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Une histoire d'amour radioactive

Publié le par GéHa

Une histoire d'amour radioactive

"Une histoire d'amour radioactive" de Antoine Chainas
folio policier

Présentation de l'éditeur :

Le capitaine Javier et Plancher, son lieutenant, vivent une histoire d'amour passionnée et secrète. Parce que Javier ne croit pas aux coïncidences, les deux amants décident d'enquêter sur une étrange vague de suicides : toutes les victimes avaient un cancer en phase terminale. 

DRH est cadre dans une grosse boîte, il travaille sans cesse, licencie à tour de bras sans se poser de question et ne voit jamais sa famille. Jusqu'au jour où il croise Veronika, une photographe belle comme la mort...

Première page :

"Les toilettes sont excessivement propres. DRH, de La Boîte, se tient devant l’urinoir, les jambes légèrement fléchies, la verge pointée dans la direction adéquate.

Au moment où l’autre fait irruption, DRH l’observe par l’intermédiaire de l’immense miroir mural qui s’arrête, comme de juste, au niveau de la ceinture.

Un autre cadre. Bimotel Corporate, ou Agenciel et Associés, quelque chose comme ça.

Optimisation des coûts oblige, ils sont tellement, dans cet immeuble, qu’il est parfois difficile de s’y retrouver.

— Ça va ? s’enquiert DRH d’un ton neutre.

— Ouais, mon pote, impec, réplique l’autre en ouvrant sa braguette. Je te raconte pas la valdingue. J’ai explosé tous les objectifs.

— Vrai ?

— Ouais. La crise, mec, la crise. J’ai jamais rien vu de plus beau. 70 000 suppressions annoncées dans la journée. Je te jure, c’est dément."

Ce que j'en pense :

La critique de la société (du monde de l'entreprise en particulier) est plutôt juste. Le style direct, précis souvent glauque et morbide. Mais, malheureusement, on a l'impression que l'auteur en rajoute parfois dans l'excès et l'histoire d'amour entre les deux policiers n'est pas loin d'être ridicule… Pour moi, Antoine Chainas, malgré ce que pense la critique "parisienne", n'est pas encore un "grand" du polar.

Une histoire d'amour radioactive

 

 

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Oublier trahir puis disparaître

Publié le par GéHa

Oublier trahir puis disparaitre

"Oublier trahir puis disparaître" de Camille de Toledo
La librairie du XXI e siècle

Présentation de l'éditeur :

Camille de Toledo signe ici le troisième volet d’une « trilogie européenne ». Après Le Hêtre et le Bouleau, à la suite de Vies potentielles, Oublier, trahir, puis disparaître explore, entre conte et récit mythologique, le temps européen, à la charnière du XXe et du XXIe siècle, à l’heure où se pose la question de l’oubli et de la trahison...

Première page :

"Dans un train 

Roïshku barak haïm ? tu demandes. À qui sont ces maisons ? 

Et moi, je ne réponds pas, je dis : Aïsh boyku noiok aïm, 

je réduirai le nombre des mots. 

Puis ça aussi: j'aimerais que les sourds nous entendent, 

les bègues et les sans-voix. 

J'aimerais qu'ils prennent le relais de la faim. 

Le train ralentit. 

je répète quatre fois: Voïshku niètz! Ne t'inquiète pas! 

Je t'ai choisi, toi, je t'appelle: mon fils. 

Comme la vieille, là, à nos côtés, assise sur le siège d'en face, je la choisis pour mère. 

Tu veux bien, la vieille ? 

Elle ne nous entend pas. 

Gavrilo, je l'appelle."

Ce que j'en pense :

Ce n'est pas vraiment un roman, plutôt un récit, un conte, un long poème… qui  nous interroge sur le monde d'après (la guerre), sur la relation père-fils, sur la langue (l'auteur semble en avoir inventé une). C'est un livre étonnant, parfois énervant (sans appartenir comme le disent certains à la catégorie des "livres-qui-font-chier") ; c'est un livre original qui parle de NOTRE Europe, entre passé et avenir.

