Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

>>> La petite dernière

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Je m’appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière. Celle à laquelle on ne s’est pas préparé. Française d’origine algérienne. Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper-inadaptée. J’écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J’ai fait quatre ans de thérapie. C’est ma plus longue relation. L’amour, c’était tabou à la maison, les marques de tendresse, la sexualité aussi. Je me croyais polyamoureuse. Lorsque Nina a débarqué dans ma vie, je ne savais plus du tout ce dont j’avais besoin et ce qu’il me manquait. Je m’appelle Fatima Daas. Je ne sais pas si je porte bien mon prénom.

Première page :

Je m’appelle Fatima.

Je porte le nom d’un personnage symbolique en islam.

Je porte un nom auquel il faut rendre honneur.

Un nom qu’il ne faut pas « salir », comme on dit chez moi.

Chez moi, salir, c’est déshonorer. Wassekh, en arabe algérien.

On dit darja, darija, pour dire dialecte.

Wassekh : salir, foutre la merde, noircir.

C’est comme « se rapprocher » en français, c’est polysémique.

Ma mère utilisait le même mot pour me dire que j’avais sali mes vêtements, le même mot quand elle rentrait à la maison et qu’elle trouvait son Royaume en mauvais état.

Son Royaume : la cuisine.

Là où l’on ne pouvait pas mettre les pieds ni la main.

Ma mère détestait que les choses ne soient pas remises à leur place.

Il y avait des codes dans la cuisine, comme partout ailleurs, il fallait les connaître, les respecter et les suivre.

Ce que j’en pense :

En lisant les premières pages on se dit que ce livre sera vraiment original, que le sujet parait intéressant. Et puis, au fil du roman, on perd complètement plaisir à la lecture. Les répétitions en début de paragraphe deviennent énervantes, sans justification. On n’arrive pas à éprouver de l’empathie avec la narratrice. On frise donc l’ennui. Grosse déception pour ce livre paru chez une excellente maison d’édition.

 

Voir les commentaires

>>> Le passé ne doit pas mourir

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Lorsque Oscar Dreyer-Hoff, quinze ans, disparaît, la police ne sait que penser. Le canot en bois de la famille s’est volatilisé et le jeune garçon a laissé derrière lui une lettre un peu étrange, suggérant une fugue. Peut-être vers l'une de ces forteresses maritimes dont on distingue au loin les phares. Pourtant, cette hypothèse ne convainc pas l’inspecteur Jeppe Kørner et sa coéquipière Anette Werner qui, en creusant, ne vont pas tarder à s'approcher de secrets que tout le monde croyait bein enfouis. L'urgence, alors, monte d'un cran : à chaque heure qui passe, les chances de retrouver l'adolescent en vie s’amenuisent.

Première page :

Après un week-end passé au lit, Michael se réveilla avec la sensation d'avoir du verre pilé plein la gorge. Il venait juste de remonter la couette sur sa tête fiévreuse et de décider de se faire porter pâle quand sa femme se posta au pied du lit, les bras croisés, en lui lançant son regard implacable. Michael se leva. Elle avait raison, après tout. Il ne travaillait pas à l'incinérateur depuis très longtemps et il ne pouvait pas se permettre de faire mauvaise impression.

Un mélange de paracétamol et de café noir dans l'estomac, il prit sa voiture pour se rendre sur Refshaleoen, l'ancien chantier naval de Copenhague désormais en pleine réhabilitation. La radio diffusait en alternance des tubes sirupeux et des publicités revigorantes, et progressivement, il se sentit mieux. Il se gara, salua de la tête les gardiens à la réception et monta en ascenseur jusqu'à la salle du personnel pour se changer. Ce n'était pas vraiment nécessaire, car la dépression générée dans le silo à déchets hermétique rendait l'installation qui l'entourait en grande partie inodore, mais Michael enfilait toujours sa combinaison. Il laça ses chaussures de sécurité, mit son casque et traversa l'usine, les genoux courbaturés par la grippe.

Les passerelles autour du silo formaient un monde d'acier, de vannes, de panneaux de contrôle, de chaudières et d'écrans.

Ce que j’en pense :

Lecture plutôt agréable mais loin d’être mémorable. Le suspens est maintenu tout au long du roman, parfois de manière un peu formelle. Il y a beaucoup de personnages, sans doute trop et les thèmes abordés, s’ils sont intéressants sont également trop nombreux.

