Attends-moi au ciel
"Attends-moi au ciel" de Carlos Salem - Actes Sud (actes noirs)
Présentation de l'éditeur :
Quand Piedad de la Viuda, une femme séduisante et dévote au seuil de la cinquantaine, s’éveille ce lundi-là, elle ignore que sa vie va basculer à jamais. Un mois plus tôt, Benito, son époux, dont le succès dans les affaires doit tout à la fortune de sa belle-famille, est décédé dans un accident de voiture. Brusquement, elle s’aperçoit que son mari n’était pas celui qu’elle croyait : des années durant il a détourné de grosses sommes, et il s’apprêtait à s’enfuir avec sa jeune maîtresse. Sa mort, quant à elle, ne serait pas accidentelle. Ébranlée par ces révélations, Piedad se donne pour mission de sauver l’entreprise familiale, lourdement endettée, et de récupérer la centaine de millions d’euros cachée par Benito avant ceux qui entendent eux aussi mettre la main sur cet argent. En l’espace d’une folle semaine, Piedad la bigote va devoir s’aventurer dans les bas-fonds madrilènes, devenir une femme fatale, et une meurtrière.
Avec «Attends-moi au ciel», Carlos Salem signe un nouveau polar déjanté, sensuel et burlesque. Pas très catholique.
Première page :
Ce matin, au réveil, j’ai calculé qu’il me restait une semaine avant mes cinquante ans, j’ai eu de la peine pour Toby, le chien des Alcántara, et je me suis rappelé les avant-derniers mots de Benito, mon mari. Tout ça en même temps.
Toby a repris ses aboiements plaintifs. J’ai compati au malheur de cette pauvre bête, reléguée dans la cour quelques mois seulement après avoir été offerte aux enfants comme une simple peluche. J’ai aussi pensé aux pauvres Alcántara. Parce que si les hurlements de Toby m’empêchaient de dormir alors que je vis à cinquante mètres, pour eux ça devait être une torture. Puis je me suis souvenue que les Alcántara étaient partis en vacances et avaient laissé Toby aux bons soins de Paco, le gardien de la résidence, qui lui donne à manger et change son eau une fois par jour. Quand il n’oublie pas. C’est que le pauvre Paco est débordé avec tout ce qu’il y a à faire dans la résidence. J’ai décidé qu’à la prochaine réunion de copropriétaires je proposerais qu’on augmente son salaire. Évidemment, ça risque de ne pas plaire à tout le monde, parce que de nombreux voisins se plaignent de ce que Paco ne fait rien, mais je défendrai mon point de vue à l’aide d’un des imparables proverbes de papa ou d’une citation quelconque de sa collection.
Ce que j'en pense :
Voilà un roman noir très original qui peut surprendre agréablement. C’est plein d’humour, souvent noir, parfois assez « coquin » et même burlesque. L’auteur semble s’amuser en inventant toutes sortes de rebondissements, en nous faisant suivre un drôle de jeu de piste. Le dialogue entre Piedad et son double est absolument succulent. Il faut se laisser surprendre par ce livre déjanté et jubilatoire.

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