
"La reine aux pieds nus" de Ildefonso Falcones - Robert Laffond
traduit de l'espagnol par Marie Vila Casas
Présentation de l'éditeur :
Dans l'Espagne absolutiste du XVIIIe siècle, le courage est leur seule arme pour retrouver la liberté. En 1748, Caridad, esclave cubaine noire affranchie, pose ses pieds nus sur la terre sévillane sans un sou en poche. Elle est recueillie par un vieux Gitan au caractère ombrageux, Melchor, qui l'impose à sa famille et à toute sa communauté dans les faubourgs de la ville. Tout en travaillant – elle roule des cigares de contrebande –, Caridad se lie d'amitié avec Milagros, la petite-fille de Melchor, une jeune femme fière, qui revendique son indépendance à travers la danse. Rejetée par la plupart des Gitans, secrètement amoureuse de Melchor mais incapable d'exprimer au grand jour ses désirs, Caridad parviendra-t-elle à se faire accepter pour ce qu'elle est, une femme courageuse et magnifique ? Et Milagros échappera-t-elle à la domination de son mari, un être méprisable qui profite d'elle pour s'enrichir en la prostituant ? De Séville à Madrid, en passant par Cadix, entre amitié, passion et vengeance, l'histoire de deux femmes qui luttent pour leur liberté et celle de leur peuple. Après les succès de La Cathédrale de la mer et des Révoltés de Cordoue, le grand retour d'Ildefonso Falcones.
Première page :
Au moment où elle allait poser le pied sur le quai de Cadix, Caridad hésita. Elle se trouvait juste au bout de la passerelle de la felouque qui les avait débarqués de La Reina : ce galion de l'armada transportait le trésor de la Couronne et avait escorté les six navires marchands autorisés et leur précieuse cargaison rapportée de l'autre côté de l'océan. La femme leva les yeux. Sous un soleil d'hiver clair et lumineux, le port connaissait l'effervescence et l'affairement suscités par le déchargement de l'un des navires marchands ayant fait route avec eux depuis La Havane. Le soleil filtrait dans les interstices de la paille de son chapeau râpé et l'éblouissait. Le tohu-bohu la fit tressaillir et elle se recroquevilla, apeurée, comme si les cris étaient lancés contre elle.
Ne reste pas là, moricaude, avance ! l'invectiva un marin derrière elle en la dépassant sans égards.
Caridad chancela et faillit tomber à l'eau. Un autre homme qui la suivait allait passer devant elle, mais la jeune femme sauta maladroitement sur le quai, s'écarta et s'arrêta de nouveau pendant que la plupart des membres de l'équipage continuaient à débarquer, riant, plaisantant, pariant avec grossièreté sur la femelle qui leur ferait oublier la longue traversée de l'océan.
Profite de ta liberté, négresse ! cria un autre homme en lui administrant au passage une claque sonore sur les fesses.
Certains de ses compagnons éclatèrent de rire. Caridad ne fit pas un geste, le regard fixé sur le catogan long et sale qui dansait sur le dos du marin, effleurant sa chemise dépenaillée au rythme de sa démarche chancelante, et s'éloignait en direction de la porte de la Mer.
Ce que j'en pense :
Certes, on apprend des choses sur l'époque, sur la relation entre l'Espagne catholique et les gitans, il y a de l'aventure, du drame, de la vengeance… mais 700 pages, c'est beaucoup trop long ! Le côté historique prend le pas sur le roman : les personnages sont assez caricaturaux et leur psychologie plutôt sommaire.

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