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Décomposition

Publié le par GéHa


Décomposition


La quatrième de couverture
C'est un conte de fées qui commence mal, très mal
. L'histoire d'une fille un peu paumée qui voulait croire au prince charmant. Erreur. la voilà avec un cadavre dans le coffre de sa mustang, le cadavre de Jack, le prince changé en crapaud, en salaud. La route va être longue jusqu'à Seattle où peut être l'attend son autre prince, le brave George, qu'elle n'aurait jamais dû plaquer. Et comme dans tous les contes, il y aura des rencontres : un flic soupçonneux, d'autres paumés, et même une poule, une vraie...


Les premières lignes :

"George était un type bien et je ne l'ai pas tué ; mais je lui ai brisé le cœur. Il m'a offert cette Mustang et quand j'arriverai enfin à Seattle je me garerai devant chez lui, il descendra les marches de sa véranda en courant, il se penchera par la vitre baissée et il m'embrassera. Tout sera alors parfait.

Mais avant d'arriver là-bas, il faut que je me débarrasse de Jack. Lui, ce n'était pas un type bien, et je l'ai tué.

C'est la première fois que je prends la route, et il est hors de question qu'il soit encore dans le coffre quand j'arriverai à bon port."

Mon avis :

Scénario et écriture très originaux. Un livre rempli d'odeurs (mauvaises!)

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L'amant des morts

Publié le par GéHa


L'amant des morts

Quatrième de couverture :

Jérôme Alleyrat avait seize ans quand son père prit l'habitude de coucher avec lui, et lui avec son père. La mère a décidé de s'enfuir. Quand il arrive à Paris, un matin de septembre 1991, il a vingt ans.

À cette date, l'épidémie de sida bat son plein. Peu concerné par cet événement, tout entier concentré sur la quête d'un plaisir qui frôle l'anéantissement de soi, Jérôme est arrêté au beau milieu de son accomplissement par l'irruption sous son toit de la maladie, en l'espèce : son voisin de palier qu'il recueillera, soignera, accompagnera jusqu'à la fin. De cet épisode fondateur découlera l'orientation de sa vie tout entière.

Sa trajectoire remet au centre de notre attention ce qui désormais a disparu derrière le rideau de fumée de la réification triomphante : le goût du sexe, l'élan vers l'autre, la tentation du bien...

 

Les premières lignes :

"Le père, de temps à autre, couchait avec le fils. La mère ne voyait pas. Il fallait en finir avec les lois de la besogne, mais ça recommençait toujours. Chaque fois, pourtant, s'annonçait comme la dernière, mais invariablement le petit jour le cueillait, aveuglé, avec au creux du ventre la chaleur qui contracte les muscles, le déposait dans les bois plein d'une rage informe à son endroit qu'il s'entendait à dissiper dans la plainte continue des tronçonneuses et le fracas des arbres entaillés. Il allait donc falloir recommencer.

Le fils, de temps à autre, couchait avec le père. La mère ne voyait rien. Il fallait bien répondre, et ça ne cessait pas. Les élans adultes, brusques du père avaient éveillé au creux du fils un écho aussi obscur qu'ancien d'animalité, un besoin de sueur séchée, de salive et de sperme venu du fond des temps. C'était effrayant, mais souverain. Ils étaient au désert, cernés par la nuit, le vent des solitudes. On s'occupait de pulsions ataviques, on sculptait le revers invisible des jours industrieux et mornes.

La première fois, s'étant jeté de tout son long sur le dos dégagé de son gamin ensommeillé, le père avait fiévreusement cherché sa bouche, par précaution, pour y plaquer la main et s'assurer le concours du silence. Mais le fils avait saisi la main, l'avait placée sur sa nuque, dans un consentement tendant à l'abandon, avec un détachement dissimulé dans un soupir qui aurait dû alerter le père s'il avait été en mesure de prêter attention à autre chose qu'à la pulsion hasardeuse qui le tordait en revêtant les traits de la nécessité."

 

 

Mon avis :
Une écriture précise, riche, qui en appelle au lecteur.
Des expressions reviennent régulièrement pour nous mettre au centre d'un constat : "On en est là". C'est un livre qui "creuse" quelque chose en nous.



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