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Le goût des mots

Publié le par GéHa

Le goût des mots

"Le goût des mots" de Françoise Héritier
éditions Odile Jacob

Présentation de l'éditeur :

Après Le Sel de la vie, Françoise Héritier poursuit ici son exploration tout en intimité et en sensualité de ce qui fait le goût de l'existence. 
Elle nous invite à retrouver nos étonnements d'enfance, quand la découverte des mots, à travers leur brillance, leur satiné, leur rugosité, s'apparentait à celle de la nature et des confitures. 
À travers les mots, c'est le trésor caché s'établissant en nous entre les sons, les couleurs, les saveurs, les touchers, les perceptions et les émotions qu'elle nous convie ici à redécouvrir. 
À chacun, à son tour, à partir de quelques mots, de trouver la richesse de l'univers intime qu'il porte en soi.

Première page :

"Je me risque à nouveau dans une fantaisie. Or cette fantaisie dans laquelle je plonge est peut-être plus sérieuse au fond qu'on ne pourrait le croire à première vue. Elle trouve ses racines dans des étonnements d'enfance où la découverte des mots du langage parlé s'apparentait à celle des confitures et bonbons et avait le même goût de réalité. Notons qu'il s'agit alors du langage parlé, sonore, entendu, auquel très vite l'apprentissage de l'écriture a assuré une assise visuelle. Il s'est agi ensuite du rapport avec les autres, dont il faut que l'enfant, puis l'adulte, se fasse entendre et qu'il s'efforce d'entendre, mais surtout de cette parole débridée qui tourne toute seule dans nos têtes …"

Ce que j'en pense :

Un livre pour les amateurs de listes (sans doute à exploiter lors d'ateliers d'écriture). La dernière partie, où elle construit des histoires uniquement à partir d'expressions toutes faites, est, pour moi, la plus intéressante.

Le goût des mots

 

 

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C'est tous les jours comme ça

Publié le par GéHa

C'est tous les jours comme ça

"C'est tous les jours comme ça" de Pierre Autin-Grenier
éditions Finitude

Présentation de l'éditeur :

Anthelme Bonnard en a ras la casquette, il s’étonne, s’inquiète, secrètement s’insurge.
Ça a commencé par l’intrusion intolérable du Candidat dans son salon, la lente mais implacable extinction de la gent féminine du quartier, la disparition de plus de 70 % des Martin, l’étrange assassinat d’un nain dans l’escalier…
Mais quand on vient chercher manu militari l’étudiant des Beaux-arts du troisième parce qu’il possède un couteau suisse vert avec tire-bouchon, quand d’autres sont pareillement inquiétés pour avoir osé lire dans un lieu public un ouvrage de fiction pourtant entouré du bandeau obligatoire « Lire peut entraîner des lésions cérébrales graves » ou quand deux titis un peu basanés se font piéger comme des moineaux au sortir de l’école, alors Anthelme se demande s’il ne serait pas temps de songer à la résistance, voire à utiliser carrément le trancheflic soixante-huitard que la couturière du deuxième tient planqué dans sa cuisine…

Première page :

"Nous nous trouvions réunis dans une vaste salle un peu austère au centre de laquelle avait été dressé un immense buffet froid pour arroser je ne sais quel événement dont je ne mesurais pas de prime abord toute l'importance.

Avec une logique impressionnante des discours un peu ampoulés s'étaient enchaînés à des discours assez guindés, le tout ponctué de vifs mais brefs applaudissements et, pour finir, invitation nous avait été faite d'aller nous sustenter.

C'est alors que l'homme en l'honneur de qui était organisée cette réception et qui venait de répondre d'une voix tremblotante aux hommages et éloges dont il avait été l'objet se jeta de but en blanc sur la femme du patron. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, l'ayant mise en charpie, il la dévora tout entière sous nos yeux, n'en laissant guère plus, une fois repu, qu'un morceau de cuir chevelu et un sac en croco."

Ce que j'en pense :

On retrouve avec plaisir l'univers décalé de Pierre Autin-Grenier, avec de l'humour, de l'ironie, du burlesque… et le tout dans une langue savoureuse.

C'est tous les jours comme ça

C'est tous les jours comme ça C'est tous les jours comme ça

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Apéro

Publié le par GéHa

Apéro

"Apéro" de Rémi Checchetto
éditions de l'Attente

Présentation de l'éditeur :

Après P’tit déjConfiotes, et Nous, le ciel, Rémi Checchetto s’en prend à l’apéro.C’est autour de ce rituel que les langues se délient, que les langues fourchent et laissent échapper d’étranges formules, des lapsus parfois qui en disent plus qu’on ne voudrait. À en pleurer ou à pleurer de rire.

