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>>> Bastion

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Lorsque Jean-Marc Balzan, vieux garçon sans enfant, prend enfin sa retraite, il est persuadé qu’il va se la couler douce. Petits restos, voyages, la liberté, quoi. Mais c’est compter sans Bernard, son plus vieil ami. Ils sont potes à la vie à la mort depuis l’école maternelle. Et ce que Jean-Marc fait de mieux dans la vie, c’est rattraper les conneries de Bernard. Ce dernier est sympa, il peut faire preuve d’intelligence, mais il est aussi capable d’être très con. Aussi, lorsqu’il s’engage dans l’équipe de campagne d’Éric Zemmour pour la présidentielle de 2027, Jean-Marc craint le pire.

Soucieux de protéger Bernard, Jean-Marc s’enfonce insidieusement dans la mouvance d’ultradroite lyonnaise. Il rencontre des néonazis amateurs de voitures de collection, des gendarmes qui veulent faire de lui une balance, des entrepreneurs véreux, des ultras qui fomentent un attentat, des maires de village sans étiquette, et même Éric Z himself.

Bref, c’est l’histoire d’une retraite bien pourrie.

Durant vingt-cinq ans, Jacky Schwartzmann a enchaîné les petits boulots, autant pour gagner sa vie que pour observer ses contemporains. Il est maintenant auteur et scénariste de bandes dessinées et de longs-métrages. Son parcours à la fois schizophrène et formateur a façonné sa plume incomparable. SHIT !, son précédent roman, a obtenu le prix Le Point du polar européen et les suffrages unanimes de la presse et des lecteurs.

Première page :

Bon week-end

Je suis un bâtard en retraite. J'étais commercial, dans l'industrie. Un grand groupe. Mon job consistait à vendre très vite et très cher, afin d'augmenter nos marges et de gonfler notre trésorerie. Et c'est tout. Plusieurs révolutions ont secoué l'industrie ces trente dernières années : les chefs de service sont passés de la clope au running, de l'apéro aux infusions froides et du droit de cuissage au consentement. Une bienveillance d'ahuris. Une façade, en réalité. Rien n'a changé, il n'est toujours question que d'une chose, vieille comme le commerce, le monde et les hommes : augmenter nos marges. J'ai été un cadre de ce merdier, une petite main aux fesses dans cette partouze globalisée. Je triquais pour la boîte, me battais pour vendre, vendre et vendre. C'était une guerre que je menais contre des centaines de commerciaux inversés, à savoir des acheteurs. Nous faisions le même taf : gratter. On se lançait dans des joutes à coups de norme ISO 9001', de qualité des matières, de délais de livraison et de volumes de commandes. L'arène dans laquelle nous nous affrontions était toujours la même, une salle de réunion au mobilier d'un IICEA de mormons, éclairage au néon, viennoiseries douteuses et café dégueu dans de grandes thermos.

Ce que j’en pense :

J’ai abandonné la lecture de ce livre après une centaine de pages. Je suis très déçu car j’avais lu trois autres livres de cet auteur, dont l’excellent « Shit » et je m’attendais à retrouver son univers un peu loufoque et plutôt irrespectueux mais toujours teinté d’un humour caustique… Mais ici, pour moi, rien ne fonctionne. De plus, les analyses politiques sont du genre café du commerce et très réactionnaires.

 

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>>> Congo Inc. Le testament de Bismarck

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Le jeune Isookanga, Pygmée ekonda, piaffe dans son village de la forêt équatoriale où un vieil oncle prétend régir son existence. Depuis qu’il a découvert l’Internet et les perspectives d’enrichissement immédiat que promettent mille variantes de la mondialisation, il n’a plus qu’un objectif : planter là les cases, les traditions, la canopée millénaire et le grincheux ancêtre pour monter à Kinshasa faire du business. Il débarque donc un matin dans la capitale, trouve l’hospitalité auprès des enfants des rues et rencontre Zhang Xia, un Chinois qui fait commerce de sachets d’eau potable et dont il devient l’associé. L’avenir est à lui !

