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La boite - Femmes en face d'un homme silencieux

Publié le par GéHa

La boite - Femmes en face d'un homme silencieux

"La boite suivi de Femmes en face d'un homme silencieux" de Jean-Pierre Siméon - Solitaires intempestifs

Présentation de l'éditeur :

Tu m’as vue soudain vue vraiment

dites-moi vous la belle muette

ça a été tes premiers mots pour moi

dites-moi vous la belle muette

ça disait tout de nous deux déjà

au moins tu avais entendu mon silence

et qu’il était plein de mots à en craquer

ça signe l’amour ça finalement non ? 

La Boite. Un flot de parole pour conjurer l’absence. Que faire d’autre lorsqu’on se retrouve « avec l’immense » sur les bras ? Comment lui faire une place ?

Femmes en face d’un homme silencieux a été initialement écrit en anglais. La dynamique de ces paroles tient au mur de silence auquel elles s’affrontent.

Première page :

"Une femme avec une boîte entre les mains.

Bon eh bien maintenant quoi ?
qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire
de toi à présent que tu ne pèses même pas
le poids d'un oiseau mort où
je te mets maintenant dis donc on
fait ça pardi parce qu'on se dit
que ça encombre moins le monde
eh bien moi je dis bernique !
ce grand barda d'os de poils et de chair
qu'on traîne avec soi toute sa vie
ça tient moins de place finalement
que ce rien qui tient dans la main
si tu savais mon chéri comme il est lourd
ce rien de toi comme il pèse
c'est drôle de tenir un mort dans
ses mains un mort tout entier
non mais c'est mal dit ce n'est pas
un mort que je tiens là dans la boîte
c'est la mort c'est la mort tout entière
que je porte qui tient entre dix doigts
bref où je vais vous mettre vous deux
toi et ta grande mort silencieuse
sur l'étagère du haut à la cuisine
avec les épices par exemple oui ?
safran oui ? ni vu ni connu
je vous étiquette safran je ne sais pas..."

Ce que j'en pense :

Texte éblouissant sur l'amour, la mort, la vie... qui jongle avec les émotions, les registres. On en ressent immédiatement le rythme et la force. Du rire, de l'absurde, du trouble, de la fragilité… et beaucoup d'autres choses qui donnent vraiment envie de voir ce que tout cela donne sur scène.

La boite - Femmes en face d'un homme silencieux

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Fractures

Publié le par GéHa

Fractures

"Fractures" de Franck Thilliez - Le Passage

Présentation de l'éditeur :

Face à la tombe de sa soeur jumelle Dorothée, décédée dix ans auparavant, Alice Dehaene s'interroge : à quoi rime cette photo de Dorothée, prise il y a à peine six mois, qu'elle a récupérée des mains d'un immigré clandestin ? Alice sait que quelque chose ne tourne pas rond dans sa tête. Son psychiatre à l'hôpital de Lille, Luc Graham, doit lui révéler le résultat d'un an de psychothérapie, lui apporter cette lumière qu'elle recherche depuis si longtemps. Mais les événements étranges qui se multiplient autour de la jeune femme vont l'en empêcher : son père, agressé chez lui à l'arme blanche, et qui prétend avoir tenté de se suicider ; ce chemisier ensanglanté qu'elle découvre dans sa douche, à propos duquel elle n'a pas le moindre souvenir ; et cet homme retrouvé nu à un abri de bus et qui semble avoir vu le diable en personne. Grâce à l'intervention de Julie Roqueval, assistante sociale en psychiatrie, Luc Graham, d'abord dubitatif, se décide enfin à mener l'enquête. Un aller simple vers la folie...

Première page :

"Septembre 1982. Chaula, Liban.
La misère n'empêche jamais à la vie d'abonder. Hier, les enfants palestiniens couraient partout. Certains garçons s'asseyaient sur les ordures, face à l'ambassade du Koweït, et rêvaient de héros en brandissant des imitations de kalache ou de M16.
Aujourd'hui, le danger est dehors.
Claude Dehaene rentre en catastrophe au rez-de-chaussée d'un immeuble de six étages. Il est hors d'haleine, ses objectifs Leica et Canon se percutent dans son sac.
A l'extérieur, les écoles de Sabra et Chatila sont vides, le ciel se grise des chasseurs-bombardiers qui survolent Beyrouth Ouest à basse altitude. Dans cette ambiance de clameurs et de révolte, les immeubles s'effondrent.
Enfin à l'abri dans un logement insalubre, Claude caresse affectueusement la chevelure dense de Najat. À côté de ses frères aînés, la petite Palestinienne ne sourit plus. Sa mère, Malaka Abbas, masse les pieds arthritiques de son vieux père, assis dans un siège de voiture arraché. Trop souvent, les victimes palestiniennes sont anonymes. Ici, elles ont un visage.
Cette mère travailleuse sait un peu parler français, on l'enseigne dans les écoles de l'UNRWA.
- Ils cherchent les fedayin. Les Kataëb et les Israéliens barrent les routes avec des chars. Ils vont descendre ici. Tu dois te cacher. Vite !"