Première page :

"Quant aux glaçons on ne négligera pas d’en avoir toujours par-devers soi dans le freezer, ça serait trop bête d’en manquer et de boire tiède, de fait l’apéro demande plus d’art et d’anticipation et de préparation que d’être ogre, être ogre ne nécessite pas de mettre des glaçons au frais au préalable, c’est de l’impro, être ogre, c’est du va comme je te mange, ça n’a ni l’art ni la manière, un ogre, un ogre juste ça avale tout rond sans préparation, ça croque la vie n’importe comment à n’importe quelle température alors que l’apéro, non, cela nécessite la bonne température qu’apportent les glaçons, c’est pourquoi on ne négligera jamais de remplir le petit bac même si c’est pas aisé aisé de ne pas en mettre par terre, alors que l’ogre"

Ce que j'en pense :

C'est parti pour plus d'une centaine d'apéros en compagnie de Checchetto, avec des occasions de rire, réfléchir, se moquer… Comme toujours chez cet auteur le texte est vraiment fait pour être lu à voix haute et écouté avec énormément de plaisir.

Apéro

Apéro Apéro

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Tribulations d'un précaire

Publié le par GéHa

Tribulations d'un précaire

"Tribulations d'un précaire" de Iain Levinson
traduction Fanchita Gonzalez Batlle - Liana Levi

Présentation de l'éditeur :

Au cours des dix dernières années, j'ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J'en ai laissé tomber trente, on m'a viré de neuf, quant aux trois autres, c'a été un peu confus. C'est parfois difficile de dire exactement ce qui s'est passé, vous savez seulement qu'il vaut mieux ne pas vous représenter le lendemain.
Sans m'en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne du Tom Joad des Raisins de la colère. À deux différences près. Si vous demandiez à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : 'Je suis ouvrier agricole." Moi, je n'en sais rien. L'autre différence, c'est que Tom Joad n'avait pas fichu quarante mille dollars en l'air pour obtenir une licence de lettres.

Première page :

"C'est dimanche matin et j'épluche les offres d'emploi. J'y trouve deux catégories de boulots : ceux pour lesquels je ne suis pas qualifié, et ceux dont je ne veux pas. J'étudie les deux.
Il y a des pages et des pages de la première catégorie, des postes que je n'obtiendrai jamais. Expérience de six ans exigée dans tel et tel domaine, parler couramment le chinois, pouvoir piloter un jet face à une défense antiaérienne, et avoir SIX ANS d'expérience en chirurgie cardiaque. Salaire de départ trente-deux mille dollars. Faxez votre C.V. à Beverly.
Je me demande qui est Beverly et ce qu'elle sait de plus que moi. Pour commencer, elle sait qu'elle reçoit un salaire. Je suis sûr qu'elle n'a aucune des compétences exigées pour le poste, sinon elle l'occuperait au lieu de répondre au téléphone. Si je connaissais personnellement Beverly, est-ce que je pourrais décrocher un boulot quelconque dans l'entreprise où elle travaille ? C'est pour ça qu'on n'indique pas son nom de famille ? Pour décourager les casse-pieds éventuels tels que moi de la harceler dans un bar ? de découvrir des détails sur sa vie privée et de tomber sur elle dans le métro après quatre heures d'attente pour l'inviter ensuite à prendre un verre et lui demander en passant, après une nuit torride, s'il y a un poste à pourvoir dans son entreprise ? "

Ce que j'en pense :

Critique noire et acerbe (pas complètement désespérée!) du monde du travail. C'est drôle, léger (bien qu'il n'y ait rien de drôle ni de léger dans les diverses situations décrites par l'auteur) et c'est également d'une grande justesse.

Tribulations d'un précaire

Tribulations d'un précaire Tribulations d'un précaire

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À poil Coppé !

Publié le par GéHa

À poil Coppé !

Voilà ce que Mr Coppé rêve de rééditer.

 

À poil Coppé !

 

Et voilà le livre qu'il devrait lire.

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Réparer les vivants

Publié le par GéHa

Réparer les vivants

"réparer les vivants" de Maylis de Kerangal
Verticales

Présentation de l'éditeur :

«Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps.» 

Réparer les vivants est le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.