Pendant ce temps, à Kinshasa et ailleurs, le monde continue de tourner moyennement rond : des seigneurs de guerre désoeuvrés aux pasteurs vénaux, des conseils d’administration des multinationales aux allées du Grand Marché, les hommes ne cessent d’offrir des preuves de leur concupiscence, de leur violence, de leur bêtise et de leur cynisme.

Qui sauvera le Congo, spolié par l’extérieur, pourri de l’intérieur ? L’innocence et les rêves, les projets et la solidarité. La littérature, bien sûr, quand elle est comme ici servie par un conteur hors pair, doté d’un humour caustique et d’une détermination sans faille.

Première page :

TERRES ET TEMPS 

— Putain de chenilles !

L’exaspération provoquée par les innocentes bestioles depuis plus d'une heure avait stimulé les facultés d'Isookanga, lui permettant de tracer plus rapidement sa route à travers la forêt, d'éviter les branches basses, d'ouvrir des brèches dans le feuillage aussi sûrement          que l'étrave d'un brise-glace en période de réchauffement climatique. La silhouette du jeune homme vêtu d'une simple culotte en écorce battue paraissait insignifiante parmi les arbres qui se dressaient, cathédrales sur leur socle de racines géantes. La canopée, de temps à autre, ouvrait des puits de lumière qui faisaient luire les gouttelettes d'humidité en suspension, au milieu desquelles dansaient des insectes se disputant la place avec des fougères venues du pléistocène, des lianes tombant de nulle part, des troncs agonisants luttant contre la décomposition. Dans cet enchevêtrement de vie et de mort, pendant que la sève luttait pour monter, des orchidées aux couleurs invraisemblables se pavanaient dans la bruine gorgée d'odeurs de sucs, de déchets organiques et de glandes animales abandonnés là pour marquer le territoire.

Ce que j’en pense :

L’auteur nous plonge littéralement dans ce Congo immense et très complexe et en particulier dans la ville de Kinshasa. Rien ne nous est épargné, c’est parfois très violent. La satire est souvent féroce et ne ménage pas grand monde : les églises, l’ONU, la police, les politiques, les militaires, la mondialisation, les occidentaux….Heureusement qu’il y a l’humour ! Ce livre a aussi une valeur documentaire sur ce qui se passe encore maintenant dans ce Congo.

 

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>>> La discrétion

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Yamina est née dans un cri. À Msirda, en Algérie colonisée.

À peine adolescente, elle a brandi le drapeau de la Liberté.

Quarante ans plus tard, à Aubervilliers, elle vit dans la discrétion.

Pour cette mère, n'est-ce pas une autre façon de résister ?

Mais la colère, même réprimée, se transmet l'air de rien.

Première page :

Commune d’Aubervilliers, Département de Seine-Saint-Denis (93300)

France, 2018

 

Yamina a bientôt soixante-dix ans. Elle les aura en novembre prochain. Soit le 10, soit le 19. Yamina est née un jour ou l’autre.

Sur les papiers algériens, elle est du 19, mais sur sa carte de résidence française délivrée en Seine-Saint-Denis, il est inscrit : née le 10 novembre 1949 à Msirda Fouaga, Algérie.

À qui se fier ?

Au moins, elle n’a pas une date présumée, elle a échappé au fameux 1er janvier attribué aux indigènes par défaut.

Les usagers n’hésitent pas à lui céder leur place dans le 173, le bus qu’elle prend chaque samedi matin, station Fort d’Aubervilliers, en face de la poste.

Elle va faire le marché de la Mairie et achète toutes sortes de choses inutiles. La plupart du temps, ce sont des objets en plastique et des gadgets ménagers révolutionnaires dont les camelots font la démonstration…

Ce que j’en pense :

C’est écrit de façon très simple mais c’est terriblement efficace. Faïza Guène nous montre comment cela peut être difficile pour une famille algérienne de faire sa place en France, même lorsqu’on est né dans ce pays. Tout est dit avec humour et pudeur : la colère, la résignation, les déchirures, l’amour et bien sûr la discrétion. Le personnage de la mère qui est au centre de l’histoire de cette famille  est particulièrement émouvant.