Oublier trahir puis disparaître

Oublier trahir puis disparaître

Oublier trahir puis disparaître

 

 

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La piscine - les abeilles - la grossesse

Publié le par GéHa

La piscine - les abeilles - la grossesse

"la piscine-Les abeilles-La grossesse" de Yôko Ogawa
traduction Rose-Marie Makino-Fayolle - Babel

Présentation de l'éditeur :

Trois voix portent ces courts récits de Yōko Ogawa : celle de la jeune fille enfermée dans l’orphelinat que dirige son père où il faut vivre la même vie collective et morne que ses camarades : celle de la jeune femme qui, croyant venir en aide à un cousin, lui indique l’adresse d’un foyer sans savoir que ce lieu, qu’elle a naguère habité, est le théâtre d’une étrange processus de dégradation ; celle d’une femme qui observe d’un oeil froidement objectif la grossesse de sa soeur.

Ces trois textes ont en commun leur simplicité et leur concision exemplaires. On y retrouve également des personnages à la naïveté cruelle, à la perversité troublante, et des situations à l’étrangeté menaçante. 

Extrait :

"Il avait terriblement grandi. La ligne élancée de sa nuque, de ses doigts et de ses bras se fixa pour longtemps au fond de ma rétine. Les muscles soutenaient harmonieusement cette ligne. Mais ce fut sa manière de sourire qui m’impressionna le plus. Il souriait discrètement, tête baissée, l’index de la main gauche effleurant la monture argentée de ses lunettes. Son souffle léger s’échappait faiblement par les interstices de sa main gauche. C’était bien un sourire, mais sous les cils, on aurait dit un soupir déchirant. Je finis par garder mes yeux fixés sur lui, pour ne pas perdre le moindre mouvement expressif à chaque fois qu’il souriait."

Ce que j'en pense :

Tout parait normal, banal dans ces trois nouvelles et pourtant on a un sentiment étrange, presque malsain en pénétrant cette écriture. On est loin de la poésie des nouvelles de "La mer".

La piscine - les abeilles - la grossesse

La piscine - les abeilles - la grossesse

 

 

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Monde sans oiseaux

Publié le par GéHa

Monde sans oiseaux

 "Monde sans oiseaux" de Karin Serres
Seuil

Présentation de l'éditeur :

« Petite Boîte d’Os » est la fille du pasteur d’une communauté vivant sur les bords d’un lac nordique. Elle grandit dans les senteurs d’algues et d’herbe séchée, et devient une adolescente romantique aux côtés de son amie Blanche. Elle découvre l’amour avec le vieux Joseph, revenu au pays après le « Déluge », enveloppé d’une légende troublante qui le fait passer pour cannibale. 

Dans ce monde à la beauté trompeuse, se profile le spectre d’un passé enfui où vivaient des oiseaux, une espèce aujourd’hui disparue. Le lac, d’apparence si paisible, est le domaine où nagent les cochons fluorescents, et au fond duquel repose une forêt de cercueils, dernière demeure des habitants du village. 
Une histoire d’amour fou aussi poignante qu’envoûtante, un roman écrit comme un conte, terriblement actuel, qui voit la fin d’un monde, puisque l’eau monte inexorablement et que la mort rôde autour du lac…

Première page :

"Il paraît qu'autrefois certains animaux traversaient le ciel grâce à leurs ailes, de fins bras couverts de plumes qui battaient comme des éventails. Ils glissaient dans l'air, à plat ventre, sans tomber, et leurs cris étaient très variés. Ils étaient ovipares, comme les poissons ou les lézards, et les humains mangeaient leurs œufs. On les appelait les «oiseaux». Petite, j'ai demandé à ma mère de me raconter, mais elle a changé de sujet. Cette histoire d'«oiseaux» est-elle vraie ?

Un dimanche d'hiver, très tôt, mon père se rase sous l'ampoule qui se balance. Les joues couvertes de mousse, il réfléchit, les yeux dans le vague. Son cerveau engourdi se réveille lentement. Saisi par la pensée qui vient de le traverser, mon père fixe soudain son reflet dans le miroir en répétant à mi-voix : «Au sommet de mon corps, ma tête. À l'intérieur de cette boîte d'os : un flan mou et plissé. Et c'est cette chose, mon cerveau, qui me permet de penser ? !»"

