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>>> "Androsace" de Antoine Choplin

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

En route vers la cime, il se souvient et pense à elle là-bas. Elle qui, au même instant, quitte son village d'altitude pour gagner la grande ville. Elle y retrouvera ses compagnes de lutte pour y mener le combat pour la liberté. Androsace (petite fleur qui pousse sur la roche nue en altitude, dans des conditions difficiles) évoque ainsi le croisement de deux trajectoires. Celle d'un homme d'âge mûr, montagnard, cultivant la ressource de son regard sur le monde mais lucide pourtant sur les vertus de cette orpheline contemplation, fût-elle nourrie par les plus hautes exigences et celle d'une jeune femme qui a décidé de se vouer, au péril de sa vie, à un engagement existentiel.

Première page :

Je me souviens

tu avais regardé cette montagne et tu avais dit c'est la soeur de la nôtre

de celle qui là-bas domine notre village

une soeur plus espiègle

plus joyeuse aussi

vois la fantaisie de ses saillies et comme elle fait la nique aux nuages

et c'est pour ça que tu avais voulu l'escalader — tu pourrais me guider n'est-ce pas —

et ensemble un jour on en avait gagné la cime et là-haut

au point de baiser des versants

entourée de vide

tu avais dansé

avec tes bras tu avais dansé

et aussi ta chevelure qui s'agitait comme une comète devenue folle

Ce que j’en pense :

J’ai lu la plupart des livres d’Antoine Choplin. J’ai particulièrement apprécié le précédent : « La barque de Masao ». J’aime beaucoup son écriture très poétique, sensible, toute en retenue. Mais pour « Androsace » je suis complètement passé à côté. Bien sûr il y a de très beaux passages mais l’ensemble m’a laissé plutôt insensible.

 

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>>> "Baignades" de Andrée A Michaud

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Max, Laurence sa femme et leur fille Charlie viennent d'arriver au camping de Lac aux Oies pour passer de merveilleuses vacances. Mais à peine Charlie est-elle dans l'eau que le responsable du camp lui intime do sortir et de s'habiller décemment. Un autre incident, encore plus traumatisant, va se produire, conduisant Max à quitter les lieux. En pleine nuit, sous l'orage, à bord d'un camping car dont il ne maîtrise pas bien la conduite. Il va prendre la mauvaise direction. Pour le pire...

Un thriller implacable dans lequel Andrée Michaud explore la destruction d'une famille.

Première page :

Ils avaient laissé la petite se baigner nue. Cinq ans. Ils n’y voyaient pas de mal. Le soleil tapait dur, le mercure atteignait les vingt-huit degrés et la plupart des campeurs faisaient la sieste sous les arbres et les auvents. Puis le propriétaire de la place avait surgi, une masse de muscles aux bras tatoués, pour leur dire qu’on ne voulait pas de ça ici, pas de nudité, vous avez pas honte, vous habillez cette enfant immédiatement ou vous décampez.

Ils étaient demeurés interdits, tous deux arrêtés dans leur mouvement, Laurence tenant du bout des doigts le bouchon du tube d’écran solaire qu’elle s’apprêtait à refermer, Max le corps penché vers le magazine déposé à ses pieds, puis Laurence avait senti ses joues rougir pendant que Max se redressait et se mordait la langue pour ne pas engueuler le propriétaire à son tour, elle a cinq ans, bordel, pas vingt-deux ! Ils avaient tout de même rappelé la petite, Charlie, viens mettre un maillot. C’est Laurence, en fait, qui l’avait appelée. Elle s’était levée du transat qu’elle avait installé à l’ombre, près de la rangée d’arbres bordant la grève, pour pouvoir surveiller l’enfant. Elle avait fait quelques pas, sors de l’eau, ma belle, tenant toujours du bout des doigts le bouchon de son tube d’écran solaire, troublée par une culpabilité diffuse et se sentant tout à coup indécente dans sa tenue de plage.

Ce que j’en pense :

On pense que l’histoire pourrait se terminer à la fin de la première partie, et cela pourrait convenir à beaucoup d’auteurs… mais pas à Andrée A Michaud !  La deuxième partie apporte vraiment beaucoup à ce roman. Grâce à son écriture, l’autrice nous fait passer d’une atmosphère familiale et festive à une ambiance de méfiance et d’incompréhension. C’est absolument magistrale car il suffit de minuscules petites touches dans le récit pour instiller de sombres pressentiments.

