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Marzahn, mon amour

Publié le par GéHa

Marzahn, mon amour

"Marzahn, mon amour" de Katja Oskamp - Zulma

Présentation de l'éditeur :

Et si les années de l’entre-deux étaient les plus belles ? À l’âge où on lui promet de devenir invisible, une écrivaine se rebelle. Elle n’a plus qu’une idée en tête. Personne ne l’en dissuadera. Reconvertie en pédicure, elle s’installe à Marzahn, autrefois la plus grande cité de préfabriqués de RDA. Les habitants de ce quartier de Berlin viennent lui confier leurs pieds cabossés, usés par la vie. Ils ont besoin d’être rafistolés et racontent leurs histoires, celles qu’on n’entend jamais, des histoires miraculeuses, ordinaires, universelles…
La lettre d’amour de Katja Oskamp aux habitants de Marzahn est une réflexion tendre et pleine de drôlerie sur les liens qu’on tisse dans les lieux les plus inattendus, sur la vie. Une comédie humaine en miniature.

Première page :

Les années de l’entre-deux durant lesquelles tu n’es ni vieille ni jeune sont des années troubles. Tu ne vois déjà plus la rive d’ou tu es partie, et celle vers laquelle tu vas, tu n’en aperçois pas encore précisément les contours. Durant ces années-la, tu patauges au milieu d’un grand lac, tu t’essouffles, exténuée par la monotonie de la nage. Désorientée, tu t’arrêtes et tournes sur toi-même, un tour, puis un autre, encore un. La peur de sombrer a mi-parcours, sans bruit ni raison, se manifeste.

J’avais quarante-quatre ans lorsque j’ai atteint le milieu du grand lac. Ma vie était devenue fade : un enfant envolé, un mari malade, une carrière douteuse d’écrivaine. J’affichais quelque chose d’amer et portais ainsi a son comble l’invisibilité s’abattant sur les femmes de plus de quarante ans. Je ne voulais pas être vue. Mais je ne voulais pas voir non plus, lassée des têtes, des visages et des conseils bien intentionnés. J’ai disparu de la surface.

Ce que j'en pense :

Chronique de petites vies ordinaires. L’autrice a plus que de l’empathie pour ses personnages, elle a beaucoup de tendresse et d’amour et de temps en temps quelques petits coups de griffes. C’est plein de charme et de douceur pour ces personnes cabossées mais c’est surtout profondément humain. Un coup de cœur.

Marzahn, mon amour

 

 

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Debout dans les fleurs sales

Publié le par GéHa

Debout dans les fleurs sales

"Debout dans les fleurs sales" de Thomas Vinau - Le Castor Astral

 Présentation de l'éditeur :

365 poèmes à déployer, dépareillés, mal coiffés, 365 poèmes pour les jours froissés, pour les petites mains, pour les mains frôlées, 365 poèmes à goupiller, 365 poèmes à dorloter, 365 fois pourquoi pas, 365 raisons de se lever, ou de rester couché, 365 poèmes de secours, 65 poèmes en forme de fenêtre, ou de peut-être, 365 poèmes à se passer sous le manteau, à cacher, à glisser dans la poche de ceux qu’on aime, 365 poèmes debout, tachés, pas fâchés, 365 façons d’essayer, 365 poèmes à perdre, à retrouver, à laisser s’envoler.

Extrait :

Salut copain

 

La nuit parfois

nous retrouvons nos morts

et puis en nous réveillant

nous reprenons doucement conscience

de l'espace et du temps

ce n'était qu'un rêve

le passé reste le passé

on est triste

mais quand même

ça fait plaisir

de les avoir

un tout petit peu retrouvés

Ce que j'en pense :

De la poésie comme j’aime. Jamais déçu avec Vinau. C’est la vie, en petites tranches de réel, de quotidien, de banal. Avec ce regard décalé, curieux, amusé, inquiet, questionnant, parfois mélancolique, souvent plein d’humour. La poésie est là, dans cette façon d’être présent à ce qui nous entoure.