Ce que j'en pense :

Étrange et poétique, parfois déroutant, un récit très difficile à classer (tant mieux!), à l'écriture originale. Tout dans ce livre nous parait à la fois éloigné et proche de notre monde ; passé et futur ne font qu'un.

Monde sans oiseaux

Monde sans oiseaux

Monde sans oiseaux

 

 

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Nos cheveux blanchiront avec nos yeux

Publié le par GéHa

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux

"Nos cheveux blanchiront avec nos yeux" de Thomas Vinau
Alma éditeur

Présentation de l'éditeur :

Le voyage géographique et intime d'un jeune homme. Walther quitte la femme qu'il aime pour aller vagabonder du nord au sud, des Flandres laiteuses jusqu'à l'Espagne éclatante. Un voyage qui finira par le ramener presque par hasard à l'essentiel, vers celle qui a su le laisser partir et attendre leur enfant. Composé d'instantanés d'une grande délicatesse, ce roman est conçu en deux parties : les jours d'errance puis la vie à demeure, les lointains dépaysants et l'art des petits riens.

Première page :

"L'idée

L'idée de partir était comme un petit feu de bois placé au centre de son cerveau. Au bout de quelque temps, il comprit que les flammes ne s'éteindraient pas d'elles-mêmes.

Des milliers de gris

Le jour de son départ, il a Sally au téléphone. Il lui répète qu'il est désolé de partir comme ça mais qu'il a besoin d'essayer des choses. Elle raccroche avant de craquer. Il l'imagine devant la petite fenêtre de la cuisine qui donne sur les toits de la ville. Sa façon de disparaître à travers ses yeux lorsqu'elle regarde la fumée des cheminées d'usines se mélanger au gris de l'océan."

Ce que j'en pense :

C'est un roman-fragment-poétique (difficile à classer), très facile à lire, constitué de petites touches légères, simples, pleines de rencontres et d'émotion.

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux Nos cheveux blanchiront avec nos yeuxNos cheveux blanchiront avec nos yeux

 

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Comment j'ai appris à lire

Publié le par GéHa

Comment j'ai appris à lire

"Comment j'ai appris à lire" de Agnès Desarthe
Points

Présentation de l'éditeur :

« Apprendre à lire a été, pour moi, une des choses les plus faciles et les plus difficiles. Cela s’est passé très vite, en quelques semaines ; mais aussi très lentement, sur plusieurs décennies. 

Déchiffrer une suite de lettres, la traduire en sons fut un jeu, comprendre à quoi cela servait fut une traversée souvent âpre, et, jusqu’à l’écriture de ce livre, profondément énigmatique. »

Comment apprend-on à lire ? Comment notre désir de lecture peut-il être entravé ? Comment l’écriture peut-elle rendre meilleur lecteur ? Cheminant à travers ses souvenirs, Agnès Desarthe mène une enquête passionnante, puisant au cœur d’un secret : celui de n’avoir pas aimé lire pendant longtemps.

Première page :

"Comment tout a (mal) commencé

Je suis née au mois de mai 1966. À cette époque, les hommes, même jeunes, portaient des costumes, des cravates, et parfois des chapeaux. Les femmes avaient des sous-vêtements à armatures, des gaines, des guêpières. Leurs seins, projetés vers l'avant par les coutures, les baleines - que sais-je ? -, étaient pointus, coniques, très durs. Il n'y avait pas de télévision. Nous possédions un téléphone, parce que mon père était médecin, mais tous les foyers n'en étaient pas équipés.
Deux ans plus tard, certaines choses changèrent.
Cependant, sur la photo prise lors d'un anniversaire auquel nous avions été invités, mon frère et moi - disons que c'était vers fin 67 -, je pose, conventionnelle et sérieuse, inconsciente de la révolution imminente : genoux de bébé en X, chaussures vernies aux pieds, robe immaculée et raide, très fière de mon sac à main blanc à fermoir doré. A dix-huit mois, j'ai l'air d'avoir soixante-treize ans.
Un matin du printemps suivant, je déclare, cartable au dos, que je désire aller à l'école."