 

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>>> Péquenaude

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

À l’examen il y a les mots : péquenaud, plouc, beauf, cul-terreux. Campagnard. Je remarque : même dans les insultes, je n’existe pas. Mais en les féminisant, je glisse une première pierre à l’édifice du retour. Péquenaude. Un vent chaud dans les troènes, une haleine de stabule. Il faut savoir de quelle rugosité on émerge, pour en sentir le goût en bouche.

Après le succès de La Vie têtue, Juliette Rousseau continue de creuser les liens entre corps et territoire. Depuis la campagne agro-industrielle où elle vit, elle interroge la ruralité, les questions de classe et de genre, l’industrialisation, la relation au vivant, l’enfance, les traditions, la transmission… Dans une langue puissante et bouleversante, elle explore ce que signifie habiter une terre abîmée.

Première page :

Il fait sombre quand je me lève. Après avoir allumé le feu, je me glisse dehors pour sentir l'air. Dans la masse obscure des arbres devant moi, une hulotte mâle rappelle que la nuit n'est pas finie. Puis l'ânesse, qui m'aura sentie, se met à braire. Mélodies du quotidien et des transitions, de la nuit vers le jour, d'une saison vers l'autre.

Coutumière, je me lève avant les songes dont on peut se souvenir. Ceux du petit matin. Toute à ma brutalité, je me dérobe à cette possible rencontre avec moi-même. Les mains sur un liquide chaud, dans les vêtements le sexe pelotonné. Le jour s'accueille avec les dents, avec les chants.

J'apprends encore à me revenir.

Ce que j’en pense :

En refermant ce livre je suis partagé. C’est une très belle écriture où prose et poésie se mêlent mais parfois on sent que c’est un peu trop travaillé. Le thème de la ruralité est très intéressant dans la façon dont il est traité, de façon plutôt intime dans ce rapport à la terre. Il y a des pages d’une grande force dans lesquelles je me retrouve complètement. Mais d’autres textes me paraissaient plus lointains. Je relirai les « bonnes pages » !

 

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>>> Kiffe kiffe hier ?

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

« La relecture du passé avec les yeux du présent n’est pas une mince affaire. Ça me rappelle ma première paire de lunettes. Si personne ne s’était aperçu que j’étais myope, j’aurais continué à trouver le monde flou tout à fait acceptable. »

Doria a déjà trente-cinq ans et elle a réussi l’exploit de ne pas perdre son humour en chemin. Ce n’était pas gagné quand on voit ce que le monde est devenu.

Mais n’est-ce pas un peu trop tôt pour trouver que c’était mieux avant ?

À l’image du pays, elle est à un carrefour : elle doit trancher entre nostalgie et espoir, se remettre en question avant de virer réac.

Car c’est le genre d’imprévu qui arrive même aux meilleurs.

Première page :

Aujourd’hui, c’est lundi et comme tous les lundis, je cours comme une cinglée pour déposer le petit à l’heure à l’école. Marre de passer pour une mère indigne. Trois retards la semaine dernière et ce matin : rebelote. Ça commence mal. Je précise qu’on est seulement le 22 septembre et que je suis déjà dans le collimateur. Depuis la rentrée des classes, j’encaisse sans broncher les regards méprisants de la directrice, Mme Hibou. Ce n’est pas vraiment comme ça qu’elle s’appelle mais la ressemblance est flagrante. D’ailleurs, elle sait tourner la tête à 270 degrés, comme le grand duc. C’est une espèce protégée, j’ai appris ça sur YouTube. Renseignez-vous, c’est fascinant.

