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    "The Blonde " - Duane Swierczynski
    traduction Sophie Aslanides - Rivages/noir

    Présentation de l'éditeur :

    Un soir au bar d'un aéroport, Jack Eisley discute avec une jolie blonde, bien innocemment... Enfin, jusqu'au moment où elle lui glisse : " j'ai mis du poison dans votre verre. " Jack la catalogue parmi les folles et s'en va. Une heure plus tard, conformément aux promesses de la blonde, il commence à se sentir mal. Il n'a plus le choix, il doit la retrouver ! Avec dans la tête cette angoissante question : mais enfin, qu'est-ce qu'elle me veut, celle-là ? Pendant ce temps, Kowalski, mystérieux agent secret un rien bizarre, est chargé de subtiliser à titre " d'échantillon " la tête d'un professeur récemment décédé, ce qui ne va pas sans difficultés logistiques - d'autant que la chance n'est pas de son côté. A la croisée des destins de jack et de Kowalski, une sombre machination scientificopolicière aussi délirante que futuriste. Folle nuit cartoonesque à travers philadelphie, the blonde est un roman échevelé plein de clins d'œil au film noir, d'humour décalé et de situations extravagantes qui rappellent furieusement Mort à l'arrivée, le grand classique de Rudolf Maté.

    Première page :

    "21 h 13 Liberties Bar, aéroport international de Philadelphie

    -  J'ai mis du poison dans votre verre.

    -   Pardon?

    -   Vous avez bien entendu.

        Heu, je n'en suis pas sûr.

    La blonde leva son Cosmopolitan.

    -  À la vôtre.

    Jack ne l'imita pas. Il garda la main posée sur son verre à bière, qui contenait les deux derniers doigts de boilermaker qu'il sirotait depuis un quart d'heure.

    -  Vous avez bien dit que vous m'aviez empoi­sonné ?

    -   Vous êtes de Philadelphie ?

    -   Avec quoi m'avez-vous empoisonné ?

    -   Soyez donc un peu plus courtois et répondez quand une jeune femme vous pose une question.

    Jack jeta un regard circulaire dans le bar de l'aéro­port, dont la décoration rappelait les pubs de l'époque coloniale, avec des publicités au néon pour la bière Coors Light en plus. Au lieu d'ajouter deux ou trois salles d'embarquement supplémentaires dans ce ter­minal, on avait installé un bar carré, entouré de petites tables serrées les unes contre les autres. "

    Ce que j'en pense :

    Un polar déjanté où il ne faut pas chercher la vraisemblance. L'intrigue va à 100 à l'heure et ne laisse pas une seconde de répit au lecteur.

      

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    Numéros 3 et 4 des aventures de Patrick et Erica (surtout Patrick) - Actes Sud (Actes noirs)

    Présentation de l'éditeur :

     Le tailleur de pierres

     " La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer. Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l'avoir esquintée. Il jeta un coup d'oeil par-dessus bord mais ce qu'il vit n'était pas le casier. C'était une main blanche qui fendit la surface agitée de l'eau et sembla montrer le ciel l'espace d'un instant. Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs... " Un pêcheur de Fjâllbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l'eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu'un l'a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ? Alors qu'Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu'il est bouleversé d'être papa, Patrik Hedstrôm mène l'enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjâllbacka dissimule de sordides relations humaines - querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles - dont les origines peuvent remonter jusqu'aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle. 

     L'oiseau de mauvais augure

     L'inspecteur Patrik Hedström est sur les dents. Il voudrait participer davantage aux préparatifs de son mariage avec Erica Falck, mais il n'a pas une minute à lui. La ville de Tanumshecle s'apprête en effet à accueillir une émission de téléréalité et ses participants avides de célébrité, aussi tout le commissariat est mobilisé pour éviter les débordements de ces jeunes incontrôlables. Hanna Kruse, la nouvelle recrue, ne sera pas de trop. D'autant qu'une femme vient d'être retrouvée morte au volant de sa voiture, avec une alcoolémie hors du commun. La scène du carnage rappelle à Patrik un accident similaire intervenu des années auparavant. Tragique redite d'un fait divers banal ou macabre mise en scène ? Un sombre pressentiment s'empare de l'inspecteur. Très vite, alors que tout le pays a les yeux braqués sur la petite ville, la situation s'emballe. L'émission de téléréalité dérape. Les cadavres se multiplient. Un sinistre schéma émerge... Dans ce quatrième volet des aventures d'Erica Falck, Camilla Làckberg tisse avec brio l'écheveau d'une intrigue palpitante. Cueilli par un dénouement saisissant, le lecteur en redemande.

