>>> "Valet de pique" de Joyce Carol Oates
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Présentation de l’éditeur :
Quel auteur n’envierait le sort d’Andrew J. Rush ? Écrivain de romans policiers vendus à plusieurs millions d’exemplaires, père de famille heureux, Andrew vit dans une petite ville du New Jersey où il trouve le calme nécessaire pour édifier son œuvre.
Mais Andrew a un secret que même ses plus proches ignorent : sous le pseudonyme de Valet de pique, il écrit des romans noirs, violents, pervers, qui scandalisent autant qu’ils intriguent le monde littéraire.
Cet équilibre tout en dissimulation qu’Andrew a patiemment élaboré est soudain menacé. Tout commence par la plainte d’une voisine, Mme Haider, qui l’accuse d’avoir plagié ses textes. Parallèlement sa fille lui pose des questions gênantes après avoir trouvé des traces autobiographiques dans un récit du Valet de pique ; sa femme Irina est soupçonnée par Andrew d’entretenir une liaison avec un professeur de maths. Ces éléments menaçants vont faire ressurgir le passé, mais aussi réveiller la voix désormais plus insistante, plus terrifiante du Valet de pique…
Première page :
La hache
Et soudain, la hache. On ne sait comment il y avait une hache et décrivant une courbe sauvage en direction de ma tête elle s'éleva et s'abattit à l'instant même où je cherchais à me relever et perdais l'équilibre en tentant désespérément de fuir, mes jambes se dérobant sous moi, et cette voix rauque, implorante : « Non! Non je vous en supplie ! Non » — (était-ce ma propre voix, étranglée, méconnaissable?) — et la lame de la hache frappa et fendit le bureau manquant ma tête de quelques centimètres ; je m'étais alors écroulé lourdement sur le sol, un sol dur, inhospitalier, sous le tapis d'Orient élimé. Je m'efforçais de me redresser, d'empoigner la hache, avec un désespoir farouche, aveugle, mes bras battant l'air, et la voix (la mienne ? celle de mon agresseur?) suraiguë et à peine humaine — « Non! N000n» — un aperçu fugitif des doigts courtauds de l'agresseur, de bras livides et noueux sous les manches vaporeuses d'un vêtement de nuit, et un grognement de triomphe et de fureur; et de nouveau la terrible élévation de la hache, …
Ce que j’en pense :
L’autrice sait nous mettre dans une ambiance plutôt dérangeante. On ne sait jamais si on est dans le réel ou la fiction (ou le mensonge). On ne sait pas non plus, mais on le pressent tout de même, si notre héros et son double ont basculé dans la folie, la schizophrénie. C’est très bien ficelé, efficace et c’est un très bon moment de lecture.
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