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La terre ronde

Publié le par GéHa

La terre ronde

"La terre ronde" de François de Cornière
Atelier du Gué

Présentation de l'éditeur :

La Terre ronde aurait pu être, seulement, l’histoire d’une vieille maison, à moitié écroulée, quelque part en Ardèche... Mais il y a ceux qui, l’été, pendant les vacances, reviennent dans la maison. Dès lors, La Terre ronde devient le récit de plusieurs vies, et surtout, celui d’un attachement, d’un acharnement, d’une fidélité. « Tout a poussé. Il faudra couper. Défricher. S’écorcher. Tout reprendre. Poursuivre un bout d’histoire qui s’accroche au rocher, au versant. »

Première pages :

"On ne peut pas dire où et quand, exactement. Mais c'est bien avant d'arriver dans le dernier virage. Il y a eu la fatigue, la longue route, les derniers kilomètres, et le jour s'est levé : on a roulé toute la nuit.

Alors on change de temps. L'épicerie du village viendra tout juste d'ouvrir. On fera quelques courses, l'indispensable. On prendra un cageot. Sur la place, entre les platanes, on regardera le ciel, les martinets, très haut. On repartira.

La route continue. De plus en plus étroite maintenant. Il n'y a qu'à la suivre. Monter. Tourner. Beaucoup tourner. Les mains sur le volant la connaissent par cœur. Avec des images, et des noms sur les pancartes des bas-côtés : les UBACS, les adrets. Comme dans un livre."

Ce que j'en pense :

L'auteur a l'art de mettre en mots des choses simples du quotidien, des instants fragiles, des silences, des respirations, de petits faits d'hiver et c'est un vrai bonheur de lecture. Comme dirait Thomas Vinau, on a vraiment l'impression que ce livre a été écrit pour nous.

La terre ronde

La terre ronde

La terre ronde

La terre ronde

 

 

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La scierie

Publié le par GéHa

La scierie

"La scierie"  anonyme, préface de Pierre Gripari
éditions Héros-Limite

Présentation de l'éditeur :

Le lendemain matin, je me lève à cinq heures trente, je pars à six heures quinze vers Huisseau. On est en septembre, le jour se lève à peine. Je vois des quantités de lapins dans le parc de Chambord. J'arrive à la scierie en avance. Tout est sombre sous le hangar. J'ai dans mes sacoches ma gamelle qui contient mon repas de midi. Le chauffeur bourre la chaudière et fait monter la pression. Je m'approche du four et je me chauffe. Il est sept heures moins dix. Tout le monde arrive tout à coup et se rassemble autour du four. Garnier arrive bouffi, il n'a pas fini de s'habiller, il sort du lit, il ne mange pas le matin. Après de brèves politesses, à sept heures moins cinq, il gueule : Allez, graissez !

Première page :

"J'écris parce que je crois que j'ai quelque chose à dire. C'est la vie que j'ai menée entre dix-huit et vingt ans, entre mon échec au bac et mon départ au régiment.

Je regrette de ne pas avoir pris de notes au cours de cette période, mais en guise de consolation, je peux me dire que c'était impossible. Manque de temps et surtout la fatigue.

Après avoir travaillé tout un été à la préparation de la session d'octobre tout en tenant la place de chasseur à l'Hôtel de France de Blois, je viens de me faire étendre. Ça ne m'étonne pas. La réussite ne me paraissait pas possible. J'ai fait ce que j'ai pu. Qui connaît la fatigue et la tension de la journée habituelle, ajoutés à l'effort nocturne qui brûle les yeux, me comprendra.

Je n'ai pas de métier. Je n'ai de goût que pour la Marine. J'essaye de m'engager, mais mon frère, qui est mon tuteur, me refuse son consentement. L'hypothèse d'un emploi de bureau me dégoûte, j'en ai marre de cette plume qui m'a trahi, j'en ai marre de rester assis toute la journée sous les ordres de cornichons blafards. Je sais que je suis fort. Je vais essayer de travailler avec ma force, mais que faire? Dans le pays que j'habite sur les bords de la Loire, aucun débouché à n'importe quel échelon, sinon la culture. Les paysans me font chier avec leurs plaintes et leurs gros sous qu'ils cachent comme des salauds."