Ce que j'en pense :

La réflexion est intéressante, les questions abordées ne manquent pas d'intérêt mais tout cela tourne un peu en rond et reste trop centré sur la personne de l'auteure.

Comment j'ai appris à lire

 

 

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Travail soigné

Publié le par GéHa

Travail soigné

"Travail soigné" de Pierre Lemaitre
Livre de poche

Présentation de l'éditeur :

Dès le premier meurtre, épouvantable et déroutant, Camille Verhoeven comprend que cette affaire ne ressemblera à aucune autre. Et il a raison. D’autres crimes se révèlent, horribles, gratuits… La presse, le juge, le préfet se déchaînent bientôt contre la « méthode Verhoeven ». Policier atypique, le commandant Verhoeven ne craint pas les affaires hors normes mais celle-ci va le placer totalement seul face à un assassin qui semble avoir tout prévu. Jusque dans le moindre détail. Jusqu’à la vie même de Camille qui n’échappera pas au spectacle terrible que le tueur a pris tant de soin à organiser, dans les règles de l’art…

Première page :

"— Alice... dit-il en regardant ce que n'importe qui, sauf lui, aurait appelé une jeune fille.

 Il avait prononcé son prénom pour lui faire un signe de connivence mais sans parvenir à créer chez elle la moindre faille. Il baissa les yeux vers les notes jetées au fil de la plume par Armand au cours du premier interrogatoire : Alice Vandenbosch, 24 ans. Il tenta d'imaginer à quoi pouvait normalement ressembler une Alice Vandenbosch de 24 ans. Ça devait être une fille jeune, au visage long, aux cheveux châtain clair, avec un regard droit. Il leva les yeux et ce qu'il vit lui sembla parfaitement improbable. Cette fille ne se ressemblait pas à elle-même : des cheveux, autrefois blonds, pla­qués sur le crâne, avec de longues racines sombres, une blancheur de malaise, un large hématome violacé sur la pommette gauche, un mince filet de sang séché au coin de la lèvre... et pour les yeux, hagards et fuyants, plus rien d'humain que la peur, une terrible peur qui lui provoquait encore des frissons comme si elle était sortie sans manteau un jour de neige. Elle tenait son gobelet de café à deux mains, comme la rescapée d'un naufrage."

Ce que j'en pense :

Je suis "rentré" dans Lemaitre par "Au revoir là-haut". J'ai lu sa trilogie "Verhoeven" dans le désordre, en terminant par le premier de la série (ce qui n'est pas conseillé). L'intrigue est bien ficelée. Faire références aux classiques de la littérature policière est intéressant. C'est donc un livre qui se lit bien, avec quand même des scènes très violentes, mais, comme pour les autres livres de  la trilogie, certains personnages paraissent un peu "fabriqués".

Travail soigné

 

 

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Je ne serai pas m.

Publié le par GéHa

Je ne serai pas m.

"Je ne serai pas m." de Marie-Hélène Bahain
L'amourier

Présentation de l'éditeur :

Alban n’est pas un enfant comme les autres… Un événement de son enfance fixera pour son entourage le début d’un comportement singulier. À partir de ce jour, Alban ne pleurera plus, ne parlera plus. Plus tard, il écrira.

Par l’écriture déposée dans son ordinateur, il parvient en équilibriste à dompter ses démons intérieurs. Les mots sont pour lui vivants et doués de pouvoirs ; ils peuplent son silence.
Charpente de ce récit, le “ journal ” d’Alban enchâsse les écrits de sa mère découverts par hasard dans un tiroir et recopiés en cachette.
Marie-Hélène Bahain donne une si juste voix à cet enfant que le lecteur s’en trouve sollicité dans sa propre relation au monde et au langage.