Debout dans les fleurs sales

 

 

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L'ami arménien

Publié le par GéHa

L'ami arménien

"L'ami arménien" de André Makine - Grasset

Présentation de l'éditeur :

Le narrateur, treize ans, vit dans un orphelinat de Sibérie à l’époque de l’empire soviétique finissant. Dans la cour de l’école, il prend la défense de Vardan, un adolescent que sa pureté, sa maturité et sa fragilité désignent aux brutes comme bouc-émissaire idéal. Il raccompagne chez lui son ami, dans le quartier dit du « Bout du diable » peuplé d’anciens prisonniers, d’aventuriers fourbus, de déracinés égarés «qui n’ont pour biographie que la géographie de leurs errances. » Il est accueilli là par une petite communauté de familles arméniennes venues soulager le sort de leurs proches transférés et emprisonnés en ce lieu, à 5 000 kilomètres de leur Caucase natal, en attente de jugement pour « subversion séparatiste et complot anti-soviétique » parce qu’ils avaient créé une organisation clandestine se battant pour l’indépendance de l’Arménie.

Première page :

« Il m’a appris à être celui que je n’étais pas. »

Dans ma jeunesse, j’exprimais ainsi ce que la rencontre avec Vardan m’avait fait découvrir de mystérieux et de paradoxal derrière le manège du monde.

À présent, j’y vois non pas d’obscures énigmes et d’étonnants paradoxes, mais cette vérité simple que, grâce à lui, j’avais fini par comprendre : nous nous résignons à ne pas chercher cet autre que nous sommes, et cela nous tue bien avant la mort – dans un jeu d’ombres, agité et verbeux, considéré comme unique vie possible. Notre vie.

Ce soir-là, il parlait d’une voix calme et lente, tel un écho affaibli par une très grande distance. Sa voix habituelle. Pourtant, ce qu’il disait semblait friser la folie. Ou bien voulait-il se moquer de moi ? J’avais eu parfois cette impression au début de notre amitié.

« Tu veux que je touche le ciel ? Comme ça, avec mes doigts… »

Ce que j'en pense :

Très beau roman qui rend hommage aux Arméniens et qui évoque les camps en Sibérie. C’est également une magnifique histoire d’amitié. Tout cela est fait de façon pudique sans pathos mais pas sans émotion. L’écriture, que l’on peut qualifier de classique (mais pour moi c’est loin d’être péjoratif), nous amène avec douceur dans ces lieux et avec ces personnages qui semblent universels.

L'ami arménien

 

 

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Le plus court chemin

Publié le par GéHa

Le plus court chemin

"Le plus court chemin" de Antoine Wauters - Verdier

Présentation de l'éditeur :

Que se passe-t-il lorsqu’un auteur, qui a beaucoup écrit sur l’enfance, remonte le fil d’argent de sa propre enfance ?

Le Plus Court Chemin est un hommage aux proches et la tentative de revisiter avec les mots ce vaste monde d’avant les mots : les êtres, les lieux, les sentiments et les sensations propres à cette époque sur le point de disparaître, les années d’avant la cassure, d’avant l’accélération générale qui suivra la chute du mur de Berlin.

Raconter l’existence dans les paysages infinis de la campagne wallonne, dire l’amour et le manque. Car écrire, c’est poursuivre un dialogue avec tout ce qui a cessé d’être visible. Par-delà la nostalgie.

Première page :

J’ai vécu jusqu’à mes dix-huit ans dans un petit village d’Ardenne où mon imagination se trouve encore. Que je le veuille ou non, tout ce que j’écris vient de là : des quelques mètres carrés du hangar à poules de Papou, de l’odeur des fraises qu’il cultivait derrière l’église, face aux collines de Hoyemont, au-dessus de l’Ourthe et de l’Amblève, des silos à foin de la ferme de Jacques Martin, des bêtes sachant d’instinct trouver le bonheur, des machines agricoles défoncées par l’usage, dans le purin.

