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On s'embrasse pas ?

Publié le par GéHa

On s'embrasse pas ?

"On s'embrasse pas?" de Michel Monnereau - La table ronde

Présentation de l'éditeur :

La nuit sentait la bière solitaire et la gueule de bois de la quarantaine. Surtout, il y avait cette envie de revenir qui venait de naître en moi loin, très loin, là où se dessinent les grands destins et les catastrophes.
Après quinze années d'errance à travers le monde, un homme, désenchanté, revient échouer dans ce qu'il lui reste de famille. À la manière d'un ange noir, il va méthodiquement défaire la vie tranquille de tous ceux qu'il retrouve.

Première page :

"Ça m'a pris par quarante-huit degrés cinquante-deux de longitude et deux degrés vingt de latitude, vers minuit.

Des gouttelettes de condensation perlaient sur la chope de ma troisième bière, au fond d'une brasserie près de la gare d'Austerlitz, Paris, France.

J'avais retrouvé la veille le sol de la vieille Europe et la vitesse du monde occidental. De ce côté-ci de la Terre, la vie ne m'avait pas attendu : une nouvelle génération était montée au créneau et imposait sa griffe sur la mode, l'architecture, l'air du temps et jusqu'aux enseignes commerciales, hélas ! les mêmes qu'à l'autre bout du monde.

Des années durant, j'avais oublié la rugosité de cette réalité en refusant d'être l'écureuil captif qui fait tourner la grande roue de l'économie. J'étais parti. C'était ça ou virer total schizo, un choix qui ne pousse pas aux effusions avec soi-même."

Ce que j'en pense :

C'est un livre assez désenchanté mais rempli d'humour souvent cruel, cinglant et parfois assez pathétique. Le personnage principal (le narrateur) est loin d'être sympathique, on pourrait cependant presque lui ressembler parfois. Grâce à l'écriture exceptionnelle de l'auteur, on y baigne dans une atmosphère à la fois ordinaire et commune mais aussi très originale. Auteur à découvrir.

On s'embrasse pas ?

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Je reviendrai après la pluie

Publié le par GéHa

Je reviendrai après la pluie

"Je reviendrai après la pluie" de Takuji Ichikawa - Flammarion

Présentation de l'éditeur :

Depuis la mort de sa femme Mio, Takumi vit seul avec son fils Yûji, âgé de six ans. Il gère le quotidien et l'éducation de son fils du mieux qu'il peut. Une seule chose le fait tenir, la promesse faite par Mio qu'elle reviendrait avec la pluie. Le premier jour de la saison humide, cette promesse se réalise. Durant six semaines, le temps se suspend pour Mio et Takumi. En 2003, plus de trois millions de lecteurs japonais tombent amoureux de Je reviendrai avec la pluie. Suite à son immense succès, le livre a inspiré un film et une série télé encensés par la critique, ainsi qu'un manga sacré best-seller. Takuji Ichikawa défend une vision idéalisée de l'amour et met au service de cette histoire bouleversante une écriture d'une sensibilité rare, poétique et pleine de fantaisie.

Première page :

"Voici ce que je me suis dit quand Mio est morte. Celui qui a créé notre planète n'en a-t-il pas conçu une autre en même temps, quelque part dans l'univers ? La planète où vont les défunts. La planète Archive.

« Archevie ? » a demandé Yûji.

Non, Archive.

« Archevie ? »

Archive.

«Arche... a commencé Yûji, puis il a réfléchi un instant avant d'ajouter :...vie ? »

Peu importe.

C'est comme une vaste bibliothèque, très calme, immaculée et bien ordonnée.

En tout cas c'est un lieu immense, dont les bâtiments sont traversés par des corridors se déroulant à perte de vue.

Les personnes qui ont quitté notre monde y mènent une vie paisible.

Cette planète, si tu veux, c'est un peu comme le fin fond de notre cœur."

Ce que j'en pense :

Je me suis forcé à aller jusqu'à la fin du livre mais j'avoue m'être ennuyé à le lire. Pour moi l'histoire est banale et vide. Les personnages ont peu de consistance et les dialogues sont souvent ridicules et faussement naïfs. La profusion de "vraiment" de "Hmm" tient lieu de style ! C'est donc très éloigné de la littérature japonaise mais plus proche du "japoniais".

