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>>> "Promenons nous dans les bois" de Bill Bryson

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Rentré aux États-Unis après des années d’absence, le désopilant Bill Byson a redécouvert ses concitoyens et les a décrits dans «American Rigolos». Il a aussi voulu faire un retour à la nature en s’attaquant à l’Appalachian Trail, un sentier qui serpente sur 3 500 kilomètres, du Maine à la Géorgie.

Dans cette aventure mêlant histoire naturelle et histoires drôles, il s’est choisi pour compagnon un ancien copain d’école. Car mieux vaut ne pas marcher seul dans les bois, où l’on risque de croiser d’étranges créatures qui n’ont pas l’humour de l’auteur…

Extrait :

En Amérique, hélas, la beauté implique un trajet en voiture et la nature est affaire de tout ou rien : soit vous la domptez sans ménagement comme au barrage de Tocks ainsi que dans un million d'autres endroits, soit vous la déifiez, la traitez comme quelque chose de sacré, de distant, tel le sentier des Appalaches. On ne veut pas croire que les gens et la nature puissent cohabiter pour leur bénéfice mutuel : un pont sur le Delaware aurait pu mettre en valeur la splendeur qui l'entoure; l'AT aurait pu être plus gratifiant s'il n'était pas que nature sauvage mais vous emmenait de temps en temps , à dessein, à la rencontre d'une vache dans son pré.

J'aurais préféré de loin que le guide de l'AT dise: "Grâce aux efforts de l'Appalachian Trail Conférence, l'agriculture a été réintroduite dans la vallée du Delaware ; le sentier a été détourné pour inclure 25km de parcours au bord de l'eau parce que, ne nous voilons pas la face, il y a des moments où les arbres, ça commence à bien faire!"

Néanmoins, voyons les choses positivement. Si le corps des ingénieurs de l'armée était arrivé à ses fins, je serais en train de nager jusqu'à ma voiture à l'heure actuelle.

Ce que j’en pense :

Il y a beaucoup d’humour et d’auto dérision dans cette façon de raconter les aventures de deux marcheurs sur ce sentier des Appalaches. On en apprend également dans plein de domaines : l’histoire de la création du sentier, la flore et la faune mais aussi sur la vie américaine avec le sur-tourisme, la consommation de masse. C’est une critique assez fine, parfois acerbe, sur le comportement humain en général.

Merci à Lydie qui a ramené ce livre "cadeau surprise" de la magnifique librairie de Banon.

 

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>>> "Voyage au bout de l'enfance" de Rachid Benzine

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

« Trois mois. D’après maman, ça fait précisément trois mois aujourd’hui qu’on est enterrés dans ce fichu camp. Et ça fait presque quatre ans que j’ai quitté l’école Jacques-Prévert de Sarcelles. »R. B.

Fabien est un petit garçon heureux qui aime, le football, la poésie et ses copains, jusqu’au jour où ses parents rejoignent la Syrie. Ce roman poignant et d’une grande humanité raconte le cauchemar éveillé d’un enfant lucide, courageux et aimant qui va affronter l’horreur.

Première page :

Trois mois. D’après maman, ça fait précisément trois mois aujourd’hui qu’on est enterrés dans ce fichu camp. Et ça fait presque quatre ans que j’ai quitté l’école Jacques-Prévert de Sarcelles.

Moi, ce que j’aime, c’est la poésie. Mon maître de CE2, monsieur Tannier, il m’encourageait toujours. Il me disait : « Fabien, tu seras un grand poète. Tu as tout pour réussir. Tes résultats scolaires sont excellents et tu as un imaginaire si créatif… » Je sais pas si c’est vrai mais en tout cas monsieur Tannier il y croyait dur comme fer. Et je me souviens très bien du jour où il m’a demandé de bien réviser les poésies que j’ai écrites pour les dire le lendemain à toute la classe. Mon jour de gloire en somme.

Ce que j’en pense :

Ce court roman traite d’un sujet important : le djihad à travers les yeux d’un enfant. C’est bien écrit mais c’est quand même un peu trop court pour rentrer dans la peau des personnages principaux, en particulier les parents. Cela donne une petite sensibilisation au sujet des enfants pris dans la mouvance du djihadisme mais c’est insuffisant pour faire un bon roman.

