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Apéro

Publié le par GéHa

Apéro

"Apéro" de Rémi Checchetto
éditions de l'Attente

Présentation de l'éditeur :

Après P’tit déj, Confiotes, et Nous, le ciel, Rémi Checchetto s’en prend à l’apéro.C’est autour de ce rituel que les langues se délient, que les langues fourchent et laissent échapper d’étranges formules, des lapsus parfois qui en disent plus qu’on ne voudrait. À en pleurer ou à pleurer de rire.

Première page :

"Quant aux glaçons on ne négligera pas d’en avoir toujours par-devers soi dans le freezer, ça serait trop bête d’en manquer et de boire tiède, de fait l’apéro demande plus d’art et d’anticipation et de préparation que d’être ogre, être ogre ne nécessite pas de mettre des glaçons au frais au préalable, c’est de l’impro, être ogre, c’est du va comme je te mange, ça n’a ni l’art ni la manière, un ogre, un ogre juste ça avale tout rond sans préparation, ça croque la vie n’importe comment à n’importe quelle température alors que l’apéro, non, cela nécessite la bonne température qu’apportent les glaçons, c’est pourquoi on ne négligera jamais de remplir le petit bac même si c’est pas aisé aisé de ne pas en mettre par terre, alors que l’ogre"

Ce que j'en pense :

C'est parti pour plus d'une centaine d'apéros en compagnie de Checchetto, avec des occasions de rire, réfléchir, se moquer… Comme toujours chez cet auteur le texte est vraiment fait pour être lu à voix haute et écouté avec énormément de plaisir.

Apéro

Apéro Apéro

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Tribulations d'un précaire

Publié le par GéHa

Tribulations d'un précaire

"Tribulations d'un précaire" de Iain Levinson
traduction Fanchita Gonzalez Batlle - Liana Levi

Présentation de l'éditeur :

Au cours des dix dernières années, j'ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J'en ai laissé tomber trente, on m'a viré de neuf, quant aux trois autres, c'a été un peu confus. C'est parfois difficile de dire exactement ce qui s'est passé, vous savez seulement qu'il vaut mieux ne pas vous représenter le lendemain.
Sans m'en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne du Tom Joad des Raisins de la colère. À deux différences près. Si vous demandiez à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : 'Je suis ouvrier agricole." Moi, je n'en sais rien. L'autre différence, c'est que Tom Joad n'avait pas fichu quarante mille dollars en l'air pour obtenir une licence de lettres.

Première page :

"C'est dimanche matin et j'épluche les offres d'emploi. J'y trouve deux catégories de boulots : ceux pour lesquels je ne suis pas qualifié, et ceux dont je ne veux pas. J'étudie les deux.
Il y a des pages et des pages de la première catégorie, des postes que je n'obtiendrai jamais. Expérience de six ans exigée dans tel et tel domaine, parler couramment le chinois, pouvoir piloter un jet face à une défense antiaérienne, et avoir SIX ANS d'expérience en chirurgie cardiaque. Salaire de départ trente-deux mille dollars. Faxez votre C.V. à Beverly.
Je me demande qui est Beverly et ce qu'elle sait de plus que moi. Pour commencer, elle sait qu'elle reçoit un salaire. Je suis sûr qu'elle n'a aucune des compétences exigées pour le poste, sinon elle l'occuperait au lieu de répondre au téléphone. Si je connaissais personnellement Beverly, est-ce que je pourrais décrocher un boulot quelconque dans l'entreprise où elle travaille ? C'est pour ça qu'on n'indique pas son nom de famille ? Pour décourager les casse-pieds éventuels tels que moi de la harceler dans un bar ? de découvrir des détails sur sa vie privée et de tomber sur elle dans le métro après quatre heures d'attente pour l'inviter ensuite à prendre un verre et lui demander en passant, après une nuit torride, s'il y a un poste à pourvoir dans son entreprise ? "

Ce que j'en pense :

Critique noire et acerbe (pas complètement désespérée!) du monde du travail. C'est drôle, léger (bien qu'il n'y ait rien de drôle ni de léger dans les diverses situations décrites par l'auteur) et c'est également d'une grande justesse.

Tribulations d'un précaire

Tribulations d'un précaire Tribulations d'un précaire

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À poil Coppé !

Publié le par GéHa

À poil Coppé !

Voilà ce que Mr Coppé rêve de rééditer.

 

À poil Coppé !

 

Et voilà le livre qu'il devrait lire.

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Réparer les vivants

Publié le par GéHa

Réparer les vivants

"réparer les vivants" de Maylis de Kerangal
Verticales

Présentation de l'éditeur :

«Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps.» 

Réparer les vivants est le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.

