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Le labyrinthe inachevé

Publié le par GéHa

"Le labyrinthe inachevé" de Jeff Lemire - Futuropolis

Présentation de l'éditeur :

Will est chef de chantier. Tout au long de sa journée, Will est hanté par sa fille, morte dix ans auparavant et à son incapacité à s’en rappeler, comme de se remémorer les événements importants de sa vie. Il en néglige toute socialisation, dans sa vie privée comme au travail. Jusqu’à ce qu’un mystérieux appel téléphonique au cœur de la nuit chamboule sa vie. L’appel lui indique que sa fille est toujours vivante, coincée dans le labyrinthe d’un livre de jeux qu’elle n’avait pas terminé avant de disparaître. Convaincu que son enfant le contacte d’au-delà de ce monde, il utilise un labyrinthe inachevé d’un de ses journaux et une carte de la ville pour ramener sa fille à la maison…
Jeff Lemire revient avec un roman graphique légèrement fantastique où le surnaturel côtoie le réel. Par sa grande humanité et son écriture teintée de surréalisme, ce récit rappelle les meilleurs romans de Haruki Murakami.

Extrait :

Le labyrinthe inachevéLe labyrinthe inachevé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce que j'en pense :

Très bel album qui parle de souvenir, de deuil. Le scénario, les dessins, les couleurs, la mise en page… tout concorde à nous embarquer avec le héros dans un univers semi fantastique entre rêve et réalité.  Je n’avais encore pas lu d’albums de cet auteur mais je sens que je vais en lire quelques autres.

Le labyrinthe inachevé

 

 

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Accordez moi la parole

Publié le par GéHa

Accordez moi la parole

"Accordez moi la parole" de Vinciane Moeschler - Mercure de France

Présentation de l'éditeur :

Salomé est une jeune romancière à succès. Alors qu’elle commence l’écriture de son prochain livre, Raphaëlle Lombardo surgit dans sa vie. Maman à la tendresse qui dérape, elle peine à faire grandir ses enfants. Elle est l’épouse que le conjoint abandonne, la fille qu’on a mal aimée. Son petit dernier, son « bébé d’amour », était sa dernière chance. En commettant l’interdit, elle rejoint le cercle tragique des criminelles et réclame la parole : être jugée plutôt que réduite au silence.
À contre-courant de la maternité idéalisée, Vinciane Moeschler dresse le portrait d’une femme que personne n’a voulu voir sombrer. En abordant de manière frontale un sujet qui dérange, elle questionne les limites d’un acte qui assassine nos repères. Un roman inclassable, terriblement puissant.

Première page :

Jugée responsable de mes actes, j'ai dû répondre des faits devant une cour d'assises.

Comme la main un peu ferme qui se dépose sur votre épaule, j'ai approuvé.

Accordez-moi la parole. Tout inculpé y a droit, non ?

Je ne souhaitais pas qu'on me prenne pour une cinglée, qu'on me tienne à l'écart.

Privée de ce procès, réduite au silence, je n'aurais pas eu la possibilité de raconter.

Mon histoire.

Cette histoire.

Qui m'a conduite à l'acte le plus indicible qui soit.

Donner sens à l'abominable allait me permettre d'accepter l'enfer que serait ma vie.

Non pas celle qui m'a été proposée à la naissance.

Pas celle que j'aurais souhaitée.

Celle que vous, eux, les autres, ont piétinée.

Celle qui m'a été confisquée parce qu'on m'a laissée trop seule.

Ce que j'en pense :

De nouveau un coup de cœur pour ce livre de l’autrice (après Alice et les autres). Le sujet principal est l’infanticide mais d’autres thèmes y sont abordés, comme la prison, la maladie mentale, le rôle de la romancière…C’est écrit de façon fragmentée, directe, originale et peut se lire très rapidement. C’est un livre intense, sensible et puissant qui nous questionne sur la frontière entre la « normalité » et la « folie ».

Accordez moi la parole

 

 

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Les enfants véritables

Publié le par GéHa

Les enfants véritables

"Les enfants véritables" de Thibault Bérard - J'ai lu

Présentation de l'éditeur :

Cléo est une jeune femme solaire. Pourtant, tout n'est pas que lumière dans son monde... Entre les absences de sa mère "herbe folle" et les sacrifices de son père "chêne", elle a grandi au coeur d'une histoire familiale tourmentée. Mais par-delà ses failles et ses blessures, elle avance. Lorsqu'elle croise le chemin de Théo, lui aussi accidenté de la vie, elle est bien décidée à lutter pour leur droit au bonheur. Théo est veuf ; il a deux enfants. Comment les choses pourraient-elles être simples ?Guidée par sa soif inextinguible de vie, Cléo engage son plus beau combat pour leur amour et, surtout, pour ce lien plus fort que tout - plus fort que celui du sang - entre elle et les enfants.

