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Là où sont les oiseaux

Publié le par GéHa

Là où sont les oiseaux

"Là où sont les oiseaux" de Marren Uthaug - Gallmeister

Présentation de l'éditeur :

Au large de la Norvège se dresse, inébranlable, le phare de Kjeungskjær. Coupés du monde, les habitants de cette contrée soumise aux lois de la nature vivent dans un profond isolement. Johan rêve de fuir vers l’Amérique avec la belle Hannah, son premier amour. Mais pour subvenir au besoin de sa vieille mère, le jeune homme devient le gardien du phare et prend pour épouse la fille du pasteur, Marie. Rapidement, Marie met au monde deux enfants, Darling et Valdemar. Seulement ici, les liens familiaux sont des chaînes qui, une fois brisées, libèrent la folie de chacun. Les années s’écoulent, épuisantes, au gré de féroces tempêtes. Johan, Darling, Marie… les apparences sont trompeuses et, à mesure que le temps passe, de sombres désirs se réveillent. 
Dans un décor glacé, Maren Uthaug signe une saga familiale à trois voix, qui brûle d’un désir ardent de liberté.

Première page :

Phare de Kjeungskjær, 1920
 
IL N’AVAIT PAS EU une pensée claire depuis longtemps. Une pensée qui ne disparaisse pas dans le lourd brouillard qui pesait sur lui. Peut-être le brouillard pesait-il aussi sur le phare, il n’en était plus très sûr. Mais ce jour-là, Lassen savait ce qu’il voulait. Et cette perspective le réjouissait. Il avait cru qu’il s’habituerait à la solitude sur l’îlot, dans le phare, et à son absence. Elle qui durant vingt-et-un ans avait été seule, ici, à ses côtés. Ils n’avaient jamais eu d’enfants, mais des chiens. Les uns avaient remplacé les autres.
L’animal s’asseyait toujours à ses côtés dans la tour, sauf quand il faisait trop chaud et qu’il se réfugiait dans la cave. Lassen avait bricolé la porte de la salle de veille de façon à ce que la poignée soit assez basse pour que son brave compagnon puisse l’ouvrir lui-même, de l’intérieur comme de l’extérieur.
Depuis qu’elle était partie, il ne parlait plus à personne, à part au chien. Deux kilomètres le séparaient de la côte et d’Uthaug. Des gens.

Ce que j'en pense :

Au départ je me disais que tous les ingrédients étaient présents pour avoir un bon livre, comme souvent chez Gallmeister : une nature belle mais sauvage et violente avec ce phare au large de la côte, des gens simples et plutôt taiseux... Mais tout cela est vite tombé à plat car je n'ai absolument pas été "accroché" par les personnages. Le fait de changer de point de vue n'apporte rien de particulier sinon de la répétition désagréable pour le lecteur. Ce roman est donc pour moi une grosse déception.

Là où sont les oiseaux

 

 

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L'enfant céleste

Publié le par GéHa

L'enfant céleste

"L'enfant céleste" de Maud Simonnot - Les éditions de l'Observatoire

Présentation de l'éditeur :

Sensible, rêveur, Célian ne s’épanouit pas à l’école. Sa mère Mary, à la suite d’une rupture amoureuse, décide de partir avec lui dans une île légendaire de la mer Baltique. C’est là en effet qu’à la Renaissance, Tycho Brahe – astronome dont l’étrange destinée aurait inspiré Hamlet – imagina un observatoire prodigieux depuis lequel il redessina entièrement la carte du Ciel.

En parcourant les forêts et les rivages de cette île préservée où seuls le soleil et la lune semblent diviser le temps, Mary et Célian découvrent un monde sauvage au contact duquel s’effacent peu à peu leurs blessures.

Porté par une écriture délicate, sensuelle, ce premier roman est une ode à la beauté du cosmos et de la nature. L’Enfant céleste évoque aussi la tendresse inconditionnelle d’une mère pour son fils, personnage d’une grande pureté qui donne toute sa lumière au roman.

