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>>> Un effondrement parfait

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

« Je ne vais pas raconter d’histoire, pour une fois. À part des notes prises sur des petits carnets, je n’utilise plus de stylo. Le Montblanc de mon vingtième anniversaire est depuis longtemps comme un soldat abandonné dans le pot à crayons.

Je bénis chaque jour l’existence du traitement de texte parce que j’ai un souvenir épouvantable du dernier roman, assez gros, que j’ai dû taper à la machine.

C’était bruyant, abrutissant, décourageant. Les touches qui trahissent, le ruban qu’il faut changer et qui tache les doigts, les feuillets maculés de correction et de “blanco”.

Le manuscrit ressemblait à un bébé sale, mécontent.

Tout ça, c’est fini et c’est tant mieux. Circonstance aggravante, depuis que j’ai un ordinateur portable, j’écris allongé, de préférence sur un canapé, la tête surélevée par un coussin. Le chat est bienvenu, ainsi que des écouteurs qui passent le plus souvent des compilations de soul et de rhythm and blues.

Quand le chat a faim, je retire les écouteurs et la journée est terminée : je peux enfin me lever. »

Première page :

Les françoiseshardys

Ces grandes filles-là... Je les appelle, dans mon dictionnaire intime, les françoiseshardys. Elles sont un peu trop grandes, un peu trop rêveuses, avec, autour d’elles, comme un sfumato parfumé. Elles sont timides, graciles, silencieuses avec de longs cheveux dans les yeux.

Elles sont du genre, effectivement, à faire des ronds dans l'eau. Elles sont comme un matin calme et quand elles ont froid, elles s'emmitouflent un nombre incroyable d'écharpes ou elles croisent les bras et tirent les manches de leur pull jusqu'au milieu des paumes.

Je me demande si leur nonchalance inquiète, ce n'est pas la manière la plus intelligente et la plus élégante d'être au monde, « soulignant d'un sourire la chanson d'un oiseau ».

Ce que j’en pense :

Ce sont de petits textes , parfois très courts, qui peuvent être considérés comme des anecdotes, des réflexions, des souvenirs… Si tous les textes n’ont pas la même force ils sont dans l’ensemble très agréable à lire. C’est rempli d’humour, de charme et de nostalgie, parfois le billet « d’humeur » un peu plus caustique. Mais c’est souvent très émouvant.

 

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>>> La fête à venir

Publié le par GéHa

 

 

Présentation de l’éditeur :
La Fête à venir, c’est une ode à la liberté, celle qu’on obtient en prenant le risque du chemin de traverse, celle qu’on s’autorise en s’affranchissant des croyances et des habitudes. Chloé, Arès et Donovan ne vont pas marquer l’histoire, ne vont pas changer le monde, mais ils font le vœu de maitriser leurs destins, objectif ambitieux tant les obstacles sont nombreux. Il leur faut la vie et bien plus, il leur faut inventer des rivières et plonger dedans. Ils ne veulent plus être des valeurs marchandes, des variables d’ajustement, ils veulent commencer à imaginer un monde d’après. Ils veulent un prétexte à la fête, même si la fête est éphémère.

Première page :

Mardi

– Tu as vu sa nouvelle voiture ?

Tu ne réponds pas.

La question de ton père s’envole dans les airs et s’écrase

contre le plafond.

– Tu as vu sa nouvelle voiture ?

Tu sais que ce silence agace ton père.

Ta mère regarde ton père qui cherche ton regard.

Il a beau chercher il ne le trouve pas.

Ta mère craint l’étincelle.

Un soupir, un mot de travers et tout peut exploser.

Ta mère éteint la bouilloire électrique, l’eau n’est même pas

chaude.

Elle verse l’eau tiède dans les bols.

La chicorée du mardi a le même goût que celle du lundi.

L’eau est grasse ici.

Grasse et contaminée.

Tu tournes avec une minutie exagérée ta cuillère dans

ton bol de chicorée.

Tu sais que ce petit cliquetis contre le pyrex angoisse

ta mère.

La guerre, ce matin, est déclarée.

– Tu as vu sa nouvelle voiture ?

Tu fixes le carrelage.

Ce que j’en pense :

On reconnaît bien l’écriture de Sylvain Levey : directe, percutante, sans fioriture et tellement juste. Il sait parfaitement nous faire découvrir un personnage en quelques mots et nous faire partager ses émotions. C’est un texte à lire à voix haute et à faire connaître (pas seulement aux ados !)