Première page :

— Mais Papa, on est d’accord, c’est moi ton enfant véritable ?

Paul sourit sous son bonnet. « On est d’accord. » Cette gamine, elle ne s’arrête jamais. Va savoir où elle est allée chercher cette histoire d’enfant véritable… Peut-être sur le dos d’un livre, dans la bibliothèque ? Ça lui dit vaguement quelque chose. De sa main gauche, il serre plus fort le morceau de bois qu’il sculpte et, de l’autre, il jette trois coups de canif rapides sur l’écorche tendre, afin de se donner une idée de la forme voulue, pour plus tard. Entre ses doigts de bûcheron, la figurine paraît minuscule… Il la fait tourner un moment sous le soleil d’été, devinant du coin de l’oeil les montagnes qui les entourent, lui et sa fille.

Sa Cléo. Cléo s’est juchée sur un rocher plat bien chaud, au-dessus de lui, ses chaussures de randonnée délassées dans l’air – elle les agite comme deux petites balles au bout de ses mollets rondelets, pour faire sentir à son père qu’elle est impatiente d’entendre sa réponse.

Ce que j'en pense :

C’est dans la continuité de son précédent roman « Il est juste que les forts soient frappés ». L’auteur poursuit ses questionnements sur la parentalité, sur les relations familiales. C’est souvent très juste, assez puissant et, pour moi, toujours très émouvant. Les personnages sont très attachants, en particulier Camille, César et Solène. Un roman à la fois très fort et rempli de douceur.

Les enfants véritables

 

 

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Attraper le lapin

Publié le par GéHa

Attraper le lapin

"Attraper le lapin" de Lana Bastasic - Gaïa

Présentation de l'éditeur :

Après douze ans sans nouvelles, Sara, une Bosnienne installée à Dublin, reçoit un appel de son amie d'enfance, Lejla. Cette dernière lui demande de venir la chercher au pays pour la conduire à Vienne, où se trouverait son frère disparu pendant la guerre, deux décennies plus tôt. Malgré la distance et les années de silence hostile, Sara accepte de l'aider. Ensemble, elles se lancent dans un road-trip au coeur des ténèbres de l'Europe et plongent dans le "terrier" de leur passé commun.

Première page :

qu’on commence par le début. On a quelqu'un, puis on ne l’a plus. Voilà à peu près toute l’histoire. Sauf que tu dirais, toi, qu'avoir quelqu'un, ce n:est pas possible. Ou devrais-je plutôt dire : elle dirait ? Il v a des chances que ce soit mieux, que ça te plaise davantage. dans un livre. Bon, d'accord.

Elle dirait donc qu’avoir quelqu’un ce n'est pas possible. Mais elle aurait tort. On peut posséder les gens pour honteusement peu. Seulement, elle préfère se voir comme l’immuable principe du bon fonctionnement de l'univers. La vérité, c'est qu'on peut avoir quelqu'un, mais pas l’avoir, elle. On ne peut pas avoir Lejla. À moins de la tuer, de l’encadrer, de l'accrocher au mur. D'ailleurs sommes-nous encore les mêmes une fois figés sur la pellicule ? Pour moi, certain : s'arrêter et Lejla, ça a toujours fait deux. C'est pour ça qu'elle est floue sur tant de photos. Elle n'a jamais su s’arrêter.

Même maintenant, dans ce texte. je la sens presque gigoter. Elle glisserait entre deux phrases si elle pouvait. comme une mite entre les lames d'un store. et elle grignoterait cette histoire de l'intérieur. Elle se réserverait les fringues à paillettes qui lui ont toujours tellement plu. elle se rallongerait les jambes, se gonflerait les seins. ajouterait quelques mèches à ses cheveux. Moi. elle me massacrerait. elle ne laisserait que quelques touffes pendouiller sur mon crâne. elle me collerait un défaut d’élocution. une patte folle. elle inventerait une difformité qui me ferait lâcher mon crayon.