Ce que j'en pense :

C'est assez bien construit. L'auteur s'est bien documenté dans le domaine de la psychiatrie. On lit le roman jusqu'au bout mais, après le tiers du livre on est beaucoup moins captivé. Sans doute parce que les personnages manquent d'épaisseur. Et puis on n'est pas "embarqué" par cette histoire de personnalités multiples, tout cela parait bien factice (même si ce genre de trouble existe réellement).

Fractures

 

 

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Marcher droit, tourner en rond

Publié le par GéHa

Marcher droit, tourner en rond

"Marcher droit, tourner en rond" de Emmanuel Venet - Verdier

Présentation de l'éditeur :

Atteint du syndrome d’Asperger, l’homme qui se livre ici aime la vérité, la transparence, le scrabble, la logique, les catastrophes aériennes et Sophie Sylvestre, une camarade de lycée jamais revue depuis trente ans. Farouche ennemi des compromis dont s’accommode la socialité ordinaire, il souffre, aux funérailles de sa grand-mère, d’entendre l’officiante exagérer les vertus de la défunte. Parallèlement, il rêve de vivre avec Sophie Sylvestre un amour sans nuages ni faux-semblants, et d’écrire un Traité de criminologie domestique.

Par chance, il aime aussi la solitude.

Première page :

"Je ne comprendrai jamais pourquoi, lors des cérémonies de funérailles, on essaie de nous faire croire qu’il y a une vie après la mort et que le défunt n’avait, de son vivant, que des qualités. Si un dieu de miséricorde existait, on se demande bien au nom de quel caprice il nous ferait patienter plusieurs décennies dans cette vallée de larmes avant de nous octroyer la vie éternelle; et si les humains se conduisaient aussi vertueusement qu’on le dit après coup, l’humanité ne connaîtrait ni les guerres ni les injustices qui déchirent les âmes sensibles. On me rétorque souvent que je schématise les situations complexes à cause de mon syndrome d’Asperger, mais je me contente de raisonner logiquement, comme chacun devrait s’y astreindre. À quarante-cinq ans, depuis longtemps sorti de l’enfance et peu soucieux d’encore me bercer d’illusions, je prétends pouvoir me forger des opinions pertinentes sur ces questions. En l’occurrence, j’assiste pour la quatrième fois de ma vie à des funérailles et je suis une fois de plus révolté par les énormités que j’y entends. La première fois, en mille neuf cent quatre vingt-quinze, on enterrait le cousin Henri à Saint-Léger de-Vaux près de Givry. Le curé l’a présenté comme un malheureux qui avait beaucoup souffert durant toute sa vie terrestre…"

Ce que j'en pense :

 C'est un long monologue porté par un "Candide", porteur d'un trouble autistique. C'est une excellente façon de montrer l'hypocrisie de beaucoup de rapports humains (en particulier dans la famille). Le style est précis mais la lecture n'est pas toujours "coulante". Les meilleurs passages sont ceux concernant son "amour éternel" pour sa camarade de lycée.

Marcher droit, tourner en rond

Marcher droit, tourner en rondMarcher droit, tourner en rond

 

 

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Chanson douce

Publié le par GéHa

Chanson douce

"Chanson douce" de Leïla Slimani - Gallimard

Présentation de l'éditeur :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. A travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Première page :

"Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu'il n'avait pas souffert. On l'a couché dans une housse grise et on a fait glisser la fermeture éclair sur le corps désarticulé qui flottait au milieu des jouets. La petite, elle, était encore vivante quand les secours sont arrivés. Elle s'est battue comme un fauve. On a retrouvé des traces de lutte, des morceaux de peau sous ses ongles mous. Dans l'ambulance qui la transportait à l'hôpital, elle était agitée, secouée de convulsions. Les yeux exorbités, elle semblait chercher de l'air. Sa gorge s'était emplie de sang. Ses poumons étaient perforés et sa tète avait violemment heurté la commode bleue.

