Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ma mère du Nord

Publié le par GéHa

Ma mère du Nord

"Ma mère du Nord" de Jean Louis Fournier - Stock

Présentation del'éditeur :

« Petit, chaque fois que j’écrivais quelque chose ou faisais un dessin, j’avais besoin de le montrer à ma mère pour savoir si c’était bien.
Qu’est-ce qu’elle penserait aujourd’hui de ce que je suis en train d’écrire sur elle ?
Je suis inquiet. Elle doit en avoir assez qu’on parle de son mari alcoolique. Ne pas avoir envie qu’on parle d’elle, la discrète, la réservée, de ses maladies imaginaires, de sa tristesse.
Va-t-elle savoir lire entre les lignes, comprendre que ce livre est une déclaration d’amour ? Que j’essaie de me rattraper, moi qui ne lui ai jamais dit que je l’aimais, sauf dans les compliments de la fête des Mères dictés par la maîtresse.
Ce livre, je l’ai écrit pour la faire revivre.
Parce qu’elle me manque. »

Première page :

"Dans mes livres, j'ai donné des nouvelles de ma famille. De mon père, il n'a jamais tué personne. De la mère de mes enfants, pour qui le poète est devenu paysan. De mes deux garçons, maintenant ils savent où on va papa. De ma femme, qui m'a laissé veuf inconsolable, et de ma fille, devenue la servante du Seigneur.

Pas de nouvelles de ma mère. Elle est la seule que je n'ai pas encore eue dans mon collimateur.

Pourquoi maintenant ? Parce que je suis vieux. C'est toujours chez leur mère que se réfugient les gangsters après leur dernier coup.

Surtout, je voulais garder le meilleur pour la fin.

Ma mère était réservée et discrète. Elle n'aimait pas parler d'elle ni qu'on parle d'elle. Elle n'a jamais eu un rôle-titre, pourquoi serait-elle devenue le titre d'un livre ?

Dans sa famille, le rôle-titre, c'était sa mère; dans son ménage, c'était mon père; après la mort de mon père, ça a été un peu moi. J'étais l'aîné, pas le cadet de ses soucis, mais peut-être son préféré."

Ce que j'en pense :

Une très belle lettre d'amour à sa mère (aux mères), pleine de retenue, de pudeur et d'humour , dans un style direct, simple… efficace et émouvant. C'est sans doute le meilleur "récit familial" de l'auteur (avec "Où on va papa").

Ma mère du NordMa mère du NordMa mère du Nord

Ma mère du Nord

 

 

__________

Voir les commentaires

La tristesse des anges

Publié le par GéHa

La tristesse des anges

"La tristesse des anges" de Jon Kalman Stefansson - folio

Présentation de l'éditeur :

Lorsque Jens le Postier arrive au village, gelé, il est accueilli par Helga et le gamin qui le détachent de sa monture avec laquelle il ne forme plus qu'un énorme glaçon. Sa prochaine tournée doit le mener vers les dangereux fjords du nord qu'il ne pourra affronter sans l'assistance d un habitué des sorties en mer.
De son côté, le gamin poursuit sa découverte de la poésie et prend peu à peu conscience de son corps, des femmes, et de ses désirs. C'est lui qu'on envoie dans cet enfer blanc, « là où l Islande prend fin pour laisser place à l'éternel hiver », y accompagner Jens dans son périple. Malgré leur différence d âge, leurs caractères opposés, ils n ont d autre choix que de s accrocher l un à l autre, s accrocher à leurs amours éloignées, pour ne pas céder à l impitoyable nature.
Avec une délicatesse poétique singulière, Jón Kalman Stefánsson nous plonge dans un nouveau parcours à travers les tempêtes islandaises. Au milieu de la neige et de la tentation de la mort, il parvient à faire naître une stupéfiante chaleur érotique, marie la douceur et l extrême pour nous projeter, désarmés et éblouis, dans cette intense lumière qui « nous nourrit autant qu'elle nous torture ».