    Ce que j'en pense : 

    Toujours les mêmes ficelles pour "accrocher " le lecteur. L'auteur et l'éditeur tiennent un bon filon qui se poursuit avec un cinquième volet (annoncé à la fin du quatrième)... mais ce sera sans moi. Il y a de meilleurs auteurs nordiques (Mankell, Staalesen, Nesbo, Davidsen...).

    Pour "le tailleur de pierres"   

     pour "l'oiseau de mauvais augure" :  

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    "Électe à La Havane" - Léonardo Padura
    traduit par René Solis et Mara Hernandez - Points (Métailié)

    Présentation de l'éditeur :

    Le fils d'un diplomate cubain est retrouvé mort étranglé à La Havane. Alexis Arayan était maquillé en femme. L'enquête conduit Mario Conde sur les traces d'Alberto Marqués, un dramaturge homosexuel, exilé dans son propre pays. Homme cultivé et cynique, Marqués va lui faire découvrir une Havane inconnue où la quête d'identité contraint les individus à suivre d'étranges parcours.

    Première page :

    "La chaleur est une plaie maligne qui envahit tout. Elle tombe tel un lourd manteau de soie rouge qui serre et enveloppe les corps, les arbres, les choses, pour leur injecter le poison obscur du désespoir, de la mort lente et certaine. La chaleur est un châtiment sans appel ni circonstances atténuantes, prêt à ravager l'univers visible; son tourbillon fatal a dû tomber sur la ville hérétique, sur le quartier condamné. Elle est le calvaire des chiens errants, bouffés par la gale, malades d'aban­don, à la recherche d'un lac dans le désert; des vieux aussi qui traînent des cannes encore plus fatiguées que leurs jambes, arc-boutés contre la canicule, en lutte quotidienne pour la survie; et des arbres, autrefois majestueux, à présent courbés sous la montée furieuse des degrés ; et de la poussière morte dans des caniveaux nostalgiques d'une pluie qui n'arrive pas ou d'un vent indulgent, capables d'inverser ce destin immobile et de métamorphoser cette poussière en boue ou en nuages abrasifs ou en orages ou en cataclysmes."

    Ce que j'en pense :

    Toujours Cuba, personnage principal des enquêtes de Mario Conde, mais dans ce troisième volume tout semble poussif et l'ennui nous gagne. Le "message" sur la société cubaine passe nettement moins bien que dans les précédents livres.


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    "Le prédicateur" de Camilla Lâckberg
    actes noirs - Actes Sud

    Présentation de l'éditeur :

    Dans les rochers proches de Fjàllbacka, le petit port touristique suédois dont il était question dans La Princesse des glaces, on découvre le cadavre d'une femme. L'affaire se complique quand apparaissent, plus profond au même endroit, deux squelettes de femmes... L'inspecteur Patrik Hedstrôm est chargé de l'enquête en cette période estivale où l'incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de grossesse d'Erica Falck, sa compagne. Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont certainement ceux de deux jeunes femmes disparues vingt-quatre ans plus tôt. Revient ainsi en lumière la famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons, Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs. Depuis cette époque et un étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent. Alors que Patrik assemble les morceaux du puzzle, on apprend que Jenny, une adolescente en vacances dans un camping, a disparu. La liste s'allonge... Une nouvelle fois, Camilla Lâckberg excelle à tisser son intrigue, manipulant son lecteur avec jubilation, entre informations finement distillées et plaisir de nous perdre en compagnie de ses personnages dans une atmosphère provinciale lourde de secrets.

