L'ombre de nos nuits
"L'ombre de nos nuits" de Gaëlle Josse - Notabilia
Présentation de l'éditeur :
De passage dans une ville sans nom, une femme, dont nous ne connaîtrons pas l'identité, entre au musée. Au cours d'une déambulation distraite, elle est saisie par le Saint Sébastien soigné par Irène, de Georges de la Tour. Devant l'attitude d'Irène, tout en tendresse et en compassion, la femme va revivre les errements d'une histoire d'amour passée.
En parallèle, nous suivons Georges de la Tour à Paris, pendant la création du Saint Sébastien, alors qu'il a pour projet de présenter le tableau au roi de France. Deux voix se font écho, celle du peintre et celle de Laurent, son apprenti, chargé de copier le tableau.
Au fil des deux histoires qui se chevauchent, avec la toile pour fil conducteur, les deux époques s'entrelacent, se complètent, jusqu'à donner chair au récit.
Première page :
"À Lunéville, en Lorraine, en ces premiers jours de l’année 1639.
Tout est prêt. Les grandes lignes, les principaux volumes sont posés. J’en ai la main engourdie et le feu est presque éteint dans l’atelier, seules quelques braises persistent à diffuser leurs lueurs rouges sous la cendre. Combien de temps ai-je passé là ? Je ne sais pas. Ce n’est plus la peine d’ajouter une bûche maintenant, ce serait une dépense inutile. Le soir tombe, il fait trop sombre pour continuer. Ce vertige, à chaque fois, devant cette surface vierge. Tout y est possible. Elle attend le geste, la main accordée au souffle, comme une fécondation. Et cette question, la même depuis si longtemps. Saurai-je donner vie aux scènes qui m’apparaissent en songe ? Je regarde les bâtons de fusain posés à côté de moi, alignés, pour l’esquisse de la scène. À chaque fois, cette hésitation. La trace de la main, le contact avec la toile."
Ce que j'en pense :
On retrouve avec plaisir l'écriture de Gaëlle Josse : précision, poésie... une écriture qui ressemble au tableau de Georges de la Tour. On a l'habitude de trouver dans les romans de l'auteure deux histoires qui se chevauchent et s'emboitent parfaitement. Mais cette fois-ci cela fonctionne moins bien. C'est la partie "Georges de la Tour", avec la voix du peintre et de son apprenti, qui est largement la plus forte.



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