Sans même me saluer, elle lève ses sourcils mal épilés en regardant dans l’ordre : la gardienne + sa montre + moi + le ciel, tout ça d’un air ouvertement réprobateur. Bon OK, je suis en retard, mais est-ce que ça mérite une chorégraphie pareille ?

Ce que j’en pense :

Je n’avais pas lu « Kiffe kiffe demain » paru il y a 20 ans avec le personnage de Doria beaucoup plus jeune mais je n’ai pas l’impression que c’est gênant. L’autrice, dans ce livre, parle de beaucoup de sujets d’actualité : le racisme, le machisme, les emplois précaires, les mères célibataires, la gentrification dans les villes…. Elle aborde tout cela avec humour, ironie et surtout beaucoup de dérision et c’est ce qui en fait sa force mais qui peut aussi parfois nous lasser.

 

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>>> Ces traces de nous

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Ces traces de nous se présente comme le journal de bord d’un poète. François de Cornière y consigne son environnement, sa simplicité́ naturelle – la mer au bout de la rue, où il nage tous les jours –, mais aussi les paroles, les gestes et les rencontres qui ne cessent de le surprendre et l’interroger.

Au fil des poèmes, il rend visible l’invisible. De ces légères touches, parfois impalpables, naissent des émotions et des souvenirs, qu’il capte avec une infinie nuance pour mieux les partager.

Première page :

« J'ai ton ombre »

 

Je lui avais dit: «Je t'aime bien avec ton bonnet

j'essaierai de faire un poème avec ça. »

 

J'ai gardé très nette son image au bonnet.

Le bonnet je pourrais le dessiner pareil

avec des traits au crayon et des mots ajourés

— mais elle l'avait enlevé sur la photo que j'ai d'elle.

 

(À l'arrière-plan on aperçoit les bernaches

en petit groupe serré.)

 

Après il y avait eu cette rencontre étonnante

avec la perdrix rouge

— mais qu'est-ce qu'elle faisait là sur la dune?

 

Plus tard aussi ce moment sur la plage

au bord des vagues près de chez moi

quand l'écume s'envolait

en flocons de mousse légère.

C'était beau dans le soleil.

 

Au moment du déclic

pour la photo qu'elle voulait prendre

elle m'avait dit:

« J'ai ton ombre!»

 

J'avais noté ses paroles.

Je les garde précieusement.

 

Mon poème en fin de compte

c'est un pas de côté

comme ces mots que j'aime recopier

en pensant à ce jour-là:

« J'ai ton ombre! »

Ce que j’en pense :

Chez François de Cornière on retrouve toujours la mer, la plage, la nage, le vélo, la ligne d’horizon, une ile… On est avec lui dans ces paysages et on est aussi avec lui dans ces petits riens de la vie. Des expressions banales qui émaillent notre quotidien deviennent un poème. La poésie de l’auteur nous comble d’émotions et nous provoque à porter un nouveau regard sur tout ce qui nous entoure. Un grand livre de poésie.

 

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>>> Encrer l'invisible

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Mélanie Leblanc a publié Des falaises chez Cheyne éditeur, Éphéméride, Des étoiles filantes, Quand mon cœur, Les gens qui osent et Le labyrinthe des jours au Castor Astral. Elle écrit aussi hors des livres et collabore avec d'autres artistes. Elle participe à des lectures publiques, des rencontres et des ateliers d'écriture pour faire vivre la poésie sur tous les territoires.

Première page :

je vous salue

je vous salue Crapauds Escargots Doryphores

je vous salue Coccinelles Limaces Procustes chagrinés

je vous salue Othiorynques Syrphes Zeuzères

je vous salue Charançon Chenilles Chauves-souris

je vous salue Thrips Grillons Gendarmes

j'entends vos chants

ça crie ça stridule

ça grouille grignotte

ça frotte percute

ça vibre vrombit

ça creuse ça crisse

ça grince grésille

ça gratte craquette

ça tire ça traîne

frétille et bourdonne

 

Ce que j’en pense :

Ce livre se veut être un hymne à la nature, à l’amour, au quotidien, à tout ce qui nous entoure. C’est assez bien réussi mais cela manque de force, de profondeur. Entre la légèreté et le futile il y a parfois peu de différence.