Première page :

Nous traversons le fleuve et marchons jusqu’au Jardin des Tuileries. Un filet d’air fait bouger les arbres empoussiérés, la blancheur du sol nous éblouit. Nous nous sourions, comme étonnés de pouvoir être là, ensemble sous les feuillages, une saison de plus.

Paris déserté, les bancs alignés entre les tilleuls et les marronniers rouges, les rayons du soleil déclinant derrière les statues, les marches de l’escalier où nous ne cessons de nous arrêter pour nous embrasser : l’avenir nous appartient.

Quelques jours plus tard je recevrai ce message de Pierre : « Je n’aurais pas voulu mettre de tristesse dans ta vie mais je voudrais qu’on arrête. »

Et cette phrase, qui me pulvérise : « Je ne peux pas faire l’amour sans amour. »

Il n’y aura jamais d’autre explication.

Ce que j'en pense :

C’est une histoire intime, avec une écriture assez poétique. Les personnages sont intéressants mais je pense que « l’enfant céleste » aurait mérité une plus grande place. De plus les digressions sur l’astronome Tycho Brahe n’ont pas grand intérêt. Au final, un livre plaisant mais qui ne nous embarque pas vraiment.

L'enfant céleste

 

 

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Vivement pas demain

Publié le par GéHa

Vivement pas demain

"Vivement pas demain" de Thomas Vinau - La fosse aux ours

Présentation de l'éditeur :

 Le froid est plein d'or. La mort pleine de couleurs. Dimanche trottine tout nu sur le parquet gris clair. Demain c'est la rentrée. On pousse les volets, on ouvre les fenêtres et les portes des cages. Un rayon beau comme un sabre de bourreau tranche la robe des dernières roses blanches qui osent tenir tète à septembre. Le café´c'est doux et amer à la fois c'est sûrement pour cela que je l'aime tant. Pas à pas dans les petits pas d'aujourd'hui. Une joue salie de chocolat, l'odeur d'un cartable neuf. On va laisser le froid un petit peu entrer puis en fermant la porte le chaud sera plus chaud. Chaud comme un dimanche de rentrée. La vie c'est aussi beau que de jouer aux billes avec des crottes de lapin. Vivement pas demain.
Petites proses de rien posées là dans la main.

Extrait :

 J'écris avec le ventre plein. Dans des habits propres, pas loin d'un café chaud, je n'ai pas de leçon à donner. J'écris avec un toit sur la tête, des enfants à côté, une princesse tout prés, je n'ai pas de leçon à donner. J'écris devant un feu, devant un arbre ou une fenêtre, avec le soleil ou la pluie, je n'ai pas de leçon à donner. Le temps se pose sur mon épaule et les oiseaux sur ma terrasse. J'ai des souvenirs autour du cou et un demain à portée de main, je n'ai pas de leçon à donner. Je n'écris pas pour donner de leçon. J'écris pour goûter. Et pour faire goûter. J'écris pour garder et pour regarder. J'écris pour ce matin de fin janvier dans lequel nous marchons ensemble jusqu'à l'école sous la lune froide comme un réverbère givré. Ce matin où vous avez dansé comme des clowns et des rois devant votre bol. Où je cueille, tel le bouquet de pivoines du jour, les élastiques tortillés de cheveux disséminés dans chaque pièce. ...

Ce que j'en pense :

Beaucoup de textes, comme souvent chez Thomas Vinau, m'ont véritablement enchanté : les petits riens du quotidien, l'humour, le décalage, le vocabulaire.... Mais je n'ai pas trouvé dans l'ensemble du livre la magie de l'écriture de l'auteur qui m'emportait dès les premières pages.

Vivement pas demain

 

 

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Public imaginaire

Publié le par GéHa

Public imaginaire

"Public imaginaire, dans les coulisses de ma tête" de Nora Hamzawi - Actes sud papiers

Présentation de l'éditeur :

Privée de scène, Nora Hamzawi rêve d'un public avec lequel elle partagerait ses émotions et ses névroses. Les situations absurdes causées par un isolement forcé sont passés au crible de son regard lucide et acéré. Dans ce court récit, elle doute de sa capacité à se confronter à elle-même et craint que sa vie amoureuse ne vacille. Avec humour et autodérision, l'auteure témoigne de son irrationalité grandissante ainsi que de l'hystérisation de la société qu'occasionne cette crise inédite.