Première page :

"Ce qu'est le cœur de Simon Limbres, ce cœur humain, depuis que sa cadence s'est accélérée à l'instant de la naissance quand d'autres cœurs au-dehors accéléraient de même, saluant l'événement, ce qu'est ce cœur, ce qui l'a fait bondir, vomir, grossir, valser léger comme une plume ou peser comme une pierre, ce qui l'a étourdi, ce qui l'a fait fondre — l'amour; ce qu'est le cœur de Simon Limbres, ce qu'il a filtré, enregistré, archivé, boîte noire d'un corps de vingt ans, personne ne le sait au juste, seule une image en mouvement créée par ultrason pourrait en renvoyer l'écho, en faire voir la joie qui dilate et la tristesse qui resserre, seul le tracé papier d'un électrocardiogramme déroulé depuis le commencement pourrait en signer la forme, en décrire la dépense et l'effort, l'émotion qui précipite, l'énergie prodiguée pour se comprimer près de cent mille fois par jour et faire circuler chaque minute jusqu'à cinq litres de sang, oui, seule cette ligne-là pourrait en donner un récit, en profiler la vie, vie de flux et de reflux, vie de vannes et de clapets, vie de pulsations, quand le cœur de Simon Limbres, ce cœur humain, lui, échappe aux machines…"

Ce que j'en pense :

L'auteure met des mots sur ce que l'on ne peut pas dire, c'est précis, efficace, sensible, très émouvant (sans aucun pathos). Un grand roman, un vrai "coup de cœur".

Réparer les vivants

Réparer les vivants Réparer les vivants Réparer les vivants

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Là où vont nos pères

Publié le par GéHa

Là où vont nos pères

"Là où vont nos pères" de Shaun Tan
Dargaud

Présentation de l'éditeur :

Un jour, un homme fait sa valise. Il quitte sa femme et sa fille, puis il s'en va. Il prend le train et embarque à bord d'un navire sur lequel il va traverser l'océan. Destination la terre promise, vers un pays inconnu. Cet homme est un émigrant. S'il laisse sa vie derrière lui, c'est parce qu'il espère en trouver une meilleure, ailleurs, loin de chez lui et loin des siens. Là-bas, dans ce pays nouveau et étrange où il doit réapprendre à vivre, il rencontrera d'autres gens, exilés comme lui, et comme lui perdus dans ce monde nouveau... Là où vont nos pères est un album d'une profonde originalité. Consacré à un thème plus que jamais d'actualité - l'émigration -, l'auteur a pris le parti d'un récit onirique qui acquiert la force d'une histoire universelle et intemporelle

Extrait :

Là où vont nos pères

Là où vont nos pères

 

Ce que j'en pense :

Cette BD alterne des pages composées de petites vignettes carrées et des dessins pleine page en couleur sépia.

Réalisme fantastique, univers kafkaïen, poétique et sombre, hommage universel aux exilés… un chef d'œuvre.

Là où vont nos pères

Là où vont nos pères Là où vont nos pères Là où vont nos pères

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Le royaume des perches

Publié le par GéHa

Le royaume des perches

"Le royaume des perches" de Martti Linna
traduction Paula et Christian Nabais - Gaïa polar

Présentation de l'éditeur :

Ilpo Kauppinen, pêcheur taciturne d’une soixantaine d’années, ne vit que pour les perches, et Hilkka, son épouse. Lorsque celle-ci disparaît brusquement, Ilpo continue de pêcher sur le lac. Le capitaine Sudenmaa mène l’enquête, entre deux coups de fil de son ex, paumée alcoolique, et avec à la maison une ado presque-femme. Un polar au cœur de la Finlande.

Première page :

"«Un homme veut entrer chez nous !»
La voix de Hilkka grésilla dans l'émetteur-récepteur. Ilpo crut avoir mal compris. 
«Quoi ?»
Il coupa le moteur du canot. L'eau continua de clapoter contre la proue, le bateau avançant sur sa propre lancée. Il attendit un instant. Silence radio. D'un mouvement du pouce, il repassa en mode émission.
«Répète !»
Cette fois, la réponse de Hilkka arriva aussitôt.
«Un homme veut entrer chez nous, dit-elle à voix basse. Il va me faire du mal.»
Une mouette piqua à une vingtaine de mètres devant l'embarcation, là où la surface frémissait. L'oiseau remonta, un petit poisson translucide dans le bec. Un banc d'éperlans devait se trouver là-dessous, et les belles zébrées se dissimulaient assurément en contrebas, à l'affût. Elles n'allaient pas tarder à remonter. Il vira de bord avant de réaliser la futilité de son initiative.
«Ilpo !» Le cri aigu de Hilkka fusa hors du poste et s'éleva dans le ciel, où la mouette s'éloignait en décrivant une large courbe.
Il continua de résonner dans la tête du pêcheur, pour ne plus la quitter."

