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Elmet

Publié le par GéHa

Elmet

"Elmet" de Fiona Mozley -Joëlle Losfeld

Présentation de l'éditeur :

John Smythe est venu s’installer avec ses enfants, Cathy et Daniel, dans la région d’origine de leur mère, le Yorkshire rural. Ils y mènent une vie ascétique mais profondément ancrée dans la matérialité poétique de la nature, dans une petite maison construite de leurs mains entre la lisière de la forêt et les rails du train Londres-Édimbourg. Dans les paysages tour à tour désolés et enchanteurs du Yorkshire, terre gothique par excellence des sœurs Brontë et des poèmes de Ted Hughes, ils vivent en marge des lois en chassant pour se nourrir et en recevant les leçons d’une voisine pour toute éducation.
Menacé d’expulsion par Mr Price, un gros propriétaire terrien de la région qui essaye de le faire chanter pour qu’il passe à son service, John organise une résistance populaire. Il fédère peu à peu autour de lui les travailleurs journaliers et peu qualifiés qui sont au service de Price et de ses pairs. L’assassinat du fils de Mr Price déclenche alors un crescendo de violence ; les soupçons se portent immédiatement sur John qui en subit les conséquences sous les yeux de ses propres enfants…
Ce conte sinistre et délicat culmine en une scène finale d’une intense brutalité qui contraste avec la beauté et le lyrisme discret de la prose de l’ensemble du roman.

Première page :

Je ne projette pas d’ombre. La fumée dans mon dos étouffe la lumière du jour. Je compte les traverses, et les chiffres défilent. Je compte les rivets et les boulons. Je marche vers le nord. Mes deux premiers pas sont lents et traînants. Je ne suis pas sûr d’avoir pris la bonne direction, mais je dois m’en tenir à mon choix : j’ai franchi le tourniquet, et la barrière s’est refermée. Je sens encore l’odeur des braises. Contour charbonneux d’une épave qui ondule. J’entends à nouveau les voix de ces hommes et de la fille. La rage. La peur. La détermination. Puis ces vibrations destructrices dans les bois. La langue des flammes. Leurs crachats secs et brûlants. Ma sœur à la peau maculée de sang, et cette terre vouée à la destruction. Je longe la voie ferrée. Quand j’entends une locomotive au loin, je me jette derrière les aubépines. Pas de trains de passagers, juste de marchandises. Des wagons en acier maculés d’emblèmes inattendus: l’héraldique d’une jeunesse qui a bien vieilli. De la rouille, des gravillons, des décennies de brouillard sale. La pluie tombe puis s’arrête. Les herbes folles sont trempées. La semelle de mes chaussures crisse dessus. Si mes muscles me font mal, je les ignore. Je cours. Je marche. Je reprends ma course. Je traîne des pieds. Je me repose un peu. Je bois dans des trous remplis d’eau de pluie. Je me redresse. Je repars.

Ce que j'en pense :

Le narrateur est un jeune garçon plutôt discret et sensible, ce qui donne à cette histoire assez violent et brutale une grande originalité, sans rien lui enlever de sa force. C’est une fable intemporelle, même si elle semble se situer de nos jours. C’est très bien écrit (et traduit) et l’auteure sait donner une grande présence à la plupart des personnages.

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L'autre moitié de soi

Publié le par GéHa

L'autre moitié de soi

"L'autre moitié de soi" de Brit Bennett - Autrement

Présentation de l'éditeur :

Quatorze ans après la disparition des jumelles Vignes, l’une d’elles réapparaît à Mallard, leur ville natale, dans le Sud d’une Amérique fraîchement déségrégationnée. Adolescentes, elles avaient fugué main dans la main, décidées à affronter le monde. Pourtant, lorsque Desiree refait surface, elle a perdu la trace de sa jumelle depuis bien longtemps: Stella a disparu des années auparavant pour mener à Boston la vie d’une jeune femme Blanche. Mais jusqu’où peut-on renoncer à une partie de soi-même?

Dans ce roman magistral sur l’identité, l’auteure interroge les mailles fragiles dont sont tissés les individus, entre la filiation, le rêve de devenir une autre personne et le besoin dévorant de trouver sa place.

