
"Le jour où mon père s'est tu" de Virginie LinhartSeuil
Présentation de l'éditeur :
« – Tu sais Papa, moi, quand tu t’es arrêté de parler, j’avais 15 ans. A 15 ans, on a beaucoup de
souvenirs. Je me souviens de tout Papa.
– C’est notre secret ma petite fille…
– C’est quoi notre secret ?
– Que tu saches tout ça, et que moi je ne parle plus.
... Cette fois, je suis décidée. Je parlerai du silence de mon père. Je suis prête, j’en jubile presque.
J’ai même trouvé le titre : Le jour où mon père s’est tu ».
Virginie Linhart est la fille de Robert Linhart, fondateur du mouvement maoiste en France. Brillant
normalien, orateur virtuose, il sombre, en mai 68, dans une première crise de folie. Plus tard,
poursuivant sa démarche de mao et le mouvement qu'il a initié, il s'embauche en usine et écrit un
livre qui fera date : L'établi. Après une rechute, en mai 1981 (!) il tombe dans un silence définitif.
Ce livre est d'abord une quête du père et, à travers elle, une autre quête, celle d'une génération.
Virginie Linhart part sur les traces des enfants des soixante-huitards et tente de comprendre avec
eux ce qu'ils sont vécu, ce qui reste de l'expérience des parents.
Première page :
"J'avais quinze ans lorsque c'est arrivé. J'étais une adolescente qui s'essayait à la rébellion. Je ne travaillais pas au lycée, je faisais tout le temps la gueule, j'étais amoureuse de garçons qui ne me regardaient pas. Et puis, soudain, mon père a disparu de ma vie. C'était au printemps 1981, le printemps de mes quinze ans, de ses trente-six ans - nous sommes tous deux nés au mois d'avril -, à une poignée de jours de l'élection de François Mitterrand. La gauche enfin au pouvoir, après une si longue attente, ça allait être gai vraiment ; mais non, ça ne l'a pas été, du tout.
Un des dimanches de ce printemps-là, nous sommes tous au restaurant. C'est une tradition dans ma famille paternelle. Il y a mon grand-père, ma grand-mère, ma tante, mon frère Pierre, ma petite sœur Clara et sa mère Ana Maria, notre belle-mère. Une personne manque : mon père. C'est un repas un peu bizarre, l'atmosphère est lourde. Au milieu du déjeuner, mon grand-père se lève brusquement, va aux toilettes. Il n'en ressort pas : infarctus. Panique, cris, porte enfoncée, pleurs, police secours, hôpital. C'est la fin des déjeuners dominicaux pour un long moment. Mon grand-père s'en tire et part en maison de repos. Mon père est toujours absent. "
Ce que j'en pense :
Ce livre est plusieurs choses à la fois : une étude sociologique (mais limitée) et une démarche analytique (également limitée!). On ne sait pas finalement ce que l'auteur recherchait en écrivant ce livre. On trouve quelques passages intéressants mais l'ensemble n'a pas trop d'intérêt. L'étude se cantonne au milieu de la haute bourgeoisie post soixante-huitarde, ce qui était très loin d'être le cas des militants issus de 68. Il vaut mieux relire l'œuvre de Robert Linhart !

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