 

 

 

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>>> Apaiser nos tempêtes

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Les parcours d'Anna et de Cerise n'ont rien de commun. Promise à une brillante carrière, Anna étudie la photographie à l'Université de Washington ; lycéenne, Cerise habite en Californie sous l'emprise totale de sa mère. Lorsque chacune des jeunes femmes tombe enceinte par accident, Anna avorte, et Cerise garde l'enfant. Dix ans plus tard, leur choix aura déterminé le cours de leur vie. D'espoirs en déceptions, de joies en drames, Anna et Cerise, bientôt réunies par le hasard, apprennent à être mères, et à être femmes. Dans ce roman d'une portée universelle et d'une rare force émotionnelle, Jean Hegland raconte le monde au féminin dans ce qu'il a de plus fondamental : le rapport à l'enfant. Au-delà du choix de donner ou non la vie, elle dit combien le fait d'élever nous construit et transforme notre existence.

Première page :

Après tout

Un arbre se dresse sur un versant de colline battu par les vents. Seul entre les cieux qui s’assombrissent et la terre caillouteuse, il tend vers le haut ses branches noueuses, qui sont en pleine floraison. Un soleil bas embrase les nuages lourds, réchauffe son tronc brisé, enflamme ses milliers de fleurs.

L’arbre a presque été fendu en deux – peut-être par la foudre, peut-être par le vent, ou par le poids de ses fruits lors d’un automne trop fécond, il y a longtemps. Une moitié gît au sol à présent, stérile. Mais la moitié vivante se tient fière, parée de fleurs blanches si nombreuses qu’elles semblent en suspens dans l’air lourd. Même les plus petites branches en sont recouvertes, et sur la photo, chaque pétale luit, telle la flamme d’une bougie.

C’est ce nuage efflorescent et lumineux qui attire d’abord le regard. Piégée sous le ciel menaçant, l’improbable multitude de fleurs retient le spectateur lové dans l’instant. La contempler peut le transformer, et de spectateur le muer en témoin – puis, peut-être, en complice.

Ce que j’en pense :

Ce sont deux beaux portraits de femmes et de mères, avec tous les questionnements qui vont avec : quelle vie professionnelle, quelle attitude face à la maternité, à l’avortement, comment faire face au deuil, à la précarité… Autant de sujets qui sont traités dans ce roman. Il y a de superbes passages. L’écriture est fluide, agréable mais le récit m’a paru un peu longuet. On sait que Anna et Cerise vont se rencontrer mais on attend trop longtemps que cela arrive et lorsque cela se produit il me semble que c’est un peu trop tard et on croit un peu moins à leur amitié. J'ai préféré son livre précédent "Dans la forêt".

 

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>>> Dans la forêt

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.

Première page :

C'EST étrange, d'écrire ces premiers mots, comme si je me penchais par-dessus le silence moisi d'un puits, et que je voyais mon visage apparaître à la surface de l'eau — tout petit et se présentant sous un angle si inhabituel que je suis surprise de constater qu'il s'agit de mon reflet. Après tout ce temps, un stylo a quelque chose de raide et d'encombrant dans ma main. Et je dois avouer que ce cahier, avec ces pages blanches pareilles à une immense étendue vierge, m'apparaît presque plus comme une menace que comme un cadeau — car que pourrais-je y relater dont le souvenir ne sera pas douloureux ?

Tu pourrais écrire sur maintenant, a dit Eva, sur l'époque actuelle. J'étais tellement persuadée ce matin que le cahier me servirait à étudier que j'ai dû faire un effort pour ne pas me moquer de sa suggestion. Mais je me rends compte à présent qu'elle a peut-être raison. Tous les sujets auxquels je pense — de l'économie à la météorologie, de l'anatomie à la géographie et à l'histoire — semblent tourner en rond et me ramener inévitablement à maintenant, à ici et aujourd'hui.

Aujourd'hui, c'est Noël. Je ne peux pas l'éviter. Nous avons barré les jours sur le calendrier bien trop consciencieusement pour confondre les dates, même si nous aurions aimé nous tromper. Aujourd'hui, c'est le jour de Noël, et le jour de Noël est une nouvelle journée à passer, une nouvelle journée à endurer afin qu'un jour, bientôt, cette époque soit derrière nous.

À Noël prochain, tout ceci sera terminé, et ma soeur et moi aurons retrouvé les vies que nous sommes censées vivre.

Ce que j’en pense :

C’est un magnifique roman, écrit il y a plus de trente ans, qui montre la fin d’un monde. Ce n’est pas vraiment un récit de science fiction, on ne connaît pas les causes de cet effondrement. C’est une description en huis clos dans une forêt parfois inquiétante mais pleine de ressources C’est superbement écrit. Nous partageons pleinement la vie de ces deux sœurs, avec leurs oppositions, leurs peurs, leur tendresse, leur amour.

