Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publié depuis Eklablog

Publié le par GéHa

"Noireclaire" de Christian Bobin - Gallimard

Présentation de l'éditeur :

«C’est si beau ta façon de revenir du passé, d’enlever une brique au mur du temps et de montrer par l’ouverture un sourire léger. 

Le sourire est la seule preuve de notre passage sur terre.»

Première page :

"Il y a entre toi et moi une adorable barrière. C'est ta mort qui l'a construite. Son bois est du silence. Il n'est pas épais. Un rouge-gorge s'y pose. 

Quand tu étais de ce monde j'adorais traverser avec toi la campagne au vert surnaturel, ses chorales de sous-bois et ses poèmes de barrières. 

La barrière qui me sépare de toi est pauvre. Ses piquets suivent les mouvements de ma pensée, ils ondulent. Tu es de l'autre côté de la vie, pas si loin somme toute, bien moins loin de moi que ce médecin que j'ai vu feuilleter des visages toute la journée sans en regarder un seul. Les yeux vides ont envahi tous les métiers."

Ce que j'en pense :

Trace de vie, part manquante, parole blanche et silencieuse … et le sourire. Bobin, une fois de plus nous entraîne dans son univers en nous laissant beaucoup de blanc sur la page pour que nous puissions aller plus loin sur nos chemins.

 

 

__________

Voir les commentaires

Vivement l'avenir

Publié le par GéHa

Vivement l'avenir

"Vivement l'avenir" de Marie-Sabine Roger - Rouergue (La brune)

Présentation de l'éditeur :

«Dans les maternités, d'après moi, il n'y a que des princesses et des princes charmants, dans les petits berceaux en plastique. Pas un seul nouveau-né qui soit découragé, déçu, triste ou blasé. Pas un seul qui arrive en se disant :
Plus tard, je bosserai en usine pour un salaire de misère. J'aurai une vie de chiotte et ce sera super. Tra-la-lère.»

Après le succès de La tête en friche, adapté au cinéma par Jean Becker, Marie-Sabine Roger nous raconte, avec chaleur et drôlerie, une histoire d'une justesse rare sur notre époque.

Première page :

"Comment c'était venu dans la conversation, je ne sais plus très bien.
C'était venu. C'est tout.
L'origine, elle était peut-être à chercher du côté des clébards, quand la télé avait parlé de ceux qu'on abandonne à la SPA, au début des vacances. Tous ces braves chiens-chiens avec la truffe humide et dans leurs yeux marron de l'amour sans reproche.
- Abandonner son chien ! Si c'est pas malheureux ! a dit Marlène, à un moment, en caressant Tobby. La peine de mort, il leur faudrait, à tous ces salopards !
- Bah ! La peine de mort, faut pas pousser, non plus... Mais de la tôle, oui. Là, je dirais pas non ! a répondu Bertrand, de sa voix toujours calme.
Jamais je ne l'ai vu énervé, celui-là.
Marlène a secoué la tête. Quand elle a une idée, elle s'y tient."

Ce que j'en pense :

Beau moment de lecture, c'est plein d'optimisme, sans mièvrerie, alors que l'histoire se passe dans un quotidien plutôt gris, avec des personnages assez désabusés. L'écriture est toujours juste, pleine de trouvailles que l'on a envie de noter.

Vivement l'avenir

Vivement l'avenirVivement l'avenirVivement l'avenir

 

 

__________

Voir les commentaires

Face à la nuit

Publié le par GéHa

Face à la nuit

"face à la nuit" de Peter Robinson - Le livre de poche

Présentation de l'éditeur :

Bill Quinn, officier de police médaillé, est assassiné par un tireur à l’arbalète dans un paisible centre de rééducation. Près de la scène du crime, on découvre des photos compromettantes montrant Quinn avec une superbe jeune fille, vraisemblablement mineure. Était-il victime d'un chantage ? À l’inverse de Joanna Passero de l'Inspection générale de la police, l’inspecteur Alan Banks ne croit pas à une affaire de corruption interne. Et si la mort de Quinn était liée à une enquête menée six ans plus tôt après la disparition d'une jeune Anglaise en Estonie ? La piste va conduire Banks et son équipière jusque dans les sombres dédales du vieux Tallin, où certains n'ont manifestement aucune envie que l'on remue le passé...