Extrait :

 Bonsoir à tous, je suis actuellement dans ma chambre et je viens de dire bonsoir à personne. Je ne sais pas si ça s'appelle se réinventer ou juste la folie, mais finalement est-ce que j'ai besoin de savoir ? Est-ce que j'ai besoin d'avoir une réponse, est-ce que finalement on ne se serait pas habitués à se poser des questions sans avoir de réponse, à parler tout seul, à se demander si tout ça c'est pour de vrai, à se demander si finalement ça ne serait pas un  rêve.

Vous les voyez ces rêves où tu sais que tu es dans un rêve mais malgré tout tu n'arrives pas à en sortir ?...

Ce que j'en pense :

 L'autrice décrit par petites touches et avec beaucoup d'humour teinté parfois de cynisme, comment ces confinements nous ont amenés à nous redécouvrir, à regarder d'un autre œil notre environnement proche (maison, chambre, mari, amis...). Ce qui aurait pu être très nombriliste interpelle au contraire chaque lecteur et devient plutôt universel. Petit livre à découvrir et, si possible, à lire à voix haute.

Public imaginaire

 

 

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Red pill

Publié le par GéHa

Red pill

"red pill" de Hari Kunzru - Christian Bourois

Présentation de l'éditeur :

Un écrivain américain est invité pour trois mois dans une prestigieuse institution artistique à Wannsee, dans la banlieue de Berlin. Dans l’ambiance étrange de ce centre, où la transparence est le maître mot, il sent son univers mental et politique vaciller. Il ne parvient pas à écrire une ligne et préfère regarder Blue Lives, une série télévisée policière ultraviolente qui l’obsède de plus en plus.
Quand le narrateur se rend à une fête et y rencontre Anton, le créateur de Blues Lives, tout est bouleversé. Il découvre quelle idéologie se cache derrière cette série télé, et quel est le but politique recherché : imprégner lentement ses spectateurs d’une vision du monde d’extrême-droite… Ou bien est-il simplement paranoïaque ?
Avec Red Pill, Hari Kunzru a livré le roman politique de notre époque : des temps de troubles et d’incertitudes où les contre-vérités, les propagandes et l’inversion des valeurs sont reines. James Joyce disait que l’Histoire est un cauchemar dont on cherche à s’éveiller : nul doute que Hari Kunzru se livre pleinement à l’exploration de nos cauchemars contemporains

Première page :

Il est possible, je crois, de situer exactement le début de l’âge mûr. C’est le moment où, en vous penchant sur votre vie, vous ne voyez plus s’ouvrir un vaste champ de possibles, vous ne voyez plus l’horizon s’agrandir, mais où vous avez au contraire l’impression de sortir du sommeil ou d’être jeté sur le rivage, avec la conscience soudaine de ce qui vous entoure. Vous vous dites alors : voici donc où j’en suis. Voici ce que je suis devenu. C’est quand vous comprenez, pour la première fois, que vos données – physiques, intellectuelles, sociales, financières – ne sont pas absolument muables, que ce qui a déjà eu lieu déterminera, pour une grande part, le reste de l’histoire. Ce que vous avez fait ne sera pas défait, et bon nombre de ces projets que vous avez remis à « plus tard » ne seront pas réalisés du tout. Pour tout dire, votre temps est une ressource limitée qui s’amenuise. Désormais, vous aurez beau faire, connaître la joie, l’intensité ou le tourbillon du plaisir, vous ne vous débarrasserez plus de cette sensation, quasi imperceptible, de glisser en pente douce vers les ténèbres.