Première page :

"Ce qu'est le cœur de Simon Limbres, ce cœur humain, depuis que sa cadence s'est accélérée à l'instant de la naissance quand d'autres cœurs au-dehors accéléraient de même, saluant l'événement, ce qu'est ce cœur, ce qui l'a fait bondir, vomir, grossir, valser léger comme une plume ou peser comme une pierre, ce qui l'a étourdi, ce qui l'a fait fondre — l'amour; ce qu'est le cœur de Simon Limbres, ce qu'il a filtré, enregistré, archivé, boîte noire d'un corps de vingt ans, personne ne le sait au juste, seule une image en mouvement créée par ultrason pourrait en renvoyer l'écho, en faire voir la joie qui dilate et la tristesse qui resserre, seul le tracé papier d'un électrocardiogramme déroulé depuis le commencement pourrait en signer la forme, en décrire la dépense et l'effort, l'émotion qui précipite, l'énergie prodiguée pour se comprimer près de cent mille fois par jour et faire circuler chaque minute jusqu'à cinq litres de sang, oui, seule cette ligne-là pourrait en donner un récit, en profiler la vie, vie de flux et de reflux, vie de vannes et de clapets, vie de pulsations, quand le cœur de Simon Limbres, ce cœur humain, lui, échappe aux machines…"

Ce que j'en pense :

L'auteure met des mots sur ce que l'on ne peut pas dire, c'est précis, efficace, sensible, très émouvant (sans aucun pathos). Un grand roman, un vrai "coup de cœur".

Réparer les vivants

Réparer les vivants Réparer les vivants Réparer les vivants

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Là où vont nos pères

Publié le par GéHa

Là où vont nos pères

"Là où vont nos pères" de Shaun Tan
Dargaud

Présentation de l'éditeur :

Un jour, un homme fait sa valise. Il quitte sa femme et sa fille, puis il s'en va. Il prend le train et embarque à bord d'un navire sur lequel il va traverser l'océan. Destination la terre promise, vers un pays inconnu. Cet homme est un émigrant. S'il laisse sa vie derrière lui, c'est parce qu'il espère en trouver une meilleure, ailleurs, loin de chez lui et loin des siens. Là-bas, dans ce pays nouveau et étrange où il doit réapprendre à vivre, il rencontrera d'autres gens, exilés comme lui, et comme lui perdus dans ce monde nouveau... Là où vont nos pères est un album d'une profonde originalité. Consacré à un thème plus que jamais d'actualité - l'émigration -, l'auteur a pris le parti d'un récit onirique qui acquiert la force d'une histoire universelle et intemporelle

Extrait :

Là où vont nos pères

Là où vont nos pères

 

Ce que j'en pense :

Cette BD alterne des pages composées de petites vignettes carrées et des dessins pleine page en couleur sépia.

Réalisme fantastique, univers kafkaïen, poétique et sombre, hommage universel aux exilés… un chef d'œuvre.

Là où vont nos pères

Là où vont nos pères Là où vont nos pères Là où vont nos pères

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Le royaume des perches

Publié le par GéHa

Le royaume des perches

"Le royaume des perches" de Martti Linna
traduction Paula et Christian Nabais - Gaïa polar

Présentation de l'éditeur :

Ilpo Kauppinen, pêcheur taciturne d’une soixantaine d’années, ne vit que pour les perches, et Hilkka, son épouse. Lorsque celle-ci disparaît brusquement, Ilpo continue de pêcher sur le lac. Le capitaine Sudenmaa mène l’enquête, entre deux coups de fil de son ex, paumée alcoolique, et avec à la maison une ado presque-femme. Un polar au cœur de la Finlande.

Première page :

"«Un homme veut entrer chez nous !»
La voix de Hilkka grésilla dans l'émetteur-récepteur. Ilpo crut avoir mal compris. 
«Quoi ?»
Il coupa le moteur du canot. L'eau continua de clapoter contre la proue, le bateau avançant sur sa propre lancée. Il attendit un instant. Silence radio. D'un mouvement du pouce, il repassa en mode émission.
«Répète !»
Cette fois, la réponse de Hilkka arriva aussitôt.
«Un homme veut entrer chez nous, dit-elle à voix basse. Il va me faire du mal.»
Une mouette piqua à une vingtaine de mètres devant l'embarcation, là où la surface frémissait. L'oiseau remonta, un petit poisson translucide dans le bec. Un banc d'éperlans devait se trouver là-dessous, et les belles zébrées se dissimulaient assurément en contrebas, à l'affût. Elles n'allaient pas tarder à remonter. Il vira de bord avant de réaliser la futilité de son initiative.
«Ilpo !» Le cri aigu de Hilkka fusa hors du poste et s'éleva dans le ciel, où la mouette s'éloignait en décrivant une large courbe.
Il continua de résonner dans la tête du pêcheur, pour ne plus la quitter."

Ce que j'en pense :

Une intrigue qui glisse lentement, comme sur l'eau du lac , des personnages solitaires, taciturnes, tendrement désespérés, de l'humour parfois assez caustique… tout cela donne un polar agréable, original, une belle réussite d'un auteur dont on attend la traduction de ses autres romans.