Première page :

"Les nuits où la douleur la tenait éveillée. Lorraine Jenson se levait au point du jour, quand tout donnait encore à l'intérieur du centre, et allait s'installer dehors dans un fauteuil en osier. Les épaules drapées d'un plaid en tartan qui la protégeait de la fraîcheur matinale, elle écoutait le gazouillis des oiseaux en savourant une lasse d'earl grey brûlant, dont l'arôme, subtil et exquis, s'élevait en volutes odorantes. Là, elle allumait sa première cigarette de la journée - la meilleure de toutes.

Certains matins, le petit lac artificiel, en contrebas de la pelouse en pente, était couvert d'une brume dont le voile estompait les contours des arbres sur la rive la plus éloignée. D'autres fois, la surface ressemblait à un miroir sombre et lisse qui reproduisait fidèlement chaque détail des branches et des feuillages. En ce beau matin du mois d'avril, les eaux étaient claires, à peine troublées par un vent léger qui faisait trembloter les reflets.

Sous l'effet des analgésiques. Lorraine sentit la douleur se détacher d'elle comme une peau morte, tandis que le thé et le tabac apaisaient ses nerfs à vif."

Ce que j'en pense :

C'est un bon roman policier, assez classique, à l'écriture fluide. Lorsqu'on a lu plusieurs enquêtes de Banks on retrouve avec plaisir certains personnages ainsi que l'univers musical de l'inspecteur. On aurait aimé quand même qu'il y ait un peu plus de rythme.

Face à la nuit

Face à la nuit

 

 

__________

Voir les commentaires

Les dames du chemin

Publié le par GéHa

Les dames du chemin

"Les dames du chemin" de Maryline Martin - éditions Glyphe

Présentation de l'éditeur :

Ce 16 avril 1917, nous voici à nouveau dans les entrailles de l enfer. Nous attendons le coup de sifflet pour monter à l assaut. J ai conjugué le verbe attendre à tous les temps. J ai attendu sans angoisse la lettre de mobilisation. J attendais avec impatience les lettres et les colis, ces traits d union avec l arrière. Aujourd'hui, j attends la mort, cette faux qui m a seulement effleuré durant deux ans. Camarde, camarade... Des recherches sur son grand-oncle tué au Chemin des Dames ont amené Maryline Martin à écrire ce recueil de nouvelles sur la Grande Guerre.

Première page :

" Un épais brouillard entoure le boyau 14. L'air est chargé d'humidité. La pluie, la neige sont notre quotidien. Avant la guerre, je l'aimais bien la neige. Je me souviens des batailles de boules glacées avec mes frères et de nos courses enfantines dans la campagne. Nos cris semblaient retenus prisonniers dans ce paysage cotonneux. Mon enfance s'est enfuie avec mes années d'insouciance. Depuis trois ans, le monde est à feu et à sang : c'est la guerre. J'ai laissé un bon nombre de frères d'armes derrière moi, enterrés dans des trous d'obus, quelques fois sous des croix de bois. Des spectres tapis dans ma mémoire. Nous sommes des rescapés des flammes de l'enfer, des morts-vivants. On ne peut que « survivre » après un tel carnage ! C'est une course contre le temps, celui qui nous est compté. Une course contre la montre, contre notre propre mort aussi."

Ce que j'en pense :

C'est assez bien écrit. On y trouve même parfois une belle force, surtout lorsqu'elle parle des femmes. Mais l'ensemble n'arrive pas à la hauteur de la lecture des "vrais" lettres de poilus.