 

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>>> Fort Alamo

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Devant la caisse du supermarché, Cyril maudit en silence le type qui l’a doublé l’air de rien. Quelques minutes plus tard, le resquilleur s’effondre sur le carrelage, foudroyé. Pour Cyril, père de famille sans histoires, c’est le début d’une série de faits similaires qui le plongent dans une angoisse existentielle. Ou est-ce plutôt la disparition récente de sa mère, la nécessité de vider la maison de son enfance ? À moins que ce ne soit Noël qui approche, les cadeaux à trouver, le repas chez la belle-sœur…

Mêlant l’humour et la mélancolie, l’acidité et la tendresse, Fabrice Caro excelle dans l’art du gag métaphysique.

Première page :

Je m’étais absenté une minute à peine, le temps de retourner chercher les sacs-poubelle que j’avais oubliés. Quand je suis revenu à la caisse, un type avait fait passer son caddie devant le mien et avait commencé à déposer ses produits sur le tapis roulant. Je me suis retrouvé derrière lui, hagard et désemparé. Il m’a lancé un regard furtif, a replongé le nez dans ses courses, puis m’a regardé à nouveau.

— Oh, le caddie était à vous ?

Cette phrase expéditive était censée l’excuser. Elle signifiait qu’il n’avait pas fait attention qu’un caddie était là. Il l’avait machinalement écarté, pour faire passer le sien, en se disant que quelqu’un l’avait probablement oublié. À aucun moment son intention n’avait été de doubler quiconque, tout ça n’était qu’un malentendu sans grande importance. Tel était le message. Son caddie à lui était plein, il déposait ses courses avec application, j’ai regardé l’heure, jamais je n’arriverais à temps pour récupérer Aurore à la sortie du collège, mon rythme cardiaque s’est accéléré.

Ce que j’en pense :

J’ai toujours préféré les bandes dessinées aux romans de cet auteur. Jusqu’à présent les BD de Fab Caro m’ont beaucoup fait rire, ses romans beaucoup moins. Je suis bien mieux rentré dans l’humour de ce roman. C’est très bien écrit et le récit est bien conduit. On trouve dans chacun des personnages (et chez le narrateur) beaucoup de choses qui nous appartiennent. Il y a de l’humour et du sérieux,de la tendresse sans mièvrerie.

 

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>>> Alors c'est bien

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

« Il faut que je raconte cette histoire tant qu’il me reste de la peinture bleue sur les mains. Elle finira par disparaître, et j’ai peur que les souvenirs s’en aillent avec elle, comme un rêve qui s’échappe au réveil et qu’on ne peut retenir. Avec ce bleu, j’ai peint le cercueil de Papa. »

Bernard Mélois est sculpteur. Il a consacré son existence à souder des figures spectaculaires dans le capharnaüm de son atelier, en chantant sous une pluie d’étincelles. Alors qu’il vit ses derniers jours, ses filles reviennent dans leur maison d’enfance. En compagnie de leur mère, des amis, des voisins, elles vont faire de sa mort une fête, et de son enterrement une œuvre d’art. Périple en Bretagne pour faire émailler la croix, customisation du cercueil, préparatifs d’une cérémonie digne d’un concert au Stade de France : l’autrice raconte cette période irréelle et l’histoire de ce père hors du commun dont la voix éclaire le récit.
D’une fantaisie irrésistible, Alors c’est bien offre un regard sensible et inattendu sur la perte et la filiation. C’est aussi l’hommage de l’artiste Clémentine Mélois à son père, ce bricoleur de génie qui lui a transmis son humour inquiet, son amour des mots et son vital élan de création.

Première page :

Il faut que je raconte cette histoire tant qu’il me reste de la peinture bleue sur les mains. Elle finira par disparaître, et j’ai peur que les souvenirs s’en aillent avec elle, comme un rêve qui s’échappe au réveil et qu’on ne peut retenir.

Avec ce bleu, j’ai peint le cercueil de Papa. Un bleu RAL 5002 fabriqué à la demande chez un marchand de peinture absurde, dans un hangar à moitié vide derrière le Leclerc de Villers-Cotterêts. C’est très pratique : on donne la référence, une machine mélange et on repart avec son pot fait sur mesure.

J’étais soulagée que le vendeur ne me demande pas à quel usage je le destinais. C’est pour l’intérieur ou l’extérieur ? Pour une cuisine ou une salle de bains ? Non, c’est pour le cercueil de mon père, il est mort hier et on va lui faire un enterrement de pharaon.

