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temps

Le parloir

Publié le par GéHa

Le parloir

"Le parloir" de Eric Sanvoisin
Gründ

Présentation de l'éditeur :

"Dans un parloir on se regarde toujours avant de se parler". Yan vient d'avoir dix-huit ans. Il est incarcéré depuis une semaine. Et depuis une semaine, il n'a pas prononcé un mot. Il attend. Il attend que le temps passe. Mais le temps ne passe pas.

Première page :

"Maison d'arrêt

Vendredi 31 octobre,

9 h 30

— 7216..., parloir dans deux heures !

Le surveillant referme la porte de la cellule.

Yan vient d'avoir dix-huit ans. Il est incarcéré depuis une semaine. Et depuis une semaine, il n'a pas prononcé un mot. Il attend. Il attend que le temps passe. Mais le temps ne passe pas."

Ce que j'en pense :

Ce très court roman peut être lu par des ados (à partir de 15 ans). Le quotidien de la prison y est très bien décrit. Intense, juste, avec une intrigue très bien menée.

  

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Un été sans les hommes

Publié le par GéHa

Un été sans les hommes

"Un été sans les hommes " de Siri Hustvedt
traduction Christine Le Boeuf - Actes Sud

Présentation de l'éditeur :

Incapable de supporter plus longtemps la liaison que son mari, Boris, neuroscientifique de renom, entretient avec une femme plus jeune qu'elle, Mia, poétesse de son état, décide de quitter New York pour se réfugier auprès de sa mère qui a, depuis la mort de son mari, pris ses quartiers dans une maison de retraite du Minnesota. En même temps que la jubilatoire résilience dont fait preuve le petit groupe de pétillantes veuves octogénaires qui entoure sa mère, Mia va découvrir la confusion des sentiments et les rivalités à l'oeuvre chez les sept adolescentes qu'elle a accepté d'initier à la poésie le temps d'un été, tout en nouant une amitié sincère avec Lola, jeune mère délaissée par un mari colérique et instable... Parcours en forme de "lecture de soi" d'une femme à un tournant de son existence et confrontée aux âges successifs de la vie à travers quelques personnages féminins inoubliables, ce roman aussi solaire que plaisamment subversif dresse le portrait attachant d'une humanité fragile mais se réinventant sans cesse.

Première page :

"Quelque temps après qu'il eut prononcé le mot pause, je devins folle et atterris à l'hôpital. Il n'avait pas dit :Je ne veux plus jamais te revoir, ni : C'est fini mais, après trente années de mariage, pause suffit à faire de moi une folle furieuse dont les pensées explosaient, ricochaient et s'entrechoquaient comme des grains de popcorn dans un four à microondes. J'étais arrivée à cette lamentable constatation alors que je gisais sur mon lit dans l'aile sud, si alourdie par le Haldol que bouger m'était odieux. Les cruelles voix rythmées s'étaient adoucies, mais elles n'avaient pas disparu et lorsque je fermais les yeux je voyais des personnages de dessin animé courir à toute vitesse sur des collines rosés et disparaître dans des forêts bleues. A la fin, le Dr P. posa son diagnostic : je souffrais d'une "crise psychotique", appelée parfois "bouffée délirante", ce qui signifie que vous êtes réellement fou mais pas pour longtemps. Si cela dure pendant plus d'un mois, une autre appellation s'impose. Il semble qu'il y ait souvent un déclencheur - dans le parler psychiatrique, un "stresseur" - à l'origine de ce genre d'affection. Dans mon cas, c'était Boris, ou plutôt l'absence de Boris, le fait que Boris s'accordât une pause. On me tint enfermée pendant une semaine et demie, et puis on me laissa sortir."

Ce que j'en pense :

Quelques bons moments, en particulier au début. Beaux portraits de femmes (les plus âgées). Trop de références littéraires, philosophiques, psychanalytiques... font que ce roman parait très "intellectuel".