Ce que j'en pense :

C'est plutôt un témoignage qu'un roman. C'est à la fois un hommage au travail, aux travailleurs et une critique assez féroce de certaines pratiques de ces mêmes travailleurs. C'est un texte cru, sans fioritures, qui ne laisse aucun repos (comme le travail à la scierie). Un grand texte.

La scierie

 La scierieLa scierieLa scierie

 

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Mort sur la route

Publié le par GéHa

Mort sur la route

"Mort sur la route" par David Le Breton
éditions Métailié

Présentation de l'éditeur :

Il est difficile de se construire à seize ans, on en meurt parfois. Laure et Olivier sont partis sur la route, en stop, pour échapper à la violence de leur vie familiale, ils ont fui l'enfer. Max les a suivis mais lui, ses parents l'aiment, ce sont juste des parents ordinaires, une vie ordinaire. Jetés dans un monde ennemi, ils connaissent la misère des squats, la saleté, la promiscuité, et parfois ils rencontrent l'horreur, l'indicible.
Ana, elle, a fui la misère des Balkans. Thomas est un peu cassé par ses missions sur les théâtres de guerre, le hasard va le projeter violemment dans cet univers adolescent où la douleur permet de fuir la souffrance. Il découvre que des jeunes disparaissent, que des prédateurs sont à l'affût, et mène en solitaire une enquête dangereuse, dans cette ville de Strasbourg si belle et si cruelle.
David Le Breton écrit ici un roman noir passionnant et très documenté sur la douleur de grandir dans un monde hostile. 

Première page :

"Ils marchaient le long de la nationale, frigorifiés, se retournant et levant parfois le pouce quand une voiture s'approchait. Manifestement, personne ne souhaitait s'embarrasser de trois jeunes avec leurs sacs à dos. Ils cheminaient depuis des heures. Ils étaient partis en fin d'après-midi de Saint-Chély après avoir tenté de prendre le train, mais le chef de gare avait menacé d'appeler la police. Il les savait sans billets et tenait les squatters en horreur.
Ils allaient non loin de là, à une trentaine de kilomètres, à Marvejols. On était en février, il faisait froid mais quand ils s'étaient mis en marche le soleil de la fin de l'après midi rendait la température encore supportable. Peu à peu avec la tombée du soir le froid ne cessa d'augmenter. Ils étaient trop loin de la ville pour revenir, trop loin aussi de leur but. Pris au piège, ils continuèrent à avancer. Ensuite la neige fit son apparition. De petits flocons tout d'abord, et puis la tempête rendit leur progression difficile. Le vent cinglait leurs visages. La neige les transforma peu à peu en choses informes sur le bord de la nationale.
Max, dix-sept ans, était sur les routes depuis quelques heures seulement. Son père, médecin, n'était jamais là. Sa mère enseignait la physique dans une université à une centaine de kilomètres de leur maison. Pour ses parents il était une sorte de Martien. Ils lui donnaient le vivre et le couvert, l'associaient aux fêtes de famille les rares fois où il y en avait. Le reste du temps il disposait de la clé de la maison et du frigidaire pour se débrouiller. Il ne manquait de rien, comme lui avait dit une fois sa mère qui lui trouvait l'air un peu triste et le rabrouait à ce propos.
- On t'a toujours tout donné."

Ce que j'en pense :

Le sujet est intéressant. C'est assez bien construit. L'auteur (universitaire et scientifique reconnu) semble bien connaître l'univers des squats. Mais cela ne suffit pas pour faire un bon polar. Le lecteur ne "rentre" pas vraiment dans cette histoire.

Mort sur la route

 

 

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Guide de survie en milieu hostile

Publié le par GéHa

Guide de survie en milieu hostile

"Guide de survie en milieu hostile" de Shane Kuhn
traductionKarine Lalechère - éditions Sonatine

Présentation de l'éditeur :

