Si tout n'a pas péri avec mon innocence

Présentation de l'éditeur :
Ce livre raconte comment l'esprit vient aux filles. On y apprendra, entre autres :
- comment naître à neuf ans
- comment survivre à la perte de l'innocence
- comment grandir sans sombrer
- comment aimer l'autre sans souhaiter sa diminution
- comment faire entendre la musique de l'alexandrin
- comment désirer sans fin
- comment remettre sa vie dans le bon sens
Première page :
"Quand ma grand-mère tente de refermer les cuisses, la sage-femme l'en empêche et entreprend de bouchonner sans ménagement son périnée endolori. Ma grand-mère ferait bien d'interroger la signification de cette brutalité, mais comme elle a toujours eu le chic pour profiter des bons moments, elle s'accorde le répit que lui laissent la paix retrouvée de ses viscères et l'escamotage fulgurant de son nouveau-né. Elle promène distraitement la main sur son ventre effondré et a juste le temps d'en percevoir les dernières contractions, la réplique mourante du grand chambardement, avant d'être délivrée d'un placenta dont elle ignorait l'existence et qui s'expulse d'elle en trois soubresauts voluptueux.
Seule, les jambes encore passées dans des étriers archaïques, ma grand-mère est prise d'un rire nerveux. Elle ferait mieux d'interroger aussi le sens de cette solitude, mais à vingt-six ans, elle en sait assez sur la vie pour ne s'étonner de rien et pour admettre que la solitude est notre condition. Tout ce qui lui vient à l'esprit, ce sont les bribes d'une chanson de Nancy Sinatra, «Bang Bang», et le souvenir lumineux et fixe, comme pris au piège miroitant de sa mémoire, de la plage de Sidi Fredj."
Ce que j'en pense :
Le titre est très beau (emprunté à Ovide). Le début est prometteur, le style alerte, original, bien dans la peau de "l'ado". Et puis on finit par se lasser, c'est trop long, beaucoup trop long (même s'il reste quelques très bons passages)
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