Les dames du chemin

 

 

__________

Voir les commentaires

Le testament de Vénus

Publié le par GéHa

Le testament de Vénus

"Le testament de Vénus" de Enzo Cormann - Gallimard

Présentation de l'éditeur :

«Je, soussigné Vénus, cinquante-cinq ans, né le 25 avril 1947...» Félix Fayard, dit Vénus, retrace le récit de sa vie sur trois cahiers sauvés de la poubelle. Dans cet almanach buissonnier se croisent et se bousculent les figures de sa mère Lucie, fille de meunier, et de Driss Ben Shaab, ce Père Non Connu. L'image de la jarre enfouie où il se réfugiait enfant, et le souvenir d'un chien tueur. Ses Leçons de Voyouterie à Paris puis en Afrique, et les années de prison qui en découlent. Ses Gamberges sur l'Être initiées à l'hôpital psychiatrique où sa mère l'a fait interner, et ses conversations avec le Mouvementeur, ce peintre qui l'enjoint de suivre ses impulsions de gribouilleur... 
Devenu Artiste Général, le soussigné a conçu près de cinq mille pièces, qu'il expose dans sa galerie L'Amusée, avant que le progrès et ses hydrorapaces ne le chassent pour toujours du moulin de son enfance. Squattant dès lors une tannerie désaffectée sur les berges de l'Ire, il organise sa survie en marge d'un monde qui semble vouloir sa disparition. Rares sont ceux à visiter cet ermite tenu pour fou, voire dangereux, qui, revenu des fureurs du baroud, de la tentation de la folie et des affres de l'amour, n'aspire qu'à «rentrer à la maison»... 
Cette geste drolatique d'un «œuvrier», nourrie des affinités d'Enzo Cormann avec l'art brut, restitue à un «homme de peu» sa grandeur déniée et lui donne acte de son échappée belle.

Première page :

"Je, soussigné Vénus, cinquante-cinq ans, né le 25 avril 1947 à Presques, enregistré à l'état civil sous le nom de ma mère, Fayard, et prénoms Paul André Félix, rebaptisé par amusement public ou méchanceté soiffarde, Bâtard, 'Tit Gris, Microuille, Grésil, j'en passe, et par folie, Vénus — Artiste Général —, certifie ce qui suit véritable, écrit en toute connaissance, pour faire valoir ce que de droit, quoique non fait chez le notaire, lequel maître Coin, maire de Nuit-sur-l'Ire, devenu Nuit-le-Lac, commune résidentielle du soussigné, refuse de l'inscrire sur les registres électoraux, par vexation administrative pour non-paie­ment d'impôt sur ladite commune. Le présent testament sera donc rédigé de la main même du soussigné, au stylo bic ordinaire, sur trois cahiers sauvés de la poubelle, lesquels seront cousus ensemble et postés le 13 septembre 2002 (aujourd'hui le 12 juillet). Chaque cahier comptant cent pages et restant au soussigné soixante-trois jours d'ici le 13 septembre, c'est au rythme de cinq pages quotidiennes qu'il lui faudra tester.

Squattant depuis quinze ans une ancienne tannerie, mais ne manquant de rien pour qui sait se passer d'à peu près tout, le soussigné s'est toujours maintenu propre …"

Ce que j'en pense :

Long monologue (sans doute un peu trop long) à la gloire de l'art brut, à la lisière de la folie qui pourrait nous faire penser à un "croisement" entre Antonin Artaud et Gaston Chaissac. C'est souvent drôle, avec beaucoup d'auto dérision. Le style est percutant, direct et donne envie de lire à haute voix beaucoup de passages.

Le testament de Vénus

Le testament de VénusLe testament de Vénus

 

 

__________

Voir les commentaires

Chaos de famille

Publié le par GéHa

Chaos de famille

"Chaos de famille" de Franz Bartelt - folio policier

Présentation de l'éditeur :

Plonque a vraiment tiré le gros lot : sa femme Camina, en plus de refuser de coucher avec lui, a un caractère épouvantable et une famille qui donnerait envie à n’importe qui d’être orphelin ! Mère, frères et sœurs, tous sont dépressifs, bourrés de cachets et sujets aux accidents. Heureusement qu’il y a la voisine, Mme Quillard, qu’il surnomme «Lamoule». Pendant les enterrements, ça occupe les fantasmes…

Première page :

"Je grossis. Aujourd'hui, j'ai failli me sentir le courage de tuer Camina. Par surprise. Oh, la bonne ! J'en rêve depuis dix-huit ans. Je l'aurais assommée à coups de chaise, je l'aurais poussée par la fenêtre du premier étage, je lui aurais roulé dessus avec la voiture. Mais je n'ai pas une nature furieuse. Je manque même de cette forme de prétention qui me permettrait d'en vouloir vraiment aux gens que je n'aime pas.