 

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>>> "Mimi en bois" de Adèle Fugère

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Paul est très proche de son grand-père et sa grand-mère (Mimi). Il a 13 ans, l'âge des premières fois, lorsque Mimi, d'un seul coup, passe de vie à trépas.

Le lecteur est dans la tête de Paul. C'est la voix de cet ado qui ne sait pas quoi faire de tout ce qu'il ressent. Pour rester hors de l'eau, il "ouate" sa douleur en se focalisant sur son grand-père. Sur celui qui est resté et qui ne l'a pas abandonné.

Pour aider son grand-père qui est complètement cassé, Paul va confectionner une marionnette, la marionnette de Mimi.

Mimi en bois, c'est Mimi sans l'être vraiment. C'est une lubie, certes, mais qui va amortir pour un temps la cassure du coeur. Et permettre à Paul de retrouver son grand-père.

Première page :

C’est pépé qui l’a trouvée. Il est sorti de son atelier. Il a traversé le jardin. Il a ouvert la porte de la cuisine. Il l’a refermée derrière lui. Il a trouvé mémé, là, assise à la table. Comme d’habitude. C’était comme si elle s’était assoupie. Au début, pépé a cru qu’elle dormait. Mémé a toujours eu la capacité de se débrancher à n’importe quel moment et n’importe où.

Là, elle ne dormait pas.

Ce qui a mis la puce à l’oreille de pépé, c’est qu’elle ne ronflait pas.

Ce que j’en pense :

L’autrice nous offre un livre merveilleux à fleur d’émotion simple et profonde. Elle sait, par son écriture poétique nous mettre à la place de ce jeune Paul. Nous y retrouvons toute l’immense tendresse que nous éprouvions (autrefois et encore maintenant) pour nos grands parents. Un splendide coup de cœur à faire partager, à relire et à offrir pour une lecture à voix haute.

 

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>>> "Sainte Emmerderesse" de Audrey Alwett

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Le jour où Suzanne gagne au Loto, elle prend la fuite et achète un manoir en Normandie. Sur le domaine, elle découvre la tombe de sainte Emmerderesse. Avec trois comparses, elle redonne vie à cette sainte aussi puissante qu`insolente et devient son ombre redoutée. Une révolte débridée s`annonce, car la sainte patronne des emmerdes n`épargne personne. Une aventure libératrice, un premier roman jubilatoire !

Première page :

GENÈSE

 

Les Brésiliens ont un mot, bénção, qui désigne à la fois une bénédiction et un coup de pied frontal, figure usuelle de la capoeira. Cette double signification me fit longtemps visualiser des amen brutalisant leurs destinataires. L'image était digne de sainte Emmerderesse.

Aujourd'hui, vous êtes nombreux à me jeter la pierre. Ce sont mes recherches qui l'ont exhumée. Depuis les bibliothèques et musées. c'est moi qui ai réveillé sa mémoire de Belle au bois dormant, mais les responsabilités doivent être partagées, puisque vous avez fait son succès.

Avouez. Vous avez appelé le chaos de vos prières et en avez joui sans retenue. Ensuite, comme des enfants qui ont dévasté une confiserie et avisent les sacs de bonbons éventrés et la confiture étalée sur les murs, la panique vous a pris. Lorsque les choses sont devenues étranges, puis tout à fait inquiétantes, vous vous êtes hâtés de m'accuser. Les trompettes de la Renommée s'en sont mêlées, qui font que ma réputation ne s'en remettra pas.

J'entends votre désillusion. Comment pourrait-il en être autrement? Nous ne vous avions donné que les pans épars d'une histoire tronquée, des miettes dont vous deviez reconstituer la miche.

Loin des rumeurs et des raccourcis, je m'engage donc à vous livrer la vérité nue, avec ses rides et ses bourrelets. 

Ce que j’en pense :

Des personnages très originaux et très sympathiques. Une histoire pleine de rebondissements avec ce qu’il faut de références historiques et d’inventions souvent loufoques et assez drôles.   C’est également un bon plaidoyer pour la tolérance et pour toutes les libertés. Et pourtant j’avoue que je me suis « emmerdé » à partir de la moitié du roman : sans doute trop foisonnant ? trop de sujets à la fois ?

