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L'ombre du vent

Publié le par GéHa

- Nouvelles

""L'ombre du vent"  de Carlos Ruiz Zafon
traduction François Maspero - Grasset

Présentation de l'éditeur :

Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du vent. Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie.

Première page :

"Je me souviens encore de ce petit matin où mon père m'emmena pour la première fois visiter le Cimetière des Livres Oubliés. Nous étions aux premiers jours de l'été 1945, et nous marchions dans les rues d'une Barcelone écrasée sous un ciel de cendre et un soleil fuligineux qui se répandait sur la ville comme une coulée de cuivre liquide.

— Daniel, me prévint mon père, ce que tu vas voir aujourd'hui, tu ne dois en parler à personne. Pas même à ton ami Tomâs. A personne.

— Pas même à maman ? demandai-je à mi-voix. Mon père soupira, en se réfugiant derrière ce sourire triste qui accompagnait toute sa vie comme une ombre.

— Si, bien sûr, répondit-il en baissant la tête. Pour elle, nous n'avons pas de secrets. Elle, on peut tout lui dire.

Peu après la fin de la guerre civile, ma mère avait été emportée par un début de choléra. Nous l'avions enterrée à Montjuïc le jour de mon quatrième anniversaire. Je me rappelle seulement qu'il avait plu toute la journée et toute la nuit, et que, lorsque j'avais demandé à mon père si le ciel pleurait, la voix lui avait manqué pour me répondre. "

Ce que j'en pense :

Très prenant du début à la fin (un peu moins à la fin. C'est un livre gigogne où les personnages se croisent dans un environnement de guerre à Barcelone. C'est un beau voyage à l'intérieur des livres et une réflexion sur l'écriture et la lecture de fictions.

  

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Paradiso

Publié le par GéHa

- Nouvelles

Paradiso - Texte : Franck Prévot - Illustration : Carole Chaix
éditions L'édune

Présentation de l'éditeur :

Pour faire comprendre à sa voisine qu’on l’aime, quand on a dix ans, tous les moyens sont bons, mais pour finir, il faut bien le lui dire en face.

 

Une simple histoire d’amour ? Peut-être mais celle-ci prend toute son ampleur poétique sous la plume de Franck Prévot dont l’histoire est magnifiquement mise en scène par Carole Chaix.

 

Une page :


- Nouvelles

Ce que j'en pense :

La poésie et le cinéma sont très présents dans ce récit dans le texte de Franck Prévot et à travers les illustrations de Carole Chaix. Très bel album grand format d'une merveilleuse richesse visuelle et narrative.

   
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Enlèvement avec rançon

Publié le par GéHa

- Nouvelles

"Enlèvement avec rançon" - Yves Ravey
éditions de minuit

Présentation de l'éditeur :

Max et Jerry ne se sont pas revus depuis que Jerry a quitté la maison familiale pour l'Afghanistan. Max, son frère, est resté comptable dans une entreprise d'emboutissage.
Et, si, un soir, Jerry passe la douane en fraude pour un retour de quelques heures parmi les siens, c'est que, comme Max, il poursuit un objectif qui devrait lui faire gagner beaucoup d'argent. Le plan ne peut échouer. Quitte à employer les grands moyens.

Première page :

"La nuit de son retour, je suis allé de l’autre côté de la frontière helvétique accueillir mon frère à sa descente du train. Quand il m’a aperçu, Jerry a posé sa valise pour m’embrasser, me serrer fort contre lui et me dire qu’il attendait depuis une bonne demi-heure. Alors, j’ai compris que rien n’avait changé depuis son départ, il y a vingt ans. Et tout de suite, sans que j’oublie rien de ce qui nous liait, notre enfance, mon père et ma mère, nos rapports se sont tendus.

Qu’importe, nous sommes restés longtemps sur le quai, dans les bras l’un de l’autre. Mais quand il a relâché son étreinte, il a demandé si j’étais toujours prêt à enlever la fille de mon patron, qui ne répondait pas à mes avances, et j’ai fait oui de la tête."

Ce que j'en pense :

Retrouvailles entre deux frères. Le plus malin n'est pas celui qu'on pense. Récit bien ficelé qui se dévore d'une traite; écriture directe et efficace qui cache bien son second degré.

  

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montana 1948

Publié le par GéHa

"montana 1948" - Larry Watson
traductionBertrand Péguillan - éditions Gallmeister

Présentation de l'éditeur :

De l’été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n’a pu chasser ni même estomper. Ainsi s’ouvre le récit du jeune David Hayden. Cet été 1948, une jeune femme sioux porte de lourdes accusations à l’encontre de l’oncle du garçon, charismatique héros de guerre et médecin respecté. Le père de David, shérif d’une petite ville du Montana, doit alors affronter son frère aîné. Impuissant, David assistera au déchirement des deux frères et découvrira la difficulté d’avoir à choisir entre la loyauté à sa famille et la justice.