Je reviendrai après la pluie

 

 

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La route de Beit Zera

Publié le par GéHa

La route de Beit Zera

"La route de Beit Zera" de Hubert Mingarelli - Points

Présentation de l'éditeur :

Stépan vit seul avec sa chienne non loin de Beit Zera, depuis que son fils Yankel est parti se cacher à l'autre bout du monde. Il rêve au bonheur qu'il aurait à le retrouver et se souvient de l'époque où il contrôlait les Palestiniens à la frontière, incapable de soutenir leurs regards noirs. Jusqu'au jour où l'un d'eux, un garçon nommé Amghar, s'aventure chez lui et bouscule sa solitude...

Première page :

"Sous le lac de Tibériade, près de Beit Zera, il y avait une maison, et dans cette maison vivaient un homme et une chienne. L'homme s'appelait Stépan Kolirin. La chienne n'avait pas de nom et elle était si vieille qu'elle n'avait plus la force de se dresser sur ses pattes. Tous les matins, il la retrouvait au milieu de la cuisine où elle dormait, couchée dans son urine, et Stépan était de jour en jour plus malheureux de la voir souffrir ainsi.
Il y eut ce matin-là. L'odeur le frappa dès qu'il entra, et bien qu'il y fût habitué, il eut un haut-le-cœur. La chienne le regardait et clignait des yeux comme s'il y avait eu trop de lumière. En réalité, elle avait un peu peur. Elle se souvenait que lorsqu'elle avait commencé à uriner la nuit, le matin, il l'engueulait. C'était fini depuis longtemps. Il ne l'engueulait plus. Pour quoi faire ? Mais elle s'en souvenait, elle craignait toujours qu'il élève la voix en entrant."

Ce que j'en pense :

Roman assez mélancolique sur l'amour paternel, la solitude, la nature, l'attente, le silence… et la guerre à peine évoquée en arrière plan. L'écriture est simple et délicate ; Tout cela est assez récurrent chez Mingarelli, mais, pour moi, cela fonctionne moins bien que dans d'autres précédents romans (comme "La beauté des loutres", "La promesse", "La dernière neige"…).

La route de Beit Zera

La route de Beit Zera

 

 

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Pipi, les dents et au lit

Publié le par GéHa

Pipi, les dents et au lit

"Pipi, les dents et au lit" de Laetitia Cuvelier - Cheyne

Présentation de l'éditeur :

Laetitia Cuvelier évoque dans ce premier livre l’effervescence d’un foyer et la tentative d’être à la fois mère, amante et femme active. Dans la ritournelle du quotidien familial, elle saisit la spontanéité éclatante d’instants de vie, de mots minuscules et de gestes tendres. 

Extrait :

"J’ai appelé mon garçon 

Pour lui dire  

Au téléphone  

Que ce sera un petit frère 

Il a répondu 

Tu me le passes ? 

J’ai un truc à lui dire.   

Ce soir je me demande toujours 

Quel est ce truc 

Qu’il avait à lui dire. "

Ce que j'en pense :

De belles tranches de vie, d'une mère qui fait face à son travail, ses enfants, ses amours, au quotidien. C'est drôle, tendre et rempli de poésie ; c'est un livre qui nous touche avec beaucoup de douceur. En plus c'est un très bel objet, on reconnait la "qualité Cheyne".

Pipi, les dents et au lit

Pipi, les dents et au litPipi, les dents et au litPipi, les dents et au lit

 

 

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Le reste de leur vie

Publié le par GéHa

Le reste de leur vie

"Le reste de leur vie" de Jean-Paul Didierlaurent - Au diable vauvert

 Présentation de l'éditeur :

Comment, au fil de hasards qui n'en sont pas, Ambroise, le thanatopracteur amoureux des vivants et sa grand-mère Beth vont rencontrer la jolie Manelle et le vieux Samuel, et s'embarquer pour un joyeux road trip en corbillard, à la recherche d'un improbable dénouement? Un conte moderne régénérant, ode à la vie et à l'amour des autres. Tout lecteur fermera heureux, ému et réparé, ce deuxième roman qui confirme le talent de Jean-Paul Didierlaurent.

Première page :

"Manelle était sur les nerfs, comme à chaque fois qu'elle passait le seuil de l'appartement de Marcel Mauvinier. Ce type avait l'art de la mettre hors d'elle. « Vous penserez à bien vider mon vase, mademoiselle. » Il l'accueillait toujours ainsi. Jamais bonjour, pas le moindre mot de bienvenue. Non. juste ce rappel à l'ordre crié depuis le fauteuil du salon dans lequel il vissait son postérieur du matin au soir : vous penserez à bien vider mon vase, mademoiselle. Sous-entendu qu'elle avait pour habitude de mal le vider, son vase. Mais elle ne pensait qu'à ça. Manelle. lorsqu'elle venait ici. ce pot de chambre émaillé décoré de fleurs mauves qu'il lui fallait trimballer tous les matins de la chambre jusqu'aux toilettes pour en vider le contenu dans la cuvette, résultat d'une nuit de désordre prostatique."