Première page :

Le matin où l’une des jumelles disparues revint à Mallard, Lou LeBon se précipita au diner pour annoncer la nouvelle et, aujourd’hui encore, des années plus tard, tout le monde se souvient du tollé qu’il provoqua lorsqu’il franchit les portes vitrées, en nage, la poitrine palpitante et le cou assombri par l’effort. Les clients mal réveillés braillaient autour de lui – une dizaine, même si, par la suite, ils seraient plus nombreux à prétendre avoir été présents, ne serait-ce que pour pouvoir dire qu’ils avaient été, au moins une fois dans leur vie, témoins d’un événement vraiment excitant. Dans cette petite localité rurale, il ne se passait jamais rien qui sortait de l’ordinaire. Le dernier fait notable était justement la disparition des jumelles Vignes, et ça remontait à plus de quinze ans. Ce matin d’avril 1968, donc, comme il se rendait au travail, Lou avait aperçu Desiree Vignes qui marchait le long de Partridge Road, une petite valise de cuir à la main. Elle était la même que lorsqu’elle était partie à seize ans : le teint clair, couleur sable légèrement humide.

Ce que j'en pense :

Très belle lecture où la plupart des personnages sont à la recherche de leur véritable identité : noir/blanc, homme/femme, riche/pauvre... Où se trouve notre vérité profonde, derrière quels mensonges, quelles supercheries ou inventions ? Le récit est riche et complexe dans le temps et l’espace mais le lecteur n’est jamais perdu dans cette quête de soi-même. Un roman à ne pas laisser passer.

L'autre moitié de soiL'autre moitié de soiL'autre moitié de soiL'autre moitié de soi

 

 

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Térébenthine

Publié le par GéHa

Térébenthine

"Térébenthine" de Carole Fives - Gallimard

Présentation de l'éditeur :

«Certains, ou plutôt devrais-je dire certaines, se sont étonnés du peu d’artistes femmes citées dans notre programme d’histoire de l’art. Je leur ai donné carte blanche aujourd’hui. Mesdemoiselles, c’est à vous!»
Quand la narratrice s’inscrit aux Beaux-Arts, au début des années 2000, la peinture est considérée comme morte. Les professeurs découragent les vocations, les galeries n’exposent plus de toiles.
Devenir peintre est pourtant son rêve. Celui aussi de Luc et Lucie, avec qui elle forme un groupe quasi clandestin dans les sous-sols de l’école. Un lieu de création en marge, en rupture.
Pendant ces années d’apprentissage, leur petit groupe affronte les humiliations et le mépris. L’avenir semble bouché. Mais quelque chose résiste, intensément.

Première page :

Luc est debout devant sa toile, brosse à la main. Il prend du recul, s’avance, recule à nouveau… C’est un grand format, un lac immense dans une lumière froide. Une bande verticale à droite présente un motif plus abstrait, des cercles fluo, à intervalles réguliers.

Lucie et toi êtes assises à côté, sur un canapé de récup.

— T’en as pas marre, Luc, ça fait trois mois que tu bloques sur cette toile…

— Je n’arrive pas à terminer, il ne manque pas grandchose mais ça ne tient pas… si seulement je savais ce que c’est…

— Et tu comptes y passer toute l’année ?

Luc s’assied sur son tabouret pivotant, ne lâche pas sa toile des yeux.

— C’est sûrement la partie gauche, c’est encore déséquilibré, je cherche, je cherche, c’est rageant, si près du but…

Ce que j'en pense :

On sent bien que l’auteure maîtrise parfaitement le sujet : la peinture dans l’art contemporain. Ce roman nous apprend énormément sur ce thème sans jamais paraître didactique : l’enseignement aux Beaux Arts, la place des femmes en tant qu’artistes… Pas de longueurs dans ce récit qui se lit rapidement et qui parait très juste. L’écriture est agréable et vivante. Un  beau roman qui nous montre comment peut naître une romancière en passant de la peinture aux mots.

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Café librairie l'autre rive en forêt de Hoelgoat

Publié le par GéHa

 

21/08/2020

Fermeture de l'Autre Rive

Bonjour,
J'ai l'immense douleur de vous annoncer le décès brutal hier 19 août à 14h30
 de Marc, mon compagnon de 35 ans.
 Je vous remercie d'avoir participé pendant 15 années à l'aventure du café librairie l'Autre Rive, qui lui apportait beaucoup de joie.
Le café librairie est fermé 

Katita

Héloïse, Tesch, Murielle et Ségolène se joignent à moi pour vous remercier.

Café librairie l'autre rive en forêt de Hoelgoat

 

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Terre promise

Publié le par GéHa

Terre promise

"Terre promise" de Marc Villard - La manufacture de livres

Présentation de l'éditeur :

Ils ont dix-sept ans et pas grand chose de plus. Jeremy n’a jamais eu de papiers, il est né en France, sur le matelas d’un squat de migrants et a vécu en marge de tout. Esther a eu une famille dans l’Est, mais a fui loin de sa violence et de sa morosité. Ils sont ensemble parfois, parce qu’ils se ressemblent finalement. On leur apprend qu’en passant la frontière avec des capsules de drogue dans le ventre, ils pourront gagner de quoi vivre un peu mieux. De l’argent facile. Rien ne peut leur arriver. Rien de bien grave. Rien de pire. Alors, est-ce qu’il faut tenter sa chance vers la terre promise ?