Ce que j'en pense :

Ce livre est annoncé comme un roman mais c’est une suite de fragments où l’auteur parle de son enfance de façon très concrète, en nous faisant découvrir les personnages qui l’ont accompagnés pendant ces premières années. On lit ces pages comme des instantanés, des photos polaroïd. C’est bien sûr une autobiographie mais aussi une très belle réflexion sur l’acte d’écrire.

Le plus court chemin

 

 

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Les survivants

Publié le par GéHa

Les survivants

"Les survivants" de Jane Harper - Calmann Levy

Présentation de l'éditeur :

Kieran Elliott, trentenaire vivant à Sidney, retourne en basse saison dans sa ville natale d’Evelyn Bay, minuscule station balnéaire de Tasmanie. Ce court séjour familial fait aussitôt resurgir des souvenirs douloureux : douze ans plus tôt, à cause d’une aventure peu prudente en mer avec sa meilleure amie Olivia, deux hommes venant à leur secours ont disparu dans les flots. Depuis ce drame, de nombreux autochtones se méfient de Kieran.
À peine est-il de retour que le cadavre d’une jeune femme est retrouvé sur la plage: la colocataire d’Olivia. Tous les regards se braquent sur Kieran. Est-il un bon père de famille qui a la malchance de subir les médisances d’une petite communauté recluse ? Ou est-il vraiment un sale type ? Bientôt, la vérité éclatera au grand jour…
Dans un décor australien à couper le souffle, aussi idyllique que menaçant, Jane Harper prouve à nouveau son immense talent pour magnifiquement ficeler des intrigues et des noeuds familiaux, tout en faisant jouer à la nature sauvage un rôle primordial.

Première page :

Elle aurait – presque – pu faire partie des Survivants.

Dressée là, sa silhouette se détachant dans la lumière pâle, dos tourné et l’eau salée lui léchant les pieds. Puis elle bougea. Rien qu’un infime basculement du poids, le va-et-vient d’un souffle, mais assez pour briser l’illusion avant qu’elle ne s’impose tout à fait.

Elle regardait toujours au loin, fixant une chose que lui-même ne distinguait pas dans l’obscurité. Quelque part, une vague se brisa et la mer déferla, fraîche et même un peu froide contre les jambes de l’homme, son pétillement blanc encerclant ses mollets nus à elle. Il la vit baisser sa main libre pour ramener sa jupe au-dessus des genoux. L’air était voilé d’une fine brume et le tee-shirt de la femme collait à son dos et à sa taille.

La mer enfla de nouveau, et cette fois la force du contre-courant lui fit faire un pas vers elle. Elle ne le remarqua pas. Son visage était à présent incliné vers le bas, la chaîne en argent de son collier scintillant sur sa clavicule, tandis qu’elle se penchait pour examiner quelque chose dans l’eau. Elle relâcha l’ourlet de sa jupe au moment où une vague déferlait de nouveau, et leva la main pour repousser sa queue-de-cheval tombée sur une épaule. Ses cheveux, éclaboussés, étaient lourds. Une mèche s’était retrouvée piégée au coin de sa bouche et elle la libéra, ses doigts glissant le long des lèvres.

Ce que j'en pense :

Ce suspense psychologique est assez bien mené. L’autrice prend le temps de bien installer les personnages ainsi que leur environnement. On découvre petit à petit les rumeurs, les tensions, les sentiments de culpabilité qui parcourent cette communauté. Le passé et le présent se mêlent très souvent dans l’écriture, et c’est assez bien vu. Mais malheureusement ce livre nous parait un peu longuet à partir de la moitié.

Les survivants

 

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Pleine et douce

Publié le par GéHa

Pleine et douce

"Pleine et douce" de Camille Froidevaux-Metterie - Sabine Wespieser

Présentation de l'éditeur :

Une musique libre et joyeuse s’élève des pages de ce premier roman : celle d’un chœur de femmes saluant la venue au monde de la petite Ève, enfant née d’un désir d’amour inouï.