Ce que j'en pense :

C’est une très belle surprise que ce livre, qui commence par la fin (ou finit par le début !). L’héroïne recherche presque l’impossible qu’elle a « cru » vivre dans son enfance en Bosnie, avec son amitié de jeunesse, la guerre, l’absence, l’amour rêvé… C’est écrit d’une façon très originale, avec beaucoup de comparaisons surprenantes, souvent loufoques mais malheureusement cela manque parfois de fluidité.

Attraper le lapin

 

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Macha ou l'évasion

Publié le par GéHa

Macha ou l'évasion

"Macha ou l'évasion" de Jérôme Leroy - Points

Présentation de l'éditeur :

Macha-des-Oyats, 107 ans, vit dans le « monde de la Douceur ». Née au tout début du XXIème siècle, c’est l’une des dernières personnes à avoir connu l’époque ultraviolente et morose du « monde de la Fin ». Macha raconte sa jeunesse solaire et rebelle, son amour perdu, sa fuite vers un idéal… Un éclairage sans fard sur notre époque. Un roman noir à méditer.

Première page :

Vers 2100 et des poussières, ZAD d'Équemauville

Ils sont arrivés dans notre ZAD un mardi.

Il y avait deux filles et un garçon. Je ne les connaissais pas.

Ou je ne me souvenais pas d'eux.

Après tout, j'ai cent sept ans depuis le printemps.

Je les avais peut-être croisés lors de ces fêtes où nous nous retrouvons à plusieurs milliers pour le plaisir d'être ensemble, d'échanger nos produits, de rencontrer celui ou celle avec qui on partagera un arbre pour quelques jours ou pour la vie... Qui sait, je les avais peut-être même eus comme élèves, à l'époque où j'enseignais dans les Arbres-Écoles de la région ?

La première chose qui m'ait frappée, c'était que tous les trois, les deux filles et le garçon, étaient très beaux. Ils rayonnaient d'intelligence et dégageaient une impression de calme tout en ayant l'air très décidés. Ils avaient à peine vingt ans.

Cela voulait dire qu'ils appartenaient à la quatrième génération de la Douceur.

Je les ai comparés avec ceux de leur âge qui vivaient dans le monde de la Fin. Cette manie de la comparai- son me prend de plus en plus fréquemment quand je rencontre de très jeunes gens.

Ce que j'en pense :

A l'origine c'est un livre jeunesse des éditions Syros, cela prouve bien qu'il ne faut pas trop catégoriser la littérature. C'est une très belle fable qui nous montre que malgré ce qui risque d'arriver (et qui arrive!) à notre monde (fascisme, extrême droite, réchauffement...) l'avenir peut être dans la Douceur. Ce livre très bien écrit se lit d'une traite. On se prend à rêver : et si le mode de vie adoptée par ce que l'on qualifie de "marginaux", de Zadistes, préfigurait avec bonheur notre avenir !

Macha ou l'évasion

 

 

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Famille

Publié le par GéHa

Famille

"Famille" de Lydie Salvayre - Tristram

Présentation de l'éditeur :

"Le spécialiste a dit que le fils était schizophrène. Quelle honte dit le père. Ça ne doit pas sortir de la famille dit la mère."

Première page :

Le spécialiste a dit que le fils était schizophrène. Quelle honte dit le père. Ça ne doit pas sortir de la famille dit la mère.

Il est 14 h 55. La série « Coeurs brisés » va bientôt commencer. La mère allume la télé et s'assied sur le canapé du salon. Le fils s'installe à ses côtés. Je suis rien j'inexiste dit-il. Mon esprit est tué. On l'a jeté vivant dans un puits atomique aux abords du Grand Rhône. Mes pensées sont dictées par un ordinateur central basé à Washington. Cependant la chair de mon être est à vif. Elle saigne. Elle souffre. Qui pourrait m’expliquer ce dilemme ?

Ce que j'en pense :

Dans ce récit très court l’autrice dresse le portrait d’une famille d’une manière assez cinglante et parfois cruelle. Elle sait mettre le doigt où ça fait mal ! Beaucoup de thèmes sont abordés dans ces pages : la violence, la misère affective bien sûr mais aussi la détresse face à la maladie mentale.