Première page :

Martin, le plus jeune des deux policiers, tire sur les fils de son casque audio. Il en a marre de Julien Doré. Son coéquipier se nomme Poulain, comme le chocolat. Concernant la couleur, ils sont tous les deux blancs et européens. C’est une erreur quand on s’apprête à serrer Farid Berchiche, un Maghrébin de 30 ans qui transite par l’hôtel Nadir, rue de la Charbonnière à Barbès. Car ceux qui vivotent dans les lieux sont pour la plupart africains. Les deux hommes hésitent à sortir de leur voiture de fonction garée à 30 mètres de l’hôtel, pratiquement à l’intersection avec la rue de Chartres.

- Je le sens pas, l’enfoiré de Farid, dit Poulain.

- On dit à Serner qu’il n’était pas là. On a planqué cinq heures mais le mec s’est pas montré.

Ce que j'en pense :

C’est une histoire courte et plutôt sombre, rythmée par des extraits de chansons de Fela Kuti. C’est agréable à lire mais cela s’efface assez vite. Je pense que le personnage d’Estelle aurait mérité plus de développement… il manque, à mon avis une cinquantaine de pages dans ce livre.

Terre promiseTerre promise

 

 

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La verticale du fou

Publié le par GéHa

La verticale du fou

"La verticale du fou" de Jean-Marc Raynaud - éditions libertaires

Présentation de l'éditeur :

Plutôt en HP que dans ce monde de dingues ! Nous sommes sept alcooliques internés. Un docteur antipsy, nous a fait prendre conscience du pourquoi et du comment de quoi. Pas ou très peu de cachetons. De l'écoute et de l'amitié. On saisit alors tout de nos histoires qui n'en font qu'une. On sait pourquoi, par-delà les hasards de nos vies, une logique civilisationnelle nous a menés là où nous n'en sommes plus. Comme on va mieux, on va nous relâcher, nous renvoyer à la case départ qui est à l'origine de tout. Le monde capitaliste extérieur est complètement fou : nous n'y retournerons pas, nous resterons entre gens normaux. C'est pour cela que nous avons pris les armes.

Première page :

Préface de Sigmund Freud

(Malaise dans la « civilisation » 

Vienne, 1968

15 h 30, dans mon cabinet.

Étrange petit bonhomme que ce monsieur Raynaud. Il n'avait l'air de rien mais on sentait qu'il avait l'air de beaucoup de choses.

Ma secrétaire, Pénélope, le fit entrer selon le protocole. Il était habillé pauvrement ou plus exactement comme un prince sans l'sous. Il avait, of course, le regard aristocratique, perçant, avec un brin de suffisance. D'ailleurs, il ne se présenta pas. Les yeux dans les yeux, il me dit, comme si cela allait de soi : « Docteur Freud, I présume. » Celle-là on ne me l'avait encore jamais faite. Et il poursuivit : « Allongez-vous, là, sur le divan, et racontez-moi vos rêves. » J'étais sur le cul. C'était le monde à l'envers. J'étais tellement interloqué que j'accédais à sa demande...

Ce  que j'en pense :

C’est un livre « coup de poing » qui se dévore en une ou deux heures. Il a le mérite de nous montrer de quels côtés se trouvent la vraie folie et les gens normaux. Il nous fait découvrir que la solidarité, l’écoute et le partage devraient être les valeurs de ce monde. Le seul petit reproche ce sont les quelques coquilles qui sont restées.

La verticale du fouLa verticale du fouLa verticale du fou

 

 

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Les évasions particulières

Publié le par GéHa

"Les évasions particulières" de Véronique Olmi - Albin Michel

Présentation de l'éditeur :

Elles sont trois sœurs, nées dans une famille catholique modeste à Aix-en-Provence. Sabine, l’aînée, rêve d’une vie d’artiste à Paris ; Hélène, la cadette, grandit entre son oncle et sa tante, des bourgeois de Neuilly-sur-Seine, et ses parents, des gens simples ; Mariette, la benjamine, apprend les secrets et les silences d’un monde éblouissant et cruel.

En 1970, dans cette société française qui change, où les femmes s’émancipent tandis que les hommes perdent leurs repères, les trois sœurs vont, chacune à sa façon, trouver comment vivre une vie à soi, une vie forte, loin de la morale, de l’éducation ou de la religion de l’enfance.

