Térébenthine
"Térébenthine" de Carole Fives - Gallimard
Présentation de l'éditeur :
«Certains, ou plutôt devrais-je dire certaines, se sont étonnés du peu d’artistes femmes citées dans notre programme d’histoire de l’art. Je leur ai donné carte blanche aujourd’hui. Mesdemoiselles, c’est à vous!»
Quand la narratrice s’inscrit aux Beaux-Arts, au début des années 2000, la peinture est considérée comme morte. Les professeurs découragent les vocations, les galeries n’exposent plus de toiles.
Devenir peintre est pourtant son rêve. Celui aussi de Luc et Lucie, avec qui elle forme un groupe quasi clandestin dans les sous-sols de l’école. Un lieu de création en marge, en rupture.
Pendant ces années d’apprentissage, leur petit groupe affronte les humiliations et le mépris. L’avenir semble bouché. Mais quelque chose résiste, intensément.
Première page :
Luc est debout devant sa toile, brosse à la main. Il prend du recul, s’avance, recule à nouveau… C’est un grand format, un lac immense dans une lumière froide. Une bande verticale à droite présente un motif plus abstrait, des cercles fluo, à intervalles réguliers.
Lucie et toi êtes assises à côté, sur un canapé de récup.
— T’en as pas marre, Luc, ça fait trois mois que tu bloques sur cette toile…
— Je n’arrive pas à terminer, il ne manque pas grandchose mais ça ne tient pas… si seulement je savais ce que c’est…
— Et tu comptes y passer toute l’année ?
Luc s’assied sur son tabouret pivotant, ne lâche pas sa toile des yeux.
— C’est sûrement la partie gauche, c’est encore déséquilibré, je cherche, je cherche, c’est rageant, si près du but…
Ce que j'en pense :
On sent bien que l’auteure maîtrise parfaitement le sujet : la peinture dans l’art contemporain. Ce roman nous apprend énormément sur ce thème sans jamais paraître didactique : l’enseignement aux Beaux Arts, la place des femmes en tant qu’artistes… Pas de longueurs dans ce récit qui se lit rapidement et qui parait très juste. L’écriture est agréable et vivante. Un beau roman qui nous montre comment peut naître une romancière en passant de la peinture aux mots.




__________