Ce que j'en pense :

Très bon roman jusqu'aux deux tiers du livre : les personnages sont bien campés et attachants, l'écriture est fine, poétique et très "coulante", le sujet est grave (la mort, l'euthanasie) mais traité sans pathos… Et puis lorsque l'histoire vire à la romance je n'y ai plus cru. On dira que c'est un conte moderne sur l'amour, l'amitié, que c'est un livre qui fait du bien... sans doute, mais pour moi, il y a trop de bons sentiments et la fin manque de sel, de piquant et sans doute d'une petite dose de cruauté (ou de réalisme!). Dommage!

Le reste de leur vie

Le reste de leur vie

 

 

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Mémé dans les orties

Publié le par GéHa

Mémé dans les orties

"Mémé dans les orties" de Aurélie Valognes - Le livre de poche

Présentation de l'éditeur :

Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre – certains diraient : seul, aigri, méchant –, s'ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d'escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie... jusqu'au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 93 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur.
Un livre drôle et rafraîchissant, bon pour le moral, et une véritable cure de bonne humeur !

Première page :

"Emmitouflé, chapeauté, avachi sur sa valise, Ferdinand Brun, 83 ans, regarde impuissant son appartement qu'il s'apprête à quitter définitivement. Lui qui déteste les déménagements. Lui qui déteste la vie en communauté. Lui qui déteste les gens tout court. Comment en est-il arrivé là ? Il a le cœur qui bat très vite. Il ne se sent pas bien. Il se prend la tête dans les mains et expire profondément. S'il était du genre émotif, ses yeux, qui piquent et qu'il frotte grossièrement, laisseraient passer une larme. Il inspire le plus calmement possible : l'odeur poussiéreuse de naphtaline vient effleurer ses narines comme s'il pénétrait ici pour la première fois. Un parfum familier qui l'apaise immédiatement. Cette odeur de renfermé va lui manquer, ce papier peint marron à grosses fleurs aussi, même s'il ne l'avait jamais aimé. Il s'est habitué à toutes ces choses futiles qui faisaient son quotidien. Ces meubles sous bâche ou ces livres rangés dans des sacs plastiques bien à l'abri de la poussière. Tout cela lui tenait compagnie dans cette solitude monacale. Sa vie tranquille à lui. Cela fait des années que Ferdinand vit seul, sans visite, sans ami. Il l'a voulu en un sens. Tout au long de son existence, Ferdinand a toujours fait ses choix, seul, rarement les bons d'ailleurs. Mais il a tenu bon. Il ne s'est jamais avoué vaincu, n'a jamais changé de cap, ni montré qu'il avait tort. Ses faiblesses, ses erreurs, ou ses sentiments, il les a toujours gardés pour lui. Ferdinand a seulement laissé ses rancœurs, ses colères, ses envies, dicter ses décisions, depuis toujours."

Ce que j'en pense :

On va dire que ça se lit facilement (hélas!!)… mais c'est quand même débordant de clichés (le petit vieux ronchon, la concierge détestable, la fillette plus que parfaite…) et les personnages sont loin d'être convaincants. Voilà le type même du livre "surfait"  (par les "réseaux sociaux", la presse, la radio…) et qu'on oubliera assez vite. Si l'on veut lire quelque chose de mille fois plus profond (et drôle) sur le même sujet on peut aller chez Marie Sabine Roger ou chez Jean Louis Fournier.

Mémé dans les orties

 

 

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Preuves d'amour

Publié le par GéHa

Preuves d'amour

"Preuves d'amour" de Lisa Gardner - Livre de poche

Présentation de l'éditeur :

Tessa Leoni, officier de police respecté, a abattu son mari en lui tirant trois balles dans le corps avec son arme de service. Elle ne supportait plus la violence de ce dernier. C'est la version qu'elle donne à l'inspectrice D.D. Warren lorsque celle-ci arrive sur les lieux. Mais, si les bleus sur le visage de la jeune femme sont irréfutables, il y a une chose que D.D. Warren ne s'explique pas : sa petite fille de six ans a disparu, et Tessa reste évasive à ce sujet. Que cherche-t-elle à cacher ? Les deux femmes vont s’affronter pour une même cause : la survie de l’enfant.
Plus poignant que jamais, le nouveau suspense de Lisa Gardner, best-seller aux États-Unis, nous plonge au cœur du mensonge avec un talent vertigineux. 

Première page :

"Qui tu aimes ?

