Hôtel lonely hearts
"Hôtel lonely hearts" de Heather O'Neill - alto
Présentation de l'éditeur :
Dans un orphelinat de Montréal, toutes les filles s’appellent Marie, et tous les garçons, Joseph. Mais parmi la grisaille des enfants abandonnés brillent deux étoiles : Rose et Pierrot.
Les deux orphelins se produisent en spectacle devant de riches Montréalais pendant les Années folles. Il joue du piano, elle danse, et ils rêvent ensemble de fonder le plus grand cirque du monde. Arrivent plutôt la Crise, la pauvreté crasse et une double plongée dans l’univers interlope. La Dépression est cruelle aux rêveurs, qui continueront pourtant de chercher à se réunir au clair de la lune.
L’autrice de La vie rêvée des grille-pain signe un conte sentimental d’une magie brute, porté par un érotisme troublant, où la misère se voile de paillettes et l’amour a raison de toutes les tempêtes.
Première page :
Naissance d'un garçon du nom de Pierrot
En ce jour de 1914, une très jeune fille frappa à la porte de l'hôpital de la Miséricorde. Potelée, elle avait des joues rondes comme des pommes et des boucles blondes. Elle n'avait que douze ans. Son cousin plus vieux,
Thomas, avait traversé l'océan pour aller se battre en France. Elle était folle de lui depuis sa plus tendre enfance. Il était plein de fantaisie, il savait marcher sur les mains et il l'emmenait voir des orchestres dans le parc, le dimanche. Il était courageux et lui répétait sans cesse qu'il serait soldat un jour. L'hiver précédent, il s'était présenté chez elle dans son bel uniforme, et lui avait dit qu'il lui ferait passer un examen médical pour voir si elle était apte au service, comme les garçons. Elle était très curieuse de savoir si elle aurait pu elle aussi être soldat, si elle était née garçon. Il avait dit qu'il devait enfoncer son pénis en elle pour prendre sa température interne. Quand il avait eu fini, satisfait de la trouver en parfaite santé, il lui avait donné un petit ruban rouge tombé d'une boîte de gâteau, qu'il avait épinglé sur sa veste comme une médaille en reconnaissance du grand service rendu à sa patrie. Quand l'archiduc François- Ferdinand fut assassiné, Thomas pria pendant des mois pour que le Canada déclare la guerre, afin d'échapper à sa cousine enceinte.
Ce que j'en pense :
C’est un joli conte à la fois très tendre et cruel, se situant dans les années 30. Le récit est bien conduit, le style est étonnant avec des métaphores souvent poétiques mais parfois assez déroutantes. Nous suivons avec empathie les aventures des deux personnages principaux même si elles paraissent peu crédibles en certaines occasions (mais c’est un conte !)

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