Extrait :

"J’ouvre un nouveau fichier dans un nouveau dossier avec un code secret TARABISCOTÉ. J’ai perdu le dernier, l’ordinateur l’a avalé, digéré. Tant pis.
Tout le monde me croit fou MAIS je suis pas fou, tout le monde, peut-être pas, pas Judith, pas Georges, papa je sais pas, pas maman. Maman, c’est normal, c’est elle qui est folle, peut-être pas folle, folle complètement mais un peu quand même. Il y a que moi à le savoir. Je me rends bien compte. C’est peut-être pour ça, d’ailleurs, qu’ils voudraient tous que je sois fou, ça les arrangerait. Comme ça, ils auraient pas besoin de trouver des mots savants, des explications quand ils voient que je sais des choses, des choses pas normales pour mon âge, ils disent, c’est pas normal, c’est pas normal, comment il sait ça, où il a vu ça, il peut pas savoir, d’où il tient ça. Forcément, je vais pas leur dire où je prends tout ce que je sais. Ça irait encore moins entre eux et moi. Avec mon père en particulier, les gens, les médecins, les psychomachins, les neurologues et les autres. Je peux pas leur dire : je sais parce que je sais. Pourtant il y a des choses que je sais pas, en général, celles que je veux pas savoir. Par exemple, je savais pas que ma mère s’essayait à l’écriture."

Ce que j'en pense :

Il m'a fallu quelques pages pour vraiment pénétrer l'univers intérieur des deux personnages. Et puis nous suivons le désarroi de cette mère désemparée et surtout, les angoisses ce fils étranger au monde. En refermant le livre il y a du silence qui résonne longtemps.

Je ne serai pas m.

Je ne serai pas m.

Je ne serai pas m.

 

 

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Où que j'aille

Publié le par GéHa

Où que j'aille

"Où que j'aille" d'Albane Gellé, illustré par Anne Leloup
esperluète éditions

Présentation de l'éditeur :

Albane Gellé fixe les mots comme autant d’objets à manipuler avec soin pour que la mémoire affleure et que le son fasse sens.

Les dessins au crayon d’Anne Leloup invitent à une rêverie organique. Les fleurs, les saisons et le temps qui passe accompagnent le texte.

Extrait :

"Tu te moques des grandes pluies, tu ne te perds jamais dans les labyrinthes, et tu n’attends pas ton tour au bout des files d’attente. Tu te fais oublier. Pendant que je m’affaire à fermer un manteau, à cueillir des cerises, à seller un cheval. Pendant que je t’écris des livres."

Ce que j'en pense :

Texte poétique où l'absence est évoquée avec beaucoup de sensibilité et de sérénité.

Où que j'aille

Où que j'aille

Où que j'aille

 

 

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Juste après la pluie

Publié le par GéHa

Juste après la pluie

"Juste après la pluie" de Thomas Vinau
Alma éditeur

Présentation de l'éditeur :

« Songer, certains dimanches de grands vents pleins de poussières et de lumière, à s’ouvrir le ventre du sol au plafond. Pour aérer à l’intérieur ». C’est par ces mots que commence Juste après la pluie.

Tandis que d’autres s’étirent et ouvrent les volets Thomas Vinau, depuis longtemps, écrit de la poésie. Chaque matin.

Après Nos cheveux blanchiront avec nos yeux (2011), Ici ça vaet Le Bric à brac hopperien, (2012) voici donc, écrit dans la même veine que les romans, un gros livre de petits poèmes conçu comme un livre d’usage et de combat pour tous les jours. Un livre qui caresse, tempête et tient tête.

Extrait :

"Une boîte en fer

Les jouets seront cassés
et l’argent dépensé
les vêtements usés
la viande digérée
l’alcool évaporé
les paroles envolées
mais ce petit poème
est comme une boîte en fer
qu’on enterre sous un arbre
pour le retrouver
cinquante ans plus tard
je glisse à l’intérieur
l’odeur de la salle de bains
quand tu sèches tes cheveux
pendant que le minot
me poursuit dans le couloir
avec au bout du doigt
une énorme crotte de nez"

Ce que j'en pense :

C'est simple, ironique, tendre… c'est du quotidien… avec juste ce qu'il faut de décalage pour que la poésie transparaisse souvent entre les lignes.

Juste après la pluie

Juste après la pluie

Juste après la pluie

 

 

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