Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Les vieux fourneaux 4. la magicienne

Publié le par GéHa

Les vieux fourneaux 4. la magicienne

"Les vieux fourneaux 4 La magicienne" de Lupano et Cauuet - Dargaud

Présentation de l'éditeur :

Après une tournée d'été du théâtre du "Loup en slip", Sophie et Antoine rentrent au bercail... pour découvrir leur charmant village en pleine effervescence ! Le projet d'extension de l'entreprise Garan-Servier, qui relancerait l'économie de la région, est menacé... par une mystérieuse "magicienne dentelée" occupant le terrain. Branle-bas de combat pour les zadistes ! Cela dit, c'est un coup de bol pour les vieux fourneaux, qui peuvent enfin partir à la recherche de leur trésor oublié...Quant à Sophie, elle apprend une délicate vérité au sujet de son père...Confidence pour confidence, révélera-t-elle enfin l'identité du père de sa fille, Juliette ?

Extrait :

Les vieux fourneaux 4. la magicienne

 

Ce que j'en pense :

On retrouve avec plaisir les personnages des tomes précédents. Les allusions à l'actualité font toujours mouche mais l'ensemble est moins foisonnant, moins fou, aussi bien dans le récit que dans les dialogues. Je ne sais pas si j'irai jusqu'au tome 5 !

Les vieux fourneaux 4. la magicienne

 

 

__________

Voir les commentaires

Les années perdues

Publié le par GéHa

Les années perdues

"Les années perdues" de John Harvey - Rivages/Noir

Présentation de l'éditeur :

Cinq hommes armés et masqués ont commis en quelques mois une série de vols qui leur ont rapporté un demi-million de livres. Les forces de police se mobilisent, l'opération Martin-Pêcheur est déclenchée. Cependant, le crime ne compte pas que des professionnels : deux minables ont laissé un vieil homme entre la vie et la mort en voulant braquer une agence de crédit. Le père d'un des voyous était musicien au club de la Chaloupe où Ruth James chantait son succès Les Années perdues, tandis que Prior, le mari de Ruth, croisait la route de Charlie Resnick, un fusil de chasse à la main. Aujourd'hui, Prior est sur le point de recouvrer la liberté après plus de dix ans de réclusion. Les fantômes surgissent du passé et l'inspecteur comprend que leur histoire est aussi la sienne.

Première page :

"- N'oublie pas qu'on se retrouve à La Chaloupe, Charlie. Vers huit heures et demie, neuf heures. D'accord ?

En entendant la voix de Ben Riley, Resnick se retourna. Il repéra sans mal le visage de son collègue. Dans la meute des supporters massés contre la barrière, il était bien le seul homme à ne lancer ni sarcasmes, ni injures. Deux minutes avant la fin d'un match apparemment condamné au score nul de zéro à zéro, une guerre d'usure menée dans le no man's land d'un terrain bourbeux d'arrière-saison, le ballon avait giclé vers l'aile et les rares brins d'herbe encore visibles sur la pelouse. L'ailier, se débarrassant d'un coup d'épaule de l'adversaire qui le marquait, avait couru trente mètres avant de rattraper la balle ; à la lisière de la surface de réparation, alors qu'il hésitait entre passer le ballon et tirer, un défenseur adverse l'avait fauché par derrière au terme d'une glissade, plantant ses crampons dans la cuisse de l'ailier. Le penalty, mal frappé, était parti en vrille au bout du pied trop tendu du buteur, mais il avait cependant franchi la ligne pour mourir dans les filets. Un à zéro…"

Ce que j'en pense :

Belle qualité d'écriture (une fois de plus) pour ce bon polar (non saignant!). Harvey sait nous restituer des ambiances, rendre vivants ses personnages. Dans ce cinquième livre des enquêtes de Resnick, on en apprend un peu plus sur ses débuts. Le jazz, le blues restent le fil conducteur de ce livre.