 

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>>> "Murmuration" de Sylvie Germain

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Samuel s’est jeté à corps perdu dans les mots, leur magie, leur pouvoir ; c’est pour dire la puissance du langage qu’il est devenu écrivain. Au fil d’un texte hypnotique, Sylvie Germain évoque le parcours blessé de cet homme qui a préféré l’ombre à la lumière. L’écriture essentielle de la romancière, précise et poétique, tendre et caustique, lui fait magnifiquement écho.

Première page :

Des signes de ponctuation de haute taille passent là-bas dans la brume, ils glissent en file indienne, ils ondulent dans le vent, parfois tremblent un peu. Certains par instants trébuchent ou s'immobilisent, désorganisant la colonne qui vite se recompose autrement, la virgule se fait doubler par le point d'exclamation, et celui d'interrogation recule en fin de ligne. Ou bien ils changent d'aspect, l'un, qui était courbe, se redresse, un autre, qui était droit, se penche en oblique avant. Il arrive que quelques-uns se mettent à courir.

Ces signes mouvants ne ponctuent aucun texte, ils forment une phrase vide de mots, ce ne sont que les ombres de gens qui s'acheminent vers leur arrêt de bus pour se rendre à leur travail. Le premier bus de la journée, celui de .5 heures 15. Debout derrière la fenêtre de sa chambre, Samuel Nart observe ce défilé…

Ce que j’en pense :

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre de Sylvie Germain. J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver son univers et son écriture fine, délicate, fluide et poétique. La métaphore des étourneaux me parait particulièrement efficace puisqu’il s’agit dans ce roman d’aborder la création littéraire : on peut passer, avec ces oiseaux, de formes extraordinaires qui ne cessent de se recréer à un ciel complètement vide.

 

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>>> "La gardienne" de Sonja Delzongle

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Au cœur d'une sombre forêt du Morvan, tout près d'un lac aux eaux opaques, se dresse une maison en bois. C'est là que les Olsen s'installent, un jour de printemps. Le père, d'origine norvégienne, a imposé cet isolement à sa famille à la suite de la brutale agression subie à l'école par Rune, sa fille préférée qu'il a élevée comme un garçon.

Pour fuir ce monde hostile et violent, ils vivront désormais loin de tous, dans ces bois retirés. Leur Petite Norvège, comme il l'appelle, est une promesse d'autonomie et de sécurité. Mais certaines promesses sont des mensonges. Et, les filles Olsen vont bientôt le découvrir, la vie en vase clos peut aussi devenir le pire des pièges...

Première page :

Quelque part dans la forêt...

C'est la fin de l'été, elle est revenue d'Espagne où elle a passé trois semaines sur la Costa Brava avec ses parents et son petit frère de onze ans, Théo. La rentrée approche et il lui tarde de revoir ses copains de lycée. Celle qui lui a le plus manqué, c'est Estelle, sa sœur de coeur, sa meilleure amie depuis la maternelle. Elles habitent le même village et leurs mères se connaissent aussi depuis leur enfance, inséparables comme leurs filles. Ce jour-là, elle doit rejoindre Estelle qui séjourne chez ses grands-parents, à cinq kilomètres de leur maison, et y passer la nuit. Dans la salle de bains, elle finit de démêler son épaisse chevelure aux reflets d'automne qu'elle porte jusqu'aux épaules et descend au salon.

—Tu ne veux vraiment pas que je t'emmène ? lui demande sa mère en la voyant remplir son sac à dos.

—Maman, j'ai seize ans dans une semaine... Et puis j'aurai plus vite fait à vélo en coupant par les champs.

—Je sais que tu es grande, maintenant, mais je n'aime pas ça quand même. Avec toutes ces filles qui ont disparu dans la région...

— Arrête de me couver ! Papa et toi, vous nous répétez sans cesse que la peur n'évite pas le danger, alors appliquez-le d'abord à vous-mêmes. Je t'appelle quand j'arrive !

