Six fourmis blanches

"Six fourmis blanches" de Sandrine Collette - Le livre de poche
Présentation de l'éditeur :
Dans ces montagnes du nord de l’Albanie, le mal rôde toujours. Dressé sur un sommet aride et glacé, Matthias s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle. À des kilomètres de là, Lou et ses compagnons partent pour trois jours de trekking intense. Mais, égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de l’un d’entre eux, ils vont devoir lutter pour survivre.
Première page :
Mathias
Le mal suinte de ce pays comme l’eau des murs de nos maisons tout le long de l’hiver. Enraciné en nous, telle une sangsue fossilisée sur une pierre. C’est ce que disait mon grand- père, et avant lui son père, et le père de son père : depuis toujours ces montagnes sont maudites. Qui se souvient que quelque chose de beau y ait été conçu, s’y soit développé ? Que de contreparties à notre présence ici, que de compromis pour nous donner, parfois, le sentiment de bien vivre. Les vieux répètent à l’envi que les mauvais esprits ont choisi cet endroit pour venir mourir ; qu’ils y agonisent des années durant, crachant des imprécations sur nos roches et nos forêts malingres. Nous sommes de trop dans ces vallées ; nous en payons le prix fort. Nous aurions dû abandonner ces terres où nous n’avons jamais été les bienvenus. Si seulement nous étions raisonnables. Mais nous sommes faits de la même caillasse, refusant de céder une once de terrain, acharnés à faire pousser les tubercules qui nous permettent de tenir amaigris jusqu’au printemps suivant. Heureux d’un rien, aussi.
— Nous observons stupéfaits les gens des villes étrangères investir notre région pendant les vacances.
Ce que j'en pense :
Le récit est très bien conduit même si on devine que ces deux histoires de Mathias et de Lou vont se croiser. L’autrice sait nous entraîner au cœur de catastrophes naturelles et elle nous tient en haleine de bout en bout. J’ai eu beaucoup d’empathie pour les trois personnages principaux qui sont parfaitement décrits. Le style est agréable et efficace. C’est un bon livre de Sandrine Collette mais tout à fait aussi fort que « On était des loups »

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