Les années perdues

Les années perduesLes années perdues

 

 

__________

Voir les commentaires

Adieu Lili Marleen

Publié le par GéHa

Adieu Lili Marleen

"Adieu Lili Marleen" de Christian Roux - Rivages Noir

Présentation de l'éditeur :

Julien est pianiste dans un restaurant où, chaque soir, une vieille dame à l'élégance surannée lui demande de jouer Lili Marleen. Un jour, la mystérieuse cliente cesse de venir. En revanche, Julien reçoit la visite d'un individu patibulaire qui l'oblige à le suivre. Il reconnaît aussitôt les méthodes d'un caïd de la drogue qui se fait appeler Kamel et comprend que son passé vient de le rattraper...

Première page :

"Jouez Goodbye Pork Pie Hat au dessert, personne ne s'en rendra compte. Portrait Of An Ermite à l'entrée non plus, notez bien. Un Français, quand ça bouffe, ça bouffe. Rien à faire du génie, des mystères de la création, de la mort des grands hommes... En toutes circonstances, l'estomac est roi. Ça vaut pour moi aussi. Sinon je ne serais pas resté assis des soirées entières au piano du Saint-Jacques, à essayer de caser Mingus ou Monk entre un ris de veau et un filet de saint-pierre. Oui, je jetais la musique de ces grands hommes par pelletées de notes dans les oreilles de néophytes qui n'en avaient que faire parce que moi aussi, je voulais manger. Je me servais des œuvres des autres, de leurs tripes, de leur vision du monde, sans me soucier du tort que je pouvais leur causer, uniquement parce que je n'étais pas capable de faire autre chose qu'égrener des notes sur un piano, en espérant qu'en plus de ma maigre paye, cet étalage me vaudrait un pourboire. J'aurais dû en avoir honte, mais ce n'était pas le cas ; en revanche, côté pourboire, j'étais souvent déçu."

Ce que j'en pense :

Livre assez original où il est question de musique (classique et jazz) et d'histoire (le nazisme et les opposants allemands). Le récit est bien conduit, les personnages principaux bien campés. C'est la musique qui fait lien entre tous les événements. On découvre l'admiration que l'auteur (pianiste lui-même) porte à Beethoven.

Adieu Lili Marleen

Adieu Lili Marleen

Adieu Lili Marleen

Adieu Lili Marleen

 

 

__________ 

Voir les commentaires

Un simple viol

Publié le par GéHa

Un simple viol

"Un simple viol" de Marie-Sabine Roger - Babel

Présentation de l'éditeur :

Planquée derrière un regard hostile, Maud, dix-sept ans, mordrait si on lui disait que la vie est belle. Elle a laissé son enfance, sa légèreté et son avenir au fond de l'impasse où, un soir d'hiver, un homme a violé la fille de douze ans qu'elle était. Depuis, elle ne sait plus vivre. Ce qui la tient, c'est la rage, et cette certitude qu'elle reconnaît au premier coup d'oeil les dégueulasses, les salauds, les prédateurs. De proie, elle est devenue sentinelle, se promène avec un cutter dans la poche. A tous, elle voudrait faire payer.

Première page :

"Maud est mauvaise.

Elle est mauvaise jusqu'au fond, jusqu'aux tréfonds. Tout le monde sait ça.

On peut creuser, creuser, c'est rien que de la bile, de la haine jalouse, de la colère, du mépris. Maud déteste les gens, la vie. Le monde, elle le partage en deux moitiés. La frontière est simple à tracer. Tu baises, ou tu es baisé.

Elle n'a pas choisi de venir. Elle est issue d'un coup foireux, d'un oubli de pilule. On ne l'a pas voulue, elle n'a rien demandé. Elle vit. Et puis après ?

Pas trop de quoi se sentir fière. Ni d'être là, ni d'exister.

Maud a dix-sept ans, pas de but, pas d'espoir. Elle a bien mieux que ça : la rage.

La vraie rage, comme les bêtes, à vouloir mordre au sang, au plus vif de la chair. A vouloir déchirer le premier qui la cherche, ou la trouve. Ou la touche.

Peut-être qu'au début, elle n'était pas comme ça. Peut-être qu'il y a eu des jours heureux, …"

Ce que j'en pense :

On retrouve le style incisif, direct de Marie-Sabine Roger. Elle sait parfaitement entrer dans la tête (et le corps) de cette jeune fille, nous faire partager sa souffrance, sa violence et son immense colère. Il n'y a pas de pathos, c'est dur et implacable.