Montana 1948 raconte la perte des illusions de l’enfance et la découverte du monde adulte dans une écriture superbe digne des plus grands classiques américains.

Première page :

De l’été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n’a pu chasser ni même estomper.

Une jeune femme sioux est étendue sur un lit dans notre maison. Elle a de la fièvre, elle délire et tousse si fort que j’ai peur qu’elle ne meure.

Mon père, agenouillé sur le plancher de la cuisine, supplie ma mère de l’aider. Par cette nuit d’été une vive lumière emplit la pièce. Les insectes volent autour des lampes et se confondent dans mon souvenir avec le ton plaintif de la voix de mon père, insistante, stridente, frénétique. Jamais je ne l’avais entendu parler sur ce ton-là.

Un air chaud traverse la cuisine où se tient ma mère. Les fenêtres sont grandes ouvertes ; le vent soulève les rideaux de dentelles. Ma mère s’est emparée du fusil Ithaca à douze coups de mon père. Comme elle est petite et frêle, elle a du mal à manier cet engin encombrant. Mais elle a suffisamment observé mon père et les autres hommes pour savoir où placer les cartouches, et elle bourre le chargeur. C’est l’opération la plus difficile. Une fois les cartouches enfoncées, n’importe quel imbécile est capable de tirer. C’est bien ce qu’elle compte faire.

Je me souviens aussi d’un bruit de verre brisé, d’une odeur de légumes gâtés… Ces instants, je les évoque dans l’ordre où ils se sont déroulés...

Ce que j'en pense :

Très belle histoire qui raconte la découverte du monde adulte (avec les silences, les mensonges, les secrets de famille) dans une petite ville du Montana, par un garçon de 12 ans. Ecriture simple allant à l'essentiel.

  

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Ouragan

Publié le par GéHa

- Nouvelles

"Ouragan" - Laurent Gaudé
Actes sud

Présentation de l'éditeur :

A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ? Seul dans sa voiture, Keanu fonce vers les quartiers dévastés, au coeur de la tourmente, en quête de Rose, qu'il a laissée derrière lui six ans plus tôt et qu'il doit retrouver pour, peut-être, donner un sens à son existence... Dans un saisissant décor d'apocalypse, Laurent Gaudé met en scène une dizaine de personnages qui se croisent ou se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort. Roman ambitieux à l'écriture empathique et incantatoire, Ouragan mêle la gravité de la tragédie à la douceur bienfaisante de la fable pour exalter la fidélité, la fraternité, et l'émouvante beauté de ceux qui restent debout.

Première page :

"Moi, Joséphine Linc. Steelson, négresse depuis pres­que cent ans, j'ai ouvert la fenêtre ce matin, à l'heure où les autres dorment encore, j'ai humé l'air et j'ai dit : "Ça sent la chienne." Dieu sait que j'en ai vu des petites et des vicieuses, mais celle-là, j'ai dit, elle dépasse toutes les autres, c'est une sacrée garce qui vient et les bayous vont bientôt se mettre à clapoter comme des flaques d'eau à l'approche du train. C'était bien avant qu'ils n'en parlent à la télévision, bien avant que les culs blancs ne s'agitent et ne nous disent à nous, vieilles négresses fatiguées, comment nous devions agir. Alors j'ai fait une vilaine moue avec ma bouche fripée de ne plus avoir embrassé personne depuis longtemps, j'ai regretté que Marley m'ait laissée veuve sans quoi je lui aurais dit de nous servir deux verres de liqueur - tout matin que nous soyons - pour profiter de nos derniers instants avant qu'elle ne soit sur nous. J'ai pensé à mes enfants morts avant moi et je me suis demandé, comme mille fois auparavant, pourquoi le Seigneur ne se lassait pas de me voir traîner ainsi ma carcasse d'un matin à l'autre. "

Ce que j'en pense :

Un très beau livre de Gaudé. Une écriture qui a du souffle, un style puissant rappelant la voix du peuple noir.