Ce que j'en pense :

Une intrigue qui glisse lentement, comme sur l'eau du lac , des personnages solitaires, taciturnes, tendrement désespérés, de l'humour parfois assez caustique… tout cela donne un polar agréable, original, une belle réussite d'un auteur dont on attend la traduction de ses autres romans.

Le royaume des perches

Le royaume des perches Le royaume des perches

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Mangez-moi

Publié le par GéHa

Mangez-moi

 "Mangez-moi" de Agnès Desarthe
Points

Présentation de l'éditeur :

Myriam est un peu perdue, un peu fantaisiste et un peu rêveuse. Un beau jour, elle décide d'ouvrir son restaurant. A sa propre surprise, Chez moi devient vite le rendez-vous incontournable des habitants du quartier, le havre chaleureux où tout le monde se retrouve. Dans sa cantine, Myriam ouvre l'appétit et délie les esprits, avec l'instinct, la grâce et la sensualité des artistes aux fourneaux...

Première page :

"Suis-je une menteuse ? Oui, car au banquier, j'ai dit que j'avais fait l'école hôtelière et un stage de dix-huit mois dans les cuisines du Ritz. Je lui ai montré les diplômes et les contrats que j'avais fabriqués la veille. J'ai aussi brandi un BTS de gestion, un très joli faux. J'aime vivre dangereusement. C'est ce qui m'a perdue, autrefois, c'est ce qui me fait gagner à présent. Le banquier n'y a vu que du feu. Il a accordé l'emprunt. Je l'ai remercié sans trembler. La visite médicale ? Pas de problème. Mon sang, mon précieux sang est propre, tout propre, comme si je n'avais rien vécu. 
Suis-je une menteuse ? Non, car tout ce que je prétends savoir faire, je sais le faire. Je manie les spatules comme un jongleur ses massues; tel le contorsionniste, j'actionne avec souplesse, et indépendamment, les différentes parties de mon corps : d'une main je lie une sauce tandis que, de l'autre, je sépare les blancs des jaunes et noue des aumônières. Les adolescents aux lèvres duveteuses et au front constellé de boutons, le cheveu gras sous leur calot de marmiton, peuvent, il est vrai, maîtriser l'ambre d'un caramel à jamais moelleux, ils vous dressent un rouget sans perdre un milligramme de chair et tricotent la crépinette comme autant de Pénélope. Mais. MAIS ! Fourrez-les dans une cuisine avec cinq gosses qui braillent,.."

Ce que j'en pense :

Très beau roman, avec des personnages attachants, que l'on ne connaît pas complètement mais dont on devine les fêlures. L'écriture est délicate et sait faire surgir les émotions, les questionnements, les odeurs, les goûts… A savourer !

Mangez-moi

Mangez-moi Mangez-moi

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Journal d'un écrivain en pyjama

Publié le par GéHa

Journal d'un écrivain en pyjama

"Journal d'un écrivain en pyjama" de Dany Laferrière
Grasset

Présentation de l'éditeur :

« Le pyjama est un étrange habit de travail », nous dit Dany Laferrière qui, après trente ans de publications, décide de parler à ses lecteurs. Suite de scènes où réflexions, récits, méditations s'entremêlent avec cette désinvolture qui caractérise son style. Voici les « conseils à un jeune écrivain » d'un auteur pour qui la vie est une aventure exaltante qui se conjugue entre lire et écrire.

De « Comment débuter une histoire » à « La description d'un paysage » en passant par « La mémoire de l'enfance », sans oublier « Le fouet de Truman Capote », l'expérience et l'humour de l'auteur du Goût des jeunes filles, qui n'en a pas moins pour les bons livres.

Première page :

"1. L'élan

À l'époque, j'habitais dans un meublé surchauffé à Montréal, et je tentais d'écrire un roman afin de sortir du cycle infernal des petits boulots dans des manu­factures en lointaine banlieue. Mes voisins étaient de jeunes clochards, imbibés de bière, qui n'avaient pas assez d'argent pour la cocaïne. Le crack n'avait pas encore envahi les quartiers pauvres de la ville, Je retrouvais le samedi soir les copains d'usine, dans une discothèque que fréquentaient des femmes qui pou­vaient être nos mères. C'est la promesse de l'Amé­rique à ceux qui partent travailler avant la lumière du jour et reviennent, le soir, manger un spaghetti tout en regardant un mauvais film à la télé. Je voulais la même promesse que l'Amérique fait à ses gosses sur­protégés des quartiers huppés. À l'usine, je ne valais pas tripette, ne sachant rien faire de mes mains. Sauf écrire, On oublie qu'écrire est un travail manuel, Peut-on se mettre tout d'un coup à écrire un livre sans fréquenter aucun groupe littéraire, ni même un club de lecture ? Je lisais tout ce qui me tombait sous la main, Mais écrire est différent de lire. L'écrivain et le lecteur se trouvant aux deux extrémités de la chaîne."