Je suis un faible. Peut-être un lâche, aussi.

Un jour, j'ai presque eu envie de me suicider. Le contact de la corde contre mon cou m'a paru désagréable. J'ai renoncé. Je ne suis pas non plus d'un genre à me balancer d'un pont ou d'un quai de gare. Je m'en voudrais, post mortem, de déranger du monde, des gens, de retarder des trains, d'abîmer les aiguilles d'un barrage. Je ne veux pas être à l'origine d'un souci.

Elle s'appelle donc Camina. Nom déjeune fille : Rachot. Nom de femme : Plonque. Mme Camina Plonque. Ma femme. Je devrais dire « épouse »."

Ce que j'en pense :

On retrouve la plume acide de Bartelt, son humour très noir. Il faut accepter ce côté à la fois glauque et hilarant pour pouvoir jouir de ce livre aux personnages grotesques, excessifs et pas sympathiques.

Chaos de famille

Chaos de famille

 

 

__________

Voir les commentaires

Dans la maison de l'autre

Publié le par GéHa

Dans la maison de l'autre

"Dans la maison de l'autre" de Rhidian Brook - Fleuve noir

Présentation de l'éditeur :

Hambourg, 1946

La ville est en ruines et la nation brisée. Si la guerre est terminée, la vie, elle peine à reprendre ses droits. Des ombres fantomatiques errent parmi les décombres à la recherche de nourriture, d'un proche, d'un espoir.
Lewis Morgan, colonel de l'armée britannique, est chargé de superviser les opérations de reconstruction du territoire et de dénazification de la population. Il s'installe dans une somptueuse villa réquisitionnée à son intention avec son épouse et leur dernier fils encore en vie.
Touché par leur situation, le colonel propose aux propriétaires des lieux, un architecte allemand éploré par la mort de sa femme et sa fille adolescente, de rester. Les deux familles partagent alors le même toit, se croisent, se frôlent, mais comment supporter pareille situation quand une haine viscérale continue d'opposer les deux peuples ? Dans cette ambiance oppressante, inimitiés et hostilités vont laisser place à des sentiments plus dangereux encore...

Première page :

"— La Bête est là. Je l'ai vue. Berti l'a vue. Dietmar l'a vue. Avec sa fourrure noire comme le manteau d'une dame chic. Et des dents comme des touches de piano. On doit la tuer. Si on ne le fait pas, qui le fera? Les Tommies? Les Yankees? Les Popov? Les Français? C'est pas eux qui le feront, ils sont trop occupés à chercher autre chose. Ils veulent un coup ci, un coup ça. Ils sont comme des chiens qui se disputent un os sans viande autour. C'est à nous de le faire. Attrapons la Bête avant qu'elle nous attrape. Après tout ira mieux.

Le jeune Ossi rajusta son couvre-chef tout en guidant les autres à travers les décombres de la ville pulvérisée par les bombes des Tommies. Il portait le casque anglais qu'il avait volé à l'arrière d'un camion non loin de l'Alster. Même s'il avait moins de classe que les casques américains, voire russes, de sa collection, c'était celui qui lui allait le mieux. En plus, il l'aidait à jurer en anglais aussi bien que le sergent tommy qu'il avait vu hurler sur les prisonniers à Dammtor, la gare de Hambourg : « Eh! Mains en l'air, nom de Dieu! En l'air, j'ai dit ! Je veux les voir! Foutus crétins de Boches. » Ces hommes avaient tardé à lever les mains, non parce qu'ils n'avaient pas compris, mais parce qu'ils étaient trop affaiblis par le manque de nourriture. Foutus crétins de Boches ! Le reste de la tenue d'Ossi consistait en un mélange inventif de loques et de vêtements de luxe : robe de chambre de dandy, cardigan de vieille fille, chemise sans col de grand-père …"

Ce que j'en pense :

L'arrière plan historique est intéressant dans ce roman mais l'histoire en elle-même est assez convenue. Les personnages paraissent un peu "taillés à la serpe" et n'accrochent pas vraiment.