 

Voir les commentaires

>>> Le chien des étoiles

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Écoutez bien ce que je vais vous dire parce que dans l’instant c’est la nuit qui parle pas moi et c’est une voix pure, alors je serai pas capable de la refaire ensuite.
Gio a vingt ans, peut-être un peu plus. Sa vie n’est plus la même depuis qu’un lâche lui a planté un tournevis dans le crâne. Désormais, Gio voit ce que peu de gens devinent. La beauté de la nuit. L’appel des chouettes. La grandeur de ses amis Papillon et Dolores. Étonnant road movie gitan, Le Chien des étoiles est le roman de leur destin, un périple cruel et doux dans le monde des humains.

Première page :

— Regardez-moi cette gueule de crasse qu'est de retour !

Le Père s'avance, son visage se fend d'un sourire. Il range son canif, jette le bout de bois qu'il était en train d'épointer, écarte les bras.

Ça, c'est de la carne de mon sang, ça s'en va pas pour de bon à la première misère. Nom de nom mon fils, t'es beau comme si t'étais plus neuf qu'avant !

Il attrape Gio et le serre contre lui.

— Fais voir ton pansement, où c'est qu'ils t'ont esquinté, qu'il dit, solennellement, en prenant du recul.

La Mère saisit le sac de Gio, lui tape sur la manche quatre fois, et tire dessus pour qu'il ramène sa joue à bonne hauteur. Gio ploie. Elle l'embrasse, ça fait un bruit sec et sans salive puis elle s'en va par le chemin qui remonte. Gio regarde. C'est bien le chemin qui remonte jusqu'à la cabane. La Mère y consacre de si petits pas.

Il revient au Père. Hoche la tête. Fait jaillir sa tignasse d'une casquette. Puis se penche sur le côté pour présenter le champ de bataille sous le bon angle…

 

Ce que j’en pense :

J’avais lu son précédent roman qui était déjà excellent, mais celui-ci lui ai encore supérieur. Il faut vraiment découvrir l’écriture de cet auteur. C’est vrai que son univers peut paraître assez noir (moins que « Le démon de la colline aux loups ») mais il y a toujours des étoiles et des trouées de lumière dans ce livre. Le personnage principal et les deux enfants sont un magnifique condensé d’humanité, entre douceur et violence. C’est un conte moderne et, pour moi, un très bon coup de cœur.

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

>>> Champs de bataille

Publié le par GéHa

 

Présentation de l’éditeur :

Il est une guerre qui n´est jamais mentionnée dans les livres d´histoire. Une guerre à la terre et à la paysannerie. Elle a meurtri les paysages et divisé les villages avant de disparaître de la mémoire collective. Pourtant, de la Bretagne aux Ardennes en passant par le Limousin, des femmes et des hommes se souviennent.  

Pendant près de quatre ans, la journaliste Inès Léraud est allée à la rencontre des témoins du remembrement. Face aux politiques qui les expropriaient et aux bulldozers qui arrachaient les arbres, certains se sont révoltés, d´autres ont embrassé les promesses de progrès. 

En s´appuyant sur les recherches historiques les plus récentes, ce récit raconte comment l´État et ses cohortes d´ingénieurs se sont employés à tailler les campagnes sur mesure pour faire de la terre un simple support de production au mépris des habitants et du vivant.  

Avec cette nouvelle enquête, les auteurs d´Algues vertes, l´histoire interdite, remontent aux origines d´une catastrophe écologique et sociale dont les conséquences sont plus que jamais visibles aujourd´hui.

 

Extraits :

 

 

 

Ce que j’en pense :

Très bonne BD, à offrir au maximum de personnes. C’est de l’excellent travail d’enquête, très bien documenté. Les gens de ma génération qui ont connu ces évènements s’y retrouvent complètement et de façon émouvante. Pour les autres, cette BD pourra sans doute ouvrir quelques portes vers une agriculture vraiment paysanne.

 

 

Voir les commentaires

>>> Ultramarins

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

«Ils commencent par là. Par la suspension. Ils mettent, pour la toute première fois, les deux pieds dans l'océan. Ils s'y glissent. A des milliers de kilomètres de toute plage.»