Au « showroom » des pompes funèbres, une demi-douzaine de demi-cercueils de démonstration occupaient un pan de mur, pudiquement occulté par un rideau gris le temps de remplir les papiers.

Ce que j’en pense :

C’est un récit tendre, pudique, bouleversant et drôle, débordant d’amour. Écrire sur la mort de son père, sur la préparation de son enterrement cela aurait pu être triste, « plombant » mais l’autrice en a fait une histoire bouleversante qui peut nous faire couler parfois quelques larmes mais qui, la plupart du temps nous fait rire et sourire. Elle a su nous faire partager ce moment particulier très intime en compagnie de son père, de sa mère et de ses sœurs. Un coup de cœur.

 

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>>> Mammouth

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Jeune lesbienne sans attaches, la narratrice de Mammouth décide de tomber enceinte. Elle organise une fête clandestine de fécondation, prend les hommes au hasard, abandonne son travail universitaire et quitte Barcelone pour s’installer seule dans un mas décrépit sur des hauteurs isolées quelque part en Catalogne.

Une nouvelle vie commence alors, une vie à l’état brut, ramenée à l’essentiel. Elle fait des ménages, biberonne des agneaux, gagnant tout juste de quoi se nourrir et constituer son garde-manger pour l’hiver. Pour tromper la solitude, il n’y a que le berger d’à côté et Toc-Toc, le chien crasseux qui s’est invité chez elle. Peu à peu, une transformation s’opère, vécue au plus près du corps, comme un devenir-animal.

Première page :

Le jour où je devais me mettre enceinte était celui de mes vingt-quatre ans et j’ai organisé une fête d’anniversaire qui cachait en réalité une fête clandestine de fécondation. Certains de mes colocataires m’y ont aidée. Ils ont appelé des amis et des connaissances. Leurs amis pouvaient inviter leurs propres connaissances. J’avais besoin de gens, le plus possible. Rassembler une multitude, la fourmilière où les gestes épiques passent inaperçus. Je voulais être mère célibataire, que jamais un père ne me réclame sa part. C’était en avril et le printemps défonçait les grandes fenêtres de ses immenses goulées de vie en suspension. Cette clarté démesurée me faisait me sentir féconde, je l’avalais comme un remède, je croyais en elle, à sa fonction préparatoire qui faisait de mon ventre une chapelle. Après le déjeuner, je m’allongeais sur le canapé-lit de ma chambre, adossée aux vitres donnant sur le zoo, et je m’abandonnais à cette lumière….

Ce que j’en pense :

Le personnage de la narratrice ne suscite guère d’empathie. Et pourtant, on la suit parfaitement dans ses envies, ses désirs, son environnement, ses réflexions, ses instincts, sa singularité. C’est souvent âpre, violent, sauvage, presque animal. L’écriture est directe, sans aucune fioriture, parfaitement adaptée au contenu.  C’est un livre très original, étrange, qui donne envie de découvrir d’autres ouvrages de cette autrice.

 

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>>> Le français n'existe pas

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Saviez-vous que dire « au coiffeur » n’est plus vraiment une faute, que l’Académie française, c’est du flan, que Villers-Cotterêts est un mythe, que, jusqu’au XIXe siècle, le français est la langue de seulement quinze départements, que Brassens et Gainsbourg n’accordaient pas toujours les participes passés dans leurs chansons ? Saviez-vous qu’aujourd’hui, quoi qu’on en dise, la langue française se porte à merveille ?

Dans ces chroniques iconoclastes, parsemées de révélations cocasses et troublantes, Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, deux comédiens belges qui furent professeurs de français passionnés de linguistique, réinventent notre rapport à la langue avec humour et ironie. Un exercice totalement décomplexé et vivifiant qui n’épargne pas les puristes, bouscule les idées reçues et redore le français de couleurs nouvelles.

Adapté des chroniques de l’été de France Inter Tu parles !

Première page :

Oh ! Ce « Oh! » d'Alain Finkielkraut quand le linguiste Bernard Cerquiglini lui parle de son « fonds de commerce réactionnaire ». Ce « Oh ! » offusqué, c'est celui d'une bonne partie des Françaises et des Français aujourd'hui. Finkielkraut, c'est un type qui dit parfois tout haut ce que tout le monde pense tout haut. Alors aujourd'hui, on est venus avec une bonne nouvelle pour tous les amoureux et les amoureuses de la langue française : le français va très bien !