Dans la maison de l'autre

 

 

__________

Voir les commentaires

La brigade du rire

Publié le par GéHa

La brigade du rire

"La brigade du rire" de Gérard Mordillat - Albin Michel

Présentation de l'éditeur :

Il y a Kowalski, dit Kol, Betty, licenciée de l imprimerie où elle travaillait. Dylan, prof d anglais et poète. Les jumelles Dorith et Muriel, pour qui la vie est une fête permanente. L Enfant-Loup, coureur et bagarreur. Suzana, infirmière en psychiatrie. Rousseau, beau gosse et prof d économie. Hurel, industriel, lecteur de Marx et de Kropotkine. Ils sont chômeurs, syndiqués, certains exilés, tous ont été des travailleurs. Pas des « cocos », ni des militants. Des hommes et des femmes en colère, qui décident de régler leur compte à cette société où l autorité du succès prime sur celle du talent. Des samouraïs, des mercenaires, une redoutable fraternité constituée en Brigade du rire. Leur projet ubuesque et génial tient à la fois de la supercherie que de la farce grotesque : kidnapper et faire travailler Pierre Ramut, l éditorialiste vedette de Valeurs françaises, et, dans un bunker transformé en atelier, l installer devant une perceuse à colonne pour faire des trous dans du dularium. Forcé de travailler selon ce qu il prescrit dans ses papiers hebdomadaires semaine de 48h, salaire de 20% inférieur au SMIC, productivité maximum, travail le dimanche , Ramut saura désormais de quoi il parle... 
Le héros de ce roman c est l amitié qui unit cette ancienne équipe de hand-ball ; L héroïne, cette comédie loufoque, ce pied de nez à un système pétri de contradictions et enfermé dans ses convictions. Dans une grande fresque tragi-comique, fidèle à son univers Vive la sociale, Les Vivants et les Morts Gérard Mordillat parle du monde d'aujourd hui, de ses injustices, de ses luttes, de ceux qui refusent de se soumettre et se vengent d'un grand éclat de rire.

Première page :

"Il ne faisait pas encore tout à fait nuit quand Pierre Ramut sortit de l'hôtel Westminster au Touquet. Il prit une grande inspiration et soupira :

Mais, c'est que les jours rallongent !

Il rajusta son nœud papillon et ferma les yeux pour jouir de cet instant de paix et de silence. L'air était doux, à peine rafraîchi par un petit vent venu de la mer.

Monsieur Ramut ! Monsieur Ramut s'il vous plaît !

Une jeune fille blonde, lunettes en plastique rouge, décolleté avantageux, arrivait à sa rencontre, claquant des talons. Elle tenait à la main La France debout, le dernier essai du journaliste.

Anne-Sophie Janvier, je fais un master d'économie, dit-elle en reprenant son souffle. Vous voulez bien me le dédicacer...

Ramut ne se fit pas prier :

-  Bien sûr, avec plaisir. Elle lui tendit un feutre noir.

S'il vous plaît...

Anne-Sophie ? Je ne me trompe pas ?"

Ce que j'en pense :

Bien sûr on rit, on se révolte, on partage les discours sur le monde d'aujourd'hui, ses injustices. Les personnages sont intéressants et quelques uns sont très originaux. Mais tout cela est un peu trop démonstratif, longuet et parfois assez "poussif".

