La vie clandestine
"La vie clandestine" de Monica Sabolo - Gallimard
Présentation de l'éditeur :
"Je tenais mon sujet. Un groupe de jeunes gens assassinent un père de famille pour des raisons idéologiques. J'allais écrire un truc facile et spectaculaire, rien n'était plus éloigné de moi que cette histoire-là. Je le croyais vraiment. Je ne savais pas encore que les années Action directe étaient faites de tout ce qui me constitue : le silence, le secret et l'écho de la violence."La vie clandestine, c'est d'abord celle de Monica Sabolo, élevée dans un milieu bourgeois, à l'ombre d'un père aux activités occultes, disparu sans un mot d'explication. C'est aussi celle des membres du groupe terroriste d'extrême gauche Action directe, objets d'une enquête romanesque qui va conduire la narratrice à revisiter son propre passé. Comment vivre en ayant commis ou subi l'irréparable ? Que sait-on de ceux que nous croyons connaître ? De l'Italie des Brigades rouges à la France des années 80, où les rêves d'insurrection ont fait place au fric et aux paillettes, La vie clandestine explore avec grâce l'infinie complexité des êtres, la question de la violence et la possibilité du pardon.
Première page :
Je ne sais plus comment cela a commencé. Comment j’en suis arrivée à commander sur eBay, moyennant la somme de soixante euros, une buse naturalisée avec une queue tordue,juchée sur une branche. À cette époque, je passais mes soirées à regarder des photos d’oiseaux empaillés sur Internet, en me demandant s’il valait mieux m’offrir une mouette (rare ! précisait l’annonce) ou un pélican (hors de prix). Je faisais défiler les spécimens, fixés sur des socles, posés sur un tapis de fougères, penchés en avant l’air curieux, un lézard dans le bec, en diorama perchés sur un faux arbre. Je renouais avec la vie sauvage. Par ailleurs, j’avais des ennuis domestiques. La semaine précédente, le robinet de la cuisine m’était resté dans les mains, puis ma lampe de chevet avait explosé. En faisant la vaisselle dans le lavabo de la salle de bains, ou immobile dans la pénombre, il me semblait qu’une force obscure était à l’œuvre. Lorsque la cuisine d’un appartement, dans l’immeuble d’en face, avait brûlé,les enfants et moi avions contemplé les nuages de fumée dans le ciel, de plus en plus noirs. Ils m’avaient demandé si, d’une façon ou d’une autre, cette série de catastrophes pouvait être notre faute.
Ce que j'en pense :
Ce parallèle entre la vie personnelle de l’autrice et sa recherche des anciens membres d’action directe m’a semblé un peu bizarre et tiré par les cheveux. J’ai failli abandonner la lecture mais j’ai poursuivi jusqu’au bout. Monica Sabolo a une écriture intéressante et ce qui m’a le plus intéressé ce sont les rencontres avec ces personnes d’AD sortis de la clandestinité, surtout dans la deuxième moitié du livre. Le personnage d’Hellyette m’a particulièrement ému.

__________