Stéphanie est cheffe de cuisine, elle voulait être mère, mais pas d’une vie de couple. Elle est allée en Espagne bénéficier d’une procréation médicalement assistée, alors impossible en France. Greg, l’ami de toujours, a accepté de devenir le « père intime » d’Ève. Dans à peine deux semaines, aura lieu la fête en blanc organisée pour célébrer la naissance de leur famille atypique, au grand dam de la matriarche aigrie et vénéneuse qui trône au-dessus de ces femmes.

À l’approche des réjouissances, chacune d’elles est conduite interroger son existence et la place que son corps y tient. Toutes, sœurs, nièces, amies de Stéphanie, témoignent de leur quotidien, à commencer par Ève elle-même, à qui l’autrice prête des pensées d’une facétieuse ironie face à l’attendrissement général dont elle est l’objet. Comme dans la vie, combats féministes, tourments intimes et préparatifs de la fête s’entremêlent.

Première page :

Il doit être tôt, « pourquoi si tôt ? », me demande-t-elle parfois de sa voix endormie. Alors j’attends un peu, je reste là, tranquille, à regarder la nuée d’oiseaux immobiles qui flottent au-dessus de moi. J’aime particulièrement le rouge. D’ordinaire, quand le groupe reprend son vol circulaire et que ce beau rouge passe à l’aplomb de mon visage, j’agite frénétiquement les bras pour essayer de l’attraper. J’adore son oeil noir et brillant, le renflement vermillon de son ventre et cet air un peu espiègle qu’il a en me regardant. C’est Greg qui m’a offert ce mobile, parce que se réveiller chaque jour en suivant les oiseaux des yeux, m’a-t-il promis, c’est l’assurance d’une vie légère et aventureuse. Grand-mère a fait la moue et l’a trouvé inadapté, s’inquiétant de ces plumes véritables que je pourrais suçoter, qui pourraient m’empoisonner. Maman a haussé les épaules.

J’aime le bruit de la clé mécanique qu’elle remonte après m’avoir précautionneusement déposée dans mon lit.

Ce que j'en pense :

Roman choral autour de portraits de femmes de différents âges, qui se retrouvent toutes en lien avec la petite Ève. Le premier chapitre qui fait parler Ève m’a beaucoup plu. Mais le reste m’a paru inégal et parfois assez démonstratif, l’autrice voulant aborder le plus possible de sujets liés à la condition des femmes.

Pleine et douce

 

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Les poètes sont des monstres

Publié le par GéHa

Les poètes sont des monstres

"Les poètes sont des monstres" de Christian Bobin - Lettres vives

Présentation de l'éditeur :

Ce nouveau recueil de Christian Bobin est un véritable Manifeste à l'usage de qui veut échapper à cette modernité toujours plus performante de notre monde cartésien tourné vers le profit, un monde qui court à sa perte en renonçant à la beauté, à la poésie, à l'amour. "La poésie n'est pas un genre littéraire. Les vrais poètes ont un coeur en acier trempé. Ce sont des penseurs primaires qui savent que la lutte est sans pitié avec l'enfer de la Raison." La vie de la poètesse Anna Akhmatova est un exemple : cernée par l'ombre de Staline, elle est modèle de résistance et son oeuvre, hymne à la vraie vie : "Nous croyons, nous, modernes, avoir inventé la brièveté des messages, aussi leur rapidité. Mais qu'est-ce en regard de l'éclair du poème. La reine Akhmatoiva donne congé en un seul vers."

Extrait :

L'écriture manuscrite sur le papier blanc : les pas de l'âme sur la neige — le plus sûr miroir d'une personne, à nulle autre semblable. Les déliés, les boucles, les ratures, les épines de la signature la révèlent plus que ses mots.

Dans la rue, des milliards de secrétaires. Leurs doigts tapent sur le crâne des lettres plus vite que le pic-vert sur l'écorce de l'arbre. L'irréel est notre passion et elle est sinistre. Il faut à l'amour des lèvres réelles avec des mots réels qui en sortent, vibrant comme le brin d'herbe aux dents du berger.