    Première page :

    "La journée commença de façon prometteuse. Il se réveilla tôt, avant le reste de la famille, s'habilla aussi discrètement que possible et réussit à filer sans se faire remarquer. Il emporta son casque de chevalier et l'épée de bois qu'il brandit triomphalement pendant qu'il courait sur les cent mètres séparant sa maison de l'entrée de la brèche du Roi. Il s'arrêta un instant et observa respectueusement la trouée escarpée fendant le roc. Deux mètres environ séparaient les parois et elles s'élevaient sur une bonne dizaine de mètres vers le ciel où le soleil avait commencé son ascension. Trois gros blocs de pierre étaient restés coincés à mi-hauteur constituant un spectacle impressionnant. L'endroit avait une force d'attraction magique sur un enfant de six ans, et le fait que la brèche du Roi soit territoire interdit la rendait d'autant plus attirante.

    La faille avait reçu son nom lors d'une visite d'Oscar II à Fjàllbacka à la fin des années 1880, mais, de cela, il ne savait rien, ou s'en fichait, lorsqu'il s'introduisit lentement parmi les ombres, son épée de bois prête à l'attaque. En revanche, son papa avait raconté que les scènes du gouffre de l'Enfer dans Ronya, fille de brigands avaient été tournées dans la brèche du Roi, et au cinéma il s'était senti tout excité en voyant Mattis, le chef des bandits, la franchir au galop sur son cheval. Parfois il venait jouer au brigand ici, mais aujourd'hui il était chevalier. Chevalier de la Table ronde, comme dans le livre de coloriage que sa grand-mère lui avait offert pour son anniversaire."

    Ce que j'en pense :

    Trame narrative identique au précédent de la série, avec peut être un peu trop de personnages... et toujours cette manie de créer un suspens avec vraiment de grosses ficelles.  Et finalement on se laisse "prendre" jusqu'au bout mais je vais attendre quelque temps avant de me replonger dans la suite des aventures de Patrick et d'Erica...

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    "La princesse des glaces" de Camilla Lâckberg
    actes noirs -Actes Sud

    Présentation de l'éditeur :

    Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d'une amie d'enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d'eau gelée. Impliquée malgré elle dans l'enquête (à moins qu'une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l'œuvre), Erica se convainc très vite qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Sur ce point - et sur beaucoup d'autres -, l'inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge clans les strates d'une petite société provinciale qu'elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d'autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d'un peintre clochard - autre mise en scène de suicide. Au-delà d'une maîtrise évidente des règles de l'enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnages complexes et - tout à fait dans la ligne de créateurs comme Simenon ou Chabrol - disséquer une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu'on ne le pense.

     

    Biographie de l'auteur 

    Camilla Läckberg, née le 30 août 1974, est à ce jour l'auteur de cinq polars ayant pour héroïne Erica Falck et dont l'intrigue se situe toujours à Fjälbacka, port de pêche de la côte ouest en Suède, qui eut son heure de gloire mais désormais végète. En Suède, tous ses ouvrages se sont classés parmi les meilleures ventes de ces dernières années, au coude à coude avec Millénium de Stieg Larsson.

    Les cinq livres de la série :

    - La princesse des glaces

    - Le prédicateur

    - Le tailleur de pierres

    - L'oiseau de mauvais augure

    - L'enfant allemand

    Ce que j'en pense :

    Une histoire qu'on lit jusqu'au bout assez rapidement malgré une utilisation du suspens assez primaire mais on s'attache aux personnages principaux. Il faut lire ce livre si on veut lire les suivants (et on a envie d'en lire quelques uns ... c'est facile, ça change les idées...)

     

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    "Vents de Carême" - Léonardo Padura
    traduction François Gaudry - Métailié (Points)

    Présentation de l'éditeur :

    Pendant les jours étranges qui annoncent le printemps cubain et où commencent à souffler les vents de carême qui apportent la chaleur du Sud, l'inspecteur Mario Conde, mélancolique et désabusé, rencontre Karina, une éblouissante saxophoniste, amateur de jazz. Il se voit aussi confier une enquête délicate.

