Au cœur d'un été tout en or
"Au coeur d'un été tout en or" de Anne Serre - Mercure de France
Présentation de l'éditeur:
Une mère inconnue qui ressemble à Liz Taylor, un père tendrement aimé qui se prend pour Musset, un amant marié qui joue avec un revolver, un autre qui apparaît le jour de la mort de Beckett, des amies en Allemagne, en Corse, en Angleterre, dont parfois le souvenir a presque disparu, et un Je tantôt féminin, tantôt masculin, vulnérable ou assassin, apparaissent tour à tour, comme on abat des cartes, dans ce nouveau jeu d’Anne Serre placé sous le signe de Lewis Carroll. Un autoportrait en trente-trois facettes.
Première page :
Ma mère a fait ses paquets, elle est prête à partir. Mais le dimanche après-midi, au tout dernier moment, elle téléphone pour nous proposer de venir dîner avec elle. J'ai mis le frigidaire à dégivrer, m explique-t-elle. Il faut bien que je fasse cuire ce poulet avant qu il ne se gâte.
Rien ne peut me surprendre autant que ces mots de ma mère qui est une femme élégante, peu douée pour la vie pratique, ne s occupant jamais de son frigidaire ni de cuisiner : elle a pour cela une aide ménagère qu'autrefois on appelait une cuisinière. Mais maman, lui dis-je, je ne te comprends pas, que se passe-t-il ? C'est comme je te le dis, dit ma mère qui n'a jamais employé cette expression de toute sa vie, ça m'embêterait que ce poulet se perde, et puis vous pouvez bien venir dîner de temps en temps, Françou et toi. François est mon compagnon, je ne l'ai jamais appelé Françou ni quiconque à ma connaissance, et ma mère encore moins qui l'a toujours vouvoyé. Maman, lui dis-je, il y a quelque chose qui ne va pas. Je ne te reconnais pas. Ce n'est pas ta manière de parler.
Ce que j'en pense :
Ce sont des nouvelles très courtes et souvent assez étranges et mystérieuses. Toutes les nouvelles ne m’ont pas intéressé de la même façon mais je reconnais que certaines sont assez exceptionnelles par leur côté fascinant et énigmatique. En deux ou trois pages Anne Serre nous emmène dans un monde imaginaire où le réel est tout proche mais comme en suspens.




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