Première page :

"Maintenant, il ferait bon dormir jusqu'à ce que les rêves deviennent un ciel, un ciel calme et sans vent où quelques plumes d'ange virevoltent doucement, où il n'y a rien que la félicité de celui qui vit dans l'ignorance de soi. Mais le sommeil fuit les défunts. Lorsque nous fermons nos yeux fixes, ce sont les souvenirs qui nous sollicitent à sa place. Ils arrivent d'abord isolés, parfois d'une beauté argentée, mais ne tardent pas à se muer en une averse de neige étouffante et sombre : il en va ainsi depuis plus de soixante-dix ans. Le temps passe, les gens meurent, le corps s'enfonce dans l'humus et nous n 'en savons pas plus. D'ailleurs, il n'y a ici que bien peu de ciel, les montagnes nous l'enlèvent, et les tempêtes, amplifiées par ces mêmes sommets, sont aussi noires que la fin de toute chose. Parfois pourtant, quand le ciel s'éclaircit après l'un de ces déchaînements, il nous semble apercevoir une traînée blanche dans le sillage des anges, loin au-dessus des nuages et des cimes, au-dessus des fautes et des baisers des hommes, une traînée blanche, telle la promesse d'un immense bonheur."

Ce que j'en pense :

On pourrait se perdre dans ces hivers islandais s'il n'y avait pas l'écriture envoûtante, lyrique et poétique de Stefansson. Mais j'avoue que ces tempêtes de neige et ce froid glacial présent tout au long des 400 pages m'ont un peu fatigué (ce qui n'était pas le cas pour le premier volume : "entre ciel et terre"). J'attendrai donc pour lire le troisième volume.

La tristesse des angesLa tristesse des anges

 

 

__________

Voir les commentaires

Petit éloge de la lecture

Publié le par GéHa

Petit éloge de la lecture

"Petit éloge de la lecture" de Pef - folio

Présentation de l'éditeur :

Peut-on voyager à dos de baleine? 
Quel est le meilleur remède contre l’insomnie : la lecture parcours ou la lecture par cœur? Est-il possible qu’un rossignol de trois mètres de long offre un peu de lecture à notre oreille? Que retenir de notre passage dans une «biblioville»? Et que vient faire L’Homme au casque d’or de Rembrandt dans ce Petit éloge de la lecture

Première page :

"Je suis assis à mon bureau d'école. L'odeur de craie, celle du petit peuple des écoliers, aromatise mon devoir quotidien. Former un « o » sur papier grossier au bout de ma plume estafilée du sang violet puisé dans le réservoir de porcelaine. Relier la première lettre à une seconde, un «u». Cette union anodine, je la fixe un instant, juste avant que ne fleurisse dans ma tête un bruit d'explosion : « o » et «u» font «ou». Je me redresse. M'extasie. Pour la première fois ce qui m'est donné à lire bruit, fracasse, vacarme et je pousse à haute voix ce «ou» devenu « OUOUOUOUOUH ! », le hurlement du loup. La lecture est un je d'enfant.

Il est là, le plaisir primal de la lecture, donner à voir l'invisible, entendre l'inaudible au-delà du tracé dérisoire de l'écriture. Ce n'est rien et tout à la fois, des bouts d'une ficelle venue faire lasso au cou d'une horde hurlante. Le blanc du papier est un tapis de neige, une neige profonde et mythique. Je n'ai encore jamais vu de ces loups que je retrouverai bien plus tard dans un texte de James Oliver Curwood, taillé à la serpette pour les besoins de la Bibliothèque verte."

Ce que j'en pense :

Il ne faut pas tout lire à la suite mais déguster chacune de ces chroniques. Même si on peut être déçu par certains chapitres il ne faut pas se décourager et laisser le livre sur un coin de table, l'oublier quelque temps, puis le reprendre quand ce sera le moment. Pef est vraiment un amoureux des mots et ses références de lectures sont nombreuses.