  

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Je ne suis pas un héros

Publié le par GéHa

- Nouvelles

"Je ne suis pas un héros" - Pierre Autin Grenier
foliio

Présentation de l'éditeur :

"Je ne sais pas ce qui se passe dans le Montana mais jamais personne ne m'écrit de là-bas.
Je ne demande pourtant pas à recevoir des lettres de plusieurs pages en provenance directe d'Helena, la capitale ; non, mes espérances sont plus modestes et un simple mot, même d'un type perdu dans les Rocheuses, ferait parfaitement l'affaire. Sur les 808 100 habitants de cet État qui compte quelque 381000 km² il devrait bien se trouver au moins un individu pour s'inquiéter de moi et me donner des nouvelles du Montana. Et puis je me dis que peut-être personne n'a seulement mon adresse dans le Montana, même une adresse très approximative. Après tout, ce n'est pas là une hypothèse complètement absurde. On pourrait aussi imaginer que pas un des 808 100 habitants n'a entendu parler de moi, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie, et que là-bas le fait même que j'existe reste encore ignoré de tout le monde. Pourquoi pas ! "

Extrait :

"Des anges, nous n'en avions jamais vus pour de bon jusqu'à ce matin de mistral où Madeleine en a trouvé un, empêtré dans les barreaux de la grille d'entrée comme pris dans les mailles d'un filet. Maintes fois j'avais prévenu que cette clô­ture était un véritable piège pour tout ce qui vole. Si l'on m'avait laissé l'initiative, il y a belle lurette que j'aurais supprimé cette enceinte et lâché la maison au milieu des champs, libre ! Mais Madeleine a toujours prétexté que notre bull-terrier opérerait alors de véritables rafles dans les poulaillers et clapiers des fermes alen­tour et la clôture ainsi est restée. Est-ce cepen­dant suffisante raison si ce chien a des instincts de panthère noire pour nous claquemurer tels des sauvages derrière nos remparts?"

Ce que j'en pense :

Premier tome de la trilogie "une histoire", sans doute pas le meilleur (mais peut être aurait-il fallu que je les lise dans l'ordre). Humour, cruauté, cynisme et fantastique sont au rendez vous.

 

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Les onze

Publié le par GéHa

 

- Nouvelles

"Les onze" - Pierre Michon
éditions Verdier

Présentation de l'éditeur :

Les voilà, encore une fois : Billaud, Carnot, Prieur, Prieur, Couthon, Robespierre, Collot, Barère, Lindet, Saint-Just, Saint-André.
Nous connaissons tous le célèbre tableau des Onze où est représenté le Comité de salut public qui, en 1794, instaura le gouvernement révolutionnaire de l’an II et la politique dite de Terreur.
Mais qui fut le commanditaire de cette œuvre ?
À quelles conditions et à quelles fins fut-elle peinte par François-Élie Corentin, le Tiepolo de la Terreur ?
Mêlant fiction et histoire, Michon fait apparaître avec la puissance d’évocation qu’on lui connaît, les personnages de cette « cène révolutionnaire », selon l’expression de Michelet qui, à son tour, devient ici l’un des protagonistes du drame.

Extrait :

"Et que dois-je peindre ? dit-il. Cette fois il regarda Proli franchement, comme si Proli était un laquais. Proli le regardait de même. Celui-ci lâcha d’une voix flûtée et aiguisée, qui ressembla un instant à celle de Robespierre :
— Tu sais peindre les dieux et les héros, citoyen peintre ? C’est une assemblée de héros que nous te demandons. Peins-les comme des dieux ou des monstres, ou même comme des hommes, si le cœur t’en dit. Peins Le Grand Comité de l’an II. Le Comité de salut public. Fais-en ce que tu veux : des saints, des tyrans, des larrons, des princes. Mais mets-les tous ensemble, en bonne séance fraternelle, comme des frères.
Il y eut un silence. Le feu était mort, la lumière seule de la grande lanterne carrée tombait d’aplomb sur l’or répandu à la place exactement où reposaient tout à l’heure les vieux os. Les visages étaient dans l’ombre. Soudain de l’autre côté du mur dans l’église Saint-Nicolas un cheval invisible s’ébroua violemment et s’enleva des quatre fers, on entendit les sabots retomber comme des marteaux sur le pavé vide du vaisseau vide ; il poussait à pleins naseaux un cri de trompette. On aurait dit qu’il riait. Ils rirent aussi tous les quatre. Corentin riant toujours se leva et remit posément les pièces d’or dans le sac, en boucla le lacet, le prit. Il dit que c’était oui."

Ce que j'en pense :

Un roman très bien écrit, brillant, qui rend réel un tableau qui n'a jamais existé. Très dense (trop?), érudit... on est admiratif mais pas forcément enthousiasmé.

 

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Un type immonde

Publié le par GéHa

- Nouvelles

"Un type immonde" - Dennis Cooper - traduction Emmelene Landon
éditions P.O.L.

Présentation de l'éditeur :

Ces dix-huit nouvelles dont l'écriture s'étend sur plus de vingt ans permettent de prendre la mesure de la richesse du talent de Dennis Cooper.
Jouant et se jouant avec un humour décapant des tabous, des interdits, des fantasmes contemporains comme des pulsions les plus sauvages, il dresse aussi un état des lieux très sombre de la pensée et de la sensibilité occidentales.