Ce que j'en pense :

 C'est un livre sur l'écriture et sur la lecture (mais aussi sur l'écrivain et sur le lecteur). Cela peut paraître parfois un peu brouillon et il y a même quelques contradictions (mais l'auteur ne s'en cache pas). C'est léger, agréable, drôle tout en ne manquant pas de profondeur.

Journal d'un écrivain en pyjamaJournal d'un écrivain en pyjama Journal d'un écrivain en pyjama

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La servante du Seigneur

Publié le par GéHa

La servante du Seigneur

"La servante du Seigneur" de Jean-Louis Fournier
Stock

Présentation de l'éditeur :

Ma fille était belle, ma fille était intelligente, ma fille était drôle… 
Mais elle a rencontré Monseigneur. Il a des bottines qui brillent et des oreilles pointues comme Belzébuth. Il lui a fait rencontrer Jésus. Depuis, ma fille n’est plus la même. 
Elle veut être sainte. 
Rose comme un bonbon, bleue comme le ciel.

Première page :

"J'ai égaré ma fille.
Je suis retourné à l'endroit où je l'avais laissée, elle n'y était plus.
J'ai cherché partout.
J'ai fouillé les forêts, j'ai sondé les lacs, j'ai passé le sable au tamis, j'ai cardé les nuages, j'ai filtré la mer...
Je l'ai retrouvée.
Elle a bien changé.
Je l'ai à peine reconnue.
Elle est grave, elle est sérieuse, elle dit des mots qu'elle ne disait pas avant, elle parle comme un livre.
Je me demande si c'est vraiment elle."

Ce que j'en pense :

On retrouve le style de Jean Louis Fournier, alerte, concis, piquant et souvent noir. Mais ce livre est parfois troublant, même dérangeant car chez l'auteur il n'y a pas que du désarroi, il y a aussi comme un règlement de compte. Disons que c'est un livre qui questionne sur les difficultés relationnelles entre un père et sa fille.

La servante du Seigneur

 

 

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Demain j'arrête!

Publié le par GéHa

Demain j'arrête!

"Demain j'arrête !" de Gilles Legardinier
Pocket

Présentation de l'éditeur :

Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides. Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu'elle n'a pourtant jamais vu, obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier... 

Mais tout cela n'est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu'elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu'à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement : pour qui avons-nous fait le truc le plus idiot de notre vie ?

Première page :

"Vous avez déjà rencontré des gens qui font une fête pour leur divorce ? Moi, oui. D'habitude, ce sont plutôt les futurs mariés qui s'amusent. On les entend klaxonner le samedi quand ils roulent en cortège vers la mairie, on les croise la veille en bandes, dans les rues, habillés en clown ou quasi nus. À grand renfort de trompettes et de tambourins, ils exhibent aux badauds ternes leur joie d'enterrer leur vie de jeunes célibataires - parfois à plus de trente-cinq ans... Mais moins d'un an plus tard, quand les 19 % des statistiques se séparent, plus personne ne lance de confettis. Eh bien Jérôme, si.
Je n'ai pas assisté à ses deux premiers mariages, mais j'étais présente au troisième. Trois mariages et trois divorces à trente-deux ans, ça interpelle. Le proverbe dit : «A ton deuxième naufrage, n'accuse pas la mer.» La sagesse populaire ne s'est pas aventurée jusqu'au troisième.
De vous à moi, je trouve sa fête de divorce bien plus sympa que ses noces. Plus question de frime, plus de codes sociaux, adieu les passages obligés, envolée la robe dans laquelle on étouffe, rangés les escarpins hauts comme des falaises qui peuvent vous tuer si vous trébuchez, plus de quête pour la réfection de l'église, pas de menu avec des plats qui se la racontent dans des sauces indigérables, et plus aucune blague débile de son oncle Gérard - qui d'ailleurs n'est pas invité. "

Ce que j'en pense :

Beaucoup d'enthousiasme autour de ce livre mais c'est plutôt une déception. C'est facile à lire (même jusqu'au bout, à condition de zapper des longueurs !), c'est simple (on ne sort pas épuisé de ce roman), les personnages peuvent nous intéresser (un peu)… L'humour de ce livre me laisse de marbre (au mieux ! mais le plus souvent c'est indigeste). Je me suis souvent dit, au fil des pages, "demain j'arrête" !

Demain j'arrête!

 

 

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