La brigade du rire

 

 

__________

Voir les commentaires

La dictature des ronces

Publié le par GéHa

La dictature des ronces

"La dictature des ronces" de Guillaume Siaudeau - Alma éditeur

Présentation de l'éditeur

Un petit bout de terre perdu au milieu de la mer, un bouchon dans l'eau qui attend que ça morde. C'est là, sur l'île de Sainte-Pélagie, que s'installe un été le narrateur. Son ami Henri parti en voyage lui a confié la garde de la maison, du chien et du jardin. Une aubaine pour le narrateur qui s'ennuyait ferme. Bien décidé à sauver le potager des ronces et sa vie de l'atonie douce, il prend ses marques, observe le paysage, arpente ce nouveau territoire. Et fait d'étranges rencontres : un enfant inconsolable, un maire iconoclaste, un voisin au lourd secret, deux chasseurs d'étoiles... Petit à petit il se prend d'affection pour cet endroit unique et surprenant. L'île pourrait tout aussi bien être une planète perdue dans l'espace.

Première page :

"Cet été-là, le canapé avait conclu un marché avec mon postérieur, si bien qu'ils avaient fini par devenir les meilleurs amis du monde et qu'il fallait désormais faire des pieds et des mains pour les séparer. Les oiseaux s'étaient tous barrés quelque part à la campagne et il ne fallait plus compter que sur les croassements insupportables qu'une poignée d'irréductibles corbeaux baladait de long en large tout autour de l'immeuble.

Puis un matin le téléphone a retenti comme une sirène annonçant un bombardement doux et inoffensif.

J'avais rencontré Henry lors d'un boulot saisonnier, une dizaine d'années plus tôt. Nous étions restés très proches et depuis il m'arrivait de lui rendre visite une ou deux fois l'an (je n'en avais pas encore eu l'occasion depuis qu'il était parti s'installer à Sainte-Pélagie).

C'était une île à la réputation étrange, à l'image d'Henry, et peu de touristes s'y aventuraient …"

Ce que j'en pense :

Un très beau livre, amusant, délicat, à l'écriture très poétique  C'est étonnant, surprenant et toujours émouvant. Une lecture qui donne envie de "remplir ses chaussures de sable pour avoir l'impression d'aller à la plage".

La dictature des ronces

 La dictature des roncesLa dictature des roncesLa dictature des ronces

 

__________

Voir les commentaires

Bleu de travail

Publié le par GéHa

Bleu de travail

"Bleu de travail" de Thomas Vinau - La fosse aux ours

Présentation de l'éditeur :

Chronique des manches retroussées du ciel et des matins qui passent. Textes de rien, de faim et de soif. Il y a chaque jour des gris à habiter et des couleurs à faire pousser. Il faut chaque jour plonger ses mains dans le cambouis, se coltiner au peu, au rien, aux petites beautées ratées. Ce sont des choses insignifiantes qui nous sauvent ou qui nous achèvent, qui nous écrasent ou nous tiennent debout. 
Le bruit qu'on fait quand on trébuche sort de nos bouches, c'est comme ça qu'on apprend à marcher, avec des mots. Avec nos mains. Comme le manoeuvre ou l'ouvrier. Tous les soirs le jour tombe, tous les matins il se relève, enfile son bleu de travail, part au trimard. A chaque jour suffit sa peine mais la peine ne suffit pas au jour. Il faut prendre ce qu'il nous donne. Et, ce qu'il ne nous donne pas, le prendre tout de même.

Extrait :

"Comme tout le monde

Je fais ce que je peux. Avec mes silences et le reste. Avec mes peurs de bête. Avec mes cris d'enfant qui ne débordent plus. Je fais ce que je peux. Dans ce petit bain de cruauté et de lumière. Dans les éclats de sucre et de mensonge. Dans la délicatesse. Dans la violence du temps qui piétine nos rêves. Dans nos petits pataugements précieux. Un matin après l'autre. Un oubli après l'autre. Un mot sur le suivant. Je fais comme tout le monde. Avec le ciel et sans les dieux."

Ce que j'en pense :

Thomas Vinau sait dire les choses insignifiantes qui font nos vies. Ces chroniques parlent du quotidien avec beaucoup de douceur et de poésie et parfois avec mélancolie.

Bleu de travail

Bleu de travailBleu de travail

 

 __________

Voir les commentaires