Petit éloge de la lecturePetit éloge de la lecturePetit éloge de la lecture

 

 

__________

Voir les commentaires

Une forêt d'arbres creux

Publié le par GéHa

Une forêt d'arbres creux

"Une forêt d'arbres creux" d'Antoine Choplin - La fosse eux ours

Présentation de l'éditeur :

TEREZIN, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE, décembre 1941.
Bedrich arrive dans la ville-ghetto avec femme et enfant. Il intègre le bureau des dessins.
Il faut essayer de trouver chaque matin un peu de satisfaction en attrapant un crayon, jouir de la lumière sur sa table à dessin, pour enfin s'échapper du dortoir étouffant, oublier la faim, la fatigue et l'angoisse.
Chaque jour se succèdent commandes obligatoires, plans, aménagements de bâtiments. Chaque nuit, le groupe se retrouve, crayon en main, mais en cachette cette fois. Il s'agit de représenter la réalité de Terezin sans consigne d'aucune sorte.
Et alors surgissent sur les feuilles visages hallucinés, caricatures. Tout est capté et mémorisé la nuit puis dissimulé précieusement derrière cette latte de bois du bureau des dessins.

Première page :

"Les deux ormes

Quand il regarde les deux arbres de la place, il pense à tous les arbres du monde.

Il songe à leur constance, qu'ils soient d'ici ou de là-bas, du dehors ou du dedans. Il se dit: vois comme ils traversent les jours sombres avec cette élégance inaltérée, ce semblable ressort vital. Ceux bordant la route qui relie la gare au ghetto, et qui s'inclinent à peine dans la nudité ventée des espaces. Ceux des forêts au loin, chacun comme une obole au paysage, et dont la cohorte se perd au flanc des montagnes de Bohême. Ceux aussi des jardins de l'enfance et que colorent les chants d'oiseaux. Ceux des collines froides, des bords de mer, ceux qui font de l'ombre aux promeneurs de l'été."

Ce que j'en pense :

On retrouve "la patte" de Choplin : pas de scène choc, de la sobriété pour décrire avec distance de petites scènes du quotidien. Mais contrairement à d'autres livres de l'auteur, comme "Léger fracas du monde", "Radeau" ou "La nuit tombée", ici l'émotion a du mal à passer dans les silences et les suspensions de l'écriture.

Une forêt d'arbres creuxUne forêt d'arbres creux

 

 

__________

Voir les commentaires

Sans état d'âme

Publié le par GéHa

Sans état d'âme

"Sans état d'âme" de Yves Ravey - éditions de minuit

Présentation de l'éditeur :

John Lloyd disparaît une nuit sans laisser de trace. Stéphanie, son amie, va charger Gustave Leroy de mener l’enquête. C’est sans compter sur son dépit amoureux. Ni sur l’arrivée de Mike Lloyd qui entend bien retrouver son frère.

Première page :

"Au moment de dormir, enfant, si le vent était à l’ouest, et quand les locomotives s’engouffraient dans le tunnel, au loin, me parvenait, chaque soir, le ferraillement saccadé des wagons de marchandises, qui reliaient les usines de construction automobile à la frontière. C’était des convois sans fin. Je me souviens qu’après l’école, descendant du car de ramassage scolaire, je m’asseyais, avec Stéphanie et Betty, sur le parapet du pont, au-dessus du ruisseau. Et tous les trois, nous assistions au passage des trains aperçus à l’horizon, derrière la ligne des peupliers. Notre jeu préféré, c’était compter les wagons, yeux fermés, mains sur le visage, dans un temps imparti, en nous repérant au rythme des roues sur les rails. Le plus souvent, j’ouvrais à peine les paupières, écartais les doigts, sans que mes camarades ne s’en aperçoivent."

