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Quelque chose à te dire

Publié le par GéHa

Quelque chose à te dire

"Quelque chose à te dire" de Carole Fives - Gallimard

Présentation de l'éditeur :

Elsa Feuillet, jeune écrivaine, admire l’œuvre de la grande Béatrice Blandy, disparue prématurément. Cette femme dont elle a lu tous les livres incarnait la réussite, le prestige et l’aisance sociale qui lui font défaut. Lorsque Elsa rencontre le veuf de Béatrice Blandy, une idylle se noue. Fascinée, elle va peu à peu se glisser dans la vie de sa romancière fétiche, et explorer son somptueux appartement parisien — à commencer par le bureau, qui lui est interdit…
Jeu de miroirs ou jeu de dupes ? Carole Fives signe avec Quelque chose à te dire un thriller troublant.

Première page :

Elsa Feuillet admirait Béatrice Blandy. C’était une écrivaine dont elle pouvait relire les romans chaque année, sans jamais se lasser. Plus que l’histoire, car il n’y avait pas vraiment d’histoire dans ses livres, ce qu’elle aimait, c’était l’écriture, incisive, le regard qu’elle posait sur le monde. Elsa Feuillet se retrouvait dans chacune de ses pages, dans chacun de ses personnages. Elle était cette femme qui prend un inconnu en stop la nuit, cette autre qui prépare un dîner pour un amant qui n’arrive jamais ou cette autre encore (était-ce la même ou était-elle à chaque fois différente ?) qui se balade dans le métro avec du sang sur les mains. Lire Béatrice Blandy donnait à Elsa Feuillet l’impression de mieux se comprendre elle-même, c’était une petite voix qui l’entraînait et lui disait, « regarde les choses sous cet angle et vois comme la vie est différente ainsi, plus intense, plus vraie… ».
Elsa Feuillet n’avait jamais cherché à rencontrer Béatrice Blandy. La lecture de ses ouvrages lui suffisait.

Ce que j'en pense :

 C'est une déception par rapport aux autres livres que j'ai déjà lus de cette autrice. L'éditeur annonce "un thriller troublant" mais on est loin du compte. C'est vrai que le sujet tourne autour de ce qu'est la création littéraire et des influences que l'on peut avoir. J'avoue m'être parfois ennuyé au fil de la lecture. Je ne suis pas vraiment rentré dans cette histoire qui ne m'a pas paru très originale.

Quelque chose à te dire

 

 

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Les grands cerfs

Publié le par GéHa

Les grands cerfs

"Les grands cerfs" de Gaétan Nocq - Daniel Maghen éditions

Présentation de l'éditeur :

C’est dans les montagnes des Vosges, dans une ancienne métairie au cœur de la forêt, que Pamina a choisi de vivre isolée du monde avec son compagnon Nils. Elle se sait entourée par une harde de cerfs dont elle ne perçoit que les traces. Jusqu’au jour où Léo, photographe animalier, construit une cabane d’affût dans les parages. Léo initie Pamina à l’affût pour observer le mystérieux clan. Au fil des saisons, par tous les temps et souvent de nuit, Pamina guette l’apparition des cerfs. Elle apprend à les distinguer et découvre aussi toute une vie sauvage. Elle va découvrir d’autres clans bien plus cruels, les hommes qui gèrent la forêt et les chasseurs, et se retrouver plongée dans un combat perdu d’avance, la préservation de la nature et des espèces sauvages.

Les Grands Cerfs est l’adaptation en bande dessinée du roman de Claudie Hunzinger publié chez Grasset en 2019

Extrait :

Les grands cerfs

Ce que j'en pense :

Véritable coup de coeur ! Tout est splendide dans cette BD : le sujet, le scénario et bien sûr les illustrations. On peut être surpris au début par ces dominantes bleutées mais, en avançant dans l'histoire, ce sont elles qui nous transportent dans ce monde de la forêt. C'est écologique au sens profond du terme, sans jamais être caricatural, mais le message reste très fort.

