Une étoile aux cheveux noirs
"Une étoile aux cheveux noirs" de Ahmed Kalouaz - La brune
Présentation de l'éditeur :
Aux portes de l’automne, un homme entreprend un lent voyage à mobylette en traversant la France, d’un port de Bretagne jusqu’à Grenoble. Au bout de la route, sa mère. Sera-t-elle là pour lui ouvrir la porte ? Descendue d’un bateau à Marseille dans les années cinquante, une valise à la main et de l’autre un enfant, elle va subir à 84 ans un dernier déracinement. L’appartement dans lequel elle vit depuis quarante ans, au huitième étage d’une cité, doit être rasé, et tous ses souvenirs emportés dans des cartons.
Le long de ces mille kilomètres, le fils remonte le cours de l’histoire de sa mère. L’enfance confisquée, les premiers taudis lors de l’arrivée en France, le racisme subi mais aussi les parfums épicés de sa cuisine, l’amour porté à ses quatorze enfants.
À cette mère illettrée, dépossédée dès l’enfance de son destin, Ahmed Kalouaz écrit une lettre bouleversante et pudique. Après l’évocation de son père dans Avec tes mains (Rouergue 2009, prix Beur FM – Méditerranée, prix Léo Ferré), il poursuit l’exploration de sa mémoire familiale, semblable à celle de nombreux Français
Première page :
"Là-bas, au pays minier, nous avions l'âme charbonnière, même les mésanges portaient ce nom. Et l'hiver venu, les oiseaux se prenaient le plumage aux pièges du givre, dans ce minuscule hameau accoudé aux puits et aux chevalements, à La Mure, en Isère, là où tout a commencé. Notre vie ici, la vôtre, nouvelle, inconnue et incertaine. Près de la petite maison du hameau de Simane, se dressait, attenante, une petite chapelle. C'est là qu'en apprenant à lire, j'ai déchiffré pour la première fois une phrase entière. Une inscription au-dessus de la porte d entrée. « Cherchez Dieu en toute chose. »
Mais cette étrange formule ne pesait finalement pas lourd face à l'attrait procuré par la bergerie voisine. Il suffisait de descendre une marche ou deux pour se retrouver nez à nez avec un troupeau de moutons retenus là par la nuit, ou par les grands froids. Un bélier aux cornes impressionnantes venait se faire caresser le museau et quémander un quignon de pain, si précieux à cette époque. Un jour viendrait où il faudrait pourtant manger ces compagnons de jeu."
Ce que j'en pense :
Le sujet est intéressant. C'est un double voyage : une traversée de la France avec des rencontres improbables et une traversée intérieure à la rencontre de sa mère. Mais souvent, à la lecture, on se dit qu'un seul voyage aurait suffi et qu'il aurait mieux valu développer les rencontres au fil des kilomètres.

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