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>>> "La nuit au coeur" de Natacha Appanah

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

« De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces cœurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu’ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l’impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d’une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du cœur, du corps, de l’esprit.

De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d’avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd’hui.

Cette femme, c’est moi. »

La nuit au cœur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l’énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l’amour.

Première page :

La pièce imaginaire

Ils ne sont pas entièrement mauvais.

S’il existait une manière de les presser pour en extraire un jus, ce jus ne serait pas tout à fait imbuvable, non, parfois sous son amertume empoisonnée il y aurait un arrière-goût de douceur. S’il existait une manière de les passer entre deux rouleaux compresseurs pour qu’ils se transforment en feuilles plates, ces feuilles ne seraient pas totalement opaques et inquiétantes comme le fond des mers, non, elles auraient ici et là des transparences et des veines fines qui leur donneraient un semblant de vulnérabilité. S’il existait une manière de les broyer en fine poussière, cette poussière ne serait pas complètement toxique, non, certaines particules flotteraient dans les rais du soleil et à les regarder, on pourrait croire à un ballet innocent.

MB est maçon. Il est né en Algérie, près d’un petit port où les barques déchargent des sardines par palanquées. Au soleil, dans leur filet, les poissons brillent et bougent tel un seul morceau de métal en fusion. MB est le benjamin d’une fratrie nombreuse et cette position le place sous la protection et l’indulgence de tous ses aînés.

Ce que j’en pense :

Bien sûr le sujet est plus qu’essentiel et on a envie de hurler face à la tragédie subie par ces trois femmes mais l’ensemble du livre m’a plutôt déçu. Jusqu’à un bon tiers du roman j’ai été saisi par l’écriture de l’auteure, par ses fulgurances et sa façon de s’impliquer, de se questionner. Puis j’avoue que je me suis un peu ennuyé ensuite dans cet écrit qui hésite entre reportage et journal intime. Pourtant, d'habitude les prix Goncourt des lycéens me conviennent très bien.

 

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>>> "L'oreille absolue" de Agnès Desarthe

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

« C’était un hiver lumineux et sec où rien ne semblait devoir mourir. »

Un petit garçon intenable rencontre un homme au bout du rouleau. Une femme retrouve son amant disparu. Un musicien prépare un concours avec un jeune prodige qui ne sait pas lire une note. Deux adolescents filent à moto sans casque.

Ces personnages – et bien d’autres encore - semblent n’avoir aucun lien entre eux, si ce n’est que tous appartiennent à la même harmonie municipale.

Mais une fillette timide promise à un brillant avenir les observe sans qu’ils le sachent. Elle comprend qu’un fil les relie tous et qu’un sort a suspendu pour un temps les drames individuels. Que ce fil vienne à rompre, et tous tomberont. La musique, alors, s’arrêtera.

Dans cet admirable roman polyphonique, Agnès Desarthe s’amuse à nouer et dénouer les destins par le seul jeu de l’écriture

Première page :

Autour du bourg il y a la nuit. Au centre, la mairie. Un bâtiment modeste aux justes proportions, dont les fenêtres découpent des carrés orange dans la nuit indigo. Quelques décorations de Noël, loupiotes entrelacées dans les branches des micocouliers, oursons translucides éclairés de l'intérieur et lutins au bonnet rouge clignotant, ponctuent l'obscurité. Un chien aboie, puis deux. Un troisième répond. Et le silence se referme sur eux. La température baisse d'un degré. On passe sous zéro. L'herbe des talus s'enrobe de givre, les brins se raidissent en émettant de minuscules craquements. Les insectes enterrés perçoivent le carillon des tiges que le gel fige au-dessus d'eux.

Dans la salle des mariages qui est aussi celle du bureau de vote, le conseil municipal est réuni. Ils sont quinze autour de la table. Trois membres sont excusés, mais le fossoyeur Dodelin et le terrassier Taffanel ainsi que le gendarme Guillaume ont pris la place des absents. Monsieur le maire, que tout le monde appelle Monsieurlemaire, même ses petits-enfants, sent quelque chose entre ses côtes, comme une étreinte. Le cœur ou l'estomac, il ne saurait dire. Ses yeux le piquent, à cause du froid,…

Ce que j’en pense :

C’est un roman qui a été écrit pour un projet de théâtre. Il vaut mieux le savoir avant d’en commencer la lecture. C’est un livre qui est fait de rencontres qui, pour certaines, peuvent braver la mort. C’est écrit à la façon d’un conte musical de Noël, avec des couplets pour chaque personnage et quelques refrains (par exemple le chat pris au piège qui est obligé de se couper la patte). Il vaut mieux lire ce livre assez rapidement pour ne pas se perdre parmi tous les personnages.