On a photographié la scène de crime. La police a relevé des empreintes et mesuré la superficie de la salle de bains et de la chambre d'enfants. Au sol, le tapis de princesse était imbibé de sang. La table à langer était à moitié renversée. Les jouets ont été emportés dans des sacs transparents et mis sous scellés. Même la commode bleue servira au procès.

La mère était en état de choc. C'est ce qu'ont dit les pompiers, ce qu'ont répété les policiers, ce qu'ont écrit les journalistes."

Ce que j'en pense :

C'est un livre assez dérangeant. L'intrigue est habilement menée. L'auteure y a mis beaucoup de distance et de froideur, peut être au détriment d'une certaine crédibilité de la personnalité de la nounou.

Chanson douce

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Bon rétablissement

Publié le par GéHa

Bon rétablissement

"Bon rétablissement" de Marie-Sabine Roger - Babel

Présentation de l'éditeur :

« Veuf, sans enfants ni chien », Jean-Pierre est un vieil ours bourru et solitaire, à la retraite depuis sept ans. Suite à un accident bien étrange, le voilà immobilisé pendant des semaines à l'hôpital. Il ne pouvait pas imaginer pire. Et pourtant, depuis son lit, il va faire des rencontres inattendues qui bousculeront son égoïsme…

Avec sa verve habituelle et son humanisme, Marie-Sabine Roger nous offre une nouvelle fois une galerie de portraits hauts en couleur. C'est un tableau doux-amer qu'elle peint de l'hôpital, avec l'humour et le sens de la formule qui la caractérisent, et qui ont fait le succès de ses deux précédents romans, La tête en friche et Vivement l'avenir.

Première page :

"Sans me vanter, vers les six ou sept ans, j'avais déjà tâté pas mal de choses, pour ce qui est des délits interdits par la loi. Vol à l'arraché, viol, extorsion de fonds...
Question viol, j'avais roulé une pelle à Marie-José Blanc. Elle serrait les dents, je n'étais pas allé loin. C'est l'intention qui compte.
Le vol à l'arraché, c'était le samedi après le match de rugby : je taxais le goûter des plus petits que moi. Je les baffais, peinard, au chaud dans les vestiaires. J'en épargnais un, quelquefois. J'ai un côté Robin des Bois.
Pour l'extorsion, demandez à mon frère. Il me citait toujours comme exemple pourri à ses gamins, quand ils étaient petits, Devenez pas comme votre oncle, ou vous aurez affaire à moi. Pour ma défense, je dirais que s'il n'avait rien eu à se reprocher, il n'aurait pas raqué toute sa tirelire. Pour faire chanter les gens, il faut une partition.

On m'appelait «la Terreur». Je trouvais ça génial. 
Je me sentais promis à un grand avenir."

Ce que j'en pense :

Les personnages de Marie Sabine Roger sont toujours aussi attachants. Elle sait parfaitement faire ressortir ce qui se cache sous les carapaces façonnées par les aléas de la vie. Et tout cela avec beaucoup d'humour et de tendresse. Un plaisir de lecture… (comme pour "La tête en friche", il vaut mieux éviter la version cinéma!)

Bon rétablissement

Bon rétablissementBon rétablissement

 

 

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Pourquoi lire

Publié le par GéHa

Pourquoi lire

"Pourquoi lire" de Charles Dantzig - Le livre de poche

Présentation de l'éditeur :

La lecture n'est pas contre la vie. Elle est la vie, une vie plus sérieuse, moins violente, moins frivole, plus durable, plus orgueilleuse, moins vaniteuse, avec souvent toutes les faiblesses de l'orgueil, la timidité, le silence, la reculade. […] Lire ne sert à rien. C'est pour cela que c'est une grande chose. Nous lisons parce que ça ne sert à rien. C. D. Des conseils, des douceurs, des rosseries, et une conception de la lecture comme « sœur de la littérature », toutes deux marchant ensemble dans un combat contre le temps. Une philosophie de la lecture qui fait s'exclamer, s'enthousiasmer, applaudir, et qui ne donne qu'une envie : (la) relire.