Ce que j'en pense :

Bobin a toujours de ces éclats extraordinaires qui justifient l’existence de ses livres. Avec lui les mots ont une énorme importance. Peut-être est-il un peu plus désespéré et un peu moins mystique dans ce dernier ouvrage. Il faut dire que notre monde va sans doute vers son effacement. Il est temps que l’homme retrouve sa place face à la machine.

Les poètes sont des monstres

 

 

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Femme Vie Liberté

Publié le par GéHa

Femme Vie Liberté

"Femme Vie Liberté" sous la direction de Marjane Satrapi - L'Iconoclaste

Présentation de l'éditeur :

Joann Sfar - Coco - Mana Neyestani - Catel - Pascal Rabaté - Patricia Bolanos - Paco Roca - Bahareh Akrami - Hippolyte - Shabnam Adiban - Lewis Trondheim - Deloupy - Touka Neyestani - Bee - Winshluss - Nicolas Wild - Hamoun

Femme, vie, liberté : avoir vingt ans en Iran et mourir pour le droit des femmes.
Le 16 septembre 2022, en Iran, Mahsa Amini succombe aux coups de la police des mœurs parce qu'elle n'avait pas "bien" porté son voile. Son décès soulève une vague de protestations dans l'ensemble du pays, qui se transforme en un mouvement féministe sans précédent.
Marjane Satrapi a réuni trois spécialistes : Farid Vahid, politologue, Jean-Pierre Perrin, grand reporter, Abbas Milani, historien, et dix-sept des plus grands talents de la bande dessinée pour raconter cet évenement majeur pour l'Iran, et pour nous toutes et nous tous.

Extrait :

Femme Vie LibertéFemme Vie Liberté

 

 

 

 

 

 

Ce que j'en pense :

Avec ce roman graphique très riche Marjane Satrapi et les autres autrices et auteurs (chacun.e à leur façon), nous font découvrir un pays que l’on connaît mal. On apprend beaucoup sur l’histoire de l’Iran et sur les luttes actuelles pour la liberté, souvent portées par les femmes. C’est un livre important qui montre que le monde occidental n’oublie pas l’Iran.

Femme Vie Liberté

 

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Quartier rouge

Publié le par GéHa

Quartier rouge

"Quartier rouge" de Simone Buchholz - Piranha

Présentation de l'éditeur :

C’est le début du printemps à Hambourg et tout pourrait être parfait dans le meilleur des mondes si un tueur ne laissait dans son sillage des cadavres mutilés de strip-teaseuses exposés en une mise en scène macabre au bord de l’Elbe. Pour mettre fin à l’hécatombe, le procureur Chastity Riley préfère mener l’enquête directement au cœur du quartier rouge plutôt que depuis son bureau à la décoration catastrophique.

Charitables et grandes gueules : ainsi sont les habitants de Sankt Pauli. Tout comme Chastity, à la fois romantique et impitoyable quand il s’agit de son quartier.

Première page :

Mardi: Avis de tempête

Le ciel est si bas qu'il semble prêt à se poser sur les eaux sombres du fleuve. Un voile de brouillard s'élève de l'Elbe, épais et mauvais comme un corbeau. Je relève le col de mon manteau, mais ça ne change rien : l'humidité me transperce jusqu'aux os. J'ai mal à la tête, je n'ai pas assez dormi. Il est à peine sept heures et demie du matin, en ce début du mois de mars, et une jeune fille morte est étendue à mes pieds. Ce sont deux marins philippins descendus à terre qui l'ont découverte. Les pauvres. La vue d'un cadavre a dû leur flanquer une belle frousse. La victime est allongée sur les marches d'un escalier qui mène au fleuve. Elle est nue, des marques de strangulation sont visibles sur son cou. Ses seins, visiblement refaits, n'ont pas un galbe parfait, mais ils ont de quoi impressionner. Je me demande la raison pour laquelle on l'a déposée ici. Pourquoi ne flotte-t-elle pas dans l'Elbe avec le visage sous l'eau comme tous les autres noyés qu'on retrouve d'ordinaire dans le fleuve ? Elle porte une perruque bon marché de couleur bleu clair.

