>>> "Ne cherche pas le chaos"
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Présentation de l’éditeur :
Pablo, exilé chilien installé en France depuis plus de trente ans, a élevé sa fille dans l’amour et le silence, prenant soin de lui cacher un passé marqué par la dictature, la prison et l’exil. Lorsque, à dix-huit ans, Victoria part seule au Chili, laissant son père sans nouvelles du jour au lendemain, ce dernier est contraint de revenir dans le pays qu’il a fui. Soudain confronté à une page terrifiante de sa vie autant qu’à son propre enfermement dans la douleur, sa quête devient dès lors un chemin de vérité.
Première page :
Victoria
S'il était capable de raconter lui-même son histoire, Pablo commencerait par se taire, la gorge encombrée d'un poème ou d'une plainte impossible à rugir. Ses mains larges, brunes, aux phalanges un peu poilues, se perdraient sur sa nuque, dans ses cheveux bouclés. Après un silence épais, gênant pour son interlocuteur, il lâcherait peut-être un Conchesumadre adressé à personne, ou à tout le monde. Il finirait par sortir une clope de son paquet souple et, merveille, la trachée libérée par le goudron, il choisirait de raconter la naissance de Victoria.
Ce qui a saisi Pablo, lorsqu'il a reçu son enfant contre lui la première fois, ce n'est pas seulement l'insoutenable douceur de sa peau ou son évidente fragilité, exacerbée par contraste avec ses grandes mains de travailleur. C'est tout cela et autre chose : Pablo a su qu'il ne faudrait jamais parler de sa vie d'avant. Jamais. Car on ne peut pas tout dire à son enfant, n'est-ce pas? Il le savait déjà mais la légèreté de sa fille entre ses bras de boxeur le lui a rappelé.
Ce que j’en pense :
Il faut un peu de temps (une bonne dizaine de pages) pour entrer dans ce roman car Pablo laisse derrière lui de grandes sones d’ombre. Au fil des pages tout prend beaucoup de profondeur et cela va crescendo jusqu’à la fin. C’est un roman très tendre, émouvant, pudique et aussi avec une grande force sur la souffrance, la violence et le silence. C’est à la fois l’histoire intime de Pablo et l’histoire du Chili. En ce sens on peut parler d’une dimension politique.
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