Première page :

"Apprendre à lire
Pourquoi je lis ? Je lis comme je marche, sans cloute. D'ailleurs, je lis en marchant. Si je vous racontais le nombre de rencontres que j'ai faites grâce à ça ! Plus d'un horodateur de Paris a été ému de m'entendre lui dire «pardon monsieur !» après que je m'étais cogné à lui en lisant un livre ou un autre. Au reste, ce n'est pas parce qu'on fait une chose aussi spontanément que marcher ou lire qu'il est inutile d'y réfléchir. La spontanéité ne légitime pas tout. Il y a des meurtres spontanés.
«Spontanément.» Dans un premier temps, j'avais écrit «naturellement». Or, la lecture n'est pas plus naturelle que la marche. C'est même un des actes les plus acquis qui soient. Difficile, parfois. Tout le monde n'apprend pas à lire avec facilité. Il serait intéressant d'enquêter là-dessus. Les grands lecteurs seraient-ils des gens qui ont appris à lire facilement ? Pour ma part, cela a été facile, et presque immédiat. On m'a fait répéter un B, A, BA pendant quelques jours et, soudain, tout s'est libéré. J'ai lu. Cela vient peut-être de ce que c'était tardif ; au cours préparatoire ; j'avais 5 ans. Je vivais dans l'indignation depuis un an."

Ce que j'en pense :

Ce livre ne correspond pas à ce que j'attendais : une description de tous les bonheurs liés à la lecture. Le plaisir de lecture est absent de ce livre (sauf à de trop rares exceptions). Il y a beaucoup de complaisance, d'exagération. On a souvent l'impression que l'auteur étale son érudition pour nous en mettre plein la vue. Donc, pas envie de lire autre chose de cet auteur.

Pourquoi lire

 

 

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Matière à rire

Publié le par GéHa

Matière à rire

"Matière à rire, l'intégrale" de Raymond Devos - Plon

Présentation de l'éditeur :

L'intégralité des sketches de Raymond Devos, maître inoubliable du rire et du " flagrant délire ", en un seul volume. Cent soixante-cinq chefs-d'œuvre d'absurde, de poésie et de rire. Une explosion de joie et de souvenirs servie par un incomparable joueur de mots !

Extrait :

" Vous savez que j'ai un esprit scientifique. Or récemment, j'ai fait une découverte bouleversante ! En observant la matière de plus près... j'ai vu des atomes... qui jouaient entre eux... et qui se tordaient de rire ! Ils s'esclaffaient ! Vous vous rendez compte des conséquences incalculables que cela peut avoir ? Je n'ose pas trop en parler, parce que j'entends d'ici les savants : "Monsieur, le rire est le propre de l'homme !" Eh oui !... Et pourtant ! Moi, j'ai vu, de mes yeux vu, des atomes qui : "Ha, ha, ha !" Maintenant, de qui riaient-ils ? Peut-être de moi ? Mais je n'en suis pas sûr ! Il serait intéressant de le savoir. Parce que si l'on savait ce qui amuse les atomes, on leur fournirait matière à rire... Si bien qu'on ne les ferait plus éclater que de rire. Alors, me direz-vous, que deviendrait la fission nucléaire ? Une explosion de joie ! " 

Ce que j'en pense :

Evidemment, ces textes sont faits pour être entendus, lus à voix haute et les sketches ne vieillissent pas tous aussi bien mais bons nombres valent leur pesant de rire (et sans doute pour quelques décennies encore) 

Matière à rire

Matière à rire

 

 

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Le bord intime des rivières

Publié le par GéHa

Le bord intime des rivières

"Le bord intime des rivières" de Richard Bohringer - folio

Présentation de l'éditeur :

«Le temps a passé, Paulo, et me voilà avec cette putain d'envie de t'écrire un peu de ce gros requin chagrin amoureux fou d'un dauphin.
L'écriture est ma seule vérité. Courir après la grâce pour écrire la première phrase. Trouver le son qui fera rebondir. Chercher le mot qui me rendra ma jeunesse.
Je ne suis pas un gars de la syntaxe. Je suis de la syncope, du bouleversement ultime.
J'écris pour être avec les autres. Ceux que j'ai connus. Ceux que je vais connaître. Ceux que je ne connaîtrai jamais.
J'écris pour être meilleur humain. Pour éviter la disgrâce.»

Première page :

"Je me serais assis au bord de l'eau. J'aurais préparé ma canne à pêche en prenant mon temps. J'aurais balancé mon plomb dans l'eau avec un petit geste mille fois répété par mille pêcheurs sur le bord intime de mille rivières. J'aurais regardé le bouchon s'installer et puis j'aurais écrit mille pages au hasard du vent.

Je veux écrire de la musique avec les mots. Je veux être guitare héros.