A bord d'un cargo de marchandises qui traverse l'Atlantique, l'équipage décide un jour, d'un commun accord, de s'offrir une baignade en pleine mer, brèche clandestine dans le cours des choses. De cette baignade, à laquelle seule la commandante ne participe pas, naît un vertige qui contamine la suite du voyage. Le bateau n'est-il pas en train de prendre son indépendance ?

Ultramarins sacre l'irruption du mystère dans la routine et l'ivresse de la dérive.

Première page :

Dans le geste connu, le geste de travail, dans le geste refait chaque jour, un espace s'est glissé. Un tout petit espace blanc inexistant jusqu'alors, une seconde suspendue. Et dans la seconde suspendue, la seconde imprécise, toute la suite de la vie s'est engouffrée, a pris ses aises, a déroulé ses conséquences.

Elle en a la conscience nette, parce que c'est dans son corps que le petit écart s'est frayé un chemin, elle n'a pas d'argument médical à avancer, elle ne pourrait même pas dire que c'est grave, regrettable, ennemi, une traversée de soi par un lent courant d'air. Un souffle contre lequel il faut bander les muscles un peu plus fermement.

Elle ne sait pas si la faiblesse a précédé la décision, ou si tout est arrivé d'un coup quand à la fin d'un repas elle a dit: « D'accord.» Elle ne sait pas si c'est à l'intérieur d'elle que se logeait le désir de céder ou si quelqu'un dans l'équipage, d'un mot ou d'un regard, a pénétré sa froideur nécessaire. Elle croit que maintenant l'intérieur de son ventre est plus poreux aux vents marins.

 

Ce que j’en pense :

Roman assez mystérieux, envoûtant, étrange, un brin fantastique, avec une très belle écriture poétique. Il faut se laisser emporter par le flux, le mouvement, les vagues et les suspensions de ce récit et accepter que nos vies peuvent, comme le bateau, dériver, s’extraire du temps, de l’espace.

 

Voir les commentaires

A l'abri des hommes et des choses

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Cet été-là, rien ne sera pareil, elle le sent. D’abord, c’est Titi, sa mère et sœur deux en un, qui la laisse tomber pour aller conter fleurette au conducteur de ferry. Et Élène, qui tient si bien les services sociaux à distance, vient l’embêter avec des histoires de puberté – même que c’est pour ça que son corps change. Elle, le changement, ça ne lui dit rien ; elle est déjà suffisamment différente comme ça, avec ses doigts croches et ses cheveux de lainages. Et puis il y a cet étranger qui se baigne dans sa rivière, auprès de qui elle se sent bizarre et plus grande tout à coup. Cet été-là, c’est sûr, rien ne sera pareil.

Première page :

La nuit je les entends mourir

J’habite quelque part où, la nuit, j’entends les souris qui meurent. Clap. Clap. Elles ne font pas de bruit sauf des fois, elles se font prendre par la queue et courent avec le machin qui les suit. J’ai peur de les voir courir ou mourir. Si j’ai à aller faire pipi, je mets ma main devant ma face et je chante un deux trois, c’est le chat, même si c’est pas vrai, on n’a pas d’animal domestiqué. Juste pour leur faire encore plus peur. Je me demande si on peut mourir de peur ou en perdre tous ses cheveux ou qu’ils deviennent tout gris. Titi dit que tous ses cheveux gris sont à cause de moi, quand je ne suis pas contente. Je ne sais pas comment elle peut être pas contente quand c’est moi qui le suis pas, c’est-à-dire laissez-moi en paix avec ma souffrance.

Notre maison n’est pas propre propre. Elle sent fort le café, la poussière, l’encens et la luzerne. Le mobilier est creusé par la forme de nos fesses (petites dans mon cas, j’ai toujours la même place sur la causeuse), la terre des plantes est renversée, les verres ont des taches de doigts dessus, puis on trouve toutes sortes de cochonneries dans les assiettes quand on les sort de l’armoire, comme des crottes d’on sait qui.

 

Ce que j’en pense :

Un livre très original qui se lit plutôt lentement si on veut vraiment « jouir » de cette langue très poétique, avec quand même beaucoup de tournures québécoises. C’est un roman qui montre de façon profonde les tourments d’une adolescente très différente. C’est également un magnifique portrait, à la fois sensible et rude, de ces trois femmes : Titi, Elène et la narratrice.

.