 

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>>> "L'homme qui lisait des livres" de Rachid Benzine

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Entre les ruines fumantes de Gaza et les pages jaunies des livres, un vieil homme attend. Il attend quoi ? Peut-être que quelqu'un s'arrête enfin pour écouter. Car les livres qu'il tient entre ses mains ne sont pas que des objets – ils sont les fragments d'une vie, les éclats d'une mémoire, les cicatrices d'un peuple.

Quand un jeune photographe français pointe son objectif vers ce vieillard entouré de livres, il ignore qu'il s'apprête à traverser le miroir. " N'y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d'une vie. Celle de tout un peuple, parfois ", murmure le libraire. Commence alors l'odyssée palestinienne d'un homme qui a choisi les mots comme refuge, résistance et patrie.

De l'exode à la prison, des engagements à la désillusion politique, du théâtre aux amours, des enfants qu'on voit grandir et vivre, aux drames qui vous arrachent ceux que vous aimez, sa voix nous guide à travers les labyrinthes de l'Histoire et de l'intime. Dans un monde où les bombes tentent d'avoir le dernier mot, il nous rappelle que les livres sont notre plus grande chance de survie – non pour fuir le réel, mais pour l'habiter pleinement. Comme si, au milieu du chaos, un homme qui lit était la plus radicale des révolutions.

Première page :

La rencontre

Journée ordinaire. Hier, deux frappes ont tué quatre gamins dont le seul crime avait été de jouer au foot sur la plage. Tu te réveilles dans la chambre où tu t'es installé la veille. L'hôtel concentre une partie de la presse internationale. Tu aurais préféré loger chez l'habitant. Mais ton agence t'a convaincu de privilégier la sécurité. Peu de quartiers sont vraiment épargnés. Des familles entières disparaissent parce qu'elles habitent, sans le savoir ou en toute conscience, à proximité d'un bureau clandestin. Les frappes chirurgicales relèvent souvent de l'erreur

médicale.

Une énième trêve devrait t'offrir quelques jours pour capturer ces instants de vie quotidienne, les photos que tu affectionnes, loin du sensationnalisme. Ton employeur préfère quant à lui les enfants en pleurs au milieu de ruines, les soldats blessés près d’un char…

Ce que j’en pense :

Ce récit retrace les grandes lignes de l’histoire palestinienne depuis le milieu du XXème siècle. C’est sans doute un livre nécessaire dans le contexte actuel. Il nous permet de comprendre pourquoi et comment cette guerre continue (et continuera encore). C’est un roman plutôt dépouillé, à l’écriture simple, qui se lit facilement et rapidement. C’est sans doute là son défaut car on reste un peu trop à la surface.

 

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>>> "Mon corps de ferme" de Aurélie Olivier

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

« J’ai vécu 18 ans à l'intérieur d'une ferme

j’ai vécu 18 ans à l’extérieur d’une ferme

j’ai la majorité des deux côtés j'en ai assez des deux côtés »

Première page :

Le tablier noué, les couteaux aiguisés 
l'évidence glisse autant qu'elle tache 
je t'engraisse, tu m'engraisses 
don contre-don, façon cochon

 
Au petit matin, dans la cour
un cochon qui ne connaît pas le petit chat 
qui n'a même jamais entendu parler de lui 
un gros cochon est mort

 
Sur le gaz, le beurre roussit les abats 
entre les joues veineuses couperose 
l'alcool et le sang gouttent au menton 
pour sa pause, le boucher boit la sauce

 
Dans le hangar devenu boucherie 
les femmes solides tournent la manivelle 
remplissent les intestins avec la farce 
rendent le cri du sacrifice comestible

Ce que j’en pense :

On peut considérer que ce livre est constitué de fragments poétiques plutôt « secs », dans le sens où il n’y a pas d’envolée lyrique ni d’ode au retour à la terre. C’est concis, souvent douloureux car l’autrice  nous montre ce qu’est devenu l’agriculture avec le culte de la productivité.