Cette saga familiale, qui nous entraîne de l’après Mai 68 à la grande nuit du 10 Mai 1981, est tout autant une déambulation tendre et tragique dans ce siècle que la chronique d’une époque où les consciences s’éveillent au bouleversement du monde et annoncent le chaos à venir.

Première page :

Hélène arrivait d'un autre monde. Elle rentrait chez elle avec sa valise et son nouveau ciré rouge, chapeau de pluie-assorti, elle était différente et voyante. Elle aimait porter ce ciré, le bruit empesé que faisait le tissu quand elle s'asseyait, son odeur un peu âpre et chimique, son rouge lumineux. Il la protégeait de la pluie quand elle vivait à Neuilly chez son oncle, du mistral lorsqu'elle revenait vivre à Aix-en-Provence chez son père, (l'était la fin de l'été 1970, elle faisait ces allers et retours depuis plus de huit ans maintenant, le luxe à Neuilly, la simplicité à Aix, et elle vivait celle situation sans poser de-questions. Elle s'adaptait, (l'était une enfant de onze ans.

En semaine l'aéroport de Marignane était un hall désert. Son père venait la chercher, et lui qui n'avait jamais pris l'avion l'attendait avec appréhension, la voyait de loin avec son ciré-rouge, souvent la seule enfant au milieu de tous ces adultes qui soudain affluaient, des hommes d'affaires pour la plupart. Elle avait autour du cou une étiquette à son nom, «Hélène Malivieri», mais n'avait plus, comme lorsqu'elle était plus jeune, à tenir la main d'hôtesses de l'air qui ressemblaient toutes à Erançoisc Dorléac et s'avançaient au-devant de son père avec-un air affranchi et une sensualité piquante.

Ce que j'en pense :

J’avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dans ce livre qui ne correspondait pas à ce que j’avais lu de Véronique Olmi, en particulier ses premiers romans. Et puis au fil des pages j’ai « pénétré » la vie de cette famille, les parents et les trois filles. C’est une belle façon de voir l’évolution des mentalités en une dizaine d’années et de nous replonger dans des souvenirs personnels.

 

 

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Luz

Publié le par GéHa

Luz

"Luz" de Marin Ledun - J'ai lu

Présentation de l'éditeur :

Premier dimanche des vacances d'été. Luz claque la porte de chez elle, furieuse après ces adultes qui restent à table jusqu'au milieu de l'après-midi, qui rient et qui boivent trop. Légèrement grisée par le soleil brûlant, l'adolescente gagne les rives de la Volte où se prélassent des groupes de baigneurs. Elle rencontre Thomas, un élève de troisième qu'elle connaît peu mais qui lui plaît, accompagné d'une amie. Tous trois décident de se rendre jusqu'à un point d'eau difficile d'accès, mais beaucoup moins fréquenté. Là où la nature devient dangereuse, les rencontres aussi...

Première page :

Des éclats de rire et des bruits de pas résonnent quelque part dans la maison. Premier dimanche des vacances d'été. Fenêtres et portes entrouvertes laissent filtrer un léger courant d'air qui apporte une illusion de fraîcheur. Des gouttes de sueur perlent sur les tempes de Luz. Son dos et ses mains sont moites. Elle relève les pans de sa robe au-dessus des genoux et gravit l'escalier quatre à quatre.

À l'étage, la chaleur est insupportable. Luz file dans sa chambre, balance sa serviette de bain, un tube de crème solaire et son lecteur MP3 dans son sac à dos, puis retourne dans le couloir qu'elle traverse presque en courant. Le plancher craque sous ses pieds. Elle jette un œil dans la salle…

Ce que j'en pense :

Pour de basses raisons commerciales, ce livre est classé en « policier, thriller »,par l’éditeur. C’est, au mieux un assez bon roman pré ado. Les sujets abordés sont importants (famille, alcoolisme, machisme, agression sexuelle) mais sont traités de façon superficielle. Marin Ledun a fait beaucoup mieux depuis.

Luz

 

  

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Quand Dieu boxait en amateur

Publié le par GéHa

Quand Dieu boxait en amateur

"Quand Dieu boxait en amateur" de Guy Boley - folio

Présentation de l'éditeur :

"Il faut l'imaginer, mon père ce héros, roi du monde et boxeur, assis dans la cuisine, ouvrir son dictionnaire et recopier des mots dont il se demande comment il parviendrait à les tordre sous sa langue pour construire des phrases aussi belles et volubiles que les fers emmêlés qu'il façonne dans son atelier". Dans une France rurale oubliée, un gamin passionné par les mots grandit auprès d'une mère que la littérature effraie. Elle veut faire de lui un homme. Alors très tôt, René devient forgeron puis champion de boxe, domptant l'enclume et le ring avec la même grâce. Mais jamais ne faiblit son amour des lettres. Quand son ami d'enfance, devenu abbé de la paroisse du quartier, lui offre le rôle principal de sa pièce de théâtre, René se lance dans le plus dur et le plus lumineux des combats, sous les yeux ébahis de son fils.