Ce que j'en pense :

Polar très original, où l'on connaît la victime et l'assassin dès le début de l'histoire. C'est précis, limpide, très bien construit, avec une écriture sans détours inutiles. Ravey est un écrivain rare qui sait nous entraîner, en peu de mots, dans une atmosphère réaliste et impitoyable (un peu à la façon de Simenon).

Sans état d'âmeSans état d'âmeSans état d'âmeSans état d'âme

 

 

__________ 

Voir les commentaires

Les dits de Nantes

Publié le par GéHa

Les dits de Nantes

"Les dits de Nantes" de Françoise Moreau - L'oeil ébloui

Présentation de l'éditeur :

Les Dits de Nantes, ce sont cinq nouvelles : Le pont Maudit, La Madeleine de l’Hôtel-Dieu, Le car Drouin, La traversée de Nantes, Le serment du quai de la Fosse,  précédées d’une longue dédicace au proviseur adjoint du lycée Jacques Demy.

Cent cinquante ans d’histoire parcourus et tout un pan de la mythologie de Nantes ainsi raconté par Françoise Moreau.

Extrait :

"Bientôt, la chose n’est plus contestable, Marie-Reine a disparu. On voit tellement de choses dans les journaux, soupire la marchande de journaux sans préciser lesquelles, on n’a qu’à acheter les journaux. Ça ne serait pas la première, a ajouté quelqu’un. Toute une série de disparitions mystérieuses, paraît il, dont on parle avec des airs circonstanciés et à demi-mot, mais quand même. La traite des blanches, dans les villes… Vous savez ? Quand vous allez chez Decré ou aux Dames de France, méfiez-vous des cabines d’essayage ! Des femmes y sont entrées qu’on n’a jamais vues ressortir. C’est dans les journaux. Des trappes dans le plancher, à ce qu’il paraît, et hop, direct dans les caves et là… Les hommes haussent les épaules."

Ce que j'en pense :

Les histoires se passent au pays nantais mais point n'est besoin de connaître Nantes pour apprécier ces nouvelles. C'est très juste, finement écrit, légèrement ironique… un livre à déguster.

Les dits de NantesLes dits de NantesLes dits de NantesLes dits de Nantes

 

 

__________

Voir les commentaires

L'arpenteur

Publié le par GéHa

L'arpenteur

"L'arpenteur" de Marie Rouanet - Albin Michel

Présentation de l'éditeur :

Émile, revenu habiter le moulin familial à Bourg-en-Rouergue, voit apparaître un soir d'hiver celui qu'il nommera l'Arpenteur et qui va changer sa vie. C'est le nouveau notaire, un homme laid, orgueilleux, infatigable fouilleur de ruines, de mémoires et d'Histoire sur qui courent les rumeurs les plus folles. Qui mieux qu'un notaire pour connaître les secrets de famille, par le cadastre les terres inexploitées, les successions et les testaments ?

Marie Rouanet s'inscrit dans une lignée d'écrivains visionnaires pour qui la langue permet de célébrer la vie, ses trésors minuscules, de restituer les traces d'un monde disparu. Son mystérieux Arpenteur, devenu maître d'un pays qu'il a voulu faire sien, est tout à la fois géographe, archéologue et chroniqueur d'un temps qui sans cesse détruit et rebâtit.

 

Première page :

"La bise noire

Celui auquel je donnais déjà le nom d'arpenteur pour l'avoir vu passer au loin est entré dans ma vie un soir de bise noire.

À cette époque, la maison où j'habite encore, le Moulin, à Bourg-en-Rouergue, n'était desservie que par un chemin de terre impraticable en voiture. Entendre frapper à ma porte à l'heure où la nuit commençait à envahir les vallées était pour le moins insolite.

L'homme qui entra était accompagné d'un enfant blême de froid. Il venait me demander de prêter à son fils quelque vêtement chaud. Il leur restait plusieurs kilomètres à parcourir avant de rentrer chez eux.