Le stagiaire se caractérise par son insignifiance. On lui demande d’être corvéable à merci, mais pour le reste personne ne lui prête attention. Passant facilement inaperçu, le stagiaire est ainsi un parfait assassin en puissance. C’est la raison pour laquelle, depuis une dizaine d’années, John Iago enchaîne les stages en entreprise afin d’éliminer les cibles qu’on lui assigne : quelle meilleure couverture, en effet, pour un tueur à gage ? Ainsi vient-il tout juste de rejoindre l’un des plus grands cabinets d’avocats new-yorkais avec pour mission d’assassiner un des associés.
À ses heures perdues, John a décidé d’écrire un Guide de survie à l'intention des jeunes stagiaires, illustré d’exemples tirés de sa propre expérience. Ce qui lui permet de donner quelques précieux conseils aux nouvelles recrues de Human Resources, Inc, la mystérieuse organisation qui l’emploie, spécialisée dans l’entraînement et le placement des « stagiaires ». 
Le problème, c’est que John n’est plus au top de sa forme. À chacun des trente-quatre meurtres qu’il a commis, quelque chose est mort en lui. Et, alors que l’heure de se retirer du jeu a sonné, la mission qu’on lui a confiée va s’avérer la plus dangereuse et la plus inattendue de toutes.

Entre American Psycho et Un employé modèle, Guide de survie en milieu hostile nous fait pénétrer dans l’esprit d’un tueur particulièrement attachant qui, à son grand désespoir, devient de plus en plus humain à mesure que ses chances de survie diminuent. À la fois drôle, cruel et grinçant, ce premier roman impose d’emblée Shane Kuhn comme l’un des auteurs de thriller les plus inventifs de la scène littéraire.

Extrait :

"Si tu lis ces mots, c’est que tu es un nouvel employé de RH Inc. Félicitations. Et condoléances. Le moins que l’on puisse dire est que tu te lances dans une carrière que tu ne pourras jamais qualifier d’ennuyeuse. Tu visiteras des lieux intéressants. Tu rencontreras des personnages hors du commun et stimulants, venant de tous les horizons. Et tu les assassineras. Tu gagneras beaucoup d’argent, mais cela ne signifiera plus rien pour toi une fois ta première mission accomplie. Tuer, c’est facile au cinéma. Dans la vraie vie, c’est la profession la plus pénible, la plus stressante et la plus solitaire qui soit. Désormais, chaque fois que tu entendras quelqu’un se plaindre de son travail, il te faudra faire un effort surhumain pour ne pas lui rire au nez. Tout le monde n’est pas taillé pour ce job. Toi et tes condisciples ne tarderez pas à l’apprendre à vos dépens, car vous serez presque tous morts avant la fin du mois. Et il ne s’agit que de la phase de formation.

Tu hésites ? C’est une réaction naturelle. S’il y a une chose qui doit faire hésiter, c’est bien l’idée de tuer pour gagner sa vie. Et au cas où tu te demanderais si parfois tu seras écœuré et découragé, si tu auras constamment la peur au ventre et si tu songeras même à mettre fin à tes jours, je n’ai qu’une réponse à te donner : oui. Tous tes pires cauchemars vont se réaliser, et à un point que tu n’imagines même pas. Soit tu surmonteras l’épreuve, soit tu finiras par te faire sauter le caisson. D’une manière ou d’une autre, après, tu seras tranquille."

Ce que j'en pense :

C'est excessif, drôle, grinçant, parfois assez subversif ; il y a des cadavres, du sang, du suspens, des rebondissements ; il y a beaucoup de références cinématographique … Polar très original, belle découverte des éditions Sonatine.

Guide de survie en milieu hostile

Guide de survie en milieu hostile

Guide de survie en milieu hostile

 

 

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Ruptures

Publié le par GéHa

Ruptures

"Ruptures" de Rémi De Vos
Actes-Sud-Papiers

Présentation de l'éditeur :

Une femme quitte son mari après lui avoir préparé un excellent dîner, un homme avoue à sa femme qu'il a une aventure avec un pompier et un couple songe à se quitter après avoir envisagé de se débarrasser de leur enfant. Mais, dans ces trois ruptures, qui va finalement réussir à quitter l'autre ?

Extrait :

"L'HOMME. Il est pompier

LA FEMME. Pompier?

L'HOMME. Oui

LA FEMME. Où ça pompier ?

L'HOMME. À la mairie de Paris

Elle le regarde.

LA FEMME. Pompier?

L'HOMME. Oui

Un temps.

LA FEMME. Pompier professionnel ?

L'HOMME. Ce n'est pas important ça

LA FEMME. C'est sa seule activité? Pompier?

L'HOMME. Oui

LA FEMME. Il n'est pas pompier bénévole avec un métier à côté ?

L'HOMME. Non seulement pompier

Un temps.

LA FEMME. Il est pompier quoi

L'HOMME. Pompier c'est tout

Un temps.

