La vague

Présentation de l'éditeur :
Un bateau fait escale à Haïti. Tous les marins s’apprêtent à profiter des plaisirs qu’offre la terre ferme. Tous, sauf le narrateur et son ami Tjaden, consignés à bord…
Dans cette histoire d’amitié fragile, suspendue entre deux temps, Hubert Mingarelli excelle à faire parler les silences et les non-dits.
Barthélémy Toguo explore la face ombreuse du texte et ses dessins s’immiscent en deçà des mots, tracent avec vigueur l’esquisse d’une humanité tendue et oppressée.
Première page :
"La mer était grise et blanche. Le ciel tombait sur la mer. Le vent soufflait. Alors nous vîmes la vague qui devait nous emporter, Tjaden et moi, plus tard, le lendemain, au moment où peut-être elle touchait Cuba ou la Floride. Comment savoir où elle allait. Elle était haute. Grossman, notre lieutenant, se cala contre la table à carte. Le barreur leva les yeux du compas à peine une seconde, et écarta les jambes. C’était Tjaden. Comprenant que nous avions un mauvais angle, je saisis le pupitre de la radio à deux mains, courbai la tête et attendis.
“Donne un peu à gauche”, demanda le lieutenant, se tournant rapidement vers Tjaden, lui murmurant à moitié son ordre d’une voix blanche, comme s’il avait été tout à coup plus timide que d’habitude, ou alors parce qu’à ce moment-là, nous étions comme en équilibre, qu’on ne voyait que le ciel et qu’il ne fallait rien faire de trop bruyant qui put rompre tout ça."
Ce que j'en pense :
On retrouve l'univers habituel de Mingarelli : l'amitié, la solitude, la marine... et cette faculté qu'il a de donner de la voix aux silences et aux non-dits.
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