    Une jeune professeur de chimie de son ancien lycée est retrouvée assassinée chez elle. Cette jeune femme irréprochable et bien notée se trouvait en possession de marijuana. Au cours de son enquête, Mario Conde perd quelques illusions en découvrant le côté obscur de la société cubaine, la décomposition sociale, l'arrivisme, le trafic d'influences, les fraudes, la drogue. Parallèlement, il vit une histoire d'amour et de musique qui ne devrait jamais finir, si cela était possible dans le monde des inspecteurs de police mélancoliques.

    Première page :

    "C'était le mercredi des Cendres et, avec la ponctualité de l'éternel, un vent aride et suffocant, comme envoyé directement du désert pour remémorer le sacrifice nécessaire du Messie, s'engouffra dans le quartier, soulevant les détritus et les angoisses. Le sable des carrières et les vieilles haines se mêlèrent aux rancœurs, aux peurs et aux déchets débordant des poubelles, les dernières feuilles mortes de l'hiver s'envolèrent avec les émanations fétides de la tannerie et les oiseaux du printemps disparurent, comme s'ils avaient pressenti un tremblement de terre. L'après-midi se flétrit sous des nuées de poussière et respirer devint un exercice conscient et douloureux.

    Debout sous le porche de sa maison, Mario Conde observait les effets de cet ouragan apocalyptique : rues désertes, portes fermées, arbres abattus, le quartier paraissait dévasté par une guerre efficace et cruelle. "

    Ce que j'en pense :

    Suite des aventures de Mario Conde. Mieux que le premier, un peu plus direct et un peu moins de mélancolie. Style agréable. Cuba est toujours aussi présent.

      

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    "Passé parfait " - Léonardo Padura
    traduction Caroline Lepage - Métailié (Points)

    Présentation de l'éditeur :

    Le livre :Ce matin-là, le lieutenant Mario Conde, gueule de bois et moral en berne, n’aurait pas dû répondre au téléphone. À présent, il est chargé d’enquêter sur la disparition de Rafael Morín, directeur d’entreprise et homme exemplaire aux yeux de tous. Aux yeux de Conde, il reste avant tout l’étudiant qui lui a ravi la belle Tamara. Veut-il vraiment retrouver son ancien rival ?

    L'auteur: Leonardo Padura est né à La Havane en 1955. Diplômé de littérature hispano-américaine, il est romancier, essayiste, journaliste et auteur de scénari pour le cinéma.
    Il est l’auteur entre autres d’une tétralogie intitulée Les Quatre Saisons.

    Première page :

    "Il n'eut pas besoin de réfléchir pour comprendre que le plus difficile serait d'ouvrir les yeux. D'accepter sur ses pupilles la clarté du matin qui resplendissait sur les carreaux des fenêtres et peignait toute la pièce de sa glorieuse luminosité. Et de savoir alors que l'acte essentiel de soulever ses paupières revient à admettre qu'à l'intérieur de son crâne s'installe une masse glissante, toute prête à entamer une danse douloureuse au moindre mouvement de son corps. Dormir, peut-être rêver, se dit-il, répétant la phrase obsédante qui, cinq heures auparavant, l'avait accompagné au moment où, tombant sur son lit, il respirait le parfum profond et obscur de sa solitude. Dans une pénombre épaisse, il vit son image de pénitent coupable, agenouillé devant la cuvette des toilettes, déchargeant des cascades d'un vomi ambré et amer qui semblait ne jamais devoir s'arrêter. Mais la sonnerie du téléphone continuait à résonner, comme des rafales de mitraillette qui perforaient ses oreilles et trituraient son cerveau lacéré en une torture parfaite, cyclique, tout simplement brutale. Il s'y risqua..."

    Ce que j'en pense :

    L'intrigue de ce livre (le premier de la tétralogie) progresse très lentement et nous permet de découvrir le Cuba de l'inspecteur Conde... les amitiés, les saveurs, les odeurs... mais aussi la corruption et le dysfonctionnement du système. Beaucoup de mélancolie et du désanchantement.