 

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>>> "coup de chaud" de Laura Ortiz Gomez

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Ces nouvelles traversent la Colombie, ses villes, ses villages, sa faune et sa flore. Elles donnent voix à ses habitants, contraints d’affronter l’adversité et la violence. Sous un soleil de plomb, ils suffoquent, survivent, brûlent de désir, et trouvent souvent refuge dans la volupté des sens. Une extraordinaire poésie imprègne ce recueil que son écriture, tour à tour sensuelle, percutante, légère, émouvante, rend intimement colombien et profondément universel.

Première page :

AYA LA MORT

Je leur demandai à tous de ne pas fréquenter son établissement, parce que cet homme comptait envahir mon cimetière. S'ils ne me respectaient pas moi, qu'ils le fassent au moins pour la mémoire des morts. Tout le monde sait qu'ils méritent leur saint sépulcre et leur repos. Après, si les âmes venaient les effrayer, inutile de pleurnicher chez moi. Le mort à la guerre, c'est une autre affaire, vous comprenez ? C'est une affaire sérieuse, délicate, silencieuse.

Les miens arrivent toujours raides. Avec une tension étrange, parce que ce sont des morts qui viennent du fleuve. Ils sont mous et rigides. L'eau remplit leurs poumons, et ce qu'ils pèsent. Ils pèsent plus que la conscience. Parfois nous les traînons à plusieurs, et ils marquent la terre d'un sillon et d'une odeur. Vous n'imaginez pas la puanteur d'un mort. Personne ne l'imagine, avant de l'avoir sentie.

Quand la guerre battait son plein, nous en trouvions jusqu'à cinq par jour. Alors je vous le dis, le village en a eu assez de ramasser des morts étrangers.

Ce que j’en pense :

C’est un livre assez extraordinaire qui nous emporte dans une Colombie profonde avec les perdants de l’histoire coloniale. L’écriture est d’une grande inventivité et nous permet de rentrer vraiment dans l’intériorité de chaque personnage. Évidemment, comme dans la plupart des livres de nouvelles, certaines sont excellentes  et d’autres un peu moins. C’est malgré tout un splendide coup de cœur.

 

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>>> "Envahir la Pologne" de Jean-Hugues Oppel

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Si vous êtes un mercenaire sans scrupule, tout ce qui compte, c’est la prime. Mais quand vous appartenez aux opérations spéciales de la DGSE, tout peut basculer sous le soleil africain. Entre le respect des règles et la nécessité d’agir vite, il faut choisir son camp. Jusqu’où peut-on aller pour réussir une mission sans sombrer dans l’abîme moral et être tenté d’envahir la Pologne ?

Première page :

MÉMO/LIRE ET DÉTRUIRE

(REF : GW-hors nomenclature-état temporaire)

INFOS COMPLÉMENTAIRES SUR CRASH AÉRIEN

RÉFÉRENCE :

ECHO-LIMA 600/ALPHA-DELTA-ALPHA

(immatriculation de l’appareil toujours controversée – précisions à venir)

DONNÉES ROSO/ROHUM CROISÉES.

 

Le doute subsiste sur les circonstances réelles de l’accident d’avion ayant décapité le commandement du groupe Wagner au plus haut niveau de sa direction. Pour certains, le côté providentiel de l’événement est propice à la multiplication des thèses mettant l’accent sur la version criminelle du crash ; mettant en avant bon nombre de précédents impliquant disparition mystérieuse et inexpliquée des écrans-radars ou tir « accidentel » d’un missile sol-air non-identifié avec certitude.

Ce que j’en pense :

C’est un court roman noir écrit presque à la façon d’une enquête de journaliste. Le sujet des services secrets (français et américains) est bien maîtrisé par l’auteur et cela fait froid dans le dos. Jean Hugues Oppel a privilégié les parties bien documentées sur les armes et les structures d’espionnage au détriment des personnages. Son écriture est froide avec un humour plutôt cynique.

 

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>>> "La petite fasciste" de Jérôme Leroy

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Dans une France en plein chaos politique et social, qu’ont de commun une jeune militante flamande identitaire de vingt ans et un député socialiste qui va remettre son siège en jeu sans vraiment y croire ? Pas grand-chose apparemment. C’est compter sans l’amour qui frappe où il veut et quand il veut, même dans un pays en proie à une violence généralisée qui vient de loin…

Première page :

Le narrateur n’aura pas ici la prétention de dire que c’est l’affaire Bonneval qui, à elle seule, entraîna la chute de notre République. Néanmoins, elle y contribua. Il convient donc d’en raconter ici le véritable déroulement, tant elle est révélatrice du climat délétère des dernières années de la présidence de celui que les historiens ont appelé, sans trop de délicatesse, le Dingue.