 

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>>> "Les saules" de Mathilde Beaussault

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Allongée au bord de la rivière, cachée par les saules pleureurs, Marie, dix-sept ans, semble paisible, endormie, ce que démentent les marques sombres sur son cou.
Sa mort brutale ébranle toute la communauté, et surtout Marguerite, une petite fille solitaire que tous croient simple d'esprit. Ses parents, peu enclins à manifester leur affection, travaillent leur terre du matin au soir. Livrée à elle-même, maltraitée à l'école, elle aime se réfugier au bord de la rivière, où elle se sent en sécurité sous les saules.
Cette nuit-là, elle a vu quelque chose. Elle voudrait bien aider Marie, la seule qui était gentille avec elle. Mais voilà, Marguerite ne parle pas, ou presque jamais. Mutique derrière sa chevelure sale et emmêlée, elle observe l'agitation des adultes qui, gendarmes ou habitants, mènent l'enquête. Mais comment discerner la vérité parmi les rumeurs, les rivalités familiales et les rancœurs tissées de longue date ?

Première page :

Prologue

Elle met un peu de rouge sur ses lèvres. Pas trop. Il lui a déjà dit qu'il trouvait ça vulgaire. Un peu pute même. Et Marie a rougi, frissonné de honte et baissé les yeux à la manière d'un chiot pris en faute, réprimant une envie d'essuyer son maquillage d'un revers de manche. Marie a l'habitude de n'obéir à personne. Mais lui, il avait raison. Il a le don d'avoir toujours raison, sur Marie.

Face à sa psyché, elle caresse d'une main affectueuse son ventre qu'elle s'imagine déjà rebondi et sourit à son reflet. Son chemisier blanc sagement déboutonné met en valeur ses seins tendus de jeune fille. Sa jupe rouge, un peu moins sage, taquine le bas de ses cuisses. Il n'y résiste jamais longtemps et glisse toujours une main dans sa culotte qu'il écarte de ses deux doigts sans prendre la peine de l'enlever.

Avant lui, ça ne comptait pas pour Marie. C'était faux. C'était feint. C'était surtout pour faire chier ses parents. Pour quitter l'oeil de Cerbère du père et pour cracher aux yeux nostalgiques de sa mère qui voulait la menotter à ses robres rose bonbon….

Ce que j’en pense :

Si c’est la « nouvelle voix incontournable du roman noir français », comme certains disent, il va falloir, à mon avis qu’elle fasse des progrès, en particulier en donnant plus d’épaisseur à ses personnages. Seule la petite Marguerite sauve ce roman. Les autres personnages sont un peu trop caricaturaux. L’histoire se passe dans un milieu rural empli de rancoeurs et de non-dits mais il manque quelque chose pour qu’on y pénètre vraiment, comme dans certains livres de Franck Bouysse.

 

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>>> "Madame Bijou" de Thomas Vinau

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Tout au long d’une chaude journée d’été dans le sud de la France, un jeune garçon explore la ferme familiale et ses alentours. L’observant du coin de l’œil, sa grand-mère Marguerite se souvient du temps où elle habitait encore « là-bas », sur cette autre rive de la Méditerranée. Elle tenait alors le mythique Bijou Bar, un café-cinéma qui ne désemplissait pas. Au fil des heures, pays de l’enfance et pays du souvenir se confondent et la vie de « Madame Bijou » se raconte dans toute sa beauté.

Une ode poignante aux épopées minuscules de tous les exilés.

Première page :

7 HEURES : LE CAFÉ AU LAIT

Comment est-ce que ça se fabrique, un souvenir ? Qui sait comment, pourquoi, il vient se planter là ? On voudrait l’oublier, il reste planté là. D’autres fois il faudrait se rappeler, mais rien à faire, rien ne vient, ne vient plus que le rien, tiède et jaune, comme la terre.

Marguerite admirait des oiseaux se disputant les dernières graines dans la mangeoire. Pendant sa vie entière elle aura aimé les oiseaux. Chaque matin elle observait, à travers le troisième carreau de la fenêtre à gauche de l’évier, ce minuscule chaos sauvage et gracieux. Les mésanges à tête bleue, agiles et batailleuses, qui avaient encore leurs petits à nourrir, le gros rouge-gorge roublard, la bande de moineaux. Des éclats de cosses sautillaient dans l’air ou tombaient au sol. La poussière, la lumière et les coups de bec, les trilles agressifs, les battements d’ailes affamés, le ballet des allers-retours, tout lui donna soudain l’impression d’assister à quelque chose d’important, de sérieux, quelque chose qui pouvait évoquer à une échelle moindre un mouvement de troupes vu du ciel ou l’agitation solennelle d’une réunion de généraux.