Ce que j’en pense :

On parle, à propos de Sonja Delzongle, de la nouvelle étoile noire du polar français ! Après lecture (jusqu’au bout !) de ce roman je trouve que l’étoile ne brille pas beaucoup. Les personnages, l’histoire ne sont absolument pas crédibles. Le style de l’écriture est assez lourd. Il y a quand même un personnage qui sort un peu du lot c’est Moulin, le gendarme à la retraite…c’est pour moi le seul point positif de ce livre.

 

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>>> "Les bouchères" de Sophie Demange

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

À Rouen, dans ce quartier bourgeois, impossible de manquer la devanture rose des Bouchères. Depuis la rue, on peut entendre l'aiguisage des couteaux, les masses qui cognent la viande et les rires des trois femmes qui tiennent la boutique. Derrière le billot, elles arborent fièrement leurs ongles pailletés et leurs avant-bras musclés. Mais elles seules savent ce qui les lie : une enfance estropiée, une adolescence rageuse et un secret.

Lorsque plusieurs notables du quartier s'évaporent sans laisser de traces, les habitants s'affolent et la police enquête. En quelques semaines, les bouchères deviennent la cible des ragots et des menaces...

Un roman féministe explosif et jubilatoire où chaque page se dévore jusqu'au rebondissement final !

Première page :

C’était une soirée de début d'été. L'heure où les clients rentrent chez eux préparer la côte de boeuf ou faire griller les brochettes et les saucisses au barbecue. On profite davantage de la vie en été.

Ce soir-là, Anne avait traîné un peu plus tard que d'habitude dans la boucherie familiale. Elle voulait que ses travers de porc soient prêts pour le lendemain. De beaux morceaux longs et plats, qu'elle avait découpés au niveau du thorax de l'animal, prenant soin que les os ne dépassent pas de la viande. Elle avait le sentiment heureux du travail bien fait.

La plénitude de ceux et celles qui aiment leur métier.

Elle avait senti une présence dans son dos. Une présence familière. Elle n'avait pas eu le temps de se retourner...

Ce que j’en pense :

Très bon roman avec une écriture fluide qui se lit avec plaisir. Le sujet est traité d’une façon plutôt originale mais il ne faut pas chercher trop de réalisme. C’est une sorte de fable féministe assez efficace et pleine d’humour. Les personnages sont magnifiquement campées : elles ont chacune leur complexité, leur fêlure et leur besoin d’amour. Une belle histoire de sororité.

 

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>>> "La bonne mère" de Mathilda Di Matteo

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

" Certains disent qu'elle est vulgaire. Moi, je dirais qu'elle est solaire. Un soleil de canicule, du genre incendiaire. "

Huit cents kilomètres séparent Clara de sa mère, Véro, depuis qu'elle a quitté Marseille. Ce week-end, elle lui présente Raphaël. Un girafon, pense Véro en le voyant. Il l'agace avec son pedigree bourgeois, ses mots compliqués et sa bouche fermée comme une huître. Elle n'aurait jamais dû laisser Clara monter à Paris.

Mère et fille se cherchent, se fuient, se heurtent sans jamais oublier de s'aimer. Comment être une bonne mère quand notre enfant nous échappe? Comment être une bonne fille quand on a honte de celle qui nous a tout donné? Comment s'affranchir sans trahir?

 La Bonne Mère est l'histoire d'un amour féroce. Un roman ultra-contemporain sur la violence dont on hérite et sur ce qu'on reproduit malgré soi. Avec une ironie mordante, Mathilda di Matteo nous entraîne dans un tourbillon d'émotions, entre Marseille et Paris.

Première page :

Je me doutais bien, avec sa Grande École et ses grands airs, qu'elle allait nous ramener un petit Parisien. Elle- me sort:

—Il est pas de Paris, maman, mais de banlieue parisienne.

Censément c'est important comme distinction. Enfin, pas besoin de connaître son adresse pour voir à des kilomètres que c'est un petit con. Je l'appelle le girafon. Dans son dos, bien sûr. Son grand dos tout fin, son long cou de girafe. Un cou à égorger, vraiment. Pas que j'y pense, en tout cas pas encore, mais c'est pour dire la taille du cou. Et puis cet air. À croire qu'il est en safari partout où il bouge lentement sa grande tige. Comme s'il avait peur de marcher sur une bombe, ou sur une bouse de paysan.

