Vivonne
"Vivonne" de Jérôme Leroy - La Table Ronde
Présentation de l'éditeur :
Alors qu’un typhon dévaste l’Île-de-France, l’éditeur Alexandre Garnier contemple le cataclysme meurtrier depuis son bureau, rue de l’Odéon : une rivière de boue coule sous ses fenêtres, des rats surgissent des égouts. Le passé aussi remonte à la surface. Devant ce spectacle de fin du monde, Garnier se souvient de sa jeunesse et surtout de son ami, le poète Adrien Vivonne, auteur entre autres de Danser dans les ruines en évitant les balles. Garnier a publié ses livres avant que celui-ci ne disparaisse mystérieusement en 2008, il y a presque vingt ans.
Qu’est devenu Vivonne ? Partout en Europe, la « balkanisation climatique » sévit et les milices s’affrontent tandis que la multiplication des cyberattaques fait craindre une Grande Panne. Lancé à la poursuite de Vivonne, Garnier essaie de le retrouver avant que tout ne s’effondre. Est-il possible, comme semblent le croire de plus en plus de lecteurs dans le chaos ambiant, que Vivonne ait trouvé un passage vers un monde plus apaisé et que la solution soit au coeur de ses poèmes ?
Première page :
Le petit garçon courait sur la plage éclairée par le soleil de l’aube. Le monde était rose, orange, bleu, mauve. D’habitude, le petit garçon adorait cette heure-là : tout le monde dormait encore dans la maison. Il sortait sans faire de bruit, dans l’obscurité à l’odeur de jasmin et il allait saluer, seul, la nouvelle journée. Il contemplait longuement la féerie des couleurs, il avançait sur la jetée de bois où étaient amarrées les barques du village et il plongeait dans une mer aux reflets vineux, comme dans les chants du Grand Aveugle. Le petit garçon aimait par-dessus tout ce moment pour nager. Il avait l’impression de manger et de boire les couleurs, qu’elles le nourrissaient et lui donnaient une force nouvelle. Il allait d’une brasse calme vers le soleil qui était sur le point d’apparaître à l’horizon et bientôt l’éblouirait. Il nageait, sans aucune peur, en ligne droite, vers le large jusqu’à ce que sa mère ou un Ami l’appellent depuis la jetée : « Titos, viens déjeuner, tu vas trop loin ! » Le soir, on lisait souvent le Grand Aveugle autour du feu commun, accompagné par les flûtes. C’était pour lui rendre hommage que les parents de Titos avaient nommé son frère cadet Odysseus.
Ce que j'en pense :
C’est un livre inclassable puisqu’il mêle biographie inventée, polar, aventures, poésie et aborde la catastrophe climatique ainsi que le chaos politique qui pourrait en découler. Ce livre peut être un peu angoissant car il peut prédire des évènements qui semblent être sur le point de se dérouler. Un des seuls espoirs qui peut rester à l’humanité c’est la poésie. Comme l’affirmait Jean-Pierre Simeon dans un de ses derniers livres « La poésie sauvera le monde ». C’est vrai, qu’après la lecture de ce « Vivonne » il ne reste peu d’autres espoirs que celui là ! Un livre que je recommande vivement même s’il peut paraître un peu dense.




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