Les grands cerfs

 

 

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Vers la violence

Publié le par GéHa

Vers la violence

"Vers la violence" de Blandine Rinkel - Fayard

Présentation de l'éditeur :

«  Il ne m’avait pas légué la douceur, la confiance ni la foi. Pourtant  j’héritais de lui les trois choses auxquelles je tenais le plus au monde. J’héritais de lui l’absence, la joie et la violence.  » 
Plus grand que la vie, Gérard illumine les jours de sa fille, Lou. Fort et fantaisiste, ce baby-boomer aux allures d’ogre ensorcèle tout : les algues deviennent des messages venus des dieux, les tempêtes des épreuves militaires, ses absences des missions pour les Services Secrets. Mais que fait cette arme dans la table de nuit  ? Qui sont ces fantômes d’une famille disparue, surgissant parfois au détour d'une  conversation, dans un silence suspendu  ? D’où viennent, surtout, ces accès de cruauté — ceux-là même qui exercent sur sa fille fascination et terreur  ? 
A travers l’histoire d’une enfance trouble, dans ces paysages de l’ouest français où la mer et la forêt se confondent, Vers la violence rappelle comment nos héritages nous façonnent, entre chance et malédiction.

Première page :

Il me tient par le menton et j’ai peur de mourir.

Gérard a posé son pouce sur ma mandibule, son index et la tranche de son majeur dans le creux de ma gorge. Il tient mon os avec trois doigts robustes quand, en retour, j’ai apposé ma main contre sa mâchoire carrée, la serrant de toutes mes forces pour qu’elle ne m’échappe jamais. Dans un western familial improvisé, nous nous tenons face à face, assis à la table de la cuisine, à explorer le noir commun de nos yeux.

Et si nos regards se sourient, le bas de notre visage, lui, ne cille pas.

Nous venons de manger ensemble, tu me tiens, je te tiens, nous avons chanté la chanson et le premier de nous deux qui rira sait à quoi s’attendre. La dernière phrase de la comptine, pourtant, me fait frémir. C’est que, de Gérard, je n’imagine pas la possibilité de tapettes, mais  seulement de tapes, viriles et vraies, de celles que je l’ai vu administrer à Ardent, notre chien, et l’idée qu’il puisse m’en mettre une me glace et me défie.

Ce que j'en pense :

Je n'avais rien lu de l'autrice jusqu'à présent mais je crois que je vais lire ces précédents livres. "Vers la violence" est un roman (sans doute avec un caractère plus ou moins autobiographique)qui hésite à chaque instant entre l'amour et l'hostilité (voire la haine), entre l'empathie et le rejet et qui montre de façon forte et juste cette relation complexe père-fille. C'est merveilleusement écrit. Ce livre m'a bouleversé et remet en cause nos propres comportements d'humains ordinaires avec nos faiblesses, nos peurs, nos lâchetés ainsi que nos petites et grandes failles.

Vers la violence

 

 

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Labyrinthes

Publié le par GéHa

Labyrinthes

"Labyrinthes" de Franck Thilliez - Fleuve noir

Présentation de l'éditeur :

Une scène de pure folie dans un chalet. Une victime au visage réduit en bouillie à coups de tisonnier. Et une suspecte atteinte d’une étrange amnésie. Camille Nijinski, en charge de l’enquête, a besoin de comprendre cette subite perte de mémoire, mais le psychiatre avec lequel elle s’entretient a bien plus à lui apprendre. Car avant de tout oublier, sa patiente lui a confié son histoire. Une histoire longue et complexe. Sans doute la plus extraordinaire que Camille entendra de toute sa carrière…

« Tout d’abord, mademoiselle Nijinski, vous devez savoir qu’il y a cinq protagonistes. Toutes des femmes. Écrivez, c’est important : “la journaliste”, “la psychiatre”, “la kidnappée”, “la romancière”… Et concentrez-vous, parce que cette histoire est un vrai labyrinthe où tout s’entremêle. Quant à cette cinquième personne, elle est le fil dans le dédale qui, j’en suis sûr, apportera les réponses à toutes vos questions. » 

Première page :

- Comment va-t-el1e, docteur ?