Ce que j’en pense :

Les premières pages m’ont vraiment emporté : le style, les personnages, la ville de Marseille, le sujet… Puis mon enthousiasme s’est un peu émoustillé au fil des pages et s’est complètement perdu. Il y a trop de clichés et d’oppositions assez manichéennes : Paris/Marseille, mère/fille, classes sociales,   …Dommage !

 

 

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>>> "Les habitantes" de Pauline Peyrade

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

L’histoire se déroule entre la fin du printemps et celle de l’été, dans un hameau et ses alentours, au cœur de collines couvertes de forêts, de champs et de routes. Emily vit seule avec sa chienne Loyse dans la maison héritée de sa grand-mère. C’est là qu’elle a grandi, quand son père est parti fonder une nouvelle famille. Elle y mène une existence en marge, rythmée par les promenades rituelles, les baignades à l’étang, le travail chez Aude dans la ferme voisine. Un jour, des lettres arrivent, lui signifiant la mise en vente imminente de la maison.

Première page :

Il y a environ cent soixante millions d’années, la terre d’ici baignait dans une mer tiède et peu profonde, peuplée de coraux. Des souches diverses grandissaient les unes près des autres, en bouquets multicolores. À leur mort, certaines devenaient poussière ou plancton. D’autres, aux squelettes calcaires, se changeaient en pierre. Avec le temps, leurs corps minuscules, accumulés, ont formé des falaises. Certaines affleurent, ouvrent les pentes douces des collines, troublent le confort des forêts. La plus grande s’écoule sur une vallée discrète, à peine marquée, quelques dizaines de mètres creusés jusqu’à une petite clairière inondée, cachée dans un pli, abreuvée par une source. Les blocs qui la composent ressemblent à des animaux étranges, dinosaures, baleines bleues sculptées de tatouages, bas-reliefs à moitié gommés, anémones géantes, poulpes à cent tentacules.

Ce que j’en pense :

On retrouve l’écriture très particulière de son livre précédent « L’âge de détruire ». C’est un style  très descriptif, pointilliste, assez froid, fait de phrases plutôt courtes. Ce type d’écriture convenait merveilleusement au premier livre mais m’a paru problématique pour ce roman. Il y avait trop de distance prise avec l’héroïne, et par le fait même avec le lecteur.

 

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>>> "Killing me softly" de Jacky Schwartzmann

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Tueur à gages, Madjid Müller accepte un contrat inhabituel : exécuter un homme accusé de pédophilie sous les yeux de celui qui fut sa victime, devenu prof à Sciences Po. Quand Madjid découvre que la cible est un vieillard sénile domicilié dans un EHPAD à Besançon, il estime que cette vengeance n’a aucun sens. C’est le début des embrouilles…

Première page :

RAMAYA

Les festivals de musique m’ont toujours ennuyé. Ils sont l’équivalent, pour le foie gras, d’une quinzaine promotionnelle chez Système U. Rock en Seine n’y échappe pas, malgré une programmation de qualité. Mon immense regret est que je ne serai plus là dimanche, pour le concert de Baxter Dury. Un réel crève-coeur, moi qui suis fan. Voilà le genre de gars capable de me faire me déhancher, sur une piste de danse, ou seul dans mon salon. Je vous parle d’une dynastie, d’une lignée royale dont le premier monarque a été le King : Elvis Ier.

Le groupe Måneskin, je ne connais pas. Ce sont de jeunes Italiens en passe de devenir un groupe monstre, à l’image de Queen ou de Kiss. Je ne parle que du nombre de spectateurs lors des tournées, pas de leur musique. Pour commencer, excellent storytelling. Les trois garçons et la fille se sont rencontrés au lycée, à Rome. Vous savez, c’est ce groupe qui a remporté l’Eurovision en 2021…

Ce que j’en pense :

L’auteur est vraiment un spécialiste du polar déjanté où les situations peuvent paraître absurdes, exagérées, invraisemblables. Mais, grâce à l’écriture, à sa façon de traiter parfois les personnages avec beaucoup d’humanité et d’humour, il réussit à nous captiver par cette histoire. On retrouve comme dans la plupart de ses romans la ville de Besançon.

 

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