Un simple violUn simple violUn simple violUn simple viol

 

 

__________ 

Voir les commentaires

Cet enfant

Publié le par GéHa

Cet enfant

"Cet enfant" de Joël Pommerat - Actes Sud papiers

Présentation de l'éditeur :

Une jeune femme attend un enfant et jubile à l’idée de ce bonheur. Plus loin, une petite fille joue dans sa chambre et refuse de voir son père. Un homme explose au repas familial… Des histoires ordinaires à travers lesquelles on traverse tour à tour l’angoisse, la peur de vivre, le désir de prouver quelque chose, l’appréhension, l’envie d’être, d’exister face au regard de l’autre. 

Première page :

"LA FEMME ENCEINTE. Je vais enfin pouvoir me regarder dans la glace / chaque matin je vais trouver la force de me lever / je vais trouver la force de prendre enfin ma vie à bout de bras / il va me donner de la force cet enfant / je vais montrer aux autres qui je suis / je vais montrer aux autres que je ne suis pas ce qu’ils croient / je vais montrer à mes parents que je ne suis pas ce qu’ils pensent / je vais montrer à ma mère qu’elle a eu tort de ne pas me faire confiance / mon enfant il va être fier d’être mon enfant / mon enfant il va être heureux / ce sera même un enfant plus heureux que la moyenne des autres enfants / il ne manquera de rien / il n’aura pas besoin de supplier sa mère pour obtenir quelque chose dont il aura envie / il n’aura même pas besoin de le demander parce qu’il aura tout ce dont il a besoin / tout ce dont il rêve il l’aura / parce que je ne laisserai pas mon enfant être triste / mon enfant il n’aura pas une mère qui lui répond tout le temps “t’as vu le prix que ça vaut ça !?” / il sera gâté mon enfant / les autres enfants seront même jaloux de voir à quel point il est gâté / je ne le taperai pas mon enfant / jamais je ne lèverai la main sur mon enfant / quand il fera quelque chose qu’il ne faut pas faire je lui expliquerai bien tranquillement ce qu’il faut faire / j’aurai de la patience / pour lui je deviendrai différente / je ne me laisserai plus aller comme je l’ai toujours fait / parce que je n’avais aucune raison d’être quelqu’un au-dessus de la moyenne avant d’avoir mon enfant / je trouverai un travail décent avec un salaire décent pour pouvoir devenir une mère absolument irréprochable / même si c’est compliqué de trouver un travail je me lèverai le matin …"

Ce que j'en pense :

En de courtes scènes, Pommerat nous met au cœur de conflits dans le milieu familial. Comme souvent chez l'auteur, c'est direct, incisif. Toutes les scènes n'ont pas la même force et on regrette parfois que ce ne soit pas un peu plus développé.

Cet enfant

Cet enfant

 

 

__________

Voir les commentaires

L'homme semence

Publié le par GéHa

L'homme semence

"L'homme semence" de Violette Ailhaud - éditions Parole

Présentation de l'éditeur :

En 1852, Violette Ailhaud est en âge de se marier quand son village des Basses-Alpes est brutalement privé de tous ses hommes par la répression qui suit le soulèvement républicain de décembre 1851. Il s’écoule plus de deux ans avant qu’un homme n’apparaisse : 

Violette AILHAUD : Née en 1835, Violette Ailhaud est morte en 1925. «L’homme semence» est un récit écrit en 1919.
Pour la seconde fois en 70 ans, son village vient de perdre tous ses hommes. 

Première page :

"Ça vient du fond de la vallée. Bien avant que ça passe le gué de la rivière, que l’ombre tranche, comme un lent clin d’œil, le brillant de l’eau entre les iscles, nous savons que c’est un homme. Nos corps vides de femmes sans mari se sont mis à résonner d’une façon qui ne trompe pas. Nos bras fatigués s’arrêtent tous ensemble d’amonteiller le foin. Nous nous regardons et chacune se souvient du serment. Nos mains s’empoignent et nos doigts se serrent à en craquer les jointures: notre rêve est en marche, glaçant d’effroi et brûlant de désir. L’homme monte. Il marche d’un bon pas. Pourtant sa marche paraît lente, douloureusement lente pour nos nerfs à vif. Pour tuer ce temps qui nous torture, nous redoublons d’élan dans le travail. Fourches et râteaux dansent une gigue qui grossit rapidement les tas de foin. Nos bras s’agitent sans que nous soyons en eux. Tous nos sens sont ailleurs, tendus vers lui. À chaque fois que l’homme trécoule derrière un repli du terrain, je me demande si je n’ai pas rêvé ou s’il n’a pas simplement décidé 10 de rebrousser chemin."