Une tasse de café me ferait le plus grand bien.

La police scientifique est en plein travail. Je trouve ces gars en combinaison blanche un peu bizarres. À n'importe quelle heure du jour et de la nuit, ils analysent le mal sous toutes ses coutures avec la plus grande concentration. Leurs gestes sont précis, calibrés, mécaniques. Je me demande comment, devant une femme morte, on peut s'intéresser à des banalités comme des cheveux, des fibres de laine ou des mégots sans devenir fou. Ils ressemblent à des laboratoires vivants, avec une éprouvette à la place du cœur. C'est jour de fête pour eux. Arrivés en groupe, ils jouent les importants ; ils ont bouclé tout le périmètre, et naturellement personne n'a le droit d'entrer. Je me suis pris un savon parce que je piétine leurs plates-bandes, mais je m'en fous, il faut que je voie le corps si je dois m'occuper de l'affaire.

Ce que j'en pense :

L’autrice possède un vrai talent pour nous faire pénétrer au cœur de la ville de Hambourg et pour rendre vivants les personnages. L’intrigue peut paraître anecdotique mais elle nous emmène assez bien au fil des pages. L’écriture, sans chichi et teinté d’humour rend ce roman très agréable. On a envie de connaître d’autres enquêtes menées par cette procureure.

Quartier rouge

 

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Angle mort

Publié le par GéHa

Angle mort

"Angle mort" de Paula Hawkins - Sonatines

Présentation de l'éditeur :

Après une nouvelle dispute avec Jake, son mari, Edie quitte le domicile conjugal pour aller s'installer chez le meilleur ami du couple, Ryan. Quelques jours plus tard, l'impensable se produit, Jake est assassiné, Ryan est suspecté du meurtre. Contrainte de revenir habiter seule dans la maison du crime, une demeure perdue en haut des falaises, Edie, isolée de tous, est partagée entre le chagrin et la terreur. Bientôt, elle doit répondre aux questions de Neeta, la policière chargée de l'enquête. Ensemble, les deux femmes vont tenter d'expliquer l'inexplicable. Si tout accuse Ryan, Edie refuse d'y croire. Mais alors que s'est-il passé ce jour-là ? Qui a pu vouloir se débarrasser de Jake, et surtout pourquoi ?

Première page :

Jake Pritchard était mort. Il gisait au sol, à l'endroit où la cuisine américaine rejoignait le salon, une auréole de sang ceignant son crâne enfoncé. Le corps était encore tiède et pourtant, le doute n'était pas permis : il avait rendu son dernier soupir.

Ryan Pearce s'agenouilla dans le liquide poisseux qui s'échappait des affreuses blessures de la victime. Dans la main droite, il serrait son téléphone et, dans la gauche, un lourd objet en verre barbouillé de rouge.

Il était toujours dans cette position, tremblant et blafard, quand les secours franchirent précipitamment la porte d'entrée. Les urgentistes constatèrent aussitôt qu'il n'y avait plus rien à faire pour l'homme étendu par terre, l'homme aux yeux vitreux et à la tête fracassée. Ils se tournèrent vers Ryan.

Était-il blessé ? s'enquirent-ils. Que s'était-il passé ? Quand était-il arrivé sur les lieux ? Avait-il vu ou entendu quoi que ce soit ? Y avait-il quelqu'un d'autre dans la maison ?

Ce que j'en pense :

Je n’avais rien d’autre à lire alors je suis allé jusqu’à la dernière page. Le récit est assez prévisible et très court (tellement court que l’éditeur a ajouté une nouvelle de 6 pages qui n’a aucun rapport avec le ;livre). Les personnages n’ont aucune profondeur. Le style (et/ou la traduction) est plutôt laborieux. A éviter.

Angle mort

 

 

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