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Modus operandi

Publié le par GéHa

Modus operandi

"Modus operandi" de Marin Ledun
Au diable vauvert (le livre de poche)

Présentation de l'éditeur :

Marginal opiniâtre et alcoolique invétéré, Eric Darrieux enquête sur des disparitions d'enfants à Grenoble. Témoins fuyants, preuves confuses... A travers les brouillards de l'alcool, il poursuit un passé tourmenté dans les méandres de la mémoire urbaine.

Première page :

« Cette ville pue la mort, marmonne l'inspecteur Éric Darrieux, adossé à la portière de sa vieille Peugeot. Tu m'entends, Grenoble ? La mort par tous tes trous ! »

Dimanche 15 janvier 2006, une avenue, quelque part entre un bar et son appartement.

« Plus de quarante ans que je roule pour toi. »

Darrieux siffle le fond de sa bouteille de whisky. Les immeubles valsent autour de lui. Il tente de se retourner, trébuche sur le trottoir et se fend la lèvre supérieure sur le capot. Les mains à plat sur le bitume gelé, il étouffe un juron et part à la recherche de ses clefs.

« Quarante ans que j'use mes semelles dans tes rues et tes escaliers en or gris. Et que m'as-tu donné en échange ? »

II ferme les yeux pour se concentrer.

— Putain de froid !

Quand il reprend conscience, sa voiture est posée sur le trottoir au pied de son immeuble et le pare-brise est couvert d'une épaisse couche de givre. Plus de whisky, pas le courage de faire un créneau et une douleur aiguë autour de sa lèvre éclatée. Ses doigts sont bleus de froid.

Ce que j'en pense :

Roman très noir qui traite, sans aucune complaisance, de pédophilie (vue de l'intérieur). Bien écrit, bien construit, même si on se demande au début s'il y a cohérence.

  

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L'auberge de nulle part

Publié le par GéHa

- Jeunesse

L'auberge de nulle part de Roberto Innocenti et J. Patrick Lewis
traductrice Anne Krief - Gallimard jeunesse

Présentation :

Comme je paressais, par un morne après-midi , mon imagination,, manifestement froissée d’être aussi peu sollicitée, me faussa soudain compagnie. Je venais de perdre ce que le poète Wordsworth appelait son « œil intérieur ».
Mais avais-je réellement perdu l’imagination, ou l’avais-je simplement égarée en la laissant vaguer à sa guise dans le monde ordinaire, le monde normal ?
Qu’allais-je devenir, moi qui était un artiste ?
Comment pourrais-je continuer à travailler, à peindre, à vivre ?
J’essayai bien de me raccrocher à quelques bribes de souvenirs, mais elles étaient loin de me suffire.
S’il est vrai que les souvenirs sont de vieilles dentelles, eh bien, mon ami, l’imagination est une paire de chaussures neuves. Et, quand on a perdu ses chaussures neuves, il ne reste plus qu’à se lancer à leur recherche.

Extrait :

"Je rangeai mes pinceaux et mes chevalets, fis mon sac, fermai à double tour la porte de ma petite maison et advienne que pourra ! C'était assez incompréhensible, mais ma petite 4L rouge semblait savoir où elle allait : je roulais sur une route embouteillée en direction de jen'saisquelleville, quand la voiture s'engagea brusquement sur un chemin de terre, aussi long et désolé qu'un jour sans pain..."

- Jeunesse

Ce que j'en pense :

Un très bel album aux superbes illustrations. Hymne à l'imagination et bel hommage à tous les créateurs de Cervantès à Saint Exupéry en passant par Melville ou Andersen.

 

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Lorraine connection

Publié le par GéHa

 

Lorraine connection

Lorraine connection - Dominique Manotti
Rivages/Noir

Quatrième de couverture :

A Pondange en Lorraine, l'usine Daewoo fabrique des tubes cathodiques de téléviseurs. C'est la seule source d'emplois dans cette région sinistrée. Lorsqu'un énième accident se produit, l'usine se met en grève. Mais alors que les grévistes s'organisent pour passer la nuit sur place, l'usine prend feu. L'incendie est-il lié au mouvement d'occupation ? Pourquoi Eric, l'un des employés qui disait avoir vu les incendiaires est-il victime d'un accident malencontreux ? A y regarder de plus près, Daewoo Pondange paraît être au coeur d'enjeux stratégiques et de troublantes zones d'ombre. Meurtres, coups fourrés, manipulation, chantage, les adversaires qui s'affrontent ici ne reculent devant rien.

Les premières lignes:

Une pièce confinée entre quatre parois de tôle grise, traversée de part en part par un convoyeur sur lequel reposent deux rangées d'écrans de télévision et leurs lampes, sous la lumière blanche de rampes de néons, d'où pendent ici et là des fils électriques. Deux lignes de quatre filles se font face, de part et d'autre du convoyeur. Il fait très frais, on va vers l'automne, et quand elles ont pris leur poste, ce matin, il faisait encore nuit. Aussi, bien que toutes les filles se connaissent, et se sentent presque intimes dans ce lieu clos, où l'on travaille quasiment en équipe, cadences et primes collectives, personne n'a envie de parler, car aller vers les nuits longues et les jours courts rend plutôt cafardeux

Mon avis :

Sujet intéressant; enquête bien documentée... mais il manque quelque chose dans la conduite de l'intrigue pour en faire un bon polar.

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