Ce que j'en pense :

C'est un livre très bien écrit mais qui peut paraitre assez "intellectuel", car le contexte se passe entre écrivains sensés produire des essais sur différents sujets assez précis mais qui peuvent paraitre sans grand intérêt pour le commun des mortels. On est cependant bien "embarqués" dans une drôle d'histoire, questionnante et troublante, qui frôle la paranoïa, la folie ordinaire. Comme si l'auteur nous entrainait avec son narrateur dans un labyrinthe entre cauchemar et réalité, qui débouche sur l'élection de Trump.

Red pill

 

 

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La boite de petits pois

Publié le par GéHa

La boite de petits pois

"La boite de petits pois" de GiédRé et Holly R - Delcourt

Présentation de l'éditeur :

C'est la petite histoire d'une famille de Lituanie au temps de la grande Histoire de l'URSS. C'est le récit d'un oncle envoyé au goulag pour avoir collé des affiches dans la rue, d'un grand-père apparatchik qui a accès aux magasins secrets on paie en dollars, d'une grand-mère qui trouvera quoi qu'il arrive un moyen d'acheter une bouteille de Cognac même quand on lui dit qu'il n'y en a pas, de chewing-gum qu'on mâche à tour de rôle quand on parvient à en avoir un.
C'est le quotidien d'une République soviétique, ses files d'attentes, ses idéaux et ses paradoxes, racontés par GiedRé, une petite fille qui découvrira en arrivant à Paris en 1991 qu'il existait pendant tout ce temps un autre monde, rempli de bananes, où chaque enfant a sa propre gomme à l'école et où les boîtes de petits pois n'étaient pas le met le plus raffiné qui soit. Une autre planète débordant de supermarchés pleins de produits mais où, apparemment, il ne suffit pas de se servir pour avoir le droit de les avoir.

Extrait :

La boite de petits pois

Ce que j'en pense :

C’est touchant, plein d’humour, faussement naïf à la façon de GiedRé, mais c’est aussi une excellente occasion de revoir ces années 80/90 lors de l’occupation soviétique dans les pays baltes. Les dessins colorés, presque enfantins, de Holly R sont en parfaite adéquation avec les textes.

La boite de petits pois

 

 

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Marcello & Co

Publié le par GéHa

Marcello & co

"Marcello & co" de Thomas Vinau - Gallimard (Sygne)

Présentation de l'éditeur :

"J'aurais été incapable d'expliquer pour quelle raison je m'étais mis à suivre Marcello."Voilà l'histoire de l'insistante et hasardeuse collision entre un étudiant tordu et un vieux loup de mer mystérieux. L'histoire de certains qui ont eu vingt ans en l'an 2000 sans trop savoir quoi en faire. L'histoire du fantôme de Marcello Mastroianni. D'un retour vers le futur. D'une enquête sans inspecteur Gadget. D'un jardin secret et d'une étrange tripotée de bestioles. D'une errance, qui pourrait bien finir par se transformer en un chemin.

Première page :

J’allais sans aller nulle part. Je venais de prendre une bonne raclée. Le matin même je pensais, ça y est, c’est la bonne, et deux heures plus tard je me retrouvais à tester un cocktail à base de larmes et de 8.6 tiède en errant sur le trottoir. J’ai toujours été un connard sensible. La tendresse déchirée par les petites mains fragiles et les petits seins fragiles et le petit ventre fragile et les grandes dents de vampire de cette fille qui n’avait pas voulu de moi plus de six heures et vingt-deux minutes. Record battu.

Nous étions un beau matin d’avril. Je venais d’avoir vingt ans. Trop jeune pour être au RMI, trop vieux pour crever la nique. Ma situation était critique et mon coeur en morceaux. J’avais trois passions, la défonce, l’amour et puis les livres. L’ordre dépendait des jours. Aimer, rire et écrire étaient mes seules ambitions mais, bien que j’y consacre toutes mes forces, je ne parvenais réellement à pratiquer aucune de ces trois activités.

Ce que j'en pense :

Évidemment je ne suis absolument pas objectif, étant un inconditionnel de cet auteur, surtout de sa poésie. Difficile de raconter l'histoire de cette rencontre "poétique et décalée" entre deux personnages originaux, mais on se laisse conduire, à coups de tous petits chapitres, dans cette aventure grâce à l'écriture de Thomas Vinau qui sait nous apporter un regard poétique sur un quotidien des plus banal.