Ce que j’en pense :

Un livre tout en douceur, en tendresse, en nostalgie, en voyage immobile entre l’ici et le là bas. L’innocence de l’enfance est confrontée à ce qui parait inimaginable : l’exil. Cette grand-mère Marguerite est extraordinaire, toujours entre deux mondes, deux vies, mais aussi pleinement ici, avec sa famille. On est vraiment bien en lisant ce livre même si, parfois, on se demande où on est : ici ou là bas ? maintenant ou autrefois ?

 

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>>> "J'ai hâte d'être à demain" de Sandrine Sénès

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Il était une femme qui avait une folle envie d’aimer.

Mais le garagiste bien foutu est trop timide, le dragueur du rayon surgelés est quasi borgne et celui qui lui plaît vraiment est déjà pris. Aux terrasses de café, sur les quais de gare, elle ne voit que des amoureux. Il y a ces vieux couples qui durent, et ceux qui font semblant, il y a les grands romantiques qui ne la font pas rêver du tout. Heureusement, il lui reste Babar, le zonard alcoolique du quartier. Babar avec ses tonnes de compliments, pour les jours où elle ne se sent pas belle. Babar le fidèle.

En quelques courtes scènes, Sandrine Sénès campe la vie d’une célibataire d’aujourd’hui. Et brosse un portrait plein d’humour et d’autodérision.

Extrait :

À coeur ouvert

J'aurais aimé avoir un mari chirurgien. Un très grand chirurgien, pas un de pacotille abonné aux appendicites et ablations ridicules. Un qui sauve des vies, un indispensable qui reconnecte les circuits dans les cerveaux ou fait rebattre les coeurs. J'aurais aimé avoir un mari chirurgien juste pour arriver dans un dîner mondain en lançant à la cantonade : Désolée, Jean-François va être en retard, il est encore au bloc. La routine, une tumeur par voie endonasale. 

J'ai bien besoin d'une petite coupe, moi!      

Ce que j’en pense :

Un livre fait de chroniques d’une ou deux pages. Ça ressemble à du Jean-Louis Fournier. C’est plein d’humour, d’auto dérision et c’est parfois assez piquant, caustique et même sarcastique ç certains moments. C’est agréable à lire mais j’ai trouvé que c’était un peu longuet : j’aurais bien supprimé une dizaine de textes.

 

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>>> "Où vont les larmes quand elles sèchent" de Baptiste Beaulieu

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

La salle d’attente de Jean déborde de patients. Tous les jours, il entend des histoires. Parfois, il les lit directement sur le corps des malades. Il soigne, écoute, console. Mais lui ne pleure jamais. Ses larmes sont coincées dans sa gorge. Il ne sait plus comment pleurer depuis cette nuit où il lui a manqué six minutes.

Première page :

C'est un petit cabinet médical. On y accède après avoir traversé un couloir en crépi beige, très beige, puis longé un patio fleuri, très fleuri. Parfois, ça sent les fleurs séchées, parfois rien du tout.

Treize chaises grises et noires vous attendent dans une salle d'attente qui ne paie pas de mine. Il n'y a pas de journaux à feuilleter, car ce ne serait pas hygiénique. Certains patientent avec un livre. Le plus souvent, avec leur téléphone portable. D'autres — je le sais, je surprends des regards — poireautent en se demandant pourquoi leurs 'voisins de chaise sont là, si c'est grave, s'ils ont pleuré, si c'est une simple conjonctivite ou s'ils vont bientôt mourir.

Ce cube aux murs blancs, où le silence règne, est idéal pour échafauder des hypothèses. Est-ce que le vieux croulant va s'effondrer sur le carrelage beige, la main crispée sur la poitrine ? Le médecin va-t-il sauver quelqu'un aujourd'hui ? Pas certain.

Ce que j’en pense :

C’est vraiment le quotidien d’un médecin de campagne mais avec beaucoup d’humour, d’auto dérision et surtout beaucoup d’humanité. En même temps il dénonce la situation actuelle de la politique de la santé, par exemple le manque de moyens de l’hôpital public. Si l’auteur ne réussit pas à verser des larmes, le lecteur pourrait bien y parvenir à plusieurs reprises.