      

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    "La dernière nuit blanche" de Alessandro Perissinotto
    traduction Patrick Vighetti - Gallimard

    Présentation de l'éditeur :

    Cela fait maintenant un an qu'Anna Pavesi a tout plaqué à Turin - son travail de psychologue et son mari - pour refaire sa vie à Bergame et travailler comme détective privée spécialisée dans la recherche de personnes disparues. Mais l'on n'échappe pas si facilement à son passé... Alors que les festivités des XXes Jeux olympiques d'hiver battent leur plein à Turin, Anna reçoit un appel à l'aide de Piera, une ancienne amie et collègue avec qui elle menait un travail de prévention auprès des jeunes toxicomanes turinois. Cette dernière lui apprend qu'une éducatrice appréciée des drogués locaux a disparu depuis plusieurs jours. A l'association d'aide aux toxicomanes on commence à s'inquiéter sérieusement, d'autant que la police semble plus intéressée à faire régner l'ordre olympique qu'à retrouver la jeune fille. Par amitié, Anna accepte de revenir dans cette ville pleine de souvenirs, bons et mauvais. À ses risques et périls...

    Première page :

    "Samedi 25 février 2006

    Impossible de me l'ôter de la tête, de m'en défaire une bonne fois pour toutes : l'image de ce baigneur pendu revient tel un sombre présage. Et avec elle, cette sensation de froid et de mort. Comme si la lame du couteau était là, sur ma gorge, la main gauche du copain de Jennifer, la main libre, encore sur mon sein, le serrant, le broyant pour me maintenir immobile; sa poitrine et son bas-ventre pressé contre mon dos. À chacun de mes pas retentissant sur le trottoir désert, cette sensation remonte, comme si la réalité revenait toujours au point de départ, et que le temps était cyclique. Un souvenir pareil ne s'efface pas de sitôt, et même, une psychologue devrait le savoir, il ne s'efface jamais.

    Impossible de ne pas me sentir suivie. C'est peut-être le cas. Peu importe. Bientôt surgira, je le sais, la foule immense de la grande fête, de la dernière nuit blanche. Je m'y plongerai et mènerai ma traque jusqu'au bout: la vérité est proche. Une vérité bien différente de celle que j'avais imaginée à la suite du coup de fil de Piera, il y a un peu plus d'une semaine."

    Ce que j'en pense :

    Intrigue et personnage principal intéressants mais il manque quelque chose à ce livre pour qu'il soit captivant. On ne pénètre pas vraiment dans l'univers de ce roman. Turin est sillonnée de long en large mais les images de la ville ne parviennent pas précisément au lecteur.

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  • - Nouvelles

    "L'homme inquiet" de Henning Mankell
    traduction Anna Gibson - Seuil

    Présentation de l'éditeur :

    Grand-père d’une petite Klara, Wallander a réalisé ses rêves : vivre à la campagne avec son chien.

    Après avoir évoqué avec le commissaire la guerre froide et une affaire de sous-marins russes dans les eaux territoriales suédoises, le beau-père de sa fille Linda, ancien officier de marine, disparaît, puis c’est le tour de la belle-mère. Soupçons d’espionnage. Au profit de la Russie ? Des États-Unis ? Parallèlement à la police de Stockholm et aux services secrets, Wallander mène sa dernière enquête. C’est alors qu’il amorce sa propre plongée en profondeur : les années écoulées et les femmes de sa vie défilent. Et la petite Klara devient son ultime balise.

    Au-delà de l’intrigue, la force et la beauté du roman résident dans le portrait riche et bouleversant de celui qui se dévoile ici sous la plume de son créateur, Henning Mankell.

    Extrait :

    L'année de ses cinquante-cinq ans, Kurt Wallander réalisa à sa propre surprise un rêve qu'il portait en lui depuis une éternité. Plus exactement depuis son divorce d'avec Mona, qui remontait à près de quinze ans maintenant. Ce rêve était de quitter l'appartement de Mariagatan, où les souvenirs douloureux étaient incrustés dans les murs, et de partir s'installer à la campagne. Chaque fois qu'il rentrait chez lui après une journée de travail plus ou moins désespérante, il se rappelait qu'il avait autrefois vécu là en famille. Il lui semblait que les meubles eux-mêmes le regardaient avec un air désolé et accusateur.  

