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Le sel

Publié le par GéHa

Le sel

"Le sel" de Jean-Baptiste Del Amo
Gallimard

Présentation de l'éditeur :

"Quand tout sera terminé, vous douterez de moi, du souvenir qu'il vous restera de moi. Les choses sont ainsi, les vivants défigurent la mémoire des morts, jamais ils ne sont plus loin de leur vérité. "

Jean-Baptiste Del Amo est né à Toulouse. Il est actuellement pensionnaire de la villa Médicis à Rome. Le sel est son deuxième roman.

Première page :

"Louise

Elle s'éveilla avec la certitude que les enfants dormaient encore. La perspective du dîner prit forme dans son esprit et, avec elle, la sensation de cette présence, celle des enfants dans leurs chambres à l'opposé du couloir, leurs corps réfugiés sous les couvertures.

Un jour filandreux se glissait par la fenêtre et se brisait à l'angle de la commode. L'aube baignait la chambre. De la maison, elle n'entendait pas le bruit des vagues, mais les cris des mouettes et des goélands lui parvinrent. Si les volets n'étaient pas rabattus et que le jour la trouvait allongée sur le flanc, le visage vers la fenêtre, l'une des premières images qu'elle percevait, sitôt qu'elle ouvrait les yeux, était le haut vol des oiseaux dans un carré de ciel sur le mur. Une traînée de nuages y hésitait parfois. Si les matins étaient gris, Louise y voyait comme un reflet de la mer, une écume qui pouvait être blanche ou même noire. Mais peu importent en réalité les entrées maritimes, les oiseaux ne cessent jamais de dominer la ville. Quoi qu'il arrive aux gens de la mer, ils éventrent le ciel indifféremment."

Ce que j'en pense :

Huis clos familial où les rancoeurs et les blessures remontent à la surface à coups de flashbacks. La lecture en devient vite lassante. Peu d'émotion avec ce livre finalement assez fade !

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O Solitude

Publié le par GéHa

O Solitude

"O Solitude"  de Catherine Millot
Gallimard (L'infini)

Présentation de l'éditeur :

« L'impatience heureuse des commencements. L'horizon est un cercle parfait, la mer est déserte, vide comme la page blanche qui m'attend, comme les jours à venir, avec juste le soleil et la mer, et les îles. Et le soleil se lèvera sur la mer, se couchera sur la mer. Je pourrai sortir le matin sur le pont le regarder se lever jusqu'à ce que l'aube grise devienne la rose aurore, et ensuite me rendormir, tout enclose dans la beauté du jour naissant. Le bonheur se confond avec la mer et le soleil et l'écriture à venir, les longues matinées d'écriture, le temps rendu à sa liberté. »

Écrivain et psychanalyste, Catherine Millot est l'auteur de quatre livres parus dans la collection L'Infini aux Éditions Gallimard : La Vocation de l'écrivain (1991), Gide Genet Mishima (1996), Abîmes ordinaires (2001) et La Vie parfaite (2006).

Extrait :

"L'ampleur des dégâts, j'en pris la mesure pendant le voyage de retour que je passai prostrée sur la banquette du train, dans une chaleur accablante. Tout était perdu, peut-être avais-je moi-même tout gâché en perdant mes moyens. Le cercle vicieux de l'échec, ou comment on peut être l'artisan de son propre malheur, m'apparaissait dans toute son horreur, sa fatalité. Une machine infernale. J'étais terrassée, atterrée.

Je ne sais plus comment j'ai terminé l'été. J'ai dû reprendre la lecture d'A la recherche du temps perdu que j'avais commencé à dévorer en juillet, avant de partir pour le Club Med. J'avais lu avec une passion que je n'avais jamais connue, ne m'arrêtant que pour les repas à la table de famille, lisant tard dans la nuit, reprenant dès le réveil, ne mettant plus le nez dehors, ne parlant plus à personne, entièrement absorbée, engloutie dans cette lecture, dans cette passion."

Ce que j'en pense :

C'est une belle réflexion autour de la solitude (mais pas un roman), pleine d'érudition et de références à des auteurs intéressants (Barthes, Quignard, Rilke...); mais c'est également d'un égocentrique très énervant. Ce livre, plébiscité par la plupart des critiques, m'a profondément déçu.