Le temps a passé Paulo. Envie de t'écrire un peu de ce gros requin chagrin, amoureux fou d'un dauphin. Un matin ils partirent très loin. Et me voilà, peut-être, avec une histoire qui finit bien.

Alors, vraiment, à qui écrire, si ce n'est à toi Paulo. Tu le sais, toi, que je suis un putain d'emmerdeur avec ma philosophie de bazar.

Tous ces Paulo qui sont plus là. La came…."

Ce que j'en pense :

 C'est un journal intime "à la Bohringer". C'est une écriture très orale avec de courtes phrases. C'est souvent haché, parfois confus et lassant. Mais on retrouve de vraies envolées poétiques dans certaines pages, en particulier lorsqu'il parle d'Afrique, de désert … et cela sauve le livre.

Le bord intime des rivières

Le bord intime des rivières

 

 

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Serial Killer et autres pièces courtes

Publié le par GéHa

Serial Killer et autres pièces courtes

"Serial killer et autres pièces courtes" de Carole Fréchette - Actes Sud Papiers

Présentation de l'éditeur :

Dans Serial Killer, une femme "assassine" ses amours et en collectionne les dépouilles, laissant son amoureux abasourdi devant cette violence incompréhensible et cruelle. Une jeune femme vend au plus offrant les morceaux choisis de son corps, certaines émotions et des souvenirs de son passé, dans une mise aux enchères qui confine au désespoir. Quatre personnes, devant un appareil photo, peinent à prendre la pose nécessaire à un portrait de famille qui en rappellera un autre, pris dans un temps plus heureux. Sur la Route 1, cinq jeunes gens marchent vers la perte de leurs illusions et découvrent à chaque pas un peu plus de l'atroce vérité de la guerre, du feu et de leur histoire. Quatre courtes pièces, quatre univers singuliers, qui donnent un aperçu foudroyant de l'art et de la manière de Carole Fréchette.

Extrait :

"LUC : Encore du fromage? 

ESTELLE : C'est fini, Luc.

LUC : Mais non, il reste le dessert. Gelato al limone! 

ESTELLE : Nous deux, c'est fini.

LUC : Pourquoi tu dis ça? 

ESTELLE : Parce que c'est la vérité.

LUC : De quoi tu parles?

ESTELLE : Je t'aime plus.

LUC : C'est une blague?

ESTELLE : Non. C'est fini.

LUC : Mais qu'est-ce que… Mais tout à l'heure tu…

ESTELLE : Tout à l'heure je t'aimais. Maintenant, je t'aime plus. "

Ce que j'en pense :

Ces textes sont assez jubilatoires et nous font pénétrer dans l'univers de l'auteure. Elle nous parle d'amour, d'argent, de la famille, de la guerre… avec beaucoup de justesse, d'originalité et de délicatesse.

Serial Killer et autres pièces courtes

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Frères numains

Publié le par GéHa

Frères numains

"Frères numains" de Florence Pazzottu -al dante

Présentation de l'éditeur :

 Cette harangue poétique, écrite d'un souffle le 8 mars 2016, préfigure les mouvements de colère pré-insurrectionnels (manifestations des jeunes, «Nuit debout» – La nuit n'a pas de bout, nous sommes l'aurore, lit-on sur une pancarte brandie lors d'une manifestation –, convergence des luttes ici et ailleurs…) nés de l'après 31 mars. 

Une longue postface de Bernard Noël prend élan de ce texte pour continuer et développer les raisons de la colère, et porter son soutien à toutes les formes de paroles libérées et de révoltes qui s'insurgent contre cette civilisation mortifère et répressive.

Extrait :

"...ça vomit les freins de l’orthographe et de la protection des faibles, de l’exception du traitement des enfants, des droits durement acquis des ouvriers, du droit des étrangers à demander l’asile, ça dit bientôt dépassée la convention de Genève, inapplicable la Déclaration des droits de l’homme, ça suggère que la raison doit se libérer des Lumières, car c’est ça le progrès ça dit, ça nomme résistance et combat pour la liberté le rétrécissement du numain dans sa grotte, le clivage et la mise en abîme du numain indéfiniment réfléchis par les écrans dictant dans la caverne…"

Ce que j'en pense :

C'est un discours, un appel (ou plutôt une interpellation), ça vient vers nous, ça nous prend, ça nous emporte, ça nous agite… voilà en une vingtaine de pages un texte assez efficace. J'ai quand même un peu de mal à le classer en "poésie".

Frères numains

Frères numains

 

 

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