 

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>>> La compagnie des monstres

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Dans ce nouveau recueil, Thomas Vinau s’intéresse à la question du monstre. Les autres, les étranges, boiteux, sauvages, mais surtout les nôtres. Dans des formes variées, à la lisière du narratif, il dresse le portrait de ces êtres mi-bêtes, mi-humains qui peuplent nos nuits et stimulent nos imaginaires. La solitude, la peur, la mort, la drogue, la folie prennent figures grotesques et suaves, deviennent nos animaux domestiques, nos compagnons d’infortune.

– Pour le poète, cette horde qui avance dans l’ombre, sûre de sa monstruosité, est aussi source de lumière et d’inspiration. Certes tapi dans les coins, le monstre peut devenir complice de chemin dès lors que l’on échange avec lui des mots comme de drôles de ballons.

Première page :

Le matin

ma peur fait sa toilette

elle est coquette

comme un oiseau qui se nettoie les ailes

ou un chat qui se lèche là où tu sais

elle met du gel

elle fait sa belle

sa vieille ringarde

 

Ma peur

fait de ma vie

un régime sans sel

 

Elle fait du zèle la fourbe

toujours là pour balancer dans la cour de récré

voisin vigilant

collabo bienveillant

 

Ma peur articule mal

parle dans sa barbe

marmonne sa glose

dans ses glaires

pas glorieuse

 

Elle a des douleurs articulaires

le vertige

la goutte au nez

la crotte au cul

Ce que j’en pense :

On retrouve dans ce livre la « patte poétique » de Thomas Vinau avec peut-être un peu moins de force, d’humour et d’ironie que dans d’autres livres. C’est quand même un livre dont on a envie de relire de nombreuses pages.

 

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>>> Les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Mille dollars de l’heure. Un tarif qui ne se refuse pas quand on est avocat commis d’office obligé de passer ses journées, dimanches compris, à plancher sur les dossiers attristants de petits malfaiteurs sans envergure. Puis à négocier des peines avec un procureur plus puissant que soi mais tellement moins compétent. Alors Justin Sykes, lassé par ce quotidien déprimant, accepte pour ce tarif de se mettre un soir par semaine au service des filles d’un gentlemen’s club et de passer la nuit dans le motel d’en face. Sans trop chercher à comprendre. Parce que, c’est bien connu, les stripteaseuses ont toujours besoin de conseils juridiques.

Première page :

« C’est un garçon tellement gentil. Tellement doux. Il a toujours été facile. » Par-dessus mon bureau en désordre, Mme Nowak me regarde avec ses grands yeux tristes. Son fils vient d’être arrêté, pour la troisième fois, après s’être exhibé dans le bus devant des lycéennes. En l’occurrence, il n’y a pas moyen d’élaborer une défense à proprement parler. Eric apparaît sur la vidéosurveillance du bus, et il y a sept témoins dont deux officiers de police. Il nous faut donc plaider coupable et supplier le juge de se montrer clément. Nous présenterons les circonstancesatténuantes demain.

Je veux que ce soit Mme Nowak qui s’y colle. Elle incarne à merveille la mère courage, mais surtout, elle est jolie. Elle a une bonne cinquantaine mais en paraît dix de moins, et le juge Weaver est un vieux pervers blasé qui ne reprend du poil de la bête qu’en présence de jolies femmes. C’est la meilleure stratégie juridique que je puisse imaginer. Pour citer Oliver Wendell Holmes, ou peut-être est-ce un personnage dans La Loi de Los Angeles, « Le droit, c’est une question de personnes ».

« N’oubliez pas de parler de tout ça à l’audience demain », dis-je. Je me penche en avant, les lèvres pincées, cherchant comment faire passer mon message avec tact.