LA FEMME. OK

L'HOMME. Voilà

LA FEMME. Oui

L'HOMME. C'est comme ça

LA FEMME. Bien sûr

L'HOMME. Pompier

Elle le regarde.

LA FEMME. Mais pompier"

Ce que j'en pense :

Trois histoires à la fois drôle et tragique (la troisième est même assez cruelle). Les dialogues, très alertes, révèlent l'incompréhension entre l'homme et la femme. C'est un concerto pour couples en crise. Un vrai plaisir de lecture.

Ruptures

Ruptures

Ruptures

Ruptures

 

 

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Joseph

Publié le par GéHa

Joseph

"Joseph" de Marie-Hélène Lafon
Buchet Chastel

Présentation de l'éditeur :

Joseph est ouvrier agricole, dans une ferme du Cantal. Il a bientôt soixante ans. Il connaît les fermes de son pays, et leurs histoires. Il est doux, silencieux. Il a aimé Sylvie, un été, il avait trente ans. Elle n'était pas d'ici et avait beaucoup souffert, avec et par les hommes. Elle pensait se consoler avec lui, mais Joseph a payé pour tous. Sylvie est partie au milieu de l'hiver avec un autre. Joseph s'est alors mis à boire, comme on tombe dans un trou. 
Joseph a un frère, marié, plus beau et entreprenant, qui est allé faire sa vie ailleurs et qui, à la mort du père, a emmené la mère vivre dans sa maison. Joseph reste seul et finira seul. Il est un témoin, un voyeur de la vie des autres. 

Première page :

"Les mains de Joseph sont posées à plat sur ses cuisses. Elles ont l'air d'avoir une vie propre et sont parcourues de menus tressaillements. Elles sont rondes et courtes, des mains presque jeunes comme d'enfance et cependant sans âge. Les ongles carrés sont coupés au ras de la chair, on voit leur épaisseur, on voit que c'est net, Joseph entretient ses mains, elles lui servent pour son travail, il fait le nécessaire. Les poignets sont solides, larges, on devine leur envers très blanc, charnu, onctueux et légèrement bombé. La peau est lisse, sans poil, et les veines saillent sous elle. Joseph tourne le dos à la télévision. Ses pieds sont immobiles et parallèles dans les pantoufles à carreaux verts et bleu marine achetées au Casino chez la Cécile;"

Ce que j'en pense :

L'auteure écrit sur sa terre et ses paysans. Elle sait faire le portrait de ces "taiseux" avec une écriture finement travaillée. Il ne se passe presque rien dans ce roman mais l'émotion est bien présente. Marie Hélène Lafon sait donner vie à son "pays".

 JosephJosephJoseph

 

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Mirage d'amour avec fanfare

Publié le par GéHa

Mirage d'amour avec fanfare

"Mirage d'amour avec fanfare" de Herman Rivera Letelier
traduction Bertille Hausberg - Métailié

Présentation de l'éditeur :

Elle s'appelle Golondrina del Rosario, elle joue du piano et enseigne la déclamation poétique, elle est toute délicatesse et sensibilité. Il s'appelle Bello Sandalio, il est roux et trompettiste de jazz dans les bordels de la région. Ils se sont rencontrés une nuit de passion, elle s'est donnée à lui... Ils vivent dans une colonie minière du désert d'Atacama où l'on attend une visite présidentielle, mais la fanfare des "damnés de la terre", menée par le barbier anarchiste, prépare un autre type de réception. L'auteur de La Reine Isabel chantait des chansons d'amour s'est donné pour tâche de chanter " son " désert " où les seules fleurs sont l'ombre des pierres " et d'en raconter l'épopée infernale à travers des personnages qui vont à l'essentiel : la vie et la mort, la douleur et la folie, la force de l'amour, des rêves et de l'utopie.