Marcello & co

 

 

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Solitudes

Publié le par GéHa

Solitudes

"Solitudes" de Niko Tackian - Livre de poche

Présentation de l'éditeur :

Élie Martins est garde nature dans le massif du Vercors. Il y a douze ans, une blessure par balle l'a laissé totalement amnésique. Depuis, il s'est reconstruit une vie dans cette région aux hivers impitoyables, aux brumes si opaques qu'elles vous égarent en deux pas.
Alors qu'une tempête de neige s'abat sur le massif, des traces étranges mènent Élie jusqu'à l’« arbre taillé », un pin gigantesque dressé comme un phare au milieu de l'immensité blanche. Une femme nue est pendue à ses branches. Cette macabre découverte anime quelque chose sur la toile vierge des souvenirs d'Élie.
La victime est un message à son intention, il en est certain. Et il est terrifié.

Première page :

Il avait d’abord senti la douleur du coup. Juste au niveau de la tempe, là où l’os du crâne est un peu plus souple. En frappant bien fort, on pouvait envoyer le cerveau cogner contre les parois du bocal et créer des microlésions qui vous projetaient dans le monde des rêves. Quelques nanosecondes de vide absolu, hors de l’espace et du temps, des morceaux de vie effacés à jamais. Il lutta pour garder le contrôle sur la peur et ne pas sombrer dans l’abîme dont il savait qu’il ne ressortirait pas. Ses paupières se débattaient, elles aussi, comme les ailes d’un papillon pris dans la lumière. Mais on lui avait mis un sac en plastique sur la tête. Il suffoquait déjà, cherchant à inspirer l’air dont on l’avait privé. Il sentit le plastique entrer dans sa bouche, se coller contre ses gencives puis contre ses muqueuses. Une brusque envie de vomir remonta de son corps, il expulsa un liquide brûlant qui lui déchira l’œsophage et remplit le moindre interstice de vide disponible. Dans quelques secondes, il allait s’étouffer, rendre son dernier souffle noyé dans ses propres déjections. Puis la douleur le réveilla. Une bourrasque venait de déferler autour de lui, il le savait à cette brûlure froide sur la chair nue de son dos….

Ce que j'en pense :

Je n’avais rien lu de Niko Tackian mais je sais maintenant que je ne lirai aucun autre livre de  cet auteur. Bien sûr il y a du suspens et on a envie de savoir ce qui va se passer mais j’avoue que j’ai insisté pour finir ce livre. On y trouve une espèce d’ésotérisme évaporé, souvent proche du ridicule. La description des lieux et des personnages est remplie de clichés. L’auteur connaît la musique : il faut une bonne dose de violence, que les personnages aient leur part de mystère et que les chapitres soient courts… mais c’est loin de suffire à faire un bon polar !

Solitudes

 

 

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Attends-moi au ciel

Publié le par GéHa

Attends-moi au ciel

"Attends-moi au ciel" de Carlos Salem - Actes Sud (actes noirs)

Présentation de l'éditeur :

Quand Piedad de la Viuda, une femme séduisante et dévote au seuil de la cinquantaine, s’éveille ce lundi-là, elle ignore que sa vie va basculer à jamais. Un mois plus tôt, Benito, son époux, dont le succès dans les affaires doit tout à la fortune de sa belle-famille, est décédé dans un accident de voiture. Brusquement, elle s’aperçoit que son mari n’était pas celui qu’elle croyait : des années durant il a détourné de grosses sommes, et il s’apprêtait à s’enfuir avec sa jeune maîtresse. Sa mort, quant à elle, ne serait pas accidentelle. Ébranlée par ces révélations, Piedad se donne pour mission de sauver l’entreprise familiale, lourdement endettée, et de récupérer la centaine de millions d’euros cachée par Benito avant ceux qui entendent eux aussi mettre la main sur cet argent. En l’espace d’une folle semaine, Piedad la bigote va devoir s’aventurer dans les bas-fonds madrilènes, devenir une femme fatale, et une meurtrière.
Avec «Attends-moi au ciel», Carlos Salem signe un nouveau polar déjanté, sensuel et burlesque. Pas très catholique.

