêtrent au sol, rendant impraticable le sentier qui dessine un ovale autour de l'étang et du bun­galow. Bill va devoir débroussailler, retirer les branchages gorgés d'eau barrant la rive, mettre le bois à sécher…"

    ce que j'en pense :

     Il manque sans doute un peu de rythme dans ce livre. On peut s'ennuyer un peu en suivant les pérégrinations de Bill et Anne dans les épiceries fines de San Francisco. Les deux personnages sont cependant bien campés, avec leur côté parfois antipathique, leurs fêlures, leur solitude, leur passion pour la cuisine.... Ce livre aurait pu être savoureux mais je suis resté un peu sur ma faim.

    Dans l’œil noir du corbeau

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