Camille Nijinski avait ôte ses gants fourrés et se massait doucement les mains. La chaleur infernale qui régnait dans l’hôpital contrastait avec les températures å pierre fendre de l’extérieur et tiraillait les crevasses encore å vif sur ses doigts. D'un geste, le docteur Fibonacci 1ui intima de ne pas s'avancer davantage dans la chambre. Face à eux, la patiente dormait ; le bip lent de l'électrocardiogramme indiquait un sommeil paisible qu'il n'était pas question de perturber.

- D'après ses médecins, physiquement, il n'y a pas de risques. Les analyses biologiques révèlent des carences, mais rien de grave. Quant à ses engelures, même si certaines sont assez profondes, elles ne laisseront pas de séquelles. Psychologiquement, en revanche, c'est une autre histoire. Je vais faire au plus simple : tout a disparu de sa mémoire.

- Quand vous dîtes tout...

 - L’intégralité de sa vie d'avant. Elle ne se souvient de rien. Une page blanche.

La flic contempla sa suspecte. Des cheveux en bataille encadraient un visage qui, bien qu'abîmé parle froid, paraissait apaisé au milieu du grand oreiller blanc. Elle tira de sa poche un stylo et un carnet.

Ce que j'en pense :

L'auteur sait très bien s'y prendre pour nous tenir en haleine. Son récit est véritablement un labyrinthe de souvenirs, de personnages, d'évènements... dans lequel il peut nous perdre. Il y a, comme souvent chez Thilliez, des scènes assez violentes qui peuvent mettre mal à l'aise. Le questionnement qui revient tout au long du livre - "L'art peut-il justifier la cruauté" - sert plutôt à justifier l'atrocité de certains extraits. Au final, un livre bien fait qui plaira aux amateurs du genre mais qui, pour moi, n'est pas au top de la littérature noire.

Labyrinthes

 

 

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Mon voisin Raymond

Publié le par GéHa

Mon voisin Raymond

"Mon voisin Raymond" de Troubs - Futuropolis

Présentation de l'éditeur :

«Je vais chez Raymond, mon voisin d'à côté. Il n'y a qu'un bout de bois à traverser, et on arrive dans un petit hameau où n'habitent plus que son frère et lui maintenant.
La petite maison où il vit, c'est celle où était son père les dernières années. Un sacré gaillard celui-là, qui ne voulait voir personne.
Il y a deux pièces, une petite grange, un jardin et un verger derrière, où Raymond mettait des poules, mais comme avec les maladies nouvelles, il faut les enfermer, il a arrêté les poules.
C'est comme ça. C'est assez pour vivre.»

Extrait :

Mon voisin Raymond

Ce que j'en pense :

Au début on peut être surpris par ces nombreuses vignettes avec souvent les mêmes mots ou expressions, cela peut aussi nous paraitre un peu simpliste, voire ridicule. Mais on se rend compte au fil de l'histoire que c'est une excellente façon de rendre compte de ces moments simples de rencontre entre des personnes dans la campagne. Tout cela a la lenteur de la vieillesse et du temps qui passe, la tendresse pudique des échanges entre générations.

Mon voisin Raymond

 

 

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Ragoût aux truffes

Publié le par GéHa

Ragoût aux truffes

"Ragoût aux truffes" de Le Bihan & Grolleau - Fluide Glacial

Présentation de l'éditeur :

Cendre, une grande cuisinière, travaille dans un restaurant étoilé  : elle découvre un jour qu'on passe à la javel les restes jetés, parce qu'un SDF s'en nourrissait. C'est la goutte d'eau d'un vase déjà trop rempli  : de stress, d'obéissance servile, d'une vie citadine loin des siens, et surtout de la perte récente de son père. Elle claque la porte et décide de changer de vie, de changer d'air  ! Elle a besoin de se retrouver, en retournant vivre chez sa mère dans le Lot. Là-bas, elle réfléchit à sa vie, et en redécouvrant une vieille ruine au fond du jardin, décide de créer son propre restaurant, avec ses idées, ses envies, sa personnalité, sa liberté retrouvée.