Première page :

Ce matin, au réveil, j’ai calculé qu’il me restait une semaine avant mes cinquante ans, j’ai eu de la peine pour Toby, le chien des Alcántara, et je me suis rappelé les avant-derniers mots de Benito, mon mari. Tout ça en même temps.

Toby a repris ses aboiements plaintifs. J’ai compati au malheur de cette pauvre bête, reléguée dans la cour quelques mois seulement après avoir été offerte aux enfants comme une simple peluche. J’ai aussi pensé aux pauvres Alcántara. Parce que si les hurlements de Toby m’empêchaient de dormir alors que je vis à cinquante mètres, pour eux ça devait être une torture. Puis je me suis souvenue que les Alcántara étaient partis en vacances et avaient laissé Toby aux bons soins de Paco, le gardien de la résidence, qui lui donne à manger et change son eau une fois par jour. Quand il n’oublie pas. C’est que le pauvre Paco est débordé avec tout ce qu’il y a à faire dans la résidence. J’ai décidé qu’à la prochaine réunion de copropriétaires je proposerais qu’on augmente son salaire. Évidemment, ça risque de ne pas plaire à tout le monde, parce que de nombreux voisins se plaignent de ce que Paco ne fait rien, mais je défendrai mon point de vue à l’aide d’un des imparables proverbes de papa ou d’une citation quelconque de sa collection.

Ce que j'en pense :

Voilà un roman noir très original qui peut surprendre agréablement. C’est plein d’humour, souvent noir, parfois assez « coquin » et même burlesque. L’auteur semble s’amuser en inventant toutes sortes de rebondissements, en nous faisant suivre un drôle de jeu de piste. Le dialogue entre Piedad et son double est absolument succulent. Il faut se laisser surprendre par ce livre déjanté et jubilatoire.

Attends-moi au ciel

 

 

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et recoudre le soleil

Publié le par GéHa

et recoudre le ciel

"et recoudre le ciel" de Gaëlle Josse - Notabilia

Présentation de l'éditeur :

« J'ai écrit ces textes dans des carnets, des cahiers, sur des pages volantes, des agendas, des tickets, des listes, des enveloppes, des marque-pages ou dans mon téléphone ; je les ai écrits dans les gares, les trains, les hôtels, les cafés, chez moi, dans le métro, en ville et en d'autres lieux.
La poésie demeure pour moi comme une apparition, une attention portée à l'infime, comme le surgissement d'un éclat fugace au cœur de nos vies. L'éclosion d'invisibles soleils. Peut-être, à cet instant-là, les mots peuvent-ils saisir quelque chose de ce jaillissement.
Elle est le regard nu, débarrassé de ce qui pèse, de ce qui encombre, elle est le retour à la source, la lumière qui s'attarde sur un mur, le frémissement qui parcourt un visage, la chaleur d'un corps aimé, elle est le mot que l'on attend et qui nous sauvera peut-être.
J'ai eu envie de vous offrir aujourd'hui cette moisson de mots cueillis jour après jour, qu'ils aient été d'orage ou d'allégresse. Mais vivants. Vivants, oui, et vibrants, toujours. » Gaëlle Josse

Extrait :

l'odeur d'herbe fraîche de la nuit
le cri d'un oiseau entre les feuilles

un vêtement oublié sur un banc
il frissonne comme
un bouquet abandonné

et peut-être il danse
lorsque tout dort au jardin

Ce que j'en pense :

J’ai lu tous les livres de Gaëlle Josse et je les ai tous beaucoup appréciés. Je savais qu’elle avait commencée par la poésie avant d’écrire ses romans. On retrouve dans ses poèmes toute sa finesse d’écriture, cette grande attention qu’elle porte au presque rien et cette douceur simple mais chaleureuse qui la caractérise dans ses écrits. C’est un livre qu’on a envie d’offrir à ceux que l’on aime.

et recoudre le ciel

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