Famille

 

 

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La papeterie Tsubaki

Publié le par GéHa

La papeterie Tsubaki

"La papeterie Tsubaki" de Ogawa Ito - Picquier

Présentation de l'éditeur :

Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l’art difficile d’écrire pour les autres.
Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d’un singe, des lettres d’adieu aussi bien que d’amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.
Et c’est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues.

Première page :

J’habite une petite maison au pied d’une petite colline. C’est à Kamakura, dans la préfecture de Kanagawa, mais dans les terres, assez loin de la mer.

Avant, je vivais avec l'Aînée; depuis sa disparition il y a trois ans environ. j'occupe seule cette vieille maison traditionnelle. Mais je ne me sens pas trop isolée car il y a toujours une présence aux alentours. Même dans quartier où, la nuit, c’est si calme qu'on se croirait dans une ville fantôme, au matin la vie reprend ses droits et l'on entend des voix s'élever ici et là.

Chaque jour, une fois que je me suis habillée et débarbouillée, je commence par mettre de l'eau à chauffer dans la bouilloire. Pendant ce temps, je passe un coup de balai dans la maison et je brique le parquet. Cuisine, véranda, salon, escaliers, je nettoie tous les sols les uns après les autres.

Ce que j'en pense :

C’est un livre très dépaysant avec une atmosphère extraordinaire ; c’est un livre qui nous transporte au Japon avec énormément de délicatesse et de douceur. Tout a du sens dans l’écriture calligraphiée, rien n’est innocent. C’est une façon de prêter pleinement attention à l’autre. Il y a dans le récit une lenteur qui n’a rien à voir avec l’ennui mais qui nous permet de prendre le temps de savourer les images, les mots, les rencontres et plus généralement tous les plaisirs simples de la vie.

La papeterie Tsubaki

 

 

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Il est juste que les forts soient frappés

Publié le par GéHa

Il est juste que les forts soient frappés

"Il est juste que les forts soient frappés" de Thibault Bérard - J'ai lu

Présentation de l'éditeur :

Lorsque Sarah rencontre Théo, l'amour les court-circuite. Elle, l'écorchée vive, la punkette, se laisse convertir au bonheur par ce garçon aux airs de lutin, fou de Capra et de Fellini. Dans le tourbillon joyeux de leur jeunesse, de leurs amis et de leurs passions, naît Simon, puis Camille. Mais très vite, comme si leur allégresse avait provoqué la colère de l'univers, les médecins détectent à Sarah un cancer qui progresse à une vitesse alarmante. On leur annonce un combat sans trêve. Refusant de céder au désespoir, le couple choisit de s'y lancer à corps perdu, comme dans une extraordinaire croisade dont leur courage et leur amour seraient les complices.

Première page :

J'imagine que vous serez d'accord : ce que tout le monde veut, dans la vie, c'est laisser une trace, non ? Résister à l'oubli éternel ?

Eh bien le scoop, mes amis, le truc pas croyable que je vais vous annoncer ici, dans ces pages et même dès la première, c'est que le but ultime de tout le monde, dans la mort, c'est exactement l'inverse : se faire oublier des vivants. Couper le cordon une bonne fois avec l'avant pour, enfin, accéder à cette absolue félicité, ce repos parfait des sens et de l'esprit dont on nous rebat les oreilles depuis les siècles des siècles.

Avouez que ça remet les choses en perspective.

Moi-même, j'ai mis un moment à comprendre ça et, quand j'ai fini par y arriver, je me suis décidée à en faire quelque chose, histoire que ça vous rentre dans le crâne, pour « le jour où » (parce que, vous le savez, ou alors il serait temps, ce sera votre tour à un moment ou à un autre).

Ce que j'en pense :

J’ai lu ce premier roman de l’auteur après avoir lu son dernier (Le grand saut). Au début j’ai été surpris et un peu agacé de retrouver la mort encore bien présente comme personnage dans ce roman. Puis au bout de quelques pages cette impression s’est complètement dissipée. Ce roman est rempli de folie, d’amour, de tragédie, d’humour… On y pleure et on y sourit également. Ce n’est pas une romance à faire pleurer dans les chaumières mais un roman complètement vivant.