Mais au moment de commencer ce récit, voilà qu’on hésite.

Faut-il débuter par cet homme qui marche seul dans les rues de Fort-Mahon, la nuit du 16 août d’un été des années 2020, avec un pull bleu marine noué sur les épaules malgré la chaleur effrayante et un Glock 17 glissé à l’arrière de son pantalon chino, sous une chemise en lin blanc qu’il laisse flotter.

Ou bien faut-il remonter légèrement le temps et, en juin de la même année, présenter au lecteur Francesca Crommelynck, vingt ans, longue, blonde, seulement vêtue d’une petite culotte,…

Ce que j’en pense :

Voilà un roman qui sait nous montrer les mœurs politiques actuelles. C’est criant de vérité et l’on reconnaît très bien tous les acteurs de la scène politique française. L’ambiance est assez sombre et pessimiste même s’il y a quelques lueurs d’espoir, comme cette histoire d’amour et quelques remarques sur les livres et la réflexion… car, « il suffirait de presque rien »…

 

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>>> "Un chien à ma table" de Claudie Hunzinger

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Un soir, une jeune chienne, traînant une sale histoire avec sa chaîne brisée, surgit à la porte d’un vieux couple  : Sophie, romancière, qui aime la nature et les marches en forêt et son compagnon Grieg, déjà sorti du monde, dormant le jour et lisant la nuit, survivant grâce à la littérature.

D’où vient cette bête blessée  ? Qu’a-t-elle vécu  ? Est-on à sa poursuite  ?

Son irruption va transformer la vieillesse du monde, celle d’un couple, celle d’une femme, en ode à la vie, nous montrant qu’un autre chemin est possible.

Un chien à ma table relie le féminin révolté et la nature saccagée  : si notre époque inquiétante semble menacer notre avenir et celui des livres, les poètes des temps de détresse sauvent ce qu’il nous reste d’humanité.

Première page :

C’était la veille de mon départ, la nuit n’était pas encore là, je l’attendais, assise au seuil de la maison face à la montagne de plus en plus violette ; j’attendais qu’elle arrive, n’attendais personne d’autre qu’elle, la nuit, tout en me disant que les hampes des digitales passées en graines faisaient penser à des Indiens coiffés de leurs plumes sacrées, que les frondes des fougères-aigles avaient jauni, que les milliers de blocs abandonnés sur place, dos, crânes, dents, de la moraine glaciaire surplombant la maison parlaient de chaos, de déroute, presque de la fin d’un monde. Et que ça sentait la pluie. Donc, demain, mettre mes Buffalo, prendre ma parka. Était-ce l’approche de la nuit ? La moraine changeait d’intensité. Ses échines bossues tressaillaient d’éclats de mica et pendant de petites fractions de seconde continuaient d’avancer vers moi en claudiquant – quand une ombre s’est détachée de leurs ombres.

J’ai vu cette ombre ramper entre les frondes des fougères. Traverser le campement des digitales. J’ai tout de suite distingué le tronçon de la chaîne brisée.

Ce que j’en pense :

C’est une magnifique réflexion sur la vieillesse, sur ce corps qui  prend de l’âge et qui va disparaître… comme d’autres espèces sur notre planète. L’écriture de l’autrice mêle habilement récit et réflexions personnelles, retour en arrière et auto dérision. Ce livre m’a beaucoup « interpellé »sur mon propre vieillissement mais sans aucune mélancolie et sans angoisse ni tristesse. Malgré l’âge qui nous enfonce un peu plus chaque jour dans la tombe il est possible que la joie nous surprenne encore.

