>>> "Haute-Folie" de Antoine Wauters
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Présentation de l’éditeur :
« Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n’existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies.
Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu’il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu’est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n’ont nulle part où aller ?
Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l’histoire est ensevelie sous le silence.
Première page :
Qu’importe si celui qui s’apprête à briser le silence, si celui qui parle après que toute sa lignée s’est tue, si celui-là est pris pour un menteur ou pour un fou. À ce moment de mon histoire, moi, je ne pouvais plus faire autrement. Les trous d’ombre qui avaient digéré ma mémoire, je devais y plonger.
Impossible de dire comment ça s’est passé. Ce qui a fait que je suis finalement retourné là-bas, dans ce pays que j’avais perdu de vue et que ma mémoire même avait englouti. Il a fallu que ma mère s’en aille, qu’elle parte, que sa bouche se ferme à jamais pour que, par un étrange jeu d’inversion, ce qu’elle avait décidé de taire durant sa vie se donne à entendre, comme un appel lointain. Impossible de dire comment j’ai reçu cet appel. Peut-être que c’était en moi depuis toujours. Peut-être que ce qu’on croit avoir perdu continue de vivre en nous, comme dans une petite chambre à cheval entre mémoire et oubli, ou plus exactement, une petite chambre de mémoire en plein cœur de l’oubli. Je le crois.
Ce que j’en pense :
C’est un livre qu’il ne faut pas manquer, certainement un des meilleurs de l’auteur, qui semble y avoir mis un peu de lui-même. Les lieux, le temps ne sont pas définis mais cela ne nous empêche pas d’être happé par cette histoire de silences, de non dits, de secrets…et surtout sur ces liens invisibles qui continuent d’exister de père en fils. L’écriture, comme d’habitude chez Wauters, est magnifique. C’est un conte poétique qui nous transporte entre sagesse et folie.
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