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Le déjeuner du bord de Loire

Publié le par GéHa

Le déjeuner du bord de Loire

"Le déjeuner des bords de Loire " - Philippe Le Guillou
Mercure de France - folio

Présentation de l'éditeur :

Julien Gracq est sans conteste au nombre des écrivains que j'admire le plus. Je l'ai découvert au lycée en 1976. Je l'ai lu ensuite et l'admiration s'est installée, inentamable. Je lui ai écrit plus tard et j'ai écrit sur son travail. Ma première visite à Saint-Florent-le-Vieil, sur les bords de la Loire, remonte à février 1992. D'autres l'ont suivie, régulières, ferventes. Un jour - c'était en février 1998 - j'ai éprouvé le besoin de raconter le cours d'une de ces journées désamarrées du flux ordinaire des jours. Comme cela, sans désir d'effraction, loin du prosaïsme du reportage, simplement pour rendre témoignage. C'est le sens de ce récit qui narre quelques heures entre deux trains, au bord du fleuve, un jour d'hiver glacial et lumineux, en compagnie du dernier des très grands, quelques heures magnifiques et aimantées qui restent pour moi comme une leçon de littérature et de vie.

Première page :

"Longtemps je l'ai rêvé lointain, nimbé dans sa légende, inaccessible. Un grand maître des sortilèges. Il n'était pas de ces hommes que l'on rencontre comme cela, pour parler de la pluie et du beau temps, de l'insignifiance des choses qui passent. Sa légende, ce qui se disait de lui, l'admiration sans limites que je voue à ses livres le plaçaient en dehors du jeu des relations ordinaires, pas nécessairement au-dessus, simplement plus loin, au-delà d'un seuil quasi sacré. Oui, à force de le lire, à force aussi d'écrire à propos de ses livres, j'avais élaboré une construction mythique qui faisait de lui un ermite sauvage, la figure même de l'écrivain rare et somptueux. De temps en temps nous échangions des lettres. La première remontait au mois de novembre 1979, je l'avais trouvée un soir, déposée par ma logeuse sur la maie de ma chambre d'étudiant. Calligraphie noire, appliquée et nerveuse. Quelques mots de braise et d'élection. "

Ce que j'en pense :

Beaucoup d'admiration (parfois un peu trop), de charme et un peu de mélancolie dans ce récit paisible d'une rencontre en bord de Loire.

  

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Jours de juin

Publié le par GéHa

- Nouvelles

"Jours de juin" - Julia Glass
Traduction Anne Damour - Editions des Deux Terres (Points)

Présentation de l'éditeur : 

Julia Glass nous entraîne au fil des générations des McLeod et tisse les liens du passé et du présent. A la mort de sa femme, Paul part en Grèce où il s'éprend d'une jeune artiste peintre. Son fils Fenno part à New York où il se lie d'amitié avec Mal, critique musical atteint du sida. Fragiles et émouvants, ces personnages recherchent un pays où ils espèrent échapper aux pièges de la vie..

Première page : 

"Paul avait choisi la Grèce pour sa blancheur annoncée : la chaleur incandescente du jour, l'affluence nocturne des étoiles, l'éclat des maisons chaulées le long de la côte. La Grèce aveuglante, brûlante, somnolente, fossilisée.

 Partir en groupe — voilà le risque, car Paul n'est pas de l'espèce grégaire. Il redoute les réunions à but charitable et les cocktails mondains, toutes les occasions où il doit parler de lui à des gens qu'il ne reverra jamais. La compagnie d'étrangers n'est pourtant pas sans avantages. Vous pouvez leur raconter ce qui vous plaît: peut-être pas des mensonges, mais pas de vérités intimes non plus. Paul n'est pas doué pour inventer (il s'y est risqué une seule fois, stupidement), et la seule vérité qu'il ait dévoilée à ces compagnons de hasard — la perte récente de sa femme — déclencha une avalanche de condoléances emphatiques. (Une main sur la sienne à la table du petit déjeuner à Athènes, le tout premier jour: «Le temps, le temps, le temps..."