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Un enfant à ma porte

Publié le par GéHa

Un enfant à ma porte

"Un enfant à ma porte" de Ying Chen
éditions du Seuil

Présentation de l'éditeur :

Un couple reçoit mystérieusement un enfant, sorte de démon qui renverse toutes les valeurs habituelles de la famille et de la vie bourgeoise. Dans ce curieux apologue, Ying Chen fait le procès du sentimentalisme et des conventions sociales, mais pour exprimer paradoxalement l’amour et aborder des aspects essentiels de la littérature.

Ying Chen, d'origine shanghaienne, a choisi la langue française et la nationalité québécoise (quoique vivant en Colombie-Britannique). Elle a publié aux éditions du Seuil: Le Champ dans la mer, Quatre Mille Marches, Querelle d'un squelette avec son double, Le Mangeur.

Première page :

"Cet enfant a bel et bien habité cette maison pendant exactement trois cent quatre-vingt-neuf jours, remuant mon espace, criant, pleurant, grimpant, tapant, salissant, sautant, ronflant. Trois cent quatre-vingt-neuf jours de désordre, de demandes pressantes, de tumulte, à la seule exception des heures de sommeil. Puis, soudainement, le fracas continuel s'est éteint. L'enfant est disparu de la maison sans avertir, son départ aussi surprenant que son arrivée.

Désormais privée de la besogne de mère, je trouve ma vie moins justifiée dans cette maison, dans cette rue, dans cette ville, dans ce monde. Le silence revient, le repos est enfin possible. Tout est de nouveau en ordre, de nouveau vide.

Le matin, je fais un tour dans la chambre délaissée. J'ouvre la fenêtre pour aérer la pièce."

Ce que j'en pense :

Un livre qui "parle" de l'instinct maternel de façon troublante et parfois dérangeante. Il aborde également le thème de la solitude de la mère, de la femme et de l'écrivain. Une écriture sèche et un style qui peut paraitre oppressant.

  

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Ici

Publié le par GéHa

Ici

"Ici", de Jean Pierre Siméon, illustration Martine Melinette
Cheyne éditeur (poèmes pour grandir)

Les auteurs :

Jean-Pierre SIMÉON

Né en 1950. Publie régulièrement à Cheyne depuis 1984. Prix Artaud 1984, Prix Apollinaire 1994, Grand Prix du Mont-Saint-Michel 1999 et Prix Max Jacob 2006. Quatre romans, un récit et du théâtre publiés par le Castor Astral, l'Aire et les Solitaires intempestifs. Nombreuses interventions sur les rapports poésie et pédagogie. Dirige, avec Jean-Marie Barnaud, la collection Grands fonds de Cheyne éditeur. «Poète associé» au C.D.N. de Reims pendant six ans, il rejoint ensuite le T.N.P. de Villeurbanne, aux côtés de Christian Schiaretti, son directeur. Directeur artistique du Printemps des poètes.


Martine MELLINETTE

Née en 1952 à Paris. Création de Cheyne avec Jean-François Manier en 1978. Dirige la collection Poèmes pour grandir. Expositions à Paris (Bibliothèque nationale, librairie-galerie Touzot), Grasse (Médiathèque municipale), Clermont-Ferrand (D.R.A.C. Auvergne), Villeurbanne (M.L.I.S.), New York (National Arts Club, Galerie Jadite).

Extrait :

GIBRALTAR

 

Ceux-là ne vont pas à la mer

pour la mer

pas pour nouer leurs rires

à la gerbe des vagues

pas pour cuire leur sommeil

sur le sable

ils sont devant la mer

debout sous la nuit sans étoiles

comme devant l'abîme

derrière eux la terre qu'ils aiment

harassée

dépourvue

où il n'y a de choix

qu'entre la mort et la mort

devant eux rien la mer immense

un abîme à franchir

comme on doit bien franchir le désespoir

ils savent que leur barque

est plus fragile qu'un rêve

ils savent

que là-bas peut-être à l'autre bout du vide

la mer recrachera leur corps

sur le sable froid

 

ils savent

debout devant la mer

Mon avis :

Poèmes profondément ancrés dans le monde tel qu'il est avec ses souffrances, ses espérances. Une poésie qui n'a pas peur de l'émotion, de l'engagement.

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