Ils pénétrèrent dans la cuisine. L'enfant s'approcha le plus près possible de la cheminée et commença à se frictionner les cuisses car il portait des pantalons courts.

Je proposai une boisson chaude. L'homme refusa mais le garçon accepta après un bref coup d'œil vers son père."

Ce que j'en pense :

Le début du roman est intéressant mais perd vite de son intérêt car cela devient confus. On voit bien que l'auteure connaît parfaitement son pays, qu'elle est ethnologue (entre autres), mais on le voit trop.

L'arpenteur

 

 

__________

Voir les commentaires

Ils savent tout de nous

Publié le par GéHa

Ils savent tout de nous

"Ils savent tout de nous" de Iain Levinson - Liana Levi

Présentation de l'éditeur :

Avez-vous déjà rêvé de lire dans les pensées des gens ? Savoir ce que se dit la serveuse en vous apportant votre café du matin. Ce que vos amis pensent vraiment de vous. Ou même ce que votre chat a dans la tête ? Eh bien, c'est exactement ce qui arrive un jour à Snowe, un flic du Michigan. Au début, il se croit fou. Puis ça l'aide à arrêter pas mal de faux innocents... A des kilomètres de là, un autre homme est victime du même syndrome. Mais lui est en prison, et ce don de télépathie semble fortement intéresser le FBI... Iain Levison nous entraîne dans un suspense d'une brûlante actualité, où la surveillance des citoyens prend des allures de chasse à l'homme. Mais sait-on vraiment tout de nous ?

Première page :

Si on lui avait demandé quand exacte ment tout avait commencé, Snowe aurait dit que c’était au moment où il avait frappé le toxico devant la pharmacie DaVinci. Depuis environ une semaine il se sentait… réceptif. Comme s’il pouvait ressentir les émotions des autres. Le mercredi, après son service, il avait su que la femme qui trottait sur le tapis de course à côté de lui dans la salle de sport était contrariée, et il avait vaguement compris que c’était à cause de son compagnon. Sur le moment, ça lui avait paru être une simple idée en l’air. Le lendemain matin au café, en allant travailler, il avait senti que la fi lle derrière le comptoir était épuisée, déprimée, et qu’elle avait la gueule de bois. Il imagina qu’elle pensait « mon Dieu, vivement la fi n du service ». Mais n’importe qui aurait pu en faire autant. Même dans ses meilleurs jours ce n’était pas la plus gaie des serveuses, et toute personne ayant un brin d’empathie aurait remarqué chez elle des signes de souffrance. Plus tard, il avait senti que le type à la station-service était tendu parce que son fournisseur d’herbe était en retard, mais n’importe qui aurait pu deviner d’un simple regard la raison de son anxiété évidente. En revanche, lorsqu’il frappa le junkie, il comprit qu’il se passait quelque chose. Il ressentait sa peur et sa douleur, et quand le gamin essaya de lui échapper, il sut qu’il avait souvent été battu, par son père, et qu’il revivait un de ces moments-là, sans penser au présent. Snowe fut tellement secoué par cette révélation qu’il lâcha le gamin.

Ce que j'en pense :

Belle analyse de cette surveillance généralisée (qui est tout à fait d'actualité). C'est un livre intelligent, très bien construit, avec juste ce qu'il faut d'humour, de réalisme et d'humanité pour que nous nous interrogions sur un monde qui risque de devenir invivable.

Ils savent tout de nous

Ils savent tout de nousIls savent tout de nous

 

 

__________

Voir les commentaires

Théâtre

Publié le par GéHa

"Théâtre" de Yasmina Reza - Le livre de poche

Présentation de l'éditeur :

Voici pour la première fois réunie en un seul volume l'oeuvre de dramaturge de Yasmina Reza. Conversations après un enterrement, La Traversée de l'hiver, « Art », L'Homme du hasard ont en quelques années imposé sur la scène française un auteur singulièrement actuel, dont les huis clos train, hôtel ou living sont autant de comédies subtiles et décapantes, d'un ton profondément moderne. Les œuvres de Yasmina Reza sont à présent jouées et applaudies dans de nombreux pays.