C'est une question à laquelle n 'importe qui devrait pouvoir répondre. Une question qui engage votre vie, façonne votre avenir, guide presque chaque instant de vos journées. Simple, élégante, synthétique.

Qui tu aimes ?

Il m'a posé cette question, et la réponse m'est venue du poids de mon ceinturon, du carcan de mon gilet pare-balles, du bord rigide de mon chapeau de police, bas sur le front. J'ai lentement descendu la main et mes doigts ont frôlé la crosse de mon Sig Sauer, à ma hanche.

« Qui tu aimes ? » a-t-il crié une nouvelle fois, plus fort, plus insistant.

Mes doigts se sont éloignés de mon arme de service pour se poser sur un passant de cuir noir qui maintenait mon ceinturon autour de ma taille. Le Velcro a crié quand j'ai détaché ce premier passant, puis le deuxième, le troisième, le quatrième. J'ai défait la boucle métallique et. libéré, mon ceinturon de dix kilos, avec tout le barda, arme de poing, Taser et matraque télescopique, s'est retrouvé suspendu entre nous."

Ce que j'en pense :

C'est un livre qui se lit avec plaisir, l'intrigue est assez bien ficelée (même si elle est un peu "alambiquée"), les personnages sont assez attachants bien que peu crédibles par moments (en particulier l'héroïne "super woman"). C'est le premier livre de cette auteure que je lis, j'ai quand même envie d'en lire d'autres.

Preuves d'amour

Preuves d'amour

 

 

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J'enquête

Publié le par GéHa

J'enquête

"J'enquête" de Joël Egloff - Buchet-Chastel

Présentation del'éditeur :

« Si ce que je viens de lire est exact, ai-je alors demandé au sacristain, après m’être éclairci la voix, c’est donc vous, monsieur Beck, qui avez découvert le vol ? Il a froncé les sourcils. Le vol ?... a-t-il répété, déconcerté, en se tournant vers le prêtre, comme s’il avait besoin que celui-ci traduise mes paroles. Vous voulez dire « l’enlèvement », a fait le père Steiger en cherchant mon regard dans le rétroviseur. »  

Une nuit d’hiver, enneigée et glaciale. Un village endormi. Un détective privé - le narrateur - arrive sur les lieux pour mener une bien étrange enquête. Ce détective est un timide qui n’aime pas déranger son prochain. Il n’a plus d’argent et n’a pas vraiment l’habitude de ce métier. Il ressemble plutôt à un homme qui serait aux abois...

 

Première page :

"À la gare, personne.

J'ai posé mon sac à mes pieds et j'ai regardé autour de moi. Comme j'avais demandé qu'on soit discret, qu'ils ne viennent pas m'accueillir, surtout, avec mon nom inscrit en grand sur un carton qu'ils brandiraient aux yeux de tous, j'ai pensé qu'ils se tenaient peut-être un peu à l'écart et n'apparaîtraient qu'une fois l'endroit redevenu désert.

Mais ce ne fut pas le cas.

J'ai ramassé mon sac, j'ai fait quelques pas dans le petit hall, puis je suis sorti pour m'assurer qu'ils n'étaient pas en train de m'attendre dehors.

La nuit tombait déjà. Sous la neige, les dernières voitures quittaient le parking sans bruit. Il y en avait une qui stationnait, là-bas, le long du trottoir, occupée par deux personnes dont je ne distinguais que les silhouettes, à cause des reflets du réverbère sur le pare-brise."

Ce que j'en pense :

Roman complètement décalé, ironique, drôle et absurde. Il ne se passe pratiquement rien sauf dans la tête de ce privé naïf qui avale nombre de couleuvres. Dans ce roman il y a un mélange de Blake Edward (pour l'inspecteur Clouseau), de Tati (pour la candeur) et du Desproges (pour l'ironie douce-amère).

J'enquête

J'enquête

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Rosy & John

Publié le par GéHa

Rosy & John

"Rosy & John" de Pierre Lemaitre - Le livre de poche

Présentation de l'éditeur :

« La bombe a convenablement fonctionné ; sur ce plan, il a tout lieu d’être satisfait. Les rescapés tentent déjà de secourir les victimes restées au sol. Jean s’engouffre dans le métro. Lui ne va secourir personne. Il est le poseur de bombes. » Jean Garnier n’a plus rien à perdre dans la vie : sa mère est en prison, sa petite amie a été tuée et il n’a plus de travail. Face à ce jeune paumé, Camille Verhoeven doit agir avec plus de finesse que jamais : Jean est-il une vraie menace pour le pays tout entier, ou juste un loser atteint de la folie des grandeurs ?