    Il ne se faisait pas à l'idée qu'il continuerait à vivre là jusqu'au jour où il serait tellement vieux qu'il ne pourrait plus se débrouiller seul. Il n'avait même pas atteint la soixantaine, mais le souvenir de la vieillesse solitaire de son père le hantait. S'il avait une certitude, c'était qu'il ne voulait pas reproduire le modèle. Il lui suffisait d'apercevoir son reflet dans la glace en se rasant le matin pour constater qu'il ressemblait de plus en plus au vieux alors que, dans sa jeunesse, il avait eu plutôt les traits de sa mère. L'âge venant, son père paraissait peu à peu prendre possession de lui, tel un coureur qui serait resté longtemps embusqué dans le peloton de queue et qui, à l'approche de la ligne d'arrivée, passait à l'attaque.

    Ce que j'en pense :

    Avec ce dernier livre de la série des enquêtes de Wallander, le policier s'efface derrière l'homme. L'intrigue devient presque secondaire (il reste d'ailleurs beaucoup de points non éclaircis dans l'enquête) et on suit avec beaucoup d'empathie cet "homme inquiet" devant la vieillesse et la maladie.

      

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  • - Nouvelles

    "Toutes les couleurs des ténèbres" - Peter Robinson
    traduction Valérie Malfoy - Albin Michel

    Présentation de l'éditeur :

    Un cadavre est découvert pendu dans un bois près d'Eastvale. L'homme, rapidement identifié comme Mark Hardcastle, était le populaire et flamboyant décorateur de l'Othello donné par la troupe de théâtre locale. Tout indique un suicide. Mais quand on retrouve son riche amant baignant dans son sang, l'inspecteur Annie Cabbot s'interroge. Un crime passionnel aurait-il pu conduire Mark, désespéré, à se supprimer ? Prise de doute, elle appelle Alan Banks en renfort, quitte à le priver de ses vacances et l'arracher aux bras de sa nouvelle petite amie... Leur enquête les plonge dans un monde trouble et dangereux pour lequel semblent avoir été écrits les célèbres vers d'Othello : « Jalousie, trahison, envie, ambition, avidité, luxure, vengeance... toutes les couleurs des ténèbres. »

    Première page :

    Vraiment, c'était dommage d'avoir à passer cette splendide journée sur une scène de crime - surtout qu'il s'agissait d'une pendaison. Annie Cabbot avait horreur des pendus. Et un vendredi après-midi, par-dessus le marché !

    L'inspectrice avait été dépêchée avec sa collègue le brigadier Winsome Jackman à Hindswell Woods, au sud d'Eastvale Castle, où des écoliers consacrant leur dernière journée de vacances à barboter dans la rivière avaient téléphoné pour dire qu'ils croyaient avoir vu un cadavre.

    La rivière s'écoulait, large et peu profonde à cet endroit, couleur de bière fraîchement tirée, écumant autour des pierres moussues. Le long du sentier qui la bordait, les arbres étaient pour la plupart des frênes, aulnes ou ormes blancs. Leurs feuilles d'un vert pâle presque translucide tremblaient sous la brise. L'odeur forte d'ail des ours embaumait, des grappes de moucherons stagnaient au-dessus de l'eau et, sur l'autre rive, les prés étaient pleins de boutons d'or, de fougères et de géraniums sauvages. Des vanneaux criaient et faisaient la navette, inquiets de voir des êtres humains près de leurs nids. Quelques nuages cotonneux flottaient dans le ciel.

    Ce que j'en pense :

    On retrouve avec plaisir les habitués de Peter Robinson (en particulier l'inspecteur Banks). Histoire intéressante mais qui vaut surtout par les portraits des personnages et par l'atmosphère admirablement restituée.

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