Le vocabulaire ne se rabougrit pas, la syntaxe ne s'effondre pas, le français n'est pas en train de disparaitre. Sur environ trois mille langues mondiales connues, la langue française oscille entre la deuxième et la cinquième place en fonction du choix des indicateurs, et le nombre de ses locuteurs et locutrice est en perpétuelle croissance (10 % de plus depuis 2014). Elle est la langue officielle de trente-sept États, elle reste dès lors la deuxième langue du monde sur le plan géopolitique.

Cela dit, ce n'est pas parce que le français progresse dans k monde qu'il ne peut pas s'appauvrir dans l'usage qu'on en fait.

Ce que j’en pense :

J’ai découvert ces auteurs grâce à leur spectacle « La convivialité ». On retrouve dans ces chroniques la plupart des thèmes abordés dans le spectacle mais c’est beaucoup plus technique et très référencé. C’est donc un peu plus ardu mais on apprend énormément de choses. A partir d’aujourd’hui, j’ai décidé, comme les auteurs de ce livre qui n’a rien à voir avec une grammaire, de ne plus accorder les participes passés avec avoir. (exemple : « Les livres que j’ai lu »)

 

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>>> Un perdant magnifique

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

C’est l’histoire d’un homme qui revient après une longue absence. Il s’appelle Jacques. Il est très malade. Pourtant, il ne cesse d’échafauder des projets dont il parle à sa belle-fille pendant leurs nuits d’insomnie. Jacques est un personnage. Un original. Et un homme d’affaires. Avec lui, la vie devient un spectacle qu’il met en scène comme une sorte de magicien.

C’est l’histoire d’une jeune fille, Anna, qui vit au Havre avec sa mère et sa sœur Irène. Jacques est son beau-père. Quand il débarque, à la veille de Noël, il impose à toute la famille des règles nées de son humeur fantasque. Menteur, sincère, tyrannique, dépensier, enthousiaste, sa folie ne cesse d’inquiéter Anna. Mi-gentleman, mi-clochard, c’est un illusionniste pour qui la réalité n’est qu’une hypothèse parmi d’autres.

Ça se passe au Havre, à Abidjan, à Rome. Dans les années 80. Les filles boivent du gin en regardant Rocky. Les jours filent vers une issue prévisible.

C’est l’histoire d’une faillite. Celle de Jacques, bien sûr. Et la fin d’une jeunesse, dont le souvenir reste une blessure ouverte.

Première page :

Il somnolait toute la journée, assis sur le canapé, la tête renversée en arrière, les mains à plat sur ses genoux. Il était devenu très maigre. J'étais fascinée par l'armature de ses os sous le pyjama. Ses yeux s'étaient creusés. Quand il les ouvrait, il avait l'air méchant ; quand il les fermait, il avait l'air d'un mort. De temps en temps, je m'approchais pour vérifier qu'il respirait toujours. J'avais peur qu'il meure sans bruit près de moi, sans que je m'en aperçoive.

La nuit venue, il s'éveillait. Il furetait dans la cuisine comme un insecte. Une fourchette à la main, il mangeait devant le frigo ouvert trois rondelles de concombre, deux macaronis coagulés, quelques petits pois. Il trouvait tout mauvais et se jetait alors sur ce qu'il y avait de plus sucré.

Il s'énervait parce que ma mère avait une façon irrationnelle, selon lui, de ranger les choses. Il ouvrait toutes les portes des placards, tous les tiroirs, furieux contre moi parce que j'étais complice ou que je n'étais pas fichue de devancer ses désirs et de lui venir en aide. Quand il était rassasié, il fumait, entouré de barquettes de fromage blanc vides, de pots de confiture ouverts, de cellophanes froissées.

Ce que j’en pense :

C’est un roman tout en nuances, qui porte parfaitement son titre. L’autrice sait nous montrer les ambiguïtés de ce personnage principal, à la fois attirant, magnifique et souvent détestable. Les trois personnages féminins sont parfaitement rendus. Le style précis et fluide montre parfaitement cette atmosphère très particulière. Pour moi, un coup de cœur.

 

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>>> Supplément d'âme

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Comment la vie de dizaines de personnes peut-elle être bouleversée par la disparition d’un seul homme? Comment cette disparition peut-elle provoquer une belle rencontre amoureuse? Kokor distille sa petite mélodie du bonheur à travers un grand récit romantique et loufoque, où l’humour le dispute à la poésie.

Extrait :

 

Ce que j’en pense :

Une balade entre réel et imaginaire dans un Dublin tout en nuances légères et dégradées. C’est beau mais cela devient un peu monotone. L’histoire se met en place assez doucement avec cet homme-oiseau ou homme-poisson qui disparaît. C’est poétique mais sans doute pas assez pour nous entrainer vraiment.

 

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