 

Voir les commentaires

Les routes oubliées

Publié le par GéHa

Présentation de l’éditeur :

Beauregard Montage a décidé de se ranger. Père et mari aimant, il veut mettre derrière lui ses années de prison, son passé de chauffeur pour les petites frappes locales, et offrir aux siens la stabilité qu'il n'a jamais connue. Mais à Red Hill, petite ville rurale de Virginie, la vie d'un Afro-Américain ressemble encore souvent à un couteau planté sous la gorge. Et quand la pression financière se fait trop forte, Beau sait qu'il n'a plus le choix : il doit reprendre du service. Le coup semble gagné d'avance : un braquage dans une petite bijouterie, une fuite sur les chapeaux de roue, une piste intraçable. Mais le casse tourne mal. Pour Beau, le compte à rebours est lancé.

 

Première page :

Shepherd's Corner, Virginie 2012

Beauregard songea que le ciel nocturne ressemblait à une peinture.

Alors que la lune apparaissait derrière les nuages, des rires s'élevèrent pour être aussitôt noyés sous les rugissements des moteurs. Les basses d'une Chevrolet Chevelle garée à proximité vibraient si fort dans la poitrine de Beauregard qu'il avait l'impression qu'on lui prodiguait un massage cardiaque. Devant l'ancienne supérette, il y avait un peu plus d'une douzaine de ces « classiques » américaines : une Ford Maverick, deux Chevrolet Impala, quelques Chevrolet Camaro et cinq ou six autres grosses cylindrées vestiges du même âge d'or. L'atmosphère était fraîche et il flottait dans l'air une odeur d'essence et d'huile de moteur à laquelle se mêlait celle, âcre et puissante, des gaz d'échappement et du caoutchouc brûlé. En fond, une chorale de grillons et d'engoulevents tentait de se faire entendre. Beauregard ferma les yeux et tendit l'oreille jusqu'à percevoir ce chant à peine audible. C'était un chant d'amour. Et il se dit que beaucoup de gens passaient une grande partie de leur vie à tenter ainsi de hurler leur amour.

 

Ce que j’en pense :

Le personnage principal est très intéressant et on s’y attache assez facilement (même si sa violence peut parfois être sans limite !). Le récit est rythmé par de nombreuses courses poursuites, c’est par moments assez convenu mais c’est bien fait et la lecture est vraiment agréable. C’est un roman très noir qui peut donner une vision assez désespérée de certaines régions des USA.

 

Voir les commentaires

Femme de cabane

Publié le par GéHa

Femme de cabane

"Femme de cabane" de Mario Alonso - éditions Cours toujours

Présentation de l'éditeur :

Un roman-poème plein de délicatesse, au bord d’un océan capricieux et autour d’une femme dont on sait peu de choses : couturière spécialisée dans les robes de mariée (qui ne se vendent plus), mère d’une fille en train de devenir garçon, en déshérence sociale et sentimentale. Tout l’art de Mario Alonso est de nous immerger en douceur et en vers libres dans son univers mystérieux et sensoriel, et de conduire son personnage sur un chemin poétique avec une écriture aux accents incantatoires et qui va à l’essentiel.

Première page :

LA MER S'EST RETIRÉE et ne revient pas

Le flot aurait dû envahir l'estran

Le niveau des chenaux remonter depuis longtemps

Mais le paysage retient son souffle

La mer navigue quelque part à la surface de la terre

Impossible de la voir depuis notre île

 

L'inquiétude nous fait quitter les claires

Aller voir plus loin ce qui se passe

Nous sommes là sans nouvelles

Livrées à nous-mêmes

Personne ne vient nous parler

Nous demeurons dans l'attente d'un signe

Et toujours en vie

 

Le courant a emporté le monde

Plus rien n'indique son retour

La communauté est sans travail

Depuis nous sommes sans voix

Ce que j'en pense :

Magnifique « roman-poème » acheté dans un café librairie de bord de mer à Penestin où il y a .beaucoup d’ostréiculteurs. Je n’étais donc pas trop dépaysé par ces descriptions du travail dans cette région. On a envie de lire à voix haute cette histoire qui pourrait sembler triste mais qui ne l’est finalement pas. Il y a des rapprochements étonnants entre les coquilles d’huîtres et la dentelle, les robes de mariée et les marées… Dommage que l’on perde un peu la dimension poétique lorsque les rimes avec le son [e] deviennent trop fréquentes surtout vers la fin du livre. Mais c'est malgré cela un très beau coup de coeur.