Première page :

"Tout comme les familles qui transportaient des animaux vivants parmi leurs frusques - ces chevreaux et ces agneaux rendaient encore plus pénible la promiscuité à bord - ils avaient trouvé le moyen d'embarquer leur grand piano à queue. Et, dans le tangage des nuits de haute mer, sous un ciel d'étoiles cruelles et rouillées, Elidia del Rosario, son épouse malade, avait eu le courage de distraire cet obscur troupeau entassé sur les planches du pont en jouant du Chopin. Et elle avait même trouvé la force, la dernière nuit du voyage, de déclamer quelques rimes de Gustavo Adolfo Bécquer, le "poète de son cœur comme elle l'appelait. Tout cela malgré la terreur d'un naufrage qui mettait à bout de nerfs son Elidia, si craintive. Pendant toute la traversée, elle n'avait cessé de penser à ce qui s'était produit quelques années plus tôt, quand un vapeur où se trouvaient cinq cents nouvelles recrues des mines de salpêtre avait sombré au large des côtes de Coquimbo. Pour comble de tristesse, tous ces gens enfermés dans les soutes du bateau n'avaient pas été enregistrés à la capitainerie et leur mort avait été catégoriquement démentie par les autorités; néanmoins, certains hommes d'équipage rescapés du naufrage le racontaient en secret dans les tavernes du port. Sa grand-mère maternelle pouvait d'ailleurs apporter sur ce fait un témoignage digne de foi car elle était elle-même allée faire ses adieux a un de ses frères embauché dans le désert et il avait disparu, englouti par la mer."

Ce que j'en pense :

Beaucoup de chaleur, de fièvre, de passion dans ce récit qui évoque une rude époque en particulier pour les travailleurs du salpêtre dans le nord du Chili. L'auteur y mêle adroitement la tragédie et la comédie, dans un style splendide (parfois trop riche en adjectifs).

Mirage d'amour avec fanfare

Mirage d'amour avec fanfare

Mirage d'amour avec fanfare

 

 

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Etre un homme

Publié le par GéHa

Etre un homme

"Etre un homme" 75 auteurs réunis par Colum McCann
Belfond

Présentation de l'éditeur :

Lors de l'été 2013, dans le Colorado, un groupe d'écrivains et de militants s'est réuni pour s'interroger sur le rôle de la littérature et ses liens avec l'action sociale. De cette rencontre est née Narrative 4, une association caritative voulue par Colum McCann autour d'un concept fort, celui de l'" empathie radicale ". Sa philosophie ? Le partage. " Mettez-vous dans ma peau, je me mettrai dans la vôtre. " Son but ? Faire s'échanger les histoires à travers les pays, les continents ; une narration globale. Son action ? Favoriser des rencontres entre des jeunes d'horizons, de cultures, de vécus différents, pour se raconter, pour écouter. Et ainsi repousser le cynisme et la désolation, donner une place à l'espérance. De Michael Cunningham à Khaled Hosseini, en passant par Salman Rushdie, Joseph O'Connor, Edna O'Brien ou encore Ian McEwan, soixante-quinze auteurs, réunis par Colum McCann pour soutenir Narrative 4, ont accepté d'écrire un texte inédit répondant à la question : " Qu'est-ce qu'être un homme ? "

Extrait :

"Taylor Antrim

Traduit de l'anglais par Bernard Cohen

Le type l'a attaquée avec un couteau de cuisine. Elle lui a tiré en pleine figure. Parfait, ai-je pensé en remettant les coupures de presse vieilles de dix ans dans son tiroir à culottes. Parce que j'en ai soupé des gentilles filles. Parce que je me sens coupable tout le temps.

Elle, elle dit souvent : Je ne suis pas désolée. Ce qui, laissez-moi vous le dire, me donne envie de la choper.

Quand elle veut prendre son pied, elle m'attrape en glissant un doigt dans ma ceinture.

Elle sort toute seule, trois soirs par semaine. Elle a aussi une petite chienne qu'elle aime plus que n'importe quel être humain au monde."

Ce que j'en pense :

Très beau projet qui se veut international, mais on retrouve dans ce livre une très grande majorité d'écrivains anglo-saxons (et peu de femmes), dommage !

Il y a de très beaux textes mais l'ensemble est quand même inégal.

Etre un homme

 

 

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L'Apollon de Marsac

Publié le par GéHa

L'Apollon de Marsac

"L'Apollon de Marsac" de Louis-Michel Cluzeau
éditions France Loisirs - Piment (paru en 2000 chez Anne Carrière)

Présentation de l'éditeur

À Marsac, l'Apollon est bancal, le cantonnier poète, la rosière amoureuse, le médecin mécano. Un environnement curieux pour le petit Mimi dont le père est le maire de la localité entre 1945 et 1974. Louis-Michel Cluzeau retrace la petite comédie humaine qui se déroule à Marsac du bel été de 1936 au printemps de la Libération.