Première page :

"17 heures

La rencontre imprévue qui va faire basculer voire vie, la plaque de verglas sournoise, la réponse que vous donnez sans réfléchir... Les choses définitives ne mettent pas un dixième de seconde à se produire.

Prenez ce petit garçon, il a huit ans. Qu'il fasse simplement un pas de côté et tout peut changer, irréversiblement. Sa mère s'est fait tirer les cartes, on lui a prédit qu'elle serait veuve dans l'année. Elle a raconté ça à son fils en pleurnichant, les poings serrés sur la poitrine, des sanglots dans la voix. Il fallait que j'en parle à quelqu'un, tu comprends? Lui n'avait jamais vraiment imaginé la mort de son père qui lui semblait indestructible. Maintenant, il vit dans la peur. Il y a de ces mères, tout de même... Celle-ci a trente ans, mais une maturité de collégienne. Cette prédiction, il y a longtemps qu'elle l'a oubliée (en plus d'une certaine inconséquence, elle est assez oublieuse, une pensée chasse l'autre à une vitesse parfois désespérante). Pour son petit garçon évidemment, c'est une autre paire de manches. Son imaginaire s'est engouffré tout entier dans cette histoire de sorcière, il n'en parle à personne, fait cauchemar sur cauchemar."

Ce que j'en pense :

On a plaisir à retrouver Verhoeven. Le style est toujours vif et teinté d'humour. L'intrigue est bien conduite. Lemaitre sait y faire pour tenir son lecteur en haleine. Mais ce roman "à la Psychose" est un peu court et les personnages de la mère et du fils paraissent un peu "légers".

Rosy & John

Rosy & John

 

 

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Les cinq sens, suivi de Toute ma vie...

Publié le par GéHa

Les cinq sens, suivi de Toute ma vie...

"Les cinq sens... " de Rémi De Vos - Actes Sud Papiers

Présentation de l'éditeur :

Les Cinq sens (Le Brognet - Fugue - Le Verger - Veaux, vaches - Tampon) : Cinq premières fois drôles et féroces où résonnent la violence des premiers désirs et la solitude de la jeunesse.

Toute ma vie j'ai fait des choses que je savais pas faire : Après avoir tué un homme dans un bar, le protagoniste est coincé par ses poursuivants. Il tente de les retenir par la parole avant qu'il ne lui règlent son compte.

Première page :

"Le mieux c'est de commencer par le début. Alors voilà.

Je suis né dans le Nord, près de la frontière belge. À Merluin-la-Fosse exactement. Pour faire court on dit Merluin. Les gens qui connaissent Merluin savent que c'est à la frontière parce qu'on peut voir les Belges ouvrir leurs volets le matin et les refermer le soir, vaquer à leurs occupations entre les deux, vivre leur vie de Belges à longueur de journée. On voit très bien vivre les Belges de Mer-luin-la-Fosse... Vous me direz que ceux qui ne connaissent pas s'en foutent complètement, mais c'est important de situer l'endroit sinon ça perd tout son sens, on ne comprend même pas la suite... Vous connaissez peut-être? Non...? Vous auriez pu en entendre parler. A cause de son fromage. Son fromage à déguster chaud. Il y a une pancarte à l'entrée de la ville : Merluin-la-Fosse, son église, son fro­mage. Une spécialité... Le brognet, ça s'appelle... De temps en temps, on trouve du brognet dans les supermarchés du Nord, mais rarement au-delà... Quelqu'un m'a dit en avoir vu dans un Cham­pion à Nice, mais à mon avis il a dû confondre. Merluin n'est pas la seule ville spécialiste de fromage à déguster chaud.

Tenez, dans le Nord, il y a le maroilles, fabriqué à Maroilles, pas très loin de Merluin... Quoique Maroilles soit en Thiérache, qu'il s'agisse d'un fromage à pâte molle et à croûte lavée, alors que le brognet est un fromage plutôt sec dont on ne lave de toute façon jamais la croûte.

Mais bon - le maroilles est un fromage connu, plus connu que le brognet en tout cas. On peut faire des tartes ou des quiches avec le maroilles... Enfin, tout ça pour dire qu'à défaut de brognet on peut sans doute trouver du maroilles du côté de Nice."

Ce que j'en pense :

Monologues à la façon de Rémi De Vos : de l'humour et du tragique, de l'absurde et de la transgression. C'est parfois dérangeant et tant mieux ! De Vos a vraiment un discours original et libre, en dehors de toutes les modes.

Les cinq sens, suivi de Toute ma vie...

Les cinq sens, suivi de Toute ma vie...

Les cinq sens, suivi de Toute ma vie...

 

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