Femme de cabane

__________

Si vous avez l'occasion de passer près de cette librairie, n'hésitez pas : entrez, dégustez, découvrez...

Voir les commentaires

Guerre à Gaza

Publié le par GéHa

Guerre à Gaza

"Guerre à Gaza" de Joe Sacco - Futuropolis

Présentation de l'éditeur :

Joe Sacco ne pouvait être indifférent ni aux attaques du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, ni aux conséquences tout aussi dramatiques sur Gaza. Même s'il n'aime pas dessiner dans l'immédiateté de l'actualité, Joe Sacco sait que sa voix sur la Palestine peut compter. Une voix morale. Il a donc décidé de prendre du temps en plus pour dessiner un pamphlet sur l'horreur de la guerre à Gaza. En une trentaine de pages corrosives, il aborde le thème de la guerre, du traitement politique de celle-ci par les États-Unis et Israël, par les médias. Un pamphlet qui mêle l'universel et l'intime.

Extrait :

Guerre à Gaza

Ce que j'en pense :

C’est un livre-cri de douleur et de honte, écrit avant la victoire de Trump aux élections américaines. Bravo aux éditions Futuropolis d’avoir édité ce petit livre malgré le risque d’accusations antisémites (en particulier en France). Où sont nos beaux principes à nous les occidentaux ?

Guerre à Gaza

 

 

___________

Voir les commentaires

Dire Babylone

Publié le par GéHa

Dire Babylone

"Dire Babylone" de Safiya Sinclair - Buchet-Chastel

Présentation de l'éditeur :

Cette histoire commence au bord de la mer des Caraïbes, sur un petit carré de plage jamaïcaine préservé des constructions d’hôtels de luxe qui envahissent la côte. Ici, la jeune Safiya grandit avec ses frère et sœurs entre une mère éprise de littérature et un père musicien de reggae qui obéit strictement aux préceptes rastafaris. Safiya évolue dans une Jamaïque pleine de musique, de mots, de nature triomphante, mais aussi dans un foyer marqué par l’oppression. Le père de Safiya y règne en maître, et inculque à ses enfants dès leur plus jeune âge l’horreur de « Babylone », qui désigne autant le maquillage ou la danse que la royauté britannique ou les violences policières.

Alors que Safiya voit sa mère se plier en silence aux exigences grandissantes de son père, la jeune fille choisira la voix de l’éducation et de la littérature pour découvrir qui elle est vraiment, et le faire savoir. Récit puissant d’un destin hors du commun, Dire Babylone est la preuve éclatante que la littérature peut changer le cours d’une vie.

Première page :

Derrière le voile des arbres, des voix nocturnes chatoyaient. J’étais sous la véranda de la maison familiale, à Bickersteth, aux petites heures d’après minuit, debout à l’orée solitaire de l’être femme, scrutant la mer. À cet instant, mon lieu de naissance, une tache minuscule sur le littoral caché par la forêt inextricable en contrebas, se situait à une trentaine de kilomètres de distance, dans l’obscurité. Quand j’étais petite ma mère m’avait appris à lire les vagues de son rivage aussi attentivement qu’un poème. Rien n’était brisé que la mer ne pouvait réparer, disait-elle toujours. Mais depuis cette bourgade à flanc de colline cernée d’un bataillon de montagnes, notre mer n’était qu’une idée dans le lointain. Je tendais mon visage dans la fraîcheur de l’air et j’écoutais.

La terre d’ici formait le soubassement de notre pays. La campagne jamaïcaine touffue où était née notre première rébellion d’esclaves. Ces montagnes qui s’affaissaient vers la profondeur des terres avaient toujours été notre sanctuaire, ces coteaux et cette craie adoucis par le temps, ces cavités caverneuses qui ressemblaient à des cockpits envahis par la broussaille, offrant à la fois un refuge et une forteresse aux asservis qui s’étaient enfuis.

Ce que j'en pense :

C’est un magnifique récit de libération et un très beau portrait de femmes (l’autrice et sa mère). On découvre également cette île de la Jamaïque et on apprend énormément sur le mouvement rastafari qui n’avait pas que des côtés positifs ! On oublie les clichés sur le reggae, Marley, les dreadlocks, les plages paradisiaques et le cannabis. C’est très bien écrit, plein de poésie mais j’ai trouvé dans ce livre quelques répétitions et des longueurs.

Dire Babylone

 

___________

Voir les commentaires