Première page :

"« mesdames et messieurs, euh... » commence David Brooks. Il tape sur son micro VHP pour être sûr qu'il marche. Ping, ping. « L'histoire que vous allez voir est vraie, basée sur ma propre expérience d'adolescent drogué, psychotique et meurtrier, au début des années soixante-dix. Mais avant de m'installer derrière le rideau là-bas... » - il indique un petit théâtre de marionnettes grossièrement construit au centre de la scène vaste et vide de l'auditorium -« et d'emprunter la voix de mes pauvres victimes et compagnons morts... » - il rejette sa tête en arrière, une vieille habitude du temps de ses cheveux extrêmement longs et blonds - « je voudrais saluer... » - il regarde le dos de sa main et quelques mots griffonnés dessus - « le professeur William Griffith de l'Université du Texas, et sa classe de... » ..."

Ce que j'en pense :

Etat des lieux brutal d'une jeunesse contemporaine. Textes courts mais assez violents qui jouent des interdits, des fantasmes et de pulsions sauvages. Parfois difficile à supporter, dérangeant. Heureusement il y a l'humour (plutôt cynique).

 

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Argentina

Publié le par GéHa

- Nouvelles

"Argentina" - Dominique Bona
Folio

Présentation de l'éditeur :

Argentina, terre de rêve et d'espérance, planète imaginaire pour tous les Européens qui, au début du siècle, vont chercher fortune en Amérique du Sud.
Jean Flamant a vingt ans. Pauvre mais ambitieux, il quitte le nord de la France, brisé par la guerre. En mai 1920, il s'embarque à bord d'un somptueux paquebot avec la foule des émigrants de troisième classe en direction de La Plata.
Argentina raconte la saga d'un homme façonné à travers de multiples rencontres et de multiples lieux. De Buenos Aires à la Terre de Feu, s'écrit une aventure aussi passionnée que la terre qui l'a inspirée.

Première page :

"Cette année-là, Jean s'en souvenait comme d'un paysage d'hiver. La lumière froide de Roubaix, de Bordeaux et de Buenos Aires, une lumière d'hiver identique dans les deux hémisphères, lui revenait toujours lorsqu'il songeait à son départ.

La neige était tombée tôt dans le Nord : sur la Grand-Place devenue marécage, les Roubaisiens pataugeaient, la boue s'accrochait aux bottes. La neige avait la couleur du suint, celle aussi du ciel bas, engorgé de nuages et de vapeurs acres. La ville reprenait ses activités avec la joie apeurée d'une paralytique soudain rendue au mouvement. Après quatre ans d'occupation et d'engourdissement, les habitants saluaient comme le meilleur signe de leur réveil les premières colonnes de fumée qui jaillissaient des usines. La même allégresse qui avait saisi le pays au lendemain de l'armistice continuait de régner cet hiver-là sur Roubaix libéré, quatre mois plus tard..."

Ce que j'en pense :

C'est un livre bien écrit, une saga qui couvre une période d'une trentaine d'années mais qui, malheureusement, ressemble plus à une biographie qu'à un roman. La recherche documentaire et historique est souvent trop "visible".

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Le petit voleur de mots

Publié le par GéHa

- Nouvelles

"Le petit voleur de mots" - Nathalie Minne
Les albums Casterman

Présentation de l'éditeur :

Chaque soir, lorsque la nuit s’est installée, un personnage énigmatique se promène sur les toits du village : c’est le petit voleur de mots, venu faire sa moisson d’histoires et de mots nouveaux. Tout l’intéresse, tout le séduit : les mots colériques, les mots d’enfants, les rouges, les verts et même ceux qui sont impossibles à prononcer.

Car une fois revenu dans sa cabane, le petit voleur de mots laisse les mots qu’il a récoltés en faire à leur guise, dans une grande sarabande festive. Plus tard, une fois la fête achevée, il les mettra en bocaux, en fera des tresses de louanges, des écharpes d’injures ou des chaussettes de mots savants…

Et puis un jour, voilà que le petit voleur rencontre une jolie petite fille. Pour elle, il va dérober des mots nouveaux et précieux : des mots d’amour…

Extrait :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Le soir, lorsque la lune éclaire le chemin, le petit voleur de mots sort avec son équipement et marche jusqu'au village. Là, guettant les éclats de voix et de lumière pour ne pas être vu, il se hisse sur les toits.

La récolte peut commencer..."

 

 

Ce que j'en pense:

Très bel album, grand format, splendidement illustré. Histoire très simple, à la portée de tous, sans "moralisme". On aime retourner le livre dans tous les sens à la recherche de mots qui se promènent sur la page.

   

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