Première page :

"J'aime Odette. Elle a des beaux cheveux. «Avec des anglaises », dit maman. Alors, je sais pas si elle peut m'aimer parce que moi, j'ai des cheveux raides qui me tombent sur les yeux.

Souvent, quand maman et madame Desbordes parlent, elles font exprès que j'entende pas. Moi, j’aimerais qu'on m'explique. J'ai dit à papa que quand je serai grand, je dirai tout ce que je verrai, tout ce que j'entendrai. Papa a ri et il a dit : « Tu seras peut-être écrivain, comme Charles ? » Papa nous lit souvent des histoires de Charles. J'ai dit : « Mais lui, il raconte des histoires qui sont pas vraies. Moi, je dirai que des histoires vraies que les gens disent. — Parce que tu crois que les écrivains inventent toujours leurs histoires et que les autres disent toujours la vérité ? » m'a demandé papa. Je savais pas quoi répondre.

« Tiens, voilà Principal », dit madame Desbordes en regardant dehors. Maman regarde aussi : « Ah ! vous voulez dire K majuscule... », elle dit. Y en a même qui rigolent quand ils voient le monsieur qui marche mal. Ils l'appellent la Polon. Qu'est-ce que c'est que tout ça ? Et pourquoi il a plusieurs noms compliqués, le monsieur ? Faut que je demande à papa."

Ce que j'en pense :

Le titre fait référence à "L'Apollon de Bellac" une pièce de Giraudoux, qui, lui aussi était originaire de cette ville. C'est un livre amusant, rempli de portraits qui sont en relation les uns avec les autres. L'écriture n'est pas transcendante mais cela se lit avec beaucoup de plaisir (surtout si on connait la région)

L'Apollon de Marsac

L'Apollon de Marsac

 

 

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Les impliqués

Publié le par GéHa

Les impliqués

"Les impliqués" de Zygmunt Miloszewski
traduction Kamil Barbarski - Mirobole éditions

Présentation de l'éditeur :

Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’œil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie.  Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances. 

Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène… Son pouvoir semble effrayant. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme? 

Première page :

"« Permettez-moi de vous raconter une histoire, commença l’homme  assis dans la crypte. Il y a fort longtemps, dans un petit village de province, vivait paisiblement un menuisier. Les habitants du village n’étaient pas très riches et ne pouvaient s’offrir de nouvelles tables ou de nouvelles chaises, si bien que le menuisier restait pauvre lui aussi. Il réussissait difficilement à joindre les deux bouts et plus il vieillissait, moins il pensait pouvoir changer le cours de son destin. Pourtant, ayant une fille d’une grande beauté, il l’espérait de tout cœur et rêvait pour elle d’une vie bien meilleure que celle qu’il avait menée lui-même. En une splendide journée d’été, un riche seigneur vint lui rendre visite et lui dit : “Maître menuisier, je recevrai bientôt mon frère que je n’ai pas vu depuis des années. Je voudrais l’accueillir avec un présent grandiose, mais puisqu’il vient d’un pays où l’or, l’argent et les pierres précieuses coulent à flots, j’ai décidé de lui offrir un écrin en bois d’une élégance enchanteresse. Si tu parviens à le confectionner avant le dimanche qui suivra la prochaine pleine lune, alors ta fortune sera faite.” Bien évidemment, le menuisier accepta et se mit à l’ouvrage. Il s’agissait d’une tâche particulièrement fastidieuse et difficile, parce que l’artisan voulait réunir plusieurs essences de bois précieux et incruster le coffret de minuscules motifs représentant des créatures mythologiques. Il cessa de s’alimenter, chassa le sommeil, travailla sans relâche nuit et jour. Pendant ce temps, la nouvelle de l’étrange visite du riche seigneur s’était répandue à travers le village. Les habitants appréciaient leur modeste menuisier et celui-ci recevait chaque jour la visite de voisins venus lui donner du cœur à l’ouvrage."

Ce que j'en pense :

Découverte d'un jeune auteur polonais et d'une Varsovie moderne où la crise économique est bien présente et où les tourments de l'histoire récente n'ont pas complètement disparus. Le personnage principal du procureur est attachant. L'intrigue est assez bien menée même s'il y a quelques longueurs.

Les impliqués

Les impliqués

 

 

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