 

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>>> "Comme des bêtes" de Violaine Bérot

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

La montagne. Un village isolé. Dans les parois rocheuses qui le surplombent, se trouve une grotte appelée « la grotte aux fées ». On dit que, jadis, les fées y cachaient les bébés qu'elles volaient. A l'écart des autres habitations, Mariette et son fils ont construit leur vie, il y a des années. Ce fils, étonnante force de la nature, n'a jamais prononcé un seul mot. S'il éprouve une peur viscérale des hommes, il possède un véritable don avec les bêtes. En marge du village, chacun mène sa vie librement jusqu'au jour où, au cours d'une randonnée dans ce pays perdu, un touriste découvre une petite fille nue. Cette rencontre va bouleverser la vie de tous... Violaine Bérot, dans ce nouveau roman à l'écriture poétique, décrit une autre vie possible, loin des dérives toujours plus hygiénistes et sécuritaires de notre société. Un retour à la nature qu'elle-même expérimente depuis vingt ans dans la montagne pyrénéenne.

Première page :

Je l'ai eu comme élève. Il doit y avoir vingt ans de cela. Dans une classe avec plusieurs niveaux. En primaire.

Il était vraiment grand de taille. Bien plus grand que ceux de son âge. Et même — il me semble — plus grand que sa mère. Mais je peux me tromper. C'était l'impression que ça donnait. Il était trapu pour un enfant de cet âge. Carré d'épaules. Large, vraiment. Mais surtout — oui, je le répète — vraiment grand.

Non, il n'a pas fini son primaire. Ça s'est — comment dire —, ça s'est mal passé. Pas avec lui, non, avec lui c'était finalement assez simple. Mais avec sa mère. Elle n'a pas voulu accepter. Ce que nous préconisions, elle n'a pas voulu. Le parcours proposé, ce que l'on fait dans ces cas-là, elle a refusé. Elle s'est bloquée, totalement butée.

Ce que j’en pense :

Encore un grand coup de cœur pour ce roman de Violaine Bérot. Elle donne la parole à plusieurs personnes qui ont connu (plus ou moins) Mariette et son fils, l’Ours.  Chacun fait une déposition à la gendarmerie (mais on n’entend jamais les questions des gendarmes). C’est un magnifique plaidoyer pour accepter la différence et aussi contre l’enfermement des « anormaux ».

 

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>>> "Nom" de Constance Debré

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

« J’ai un programme politique. Je suis pour la suppression de l’héritage, de l’obligation alimentaire entre ascendants et descendants, je suis pour la suppression de l’autorité parentale, je suis pour l’abolition du mariage, je suis pour que les enfants soient éloignés de leurs parents au plus jeune âge, je suis pour l’abolition de la filiation, je suis pour l’abolition du nom de famille, je suis contre la tutelle, la minorité, je suis contre le patrimoine, je suis contre le domicile, la nationalité, je suis pour la suppression de l’état civil, je suis pour la suppression de la famille, je suis pour la suppression de l’enfance aussi si on peut. »

Première page :

Elle trempe le gant dans la bassine d’eau tiède, elle le passe sur le visage, elle baisse le drap, elle baisse le pyjama, elle passe le gant sur le sexe mort de mon père, elle remonte le drap au-dessus de la taille, elle me demande une chemise, je me tourne vers le placard, je prends une chemise que je pose sur le lit, elle prend mon père par les épaules, elle essaye de lui enlever sa veste de pyjama, les bras ne se déplient pas, elle s’empêtre, je la vois qui s’empêtre, je me penche, allez je me penche, j’attrape l’épaule froide, je glisse mon bras derrière son dos froid, je mets ma main dans sa main froide, je tire le bras bloqué, je pense à Rigidité Cadavérique, j’enlève le pyjama, je mets la chemise, je repose mon père contre l’oreiller, elle range les deux pompes, elle enlève les tuyaux, elle ramasse les poches de morphine et de sédatif, elle les met dans une mallette spéciale avec un code, c’est pour récupérer la morphine qu’elle est venue,

Ce que j’en pense :

C’est radical, très froid, brutal ; c’est un roman autobiographique mais ce n’est pas un règlement de compte avec la famille Debré, c’est un règlement de compte avec toutes les familles. C’est également une recherche perpétuelle de sens mais, surtout, sans utilise rle mot « amour ». Et c’est un roman magnifiquement écrit que je ne suis pas prêt d’oublier.

 

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