Ce que j'en pense :

Petit livre à lire absolument. Écrit il y a 100 ans mais encore tellement de notre temps. C'est une belle histoire d'amour et de solitude où le politique n'est pas absent. Pas de pathos mais beaucoup d'émotion et de force. Cerise sur le gâteau : l'auteure utilise les mots de l'époque et de la région qui ont disparu maintenant comme "amonteiller", "trécoule", "grémoulon"…

L'homme semence

L'homme semenceL'homme semenceL'homme semence

 

 

__________

Voir les commentaires

La nuit tombe quand elle veut

Publié le par GéHa

La nuit tombe quand elle veut

"La nuit tombe quand elle veut" de Marie Depussé - POL

Présentation de l'éditeur :

Il ne faut pas dire de mal de l’hôpital. Tous ceux qui ont écrit pour le faire avaient raison. Mais il est tard. Les hôpitaux de campagne disparaissent, ceux des villes n’ont plus assez de lits. On se rapproche de l’Afrique. Mais on n’a pas leur tendresse, leurs familles illimitées, leur habitude de veiller leurs malades jour et nuit, de leur faire la cuisine.
La première fois on est entrés, avec Jean, avec facilité. Opération en vue, il était inscrit. Une femme chirurgien, quelques mois auparavant, avait formulé le verdict « tumeur du cerveau inopérable » avec douceur. Mais on allait se donner la peine d’ouvrir pour vérifier. Ça lui suffisait, à Jean, il ne demandait pas beaucoup. Il orientait tout son corps vers l’espoir.
L’hôpital, quand il veut bien vous prendre, est une grande machine qui vous dit par ses bruits métalliques, ses silences, la précision des gestes de ses femmes blanches, qu’on n’est pas condamné à mort. Ici on vous soigne. C’est vers cela que Jean allait. Il pouvait encore marcher, plus précisément il donnait l’ordre de marcher à ce qu’il appelait ses jambes de ferraille….

Première page :

"La nuit quand on est seul et malade on a peur. Du vent qui fait trembler les fenêtres et rampe en bas des tours, dehors. La grande machine de l’hôpital est en panne. L’insomnie s’écrase sur le rideau de fer métallique qu’on a baissé avec des manivelles, pour ne laisser aucun espoir d’aube, pour qu’on ne voie plus rien du ciel. Si l’un ou l’une qui vous aime est assis sur le fauteuil près du lit, si de temps à autre on peut dire : tu es là, la nuit recule et on a moins froid. Il y a des femmes qui articulent, en refermant la porte de la chambre : bonne  nuit mon chéri."

Ce que j'en pense :

Un livre, presque documentaire, sur l'hôpital. L'auteure y parle de la maladie, de la mort, de la famille et de l'absence, du manque. Il n'y a pas de misérabilisme dans ce livre mais tout est dit sur l'inhumanité dans certains services, sur le manque de personnels.

La nuit tombe quand elle veut

La nuit tombe quand elle veutLa nuit tombe quand elle veut

 

 

__________

Voir les commentaires

Millenium 5 La fille qui rendait coup pour coup

Publié le par GéHa

Millenium 5 La fille qui rendait coup pour coup

"La fille qui rendait coup pour coup" de David Lagercrantz - Actes Sud

Présentation de l'éditeur :