Extrait :

Ragoût aux truffes

Ce que j'en pense :

 C'est une BD assez plaisante avec des personnages attachants (en particulier la mère). On y aborde des sujets divers comme la relance de la consommation locale, les migrants, les inégalités devant la "bonne" nourriture... Beaucoup de "bons sentiments", mais pourquoi pas! Dessins et couleurs sont agréables. Mais au final tout cela parait un peu trop lisse et sans doute un peu trop optimiste.

Ragoût aux truffes

 

 

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Chroniques de la vigne et du vin

Publié le par GéHa

Chroniques de la vigne et du vin

"Chroniques de la vigne et du vin" de Fred Bernard - Glénat

Présentation de l'éditeur :

Fred Bernard a comme qui dirait le vin dans le sang. Né peu avant les vendanges en Bourgogne, il a grandi au milieu des cartons et des caisses de grands crus : ses terrains de jeux préférés étaient les caves de son grand-père et de son arrière-grand-père, tous deux vignerons. Sans cesse on lui répétait : « Quand tu seras grand, tu feras du vin ». Las, il a choisi une carrière d’auteur ; mais le plaisir du vin, lui, est resté.

Au fil des pages, Bernard traduit cette passion en une série d’histoires courtes issues des anecdotes de ses aïeux et de ses réflexions personnelles sur le vin et la dégustation. On y retrouve, comme à son habitude, sa sensibilité, son humour, son sens aigu de l’observation des gens et son trait sensuel, pour une ode aux plaisirs du nectar des vignes.

Extrait :

Chroniques de la vigne et du vin

Ce que j'en pense :

Ce sont des chroniques on y trouve donc un peu de tout. C'est poétique, plein d'humour, de tendresse  pour le grand-père et le pays de Savigny. Le dessin à l'aquarelle apporte à la fois chaleur et douceur à ces chroniques. On pourrait par moment trouver cette BD assez didactique mais on y apprend quand même des choses intéressantes.

Chroniques de la vigne et du vin

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Se jeter à l'eau

Publié le par GéHa

Se jeter à l'eau

"Se jeter à l'eau" de Morizur et Bird - Jungle RamDam

Présentation de l'éditeur :

Leïla vit une vie tranquille et lisse, sans trop de mouvement, un ronron quotidien dans lequel elle se sent couler. Une vie qu’elle a l’impression d’avoir choisie mais qui semble l’étouffer sans qu’elle sache vraiment pourquoi.
Mais peu à peu, c’est une succession de rencontres, de signes qui l’amènent à prendre la route, partir en Bretagne sur les traces de sa vie, de ses envies et de son histoire, pour enfin trouver les ressources de bâtir le futur qu’elle désire vraiment : tourné vers le monde, la mer et les baleines…

Extrait :

Se jeter à l'eau

Ce que j'en pense :

Le sujet est bien sûr intéressant et vraiment d'actualité, le graphisme est agréable, l'histoire assez intéressante (bien que très simple). Mais tout cela parait superficiel, on se jette à l'eau mais on reste à la surface... il aurait fallu creuser davantage le sujet !

Se jeter à l'eau

 

 

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Nous sommes les chasseurs

Publié le par GéHa

Nous sommes les chasseurs

"Nous sommes les chasseurs" de Jérémy Fel - Rivages

Présentation de l'éditeur :

Dans un univers sombre et magnétique, où les époques et les lieux se superposent jusqu’au vertige, Gabriel, Damien ou Natasha se débattent avec de vieilles peurs héritées de l’enfance et leurs pulsions les plus inavouables.
Jérémy Fel entraîne ici son lecteur dans un imaginaire éblouissant, où cruauté et trahison règnent en maître. Comme dans un palais des glaces, les destins se répondent et se reflètent, créant un monde où visible et invisible, réel et fiction, se confondent.

Première page :

Leurs voix me font ouvrir les yeux, et à regret quitter ce rêve dans lequel je me promenais le long de la grève avec Renata, ma tendre amie d'enfance.