Ce que j'en pense : 

Ce roman raconte quelques moments de vie de personnages bien décrits, attachants et complexes. C'est une belle saga, agréable à lire et très bien construite.

 

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Le loup des steppes

Publié le par GéHa

Le loup des steppes

Le loup des steppes - Hermann Hesse - traduction Alexandra Cade
éditions Calmann-Lévy

Présentation de l'éditeur

Publié pour la première fois en 1927 et maintes fois depuis dans toutes les langues du monde, Le Loup des steppes, roman culte de la génération de 68 est l'œuvre de Hesse la plus connue et en même temps la plus mal comprise, d'après la voix même de son auteur. Il conte les heurts d'un « marginal » avec le monde moderne. Déchiré entre culture et nature, l'éternel outsider Harry Haller s'installe dans une maison bourgeoise urbaine, fleurant bon l'encaustique et la propreté, afin de poursuivre de vagues recherches. Profondément déprimé, en pleine crise existentielle, il flirte avec l'idée du suicide, mais rencontre une prostituée qui l'entraîne dans une aventure plus philosophique qu'amoureuse. Avec quelques autres personnages de son monde interlope, elle semble lui offrir la possibilité de réconcilier les deux extrêmes de son être : son côté loup solitaire, ascète et anti-social, et sa fringale de la sensualité, la vie. L'étrange pacte entre ces deux êtres se terminera par la mort de l'un d'entre eux. Si le conflit de personnalité de Harry (alter ego de Hermann Hesse) n'est sans doute pas résolu à la fin du roman, la métropole qui est sa toile de fond se transforme en un « théâtre magique », la steppe glacée de la ville se dégèle le temps d'un songe. La traduction précédente datait de 1929 et comporte de nombreuses approximations et contresens. Grâce à la nouvelle traduction d'Alexandra Cade, traductrice de L'Éloge de la vieillesse et de L'Art de l'oisiveté de Hermann Hesse, Le Loup des steppes sera enfin accessible aux lecteurs français dans une version qui respecte scrupuleusement la poésie et les moindres nuances du texte original.

Extrait

"La journée s'était écoulée exactement comme s'écoulent toutes les autres journées. J'avais passé le temps, je l'avais doucement tué grâce à mon art de vivre primitif et farouche. J'avais travaillé un bon moment, consulté de vieux livres ; j'avais souffert durant deux heures, comme souffrent les personnes d'un certain âge ; j'avais avalé un remède, heureux de pouvoir tromper la douleur; j'avais pris un bain brûlant en me laissant pénétrer de sa chaleur bienfaisante ; j'avais reçu trois fois du courrier et parcouru l'ensemble de ces lettres, de ces imprimés sans importance ; j'avais accompli mes exercices respiratoires et négligé par paresse les exercices intellectuels ; j'avais fait une promenade d'une heure et aperçu, se dessinant dans le ciel, quelques petits nuages floconneux, ravissants, délicats et précieux. Ce spectacle était fort agréable, à l'instar de la lecture de vieux ouvrages, du repos pris dans un bain chaud, mais tout compte fait, la journée n'avait pas été vraiment exaltante, vraiment radieuse, elle ne m'avait apporté ni bonheurs ni joies. Elle était tout simplement conforme à l'idée que je me faisais depuis longtemps déjà des journées normales et habituelles ; conforme aux journées modérément agréables, parfaitement supportables, passables et tièdes d'un homme vieillissant et acariâtre ; aux journées sans douleurs, sans inquiétudes spécifiques, sans affliction véritable, sans désespoir, où l'on envisage même froidement, tranquillement, sans émotion ou angoisse particulières, la question de savoir s'il ne serait pas temps de suivre l'exemple d'Adalbert Stifter et de se blesser mortellement en se rasant."

Mon avis :

C'est un livre qui se déguste. L'écriture y est fine, précise et profonde. C'est un roman philosophique où se mèlent le fantastique, le délire, le spirituel.

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