Une enfance violente et de terribles abus ont marqué à jamais la vie de Lisbeth Salander. Le dragon tatoué sur sa peau est un rappel constant de la promesse qu’elle s’est faite de combattre l’injustice sous toutes ses formes. Résultat : elle vient de sauver un enfant autiste, mais est incarcérée dans une prison de haute sécurité pour mise en danger de la vie d’autrui. Lorsqu’elle reçoit la visite de son ancien tuteur, Holger Palmgren, les ombres d’un passé qui continue à la hanter resurgissent. Quelqu’un a remis à Palmgren des documents confidentiels susceptibles d’apporter un nouvel éclairage sur un épisode traumatique de son enfance.
Pourquoi lui faisait-on passer tous ces tests d’intelligence quand elle était petite ? Et pourquoi avait-on essayé de la séparer de sa mère à l’âge de six ans ? Lisbeth comprend rapidement qu’elle n’est pas la seule victime dans l’histoire et que des forces puissantes sont prêtes à tout pour l’empêcher de mettre au jour l’ampleur de la trahison. Avec l’aide de Mikael Blomkvist, elle se lance sur la piste d’abus commis par des officines gouvernementales dans le cadre de recherches génétiques secrètes. Cette fois, rien ne l’empêchera d’aller au bout de la vérité.

Première page :

"Lisbeth Salander. sortait des vestiaires après sa séance d'entraînement, quand elle fut rattrapée dans le couloir par le surveillant-chef Alvar Olsen. Il lui déballa un blabla exalté. Il semblait tout excité. Il gesticulait et brandissait des documents. Mais Lisbeth ne saisissait pas un mot de ce qu'il disait. Il était 19 h 30.

C'était l'heure la pire à Flodberga. L'heure où le fracas du train de marchandises qui longeait la prison faisait trembler les murs, où les trousseaux de clés cliquetaient dans le couloir, où l'air se chargeait d'effluves de parfum et de transpiration. 19 h 30 était, pour les prisonnières, le moment le plus dangereux de la journée. C'était alors, à la faveur du boucan de la voie ferrée et de l'agitation générale provoquée par la fermeture imminente des portes des cellules, qu'avaient lieu les pires agressions. Lisbeth Salander inspectait toujours le quartier à cette heure-là, et ce ne fut sans doute pas un hasard si elle aperçut Faria Kazi à cet instant précis.

Faria Kazi était une jolie jeune femme, originaire du Bangladesh. Elle était assise dans sa cellule, sur la gauche. Même si, de là où se trouvait Lisbeth, elle ne pouvait voir qu'une partie de son visage, il ne faisait aucun doute qu'elle recevait des gifles. Sa tête basculait de part et d'autre sans interruption et, bien que les coups ne fussent pas particulièrement violents, ils avaient quelque chose de rituel et de coutumier. Quoi qu'il fût en train de se passer, ça durait depuis un moment."

Ce que j'en pense :

C'est plutôt brouillon, pas très bien écrit (ou mal traduit) mais c'est construit pour qu'on soit amené à tourner les pages. Les personnages ont perdu de leur épaisseur et de leur crédibilité. Heureusement pour Actes Sud, ça se vend bien !

Millenium 5 La fille qui rendait coup pour coup

 

 

__________

Voir les commentaires

Le camp des autres

Publié le par GéHa

Le camp des autres

"Le camp des autres" de Thomas Vinau - Alma éditeur

Présentation de l'éditeur :

Gaspard fuit dans la forêt avec son chien. Il a peur, il a froid, il a faim, il court, trébuche, se cache, il est blessé. Un homme le recueille. L’enfant s’en méfie : ce Jean-le-blanc, est-ce un sorcier, un contrebandier ?

En 1907, Georges Clemenceau crée les Brigades du Tigre pour en finir avec « ces hordes de pillards, de voleurs et même d’assassins, qui sont la terreur de nos campagnes ». Au mois de juin, la toute nouvelle police arrête une soixantaine de voleurs, bohémiens et déserteurs réunis sous la bannière d’un certain Capello qui terrorisait la population en se faisant appeler la Caravane à Pépère. C’est avec eux, que Gaspard, l’enfant insoumis, partira un matin sur les routes.