Le royaume des perches

Le royaume des perches Le royaume des perches

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Mangez-moi

Publié le par GéHa

Mangez-moi

 "Mangez-moi" de Agnès Desarthe
Points

Présentation de l'éditeur :

Myriam est un peu perdue, un peu fantaisiste et un peu rêveuse. Un beau jour, elle décide d'ouvrir son restaurant. A sa propre surprise, Chez moi devient vite le rendez-vous incontournable des habitants du quartier, le havre chaleureux où tout le monde se retrouve. Dans sa cantine, Myriam ouvre l'appétit et délie les esprits, avec l'instinct, la grâce et la sensualité des artistes aux fourneaux...

Première page :

"Suis-je une menteuse ? Oui, car au banquier, j'ai dit que j'avais fait l'école hôtelière et un stage de dix-huit mois dans les cuisines du Ritz. Je lui ai montré les diplômes et les contrats que j'avais fabriqués la veille. J'ai aussi brandi un BTS de gestion, un très joli faux. J'aime vivre dangereusement. C'est ce qui m'a perdue, autrefois, c'est ce qui me fait gagner à présent. Le banquier n'y a vu que du feu. Il a accordé l'emprunt. Je l'ai remercié sans trembler. La visite médicale ? Pas de problème. Mon sang, mon précieux sang est propre, tout propre, comme si je n'avais rien vécu. 
Suis-je une menteuse ? Non, car tout ce que je prétends savoir faire, je sais le faire. Je manie les spatules comme un jongleur ses massues; tel le contorsionniste, j'actionne avec souplesse, et indépendamment, les différentes parties de mon corps : d'une main je lie une sauce tandis que, de l'autre, je sépare les blancs des jaunes et noue des aumônières. Les adolescents aux lèvres duveteuses et au front constellé de boutons, le cheveu gras sous leur calot de marmiton, peuvent, il est vrai, maîtriser l'ambre d'un caramel à jamais moelleux, ils vous dressent un rouget sans perdre un milligramme de chair et tricotent la crépinette comme autant de Pénélope. Mais. MAIS ! Fourrez-les dans une cuisine avec cinq gosses qui braillent,.."

Ce que j'en pense :

Très beau roman, avec des personnages attachants, que l'on ne connaît pas complètement mais dont on devine les fêlures. L'écriture est délicate et sait faire surgir les émotions, les questionnements, les odeurs, les goûts… A savourer !

Mangez-moi

Mangez-moi Mangez-moi

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Journal d'un écrivain en pyjama

Publié le par GéHa

Journal d'un écrivain en pyjama

"Journal d'un écrivain en pyjama" de Dany Laferrière
Grasset

Présentation de l'éditeur :

« Le pyjama est un étrange habit de travail », nous dit Dany Laferrière qui, après trente ans de publications, décide de parler à ses lecteurs. Suite de scènes où réflexions, récits, méditations s'entremêlent avec cette désinvolture qui caractérise son style. Voici les « conseils à un jeune écrivain » d'un auteur pour qui la vie est une aventure exaltante qui se conjugue entre lire et écrire.

De « Comment débuter une histoire » à « La description d'un paysage » en passant par « La mémoire de l'enfance », sans oublier « Le fouet de Truman Capote », l'expérience et l'humour de l'auteur du Goût des jeunes filles, qui n'en a pas moins pour les bons livres.

Première page :

"1. L'élan

À l'époque, j'habitais dans un meublé surchauffé à Montréal, et je tentais d'écrire un roman afin de sortir du cycle infernal des petits boulots dans des manu­factures en lointaine banlieue. Mes voisins étaient de jeunes clochards, imbibés de bière, qui n'avaient pas assez d'argent pour la cocaïne. Le crack n'avait pas encore envahi les quartiers pauvres de la ville, Je retrouvais le samedi soir les copains d'usine, dans une discothèque que fréquentaient des femmes qui pou­vaient être nos mères. C'est la promesse de l'Amé­rique à ceux qui partent travailler avant la lumière du jour et reviennent, le soir, manger un spaghetti tout en regardant un mauvais film à la télé. Je voulais la même promesse que l'Amérique fait à ses gosses sur­protégés des quartiers huppés. À l'usine, je ne valais pas tripette, ne sachant rien faire de mes mains. Sauf écrire, On oublie qu'écrire est un travail manuel, Peut-on se mettre tout d'un coup à écrire un livre sans fréquenter aucun groupe littéraire, ni même un club de lecture ? Je lisais tout ce qui me tombait sous la main, Mais écrire est différent de lire. L'écrivain et le lecteur se trouvant aux deux extrémités de la chaîne."

Ce que j'en pense :

 C'est un livre sur l'écriture et sur la lecture (mais aussi sur l'écrivain et sur le lecteur). Cela peut paraître parfois un peu brouillon et il y a même quelques contradictions (mais l'auteur ne s'en cache pas). C'est léger, agréable, drôle tout en ne manquant pas de profondeur.

Journal d'un écrivain en pyjamaJournal d'un écrivain en pyjama Journal d'un écrivain en pyjama

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