Il est juste que les forts soient frappés

 

 

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Le dernier porc

Publié le par GéHa

Le dernier porc

"Le dernier porc" de Horace Engdahl - serge safran

Présentation de l'éditeur :

Un homme dont le couple vient de voler en éclats, essaie de recoller les morceaux. Son monologue, théâtralisé, est une méditation sur la vie, le fait de vieillir, les rapports entre les individus. Et plus particulièrement ceux entre l’homme et la femme dans une société où non seulement la mort, mais aussi l’amour sont à crédit Où l’homme, perpétuellement sur la défensive, essaie de comprendre et de faire comprendre un point de vue selon lequel tous les hommes ne sont pas des violeurs potentiels et toutes les femmes des victimes. Loin d’être un pamphlet antiféministe, ce cri du cœur est une réflexion sur l’abandon, sur les rapports modernes régis par le souci de rentabilité, y compris au niveau affectif.

Extrait :

Il existe des personnes qui, en conversant, ont le don de la juste mesure. Ce n'est pas que je les admire, mais c'est incroyablement bien huilé. Ces gens-là sont comme des produits en conserve, avec un mode d'emploi au dos du paquet, concis et accessible à tous. Quand on les rencontre, on a l'impression de pouvoir les remettre dans le rayon en parfait état. Sans obligation d’achat. Cela vous rassure. La liberté consiste à ne pas être obligé d'appuyer sur un bouton pour commander le produit. Surtout quand il s'agit de relations humaines. L'amour est de nos jours un produit sans obligation d'achat. Et sans date limite pour le retour.

Ce que j'en pense :

C’est une belle réflexion sur la solitude, l’indifférence et la place de l’homme dans sa relation à la femme mais aussi dans la société. C’est très bien écrit, il y a des passages superbes. Mais je reste assez mitigé après avoir fermé ce livre, peut-être les sujets abordés sont trop nombreux et pas assez approfondis ?

Le dernier porc

 

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Hôtel lonely hearts

Publié le par GéHa

Hôtel lonely hearts

"Hôtel lonely hearts" de Heather O'Neill - alto

Présentation de l'éditeur :

Dans un orphelinat de Montréal, toutes les filles s’appellent Marie, et tous les garçons, Joseph. Mais parmi la grisaille des enfants abandonnés brillent deux étoiles : Rose et Pierrot.

Les deux orphelins se produisent en spectacle devant de riches Montréalais pendant les Années folles. Il joue du piano, elle danse, et ils rêvent ensemble de fonder le plus grand cirque du monde. Arrivent plutôt la Crise, la pauvreté crasse et une double plongée dans l’univers interlope. La Dépression est cruelle aux rêveurs, qui continueront pourtant de chercher à se réunir au clair de la lune.

L’autrice de La vie rêvée des grille-pain signe un conte sentimental d’une magie brute, porté par un érotisme troublant, où la misère se voile de paillettes et l’amour a raison de toutes les tempêtes.

Première page :

Naissance d'un garçon du nom de Pierrot

En ce jour de 1914, une très jeune fille frappa à la porte de l'hôpital de la Miséricorde. Potelée, elle avait des joues rondes comme des pommes et des boucles blondes. Elle n'avait que douze ans. Son cousin plus vieux,

Thomas, avait traversé l'océan pour aller se battre en France. Elle était folle de lui depuis sa plus tendre enfance. Il était plein de fantaisie, il savait marcher sur les mains et il l'emmenait voir des orchestres dans le parc, le dimanche. Il était courageux et lui répétait sans cesse qu'il serait soldat un jour. L'hiver précédent, il s'était présenté chez elle dans son bel uniforme, et lui avait dit qu'il lui ferait passer un examen médical pour voir si elle était apte au service, comme les garçons. Elle était très curieuse de savoir si elle aurait pu elle aussi être soldat, si elle était née garçon. Il avait dit qu'il devait enfoncer son pénis en elle pour prendre sa température interne. Quand il avait eu fini, satisfait de la trouver en parfaite santé, il lui avait donné un petit ruban rouge tombé d'une boîte de gâteau, qu'il avait épinglé sur sa veste comme une médaille en reconnaissance du grand service rendu à sa patrie. Quand l'archiduc François- Ferdinand fut assassiné, Thomas pria pendant des mois pour que le Canada déclare la guerre, afin d'échapper à sa cousine enceinte.

Ce que j'en pense :

C’est un joli conte à la fois très tendre et cruel, se situant dans les années 30.  Le récit est bien conduit, le style est étonnant avec des métaphores souvent poétiques mais parfois assez déroutantes. Nous suivons avec empathie les aventures des deux personnages principaux même si elles paraissent peu crédibles en certaines occasions (mais c’est un conte !)

Hôtel lonely hearts

 

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