Première page :

"Le givre fait gueuler la lumière. Lorsqu'il a voulu ouvrir les yeux, sa paupière gauche était encore collée par le sang. Il passe plusieurs minutes, mains en coupe autour du visage, à tenter de réchauffer lentement par son haleine la peau tuméfiée de ses joues, les croûtes sur ses arcades fendues, l'arc-en-ciel de coups sur sa petite tronche d'ange écrasée. Blotti sous un buisson d'acacias, la buée s'échappait de son corps recroquevillé. Il reprend ses esprits lentement après le jeu de massacre de cette nuit et la longue course effrénée dans les nœuds noirs de la forêt. On avait dû retrouver le corps à présent, bleu et glacé, à se taire enfin la bouche pleine de fumier, immergée dans l'auge des porcs. Cette fois il était bon pour vraiment prendre la route et puis tant mieux ce serait toujours mieux et puis merde à la merde qui lui servait de nid. Le froid réveille la douleur. Il s'extirpe de son cocon d'épines, renfroque ses loques et crache un bon coup l'île de glaires, de fer et de sang qui flottait au fond de sa gorge. Petit à petit, du plat de la main, il explore laborieusement son corps endolori."

Ce que j'en pense :

C'est un roman d'apprentissage sauvage de la liberté, un roman engagé et enragé. L'écriture est riche et foisonnante, fine et poétique. Vinau nous montre la vie des insoumis du début du XXème siècle, "la liberté crue de l'enfance" et nous laisse entrevoir ce que pourrait être actuellement la solidarité et l'insoumission.

Le camp des autres

Le camp des autresLe camp des autresLe camp des autres

 

 

__________

Voir les commentaires

Off Minor

Publié le par GéHa

Off Minor

"Off Minor" de John Harvey - Rivages/noir

Présentation de l'éditeur :

Une fois que le patron serait au courant, il se chargerait sans doute de prévenir lui-même les parents de la gosse. Et c'était une chose que Millington détestait plus que tout, et qui lui soulevait le coeur : regarder en face des gens dont le visage se décompose, et leur raconter des mensonges." Quand la petite Emily est enlevée, Charlie Resnick craint le pire. A peine quelques jours plus tôt, le corps d'une autre fillette de six ans a été découvert, caché dans deux sacs poubelles, à l'intérieur d'un entrepôt désaffecté. Pour le policier, l'affaire est particulièrement difficile , l'opinion publique s'impatiente, les médias se déchaînent et Resnick lui-même est hanté par l'idée qu'un assassin pédophile rôde dans la ville. Pour cette quatrième enquête de l'inspecteur Resnick (Coeurs solitaires, Les Etrangers dans la maison, Scalpel), placée sous le signe du morceau de Thelonious Monk Off Minor, John Harvey s'attaque au délicat sujet de la pédophilie. Il le fait avec la justesse, la pudeur et l'humanité qui caractérisaient ses précédents romans."

Première page :

Il est assis de l'autre côté du bar, juste en face de Raymond, et ne le quitte pas des yeux, le mettant au défi de venir l'aborder - le type qui lui a planté sa lame dans la peau, l'homme au couteau.

Cela remonte à six semaines. Un samedi soir comme celui-ci, mais plus froid. L'air que Raymond rejette se condense en petits nuages blancs. Pour rejoindre la place, il tourne devant le Royal. À ce moment, Raymond n'a aucune raison de remarquer ces gars-là plus que d'autres ; quatre jeunes, en bras de chemise, dix-neuf, vingt ans, qui font une virée en ville. Chemises blanches et cravates neuves, achetées le matin même chez River Island ou Top Man. Les mains enfoncées dans les poches de leurs pantalons, qui sont de couleur sombre et coupés amples à la taille. Des grandes gueules. Ils apostrophent les filles en minijupe ou en short qui pressent le pas et s'esclaffent, dans un cliquetis de talons aiguilles.

  • Hé, toi, là-bas !
  • Quoi ? -Toi !
  • Ouais ?

Ce que j'en pense :

On finit par bien connaître tous ces personnages de l'entourage de Resnick. Harvey sait leur donner du corps. On suit bien sûr l'enquête mais elle vient presque au second plan. L'auteur nous fait pénétrer dans le Nottingham des années 90, avec la misère, la délinquance, le chômage… mais cela est abordé de façon très humaine et pudique.

Off Minor

Off MinorOff Minor

 

 

__________

Voir les commentaires