J'avais profité de la quiétude de ce milieu d'après-midi pour m'assoupir dans le jardin, à l'ombre des arbres de feu que Clemente y a plantés il y a huit ans. Au-dessus de moi piaillent des Conures dont j'entrevois parfois les petits corps verts et rouges frétiller entre les branches. Dans mon dos vrombissent les machines à linge qui tournent dans la remise et ont si parfaitement rythmé mon sommeil.

La voix dominante est plus rauque que celle de Leonel, mon voisin. C'est ce qui m'a alertée en premier lieu. Tendant l'oreille, je distingue mieux les deux autres, plus discrètes. Ce sont les voix, je le sais d'instinct, d'agents de la police politique.

Je pose mon livre dans l'herbe où traînent mes lunettes de soleil et me lève, sachant pourtant qu'il vaudrait mieux rester étendue sur la chaise longue, à faire semblant de dormir en attendant que l'orage passe.

Ce que j'en pense :

C’est un livre pour le moins étonnant. L’auteur mélange passé et anticipation, réel et imaginaire… le tout baignant dans la violence et la cruauté. Dans ce livre il y a à la fois du polar, du fantastique et de l’horreur. C’est plutôt bien écrit et j’avoue avoir lu les 300 premières pages avec un certain plaisir. Mais pour moi c’était un peu trop long et difficile de rester encore 400 pages dans cet univers. Je me suis donc contenté de survoler cette deuxième moitié du roman et, bien sûr, de rechercher des documents sur l'actrice Natalie Wood.

Nous sommes les chasseurs

 

 

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Un jeune homme si tranquille

Publié le par GéHa

Un jeune homme si tranquille

"Un jeune homme si tranquille" de Yves Viollier - Presses de la Cité

Présentation de l'éditeur :

J'ai posé la question à mon oncle, la dernière fois que nous nous sommes vus, il y a plus d'un an, il était encore en pleine forme. « Est-ce que tu as parlé à tes amis ? » Il m'a répondu : « Je n'ai pas encore osé... »
Roger Martin les a séduits. Il a été accueilli dans ce bourg dont le narrateur est le maire, comme un ami de toujours. Veuf, à plus de soixante-dix ans, il avait besoin d'une famille. Et tous lui ont ouvert les bras. Il est devenu le père, le grand-père, le vieil homme que les jeunes aiment bien.
La déception a été aussi violente que l'amour et l'amitié avaient été doux. Le fil du temps s'est tendu. Roger, en jeune homme, est alors apparu dans sa vérité. L'Occupation avait été ce théâtre où il a joué un rôle funeste.

Première page :

Roger Martin nous a séduits. Il n’avait pourtant rien d’un séducteur. Il était râblé, ne mesurait pas un mètre soixante, même chaussé, ne voyait bien que d’un œil, l’autre, on aurait dit un œil de verre. Il racontait qu’il s’était fourré un sarment sous la paupière en taillant la vigne. Le funérarium de la maison de retraite a été trop petit lorsqu’il est mort, en quelques semaines, de la maladie à la mode. Les gens de Mesnard se sont bousculés pour lui rendre un dernier hommage, reconnaissants pour les coups de main, la bonne humeur, les plaisanteries, les cartes de vœux du premier de l’an. Roger a été bien jusqu’à six mois avant de partir. Il avait quatre-vingt-cinq ans. Il collectionnait les revues sur papier glacé et fabriquait lui-même ses cartes de vœux…

Ce que j'en pense :

Je n’ai lu que quelques ouvrages de cet auteur très prolifique (un roman par an !). Pour « Un jeune homme si tranquille » je suis dans le même état d’esprit qu’après avoir lu ses autres livres. Viollier sait conduire un récit, nous présenter des personnages, nous entraîner dans un « pays ». Le sujet est intéressant ; la lecture se fait sans déplaisir. Mais quelque chose ne fonctionne pas complètement, cela est sans doute, à mon avis, lié au style qui manque de fluidité; et cela est particulièrement vrai dans la première partie du livre.

Un jeune homme si tranquille

 

 

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