Ce que j’en pense :

On retrouve dans ce roman le côté ironique de l’auteur sur le fonctionnement de la justice américaine. C’est assez bien documenté et l’écriture est agréable. Le récit est souvent anecdotique et on devine assez rapidement l’arnaque proposée à l’avocat. Ce n’est pas le meilleur livre de Iain Levison mais c’est malgré tout un livre intéressant.

 

 

 

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>>> Polynie

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Rosaire Nicolet est retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel. C'est Lumi, une strip-teaseuse, qui, un beau matin, l'a découvert inanimé. La petite ville d'Iqaluit dans le cercle arctique est d'autant plus bouleversée par cette nouvelle que tout le monde appréciait Rosaire. Ce jeune avocat était beau et intelligent, infiniment séducteur. En tant que spécialiste des questions autochtones et des tracés frontaliers, il s'était attaché les faveurs des puissants tout en poursuivant son combat pour la défense des Inuits. Oui, tout le monde aimait Rosaire. Trop peut-être... Lorsqu'il apprend cette nouvelle et qu'il est invité à venir reconnaître le corps, son jeune frère, Léandre Nicolet, est bouleversé. Il récuse l'idée d'un meurtre passionnel au profit d'une autre thèse. Chez les Nicolet, depuis que leur aïeul Jean Nicolet, un explorateur du XVIIe siècle, a fait une découverte extraordinaire, on se transmet un secret de père en fils : ce n'est pas Christophe Colomb qui a découvert l'Amérique mais un Chinois, l'amiral Zheng He, en 1418 ! Voilà, Léandre en est convaincu, Rosaire aura divulgué ce secret et c'est pourquoi il a été tué. Mais une fois sur place, bien vite, les certitudes de Léandre fondent... comme neige au soleil.

Sous couvert d'une enquête policière, Mélanie Vincelette nous plonge au cœur d'une réflexion sur les mystères des individus. Pourquoi idéalise-t-on les êtres ? Sait-on jamais qui on aime ? Léandre s'est construit une image idéale de son frère, séducteur et serviteur des justes causes, mais la réalité est beaucoup moins chatoyante. Sans être un parfait salaud, Rosaire n'était pas un ange non plus.

Première page :

Vesse-de-loup

Île de Baffin. 3 mai. Archipel polaire canadien

«Les Chinois ont découvert l'Amérique. » C'était la phrase gribouillée au stylo sur l'avant-bras de mon frère, Rosaire, retrouvé sans vie un jour d'élection par Lumi, l'effeuilleuse étoile du bar de l'hôtel Le Cercle polaire. Quand elle a ouvert la porte de la chambre numéro 7 à la police, elle était nue sous un anorak et tenait à deux mains un verre de polystyrène rempli de thé bouillant sur lequel son rouge à lèvres avait déposé un baiser. Lumi, qui tentait de retenir l'anorak fermé sur son corps cuivré, ne semblait pas très émue. Sous le capuchon en fourrure blanche, ses yeux vert-de-gris et sa bouche en coeur ont dans les premières minutes empêché les policiers de penser qu'ils avaient devant eux un assassin.

Iqaluit, le village où se trouve Le Cercle polaire, est le Las Vegas du Grand Nord. On y joue au bingo et on y traîne dans les bars. Le Cercle polaire est connu pour sa pizza à l'omble de l'Arctique. Les touristes en rapportent souvent une boîte dans leurs bagages. Pour son dernier repas, Rosaire semblait avoir avalé des petites vesses de loup…

Ce que j’en pense :

En lisant les premières pages je m’attendais à un livre très original par l’écriture et pas le sujet. J’ai, hélas, assez vite déchanté. Le récit, annoncé comme un thriller, est assez lent et plutôt ennuyeux. La langue de l’autrice parait avoir été nettoyée de tout ce qui pouvait être un tant soit peu « québécois », j’ai trouvé cela très bizarre. Reste quand même un certain dépaysement dans ce grand nord canadien.

 

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