Le phare, voyage immobile
"Le phare, voyage immobile" de Paolo Rumiz - Hoëbeke
traduit de l'italien par Béatrice Vierne
Présentation del'éditeur :
Paolo Rumiz n'en est pas à son premier voyage, lui qui a longé les sept mille kilomètres des frontières de l'Europe, de l'Arctique à la mer Noire, traversé les Balkans, franchi les montagnes à la recherche d'Hannibal, descendu le cours du Pô... Et pourtant il s'apprête en ce printemps 2014 à vivre le plus étonnant d'entre eux. Son premier voyage immobile. Isolé dans un phare perché sur un rocher au milieu de la Méditerranée, avec pour seuls compagnons les gardiens. Et soudain le sentiment d'être Libéré, sans agenda, sans horaires, sans aucune connexion avec le monde, enfin loin de tout mais curieusement peut-être aussi au centre de tout. Un nouvel univers où plus rien ne ressemble à rien, où même les étoiles ne semblent pas être à leur place. Se consacrant à l'exploration de son minuscule environnement, un kilomètre de long sur deux cents mètres de large, il nous raconte la nature, le cri des oiseaux, le silence des poissons, nous décrit le bâtiment où il loge, la lanterne du phare. Il nous parle tempêtes, orages, vents et nous fait partager le quotidien des gardiens, ceux d'aujourd'hui mais aussi ceux de jadis.
C'est avec une indéniable volupté que ceux qui rêvent d'île déserte et de vie d'ermite se laisseront entraîner dans ce voyage immobile tout en délicatesse, empathie et érudition. Un récit prenant, inoubliable et aussi un fabuleux livre de mer.
Première page :
"C'était ce qu'on appelle une nuit pourrie. Je gravissais le sentier à pic au-dessus de la mer, luttant contre les rafales, et dans l'obscurité il fallait poser les pieds avec circonspection. L'orage arrivait de l'ouest, la foudre mitraillait un promontoire éloigne aux faux airs de tortue. J'avais débarqué in extremis: avec ce temps de chien, allez donc savoir quand l'endroit serait de nouveau accessible. J'étais seul, je ne connaîtrais pas la route du phare et l'île était déserte, A des milles à la ronde, le teste de l'archipel était englouti dans le noir et la bruine. Pas une lumière en vue, rien.
Je ne me rappelle pas en quelle langue je criai - «Je suis là, je monte, quelqu'un pourrait-il venir à ma rencontre?» - mais seul le tonnerre des brisants me répondit. Des gardiens du phare, je ne vis pas l'ombre. Il se mit à pleuvoir …"
Ce que j'en pense :
L'auteur sait nous faire partager ce "voyage immobile", cette intimité avec les éléments. C'est une belle méditation sur notre monde moderne. Évidemment, on pense à "Ar men" de Jean Pierre Abraham mais ce "voyage immobile" de Paolo Rumiz a moins de force, sans doute parce que l'auteur n'y a passé que trois semaines. On pense également à Lampedusa qui est très proche de l'ile de Lampione où se situe le phare de ce livre.



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