Première page :

Besançon est une petite ville de l’est de la France qui, sous ses airs de ne pas y toucher, n’en est pas moins capitale de la Franche-Comté et de l’horlogerie, préfecture du Doubs, chef-lieu d’un arrondissement composé de treize cantons et de trois cent onze communes, ville natale de Victor Hugo et des frères Lumière mais aussi, excusez du peu, capitale de l’ancienne Séquanie, connue alors sous le nom latin de Vesontio, cité qui fut, en cette époque barbare, une ville pilote d’envergure puisqu’elle possédait déjà, bien avant l’invention du tourisme, un sens inné de l’hospitalité. Des hordes d’envahisseurs portant la hache, la masse d’arme ou l’espingole en guise de caméscope la visitaient régulièrement et laissaient, dans le gris-bleu de ses pierres, stigmatisés, gravés, burinés ou ciselés, quelques indices de leurs passages qui constituent ce que l’on nomme en une formule quelque peu pompeuse : la longue et douloureuse histoire de la cité.

Ce que j'en pense :

C’est un récit magnifique mais pas seulement un hommage au père comme cela peut sembler à première vue. C’est un livre d’amour et de passions, de blessures et de tragédie, le tout bien ancré dans un milieu populaire des années 60. C’est plein de sensibilité, d’humour et de poésie. L’écriture en est splendide.

Quand Dieu boxait en amateur

Quand Dieu boxait en amateurQuand Dieu boxait en amateurQuand Dieu boxait en amateur

 

 

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Mon père

Publié le par GéHa

Mon père

"Mon père" de Grégoire Delacourt - Le Livre de Poche

Présentation de l'éditeur :

« Au recto.
Un lac d’un bleu d’encre qui donne envie de s’y baigner.
Au verso.
À droite, dans la partie réservée au destinataire, il est juste écrit : Papa, et mon adresse.
À gauche, trois mots, qui semblent chuter : Viens me chercher. »
Je me suis toujours demandé ce que je ferais si quelqu'un attentait à l'un de mes enfants. Quel père alors je serais. Quelle force, quelle faiblesse. Et tandis que je cherchais la réponse, une autre question a surgi : sommes-nous capables de protéger nos fils ? G.D.

L’auteur de La Liste de mes envies et d’On ne voyait que le bonheur nous interroge avec force sur notre propre humanité. Un cri de colère, et donc d’amour.

Première page :

Il y avait cette histoire au catéchisme qui m'avait sérieusement décontenancé quand j 'avais douze ou treize ans. Celle de ce type, Abraham, à qui Dieu dit « Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac » - je m'étais d'ailleurs étonné qu'il le nomme puisqu'il n'en avait qu'un -, « va au pays de Moriah et là, tu l'offriras en holocauste sur la montagne que je t'indiquerai ». Je m'étais attendu à ce que proteste celui qui deviendrait le père du peuple juif, qu'il défende la vie de son fils, se batte pour elle comme un démon, donne la sienne en échange. Mais non. Il se lève le lendemain de bon matin, la route est longue jusqu'au mont Moriah, il fend du bois, selle son âne, prend avec lui deux serviteurs et son fils, puis s'en va. Après trois jours de marche, les voilà presque arrivés et le père demande à ses serviteurs de rester là, il leur dit : « Moi et le garçon nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. » En chemin vers le lieu indiqué par Dieu, Isaac qui n'est pas tout à fait idiot dit à son père : « Je vois le feu, je vois le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » …

Ce que j'en pense :

Mal à l’aise à l’issue de la lecture de ce livre. Bien sûr, le sujet est encore d’actualité malheureusement : la pédophilie dans l’église et le silence des victimes, mais il aurait mérité d’être traité avec beaucoup plus de subtilité, comme le film de François Ozon ou le livre de Jean Pierre Sautreau. Même au niveau de l’écriture on est dans l’outrance : les destructions dans l’église, le vocabulaire parfois complexe et alambiqué… Les références bibliques  (Abraham, Isaac…) deviennent vite lassantes. Le personnage de la mère est plutôt caricatural. Bref, j’ai presque de la colère contre l’auteur après avoir lu ce livre.

Mon pèreMon père

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