 

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>>> "Naufrage(s)" de Michèle Lesbre

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

L’émotion qui l’étreint dès son arrivée sur l’île de Sein, « petite terre têtue », plonge Michèle Lesbre dans une forme d’état de grâce. Dans la prose libre, voyageuse et rêveuse devenue sa manière, elle s’abandonne au vent incessant, le vent qui disperse « les miasmes de ce monde boiteux et tout ce qu’il entraîne dans sa fuite en avant. » Flanquée d’un petit chien noir et blanc court sur pattes rencontré au bar du village, elle reste « des heures à contempler cet immense ailleurs barré par l’horizon. »

Fascinée par la carte des naufrages dans le musée local, elle se laisse peu à peu envahir par l’écho de ses propres tempêtes, intimes ou politiques. Si le naufrage des utopies a succédé aux belles espérances qui les ont portées, si le monde part à vau-l’eau, la puissance du paysage l’emporte, conduisant la promeneuse à un heureux vagabondage dans sa mémoire.

L’autrice nous offre une balade d’une grande douceur, tant le sentiment d’apaisement que lui a donné son séjour sur l’île irradie son écriture. De retour à Paris, elle décidera de ne jamais revenir dans ce lieu qui, d’une certaine manière, a bouleversé sa vie, préférant le revisiter en rêve et ouvrir la possibilité d’autres voyages immobiles.

Première page :

Île de Sein, avril 2024

D’ABORD LE VENT.

Un vent tyrannique, incessant, portant une foule dense d’oiseaux venus déposer leurs oeufs, c’est la saison. Certains viennent de loin, d’autres sont chez eux. Leurs vols tissent une trame flottante dans le ciel, leurs chants, qui parfois sont des cris, se mêlent à la rumeur océane. Je suis fascinée par les tourne-pierres, dont le corps fragile parvient à déplacer les lourds galets blancs pour picorer ce qui se cache dessous.

Je m’abandonne au vent, il est plus fort que moi. Des images de la côte irlandaise me viennent, cette beauté sobre, celle des îles d’Aran, l’air marin qui s’accroche à la peau, un goût de sel qui vient aux lèvres.

Ce que j’en pense :

Je suis un inconditionnel de l’ile de Sein, cette ile qui « est dans la mer comme un Jonas dans la baleine ». J’apprécie beaucoup comment Michèle Lesbre en parle en convoquant également des livres, des films qu’elle a bien aimés. Moi je l’ai suivi dans le vent, parmi les oiseaux, avec ce chien en allant au phare. Un beau coup de cœur. Un seul regret : qu’elle n’ait pas fait mention de Jean Pierre Abraham et de son livre « Ar Men ».

 

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>>> "Les silences des pères" de Rachid Benzine

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Un fils apprend au téléphone le décès de son père. Ils s’étaient éloignés : un malentendu, des drames puis des non-dits, et la distance désormais infranchissable.

Maintenant que l’absence a remplacé le silence, le fils revient à Trappes, le quartier de son enfance, pour veiller avec ses soeurs la dépouille du défunt et trier ses affaires. Tandis qu’il débarrasse l’appartement, il découvre une enveloppe épaisse contenant quantité de cassettes audio, chacune datée et portant un nom de lieu. Il en écoute une et entend la voix de son père qui s’adresse à son propre père resté au Maroc. Il y raconte sa vie en France, année après année. Notre narrateur décide alors de partir sur les traces de ce taiseux dont la voix semble comme resurgir du passé. Le nord de la France, les mines de charbon des Trente Glorieuses, les usines d’Aubervilliers et de Besançon, les maraîchages et les camps de harkis en Camargue : le fils entend l’histoire de son père et le sens de ses silences.

Première page :

Le pianiste est penché sur son clavier. Ses bras tombent sur l'instrument, épuisé, comme vaincu. Ses mains sont cachées par l'immense piano. Dans la salle de concerts de l'Opéra de Cologne, l'auditoire reconnaît les notes de la sonnerie annonçant habituellement le début d'un concert. Le silence se fait. Ce n'est pourtant pas l'avertissement mais le concert lui-même qui débute. L'improvisation durera une heure et six minutes.

Keith Jarrett n'avait pas dormi.

La veille, il était à Lausanne. Dans la voiture et traversant la nuit la Suisse et l'Allemagne, il n'a pas pu trouver le sommeil. Il a bien tenté, allongé sur la banquette arrière. Les nerfs à vif, il n'a pu s'endormir. Il se souvient de ces lumières orangées dans l'obscurité, le long de la route et sous les tunnels, comme une veilleuse dans une chambre d’enfants.

