>>> "Trois fois la colère" de Laurine Roux
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Présentation de l’éditeur :
Le temps des croisades. D’un coup d’épée, une jeune fille tue son grand-père, dit Hugon le Terrible. Ce geste prend racine plusieurs générations en arrière, aux confins des Alpes, où jadis sont nés des triplés affublés d’une mystérieuse tache au cou. Aucun des enfants – séparés au berceau – ne saura rien des deux autres, jusqu’à ce que le destin les entraîne tous dans une formidable épopée mêlant rébellion, vengeance et soif de justice.
Dans Trois fois la colère, Laurine Roux s’empare des grandes questions qui taraudent notre modernité : la domination masculine, l’emprise du passé, les identités à inventer, la réparation des victimes. Le tout campé dans une nature souveraine, symbole de l’amour et de l’espoir.
Première page :
LE SAC BRINQUEBALE CONTRE LE FLANC DU CHEVAL. La jeune fille goûte le corps à corps avec la bête, ses cuisses et son sexe collés aux mouvements de l’animal, cadence régulière, heurt des sabots cherchant appui entre les pierres. La cavalière goûte au branle du sac contre l’abdomen de l’alezan, la tête empaquetée dans le balluchon roulant d’avant en arrière, prisonnière du chanvre. De temps à autre, à la faveur d’un emballement, le barda cogne son mollet. Alors la vengeresse sourit : il lui semble qu’Hugon de Bure lui baise la jambe, la suppliant depuis ses ténèbres de ne pas aller plus loin.
N’écoutant que son dessein, l’adolescente franchit ruisseaux et forêts, cap sur Bure, la tête d’Hugon solidement arrimée au flanc de sa monture. Pas un jour ne s’est passé sans qu’elle se remémore l’instant où, voilà une semaine, elle a fait face au seigneur dans le fracas des armes. D’abord ils ont été cent, puis dix, les autres fauchés, embrochés, éventrés ou garrottés par des adversaires peu enclins à se faire catéchiser. Au seuil de la reddition, elle s’est trouvée aux côtés de son maître. Il l’a fixée avec l’expression de qui s’amarre à un visage ami en plein chaos – son fidèle écuyer, sa lanterne! La jeune fille a relevé sa tignasse, exhibé la tache rouge à sa nuque, enfin arraché son plastron. Deux cerises jolies au milieu de l’albâtre.
Ce que j’en pense :
C’est un conte moyenâgeux avec ce qu’il faut de violence, de sauvagerie, de méchant seigneur qui sème la terreur, d’enfants abandonnés… et de mots anciens (qui se veulent moyenâgeux !). C’est bien écrit, sans doute un peu trop car parfois on ne voit que cela. On se laisse entraîner par cette histoire de vengeance malgré certaines invraisemblances et facilités.
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