Extrait (Art) :

MARC. Cher ?
SERGE. Deux cent mille.
MARC. Deux cent mille ?...
SERGE. Handtington me le reprend à vingt-deux.
MARC. Qui est-ce ?
SERGE. Handtington ? !
MARC. Connais pas.
SERGE. Handtington ! La galerie Handtington !
MARC. La galerie Handtington te le reprend à vingt-deux ?...
SERGE. Non, pas la galerie. Lui. Handtington lui-même. Pour lui
MARC. Et pourquoi ce n'est pas Handtington qui l'a acheté ?
SERGE. Parce que tous ces gens ont intérêt à vendre à des particuliers. Il faut que le marché circule.
MARC. Ouais...
SERGE. Alors ?
MARC. ...
SERGE. Tu n'es pas bien là. Regarde-le d'ici. Tu aperçois les lignes ?
MARC. Comment s'appelle le...
SERGE. Peintre. Antrios.
MARC. Connu ?
SERGE. Très. Très !
Un temps.
MARC. Serge, tu n'as pas acheté ce tableau deux cent mille francs ?
SERGE. Mais mon vieux, c'est le prix. C'est un ANTRIOS !
MARC. Tu n'a pas acheté ce tableau deux cent mille francs !
SERGE. J'étais sûr que tu passerais à côté.
MARC. Tu as acheté cette merde deux cent mille francs ? !

Ce que j'en pense :

Beaucoup d'émotion, d'humour et de simplicité dans ces quatre pièces. L'auteur aime chatouiller là où ça peut faire mal, mais avec beaucoup de délicatesse et de légèreté. Coup de cœur à "Conversations après un enterrement"

Théâtre

ThéâtreThéâtreThéâtre

 

 

__________

Voir les commentaires

Quelle mouche nous pique ?

Publié le par GéHa

Quelle mouche nous pique ?

"Quelle mouche nous pique?" de Hervé Giraud - éditions Thierry Magnier

Présentation de l'éditeur :

Le lycée, les copains, la famille, les filles, le désir qui tourmente, la débrouille pour se faire de l'argent de poche... C'est entre le regret de la grâce de l'enfance et l'impatience d'être enfin adulte que se situent les douze histoires qui composent cet ouvrage. D'une écriture vive et drôle, émouvante et impertinente, l'auteur, à qui l'on doit déjà le très remarqué "Pas folle la guêpe", nous brosse dans cet ouvrage un portrait tout en nuances et en vérité de l'adolescence.

Première page :

"Les boums c'est vraiment un truc de naze, surtout pour ceux qui ne sont pas invités. Laurie Duvernois organise l'événement festif de l'année chez elle la semaine prochaine, elle invite plein de gens, tout le monde en parle mais elle n'a invité ni Joseph ni Eyup, ni moi. On n'a même pas le plaisir de faire les fines bouches, de frimer en jouant les stars, dire que «peut-être on ira», «peut-être pas, ça dépend, on est déjà vachement invités partout».
On a carrément les boules. On ne dit rien mais chacun se demande pour quelle raison il est mis sur la touche. On joue au golf avec les béquilles d'Eyup, on propulse des cailloux depuis la berge sur les avirons qui passent dans la Marne. Je regarde Eyup et Joseph faire semblant de s'amuser et rire bêtement, ça se voit qu'ils sont contrariés."
 

Ce que j'en pense :

Chroniques du quotidien adolescent contemporain où peuvent se retrouver aussi quelques souvenirs de l'auteur. C'est à lire par tous les ados entre 13 et 97 ans mais c'est un peu moins bon que "ça me file le bourdon"

Quelle mouche nous pique ?

Quelle mouche nous pique ?

 

 

__________

Voir les commentaires