Ce que j’en pense :

C’est un peu comme les autres livres de l’auteur. C’est bien écrit et le sujet est très intéressant. On apprend également beaucoup de choses sur l’arrivée des étrangers dans les années 1960, leur vie en France et les travaux qu’ils ont effectués dans des conditions plutôt difficiles. Mais il y a quelque chose qui manque pour que ça nous touche vraiment. Et puis on a de la peine à croire à ce père qui est dépeint comme quelqu’un de parfait de compétent dans énormément de domaines.

 

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>>> "Promenons nous dans les bois" de Bill Bryson

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Rentré aux États-Unis après des années d’absence, le désopilant Bill Byson a redécouvert ses concitoyens et les a décrits dans «American Rigolos». Il a aussi voulu faire un retour à la nature en s’attaquant à l’Appalachian Trail, un sentier qui serpente sur 3 500 kilomètres, du Maine à la Géorgie.

Dans cette aventure mêlant histoire naturelle et histoires drôles, il s’est choisi pour compagnon un ancien copain d’école. Car mieux vaut ne pas marcher seul dans les bois, où l’on risque de croiser d’étranges créatures qui n’ont pas l’humour de l’auteur…

Extrait :

En Amérique, hélas, la beauté implique un trajet en voiture et la nature est affaire de tout ou rien : soit vous la domptez sans ménagement comme au barrage de Tocks ainsi que dans un million d'autres endroits, soit vous la déifiez, la traitez comme quelque chose de sacré, de distant, tel le sentier des Appalaches. On ne veut pas croire que les gens et la nature puissent cohabiter pour leur bénéfice mutuel : un pont sur le Delaware aurait pu mettre en valeur la splendeur qui l'entoure; l'AT aurait pu être plus gratifiant s'il n'était pas que nature sauvage mais vous emmenait de temps en temps , à dessein, à la rencontre d'une vache dans son pré.

J'aurais préféré de loin que le guide de l'AT dise: "Grâce aux efforts de l'Appalachian Trail Conférence, l'agriculture a été réintroduite dans la vallée du Delaware ; le sentier a été détourné pour inclure 25km de parcours au bord de l'eau parce que, ne nous voilons pas la face, il y a des moments où les arbres, ça commence à bien faire!"

Néanmoins, voyons les choses positivement. Si le corps des ingénieurs de l'armée était arrivé à ses fins, je serais en train de nager jusqu'à ma voiture à l'heure actuelle.

Ce que j’en pense :

Il y a beaucoup d’humour et d’auto dérision dans cette façon de raconter les aventures de deux marcheurs sur ce sentier des Appalaches. On en apprend également dans plein de domaines : l’histoire de la création du sentier, la flore et la faune mais aussi sur la vie américaine avec le sur-tourisme, la consommation de masse. C’est une critique assez fine, parfois acerbe, sur le comportement humain en général.

Merci à Lydie qui a ramené ce livre "cadeau surprise" de la magnifique librairie de Banon.

 

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>>> "Voyage au bout de l'enfance" de Rachid Benzine

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

« Trois mois. D’après maman, ça fait précisément trois mois aujourd’hui qu’on est enterrés dans ce fichu camp. Et ça fait presque quatre ans que j’ai quitté l’école Jacques-Prévert de Sarcelles. »R. B.

Fabien est un petit garçon heureux qui aime, le football, la poésie et ses copains, jusqu’au jour où ses parents rejoignent la Syrie. Ce roman poignant et d’une grande humanité raconte le cauchemar éveillé d’un enfant lucide, courageux et aimant qui va affronter l’horreur.

Première page :

Trois mois. D’après maman, ça fait précisément trois mois aujourd’hui qu’on est enterrés dans ce fichu camp. Et ça fait presque quatre ans que j’ai quitté l’école Jacques-Prévert de Sarcelles.

Moi, ce que j’aime, c’est la poésie. Mon maître de CE2, monsieur Tannier, il m’encourageait toujours. Il me disait : « Fabien, tu seras un grand poète. Tu as tout pour réussir. Tes résultats scolaires sont excellents et tu as un imaginaire si créatif… » Je sais pas si c’est vrai mais en tout cas monsieur Tannier il y croyait dur comme fer. Et je me souviens très bien du jour où il m’a demandé de bien réviser les poésies que j’ai écrites pour les dire le lendemain à toute la classe. Mon jour de gloire en somme.

Ce que j’en pense :

Ce court roman traite d’un sujet important : le djihad à travers les yeux d’un enfant. C’est bien écrit mais c’est quand même un peu trop court pour rentrer dans la peau des personnages principaux, en particulier les parents. Cela donne une petite sensibilisation au sujet des enfants pris dans la mouvance du djihadisme mais c’est insuffisant pour faire un bon roman.

 

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