>>> "L'anniversaire" de Andrea Bajani
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Présentation de l’éditeur :
« Tu reviendras nous voir ? »
Dix ans après avoir définitivement tourné le dos à ses parents, un homme peut enfin raconter les raisons de cette rupture. Sans accuser ni absoudre, il ausculte avec une saisissante précision les dynamiques d’un foyer rongé par une autorité paternelle toute-puissante. Dans ce huis clos feutré, où la violence s’insinue sans éclats, les mots sont des dagues enfoncées dans la chair, et l’emprise est pavée de bonnes intentions. Roman d’une libération, L’anniversaire dessine les contours d’un enfer domestique dont seul un geste radical peut permettre de se sauver.
Première page :
La dernière fois que je l'ai vue, ma mère m'a accompagné à la porte pour me dire au revoir. Elle a attendu, avant de la refermer, que je disparaisse dans l'entonnoir de l'escalier. Ma mère n'a jamais pratiqué les gestes de séparation, essentiellement parce qu'elle souffrait d'une forme de timidité frôlant la négation de soi. Ce qui, sur le plan concret, lui interdisait toute rhétorique : en aucun cas elle n'aurait pu transformer en mise en scène, fût-ce temporairement, ce qu'elle estimait très marginal. Pour cette raison même, je crois, elle se refusait le droit d'attester le début ou la fin de quoi que ce soit. Elle se tenait derrière mon père quand la porte s'ouvrait, elle se tenait derrière mon père quand, au terme de mes visites, le battant les engloutissait dans l'appartement.
Pourtant, elle fut la dernière à me dire au revoir, ce jour-là, seule au-delà du seuil, devant les marches de l'escalier. D'une certaine manière, plutôt que prendre congé de moi, elle me suivit. Avec la perspective des années qui se sont écoulées depuis, je suis tenté de dire qu'il lui était impossible de me laisser partir.
Ce que j’en pense :
C’est une analyse implacable, froide de la cellule familiale et de la toute puissance patriarcale. L’auteur nous montre que la famille peut être un lieu dangereux et qu’il faut parfois s’en extraire complètement. Avec une précision chirurgicale l’auteur met à nue tout le mécanisme de cet « enfer domestique ». Cela se révèle d’autant plus puissant que les membres de cette famille peuvent paraître assez communs. Un roman qui nous questionne sur notre passé mais